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paracha de la semaine

Hayei Sarah

10 Novembre 2012

25 Hechvan 5773

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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ARCHIVES DE L'ANNEE 2002 A 2012 ARCHIVES

Un serment pour renforcer la foi

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Eliezer, le serviteur d’Avraham, était aussi un grand talmid ‘hakham, qui transmettait aux autres les enseignements de son maître. Il s’habillait également avec une très grande pudeur, car il était modeste et effacé et soumis à son maître Avraham, ce qui se faisait sentir même quand il se trouvait loin de lui. Si bien qu’il a vu de grands miracles, comme dans la guerre contre les rois, où il avait lutté seul aux côtés d’Avraham, et c’est eux qui avaient vaincu. Il connaissait aussi le Nom de Hachem qui permettait d’obtenir des miracles, comme l’ont dit les Sages (Yalkout Chimoni ‘Hayé Sarah 109) : au moment où Lavan a couru à sa rencontre, Eliezer a perçu qu’il lui voulait du mal, et a immédiatement invoqué le Nom, alors lui et son chameau se sont élevés dans les airs, et Lavan ne pouvait plus les atteindre ni leur causer aucun mal. Alors, Lavan a compris qu’Eliezer était un juste. En de nombreux endroits, les Sages se montrent très élogieux envers lui.

C’est pourquoi, quand le moment est venu pour Yitz’hak de se marier, l’envoyé qui convenait le mieux pour accomplir fidèlement la mission d’amener à Yitz’hak une épouse conforme à la volonté d’Avraham était Eliezer. Et pourtant, lorsque Avraham lui a exposé sa requête, il lui a demandé de jurer de ne pas être infidèle à cette tâche.

Cela paraît très surprenant, car de quelque façon qu’on considère la chose, ce serment était superflu. En effet, si Avraham pensait qu’il remplirait fidèlement sa mission, et comptait sur sa droiture et sa piété, pourquoi avait-il besoin d’un serment ? Et s’il le soupçonnait de vouloir le trahir, étant donné qu’après tout, Eliezer était tout de même un esclave cananéen, et donc marqué par la malédiction, comment est-ce que ce serment allait tout à coup le rendre fidèle, à partir du moment où sa loyauté était douteuse ? Sans compter qu’il avait des intérêts personnels, puisque les Sages ont dit qu’il avait une fille et qu’il aurait bien souhaité la voir épouser Yitz’hak. Par conséquent, pourquoi Avraham lui a-t-il imposé cette mission ?

C’est pourquoi nous sommes obligés de dire qu’Eliezer était droit et fidèle à Avraham, et qu’Avraham connaissait parfaitement toutes ses qualités, faisait confiance à sa droiture et à sa piété, et ne le soupçonnait pas le moins du monde de vouloir le trahir.

Mais la question d’amener une épouse à Yitz’hak était grave, comme l’écrit la Torah (Béréchit 24, 1) : « Avraham était vieux, avancé en jours, et Hachem avait béni Avraham en tout (bakol). » Rachi explique que le mot bakol a la même valeur numérique que ben (fils), et que comme il avait un fils, il devait le marier.

Par conséquent, à qui Avraham pouvait-il confier une mission aussi capitale, sinon à Eliezer ? Il s’agissait d’aller dans son pays et dans sa ville natale pour y prendre une épouse pour Yitz’hak, étant donné que les filles des Cananéens ne lui convenaient pas, fût-ce les filles d’Aner, Echkol et Mamré ; quant aux filles de Lot et d’Yichmaël, elles n’auraient convenu que faute de mieux.

C’est pourquoi la Torah elle-même prend les devants et témoigne des grandes qualités d’Eliezer, qui était le plus apte à accomplir la tâche importante de trouver pour Yitz’hak une femme juste et vertueuse. C’est ce que dit la Torah dans le verset « Avraham dit à son serviteur, le plus ancien de sa maison, etc. » : Eliezer convenait parfaitement, car il était fidèle, droit et avait de grandes vertus, c’est pourquoi il est appelé « l’ancien (zaken) de la maison », car le mot zaken désigne un sage qui étudie, et mûrit (« vieillit ») par l’étude de la Torah. Ses cheveux avaient blanchi à cause de tous les efforts qu’il avait investis dans la Torah de son maître pour la transmettre à d’autres.

Voilà pourquoi un homme qui se considère comme rien et a vécu et vieilli dans l’étude de la Torah est celui qui est digne qu’on lui confie la très importante mission de trouver une épouse à Yitz’hak, parce qu’il domine ses instincts de tout son être, et qu’il n’y a aucune crainte qu’il se laisse séduire et détourner de son rôle.

Mais malgré tout cela, Avraham a fait jurer Eliezer, non parce qu’il le soupçonnait d’infidélité, il n’avait aucune raison de le faire, mais parce que les justes ont la coutume de jurer pour toute bonne chose, afin de l’accomplir avec le maximum de perfection et de vaincre tout ce qui pourrait les détourner intérieurement de leur tâche.

En réfléchissant bien à tout cela, on peut tirer une leçon capitale de ce passage. En effet, Eliezer, le serviteur d’Avraham, qui était de l’avis des Sages (Béréchit Rabba 60, 7) un descendant de Canaan fils de ‘Ham, qui avait été maudit par Noa’h et devait être maudit et serviteur de serviteurs, et dont la peau avait noirci, lorsqu’il s’était attaché à Avraham et avait étudié la Torah avec lui, au point de « vieillir » dans cette étude, cet Eliezer a réussi à sortir de la malédiction et à devenir béni. Il a mérité de dominer totalement ses instincts, de voir des miracles et même d’en faire, et son visage a pris la ressemblance de celui d’Avraham.

A combien plus forte raison nous autres juifs, enfants d’Avraham, Yitz’hak et Ya'akov, peuple béni, peuple élu, nous avons la possibilité d’arriver à des niveaux aussi élevés et même encore davantage, si nous nous donnons la peine d’étudier la Torah jusqu’à ce que nos cheveux blanchissent de cet effort, pour témoigner devant le Créateur du monde de la ferveur avec laquelle nous l’avons étudiée.

J’ai vu un jour, un homme d’un certain âge aux yeux gonflés, à la peau luisante et au corps bronzé par le soleil, dont le visage était rempli de rides. A ma question, l’homme m’a expliqué que tout cela résultait de nombreuses années de stations au soleil pour bronzer. A force de soleil, son visage était devenu noir et ridé. Ses sourcils étaient gonflés par l’absence de sommeil, car il passait ses nuits à la poursuite des plaisirs de ce monde.

Quand j’ai entendu cela, tout mon corps a été saisi de crainte, et je me suis dit : qu’est-ce que ce vieillard va répondre quand on lui demandera des comptes, va-t-il oser répondre les mêmes choses qu’à moi ? Mais par ailleurs, je me suis dit : heureux est l’homme dont les yeux sont gonflés parce qu’il leur a refusé le sommeil pour pouvoir étudier la Torah la nuit, dont le visage a noirci et s’est ridé et dont les cheveux ont blanchi dans le labeur de la Torah.

Heureux est-il et heureux est son sort ! On peut dire d’un tel homme qu’il est vraiment un serviteur de Hachem, le serviteur de Sa maison, qui a vieilli dans l’étude de la Torah et qui domine parfaitement tous ses instincts, de tout son être.

LES HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Le père de Rav Pin’has Abitan lui a raconté que Rabbi ‘Haïm Pinto lui avait assuré avant sa disparition : « Je protégerai cette ville et je la couvrirai de mes ailes, je la garderai avec mes habits. Tout comme les vêtements recouvrent le corps humain, je recouvrirai de mes habits cette ville-là. »

Et effectivement, la famille Abitan a pu constater qu’après son décès, Rabbi ‘Haïm les protégeait réellement d’En-Haut.

En effet, la nièce de Rav Pin’has était tombée gravement malade, et s’est trouvée dans le coma pendant une longue période. Ses proches ont fait tout leur possible pour accélérer sa guérison, mais en vain.

En se concertant, les membres de la famille ont eu l’idée de se rendre sur la tombe de Rabbi ‘Haïm pour y déverser prières et supplications, et demander que le mérite du tsaddik intervienne en faveur de la guérison. Et effectivement, la délivrance n’a pas tardé à survenir : le jour même où les prières ont été prononcées sur la tombe, la jeune fille a été guérie entièrement.

LES PAROLES DES SAGES

Pardonne-moi, espèce d’idiot !

« La jeune fille à qui je dirai : penche, je te prie, ta cruche que je puisse boire, et qui dira : bois, et j’abreuverai aussi tes chameaux, ce sera une preuve que Tu l’as destinée à ton serviteur Yitz’hak. » (Béréchit 24, 14)

Cette épreuve d’Eliezer portait sans aucun doute sur la générosité, la jeune fille devait savoir donner au prochain le respect qui convient, bien qu’elle ne le connaisse pas et ne lui doive rien.

Le respect envers le prochain est de toute première importance dans la vie de tous les jours.

Les Sages ont dit dans Pirkei Avot : « Que l’honneur de ton prochain te soit aussi cher que le tien. »

Jusqu’où peut aller l’attention portée à l’honneur du prochain, nous pouvons l’apprendre de l’histoire suivante, racontée par le Maguid de Jérusalem, Rabbi Chalom Schwadron zatsal. Elle concerne Rabbi David Bekher, l’un des grands de sa génération en Turquie. Pour avoir une idée de l’ampleur de sa stature morale, il suffit de regarder avec quel enthousiasme l’auteur de Noda Biyhouda parle de lui, or on sait à quel point il se montrait tranchant dans ses réponses, sans craindre qui que ce soit, avec seulement deux exceptions :

D’abord, son gendre, Rabbi Yossef Hatsaddik, dont il écrit qu’il n’ignore aucun mystère et que ses yeux sont comme des cours d’eau qui parcourent tout le Talmud. Et ensuite, Rabbi David Bekher, dont il parle avec encore plus d’enthousiasme. On sent parfaitement en lisant la réponse du Noda Biyhouda qui lui était adressée, comme il tremble véritablement de tout son corps. « Je claque des dents », écrit-il, entre autres.

Voici donc une histoire qui est arrivée le jour du mariage de l’un des enfants de Rabbi David. Le mariage avait lieu dans une ville éloignée de celle où il vivait, et le tsaddik se mit en route plusieurs heures avant la ‘houpa avec une carriole et des chevaux, comme c’était l’habitude à cette époque, mais pour une raison quelconque, cela prit plus de temps que prévu.

Rabbi David regarda sa montre, et quand il s’aperçut qu’il y avait encore une grande distance à parcourir et que l’heure de la ‘houpa approchait, il se fit du souci de ce que les invités étaient déjà arrivés et qu’on les obligeait à attendre. C’est pourquoi il supplia le cocher d’aller plus vite, mais bien que ce dernier, de son côté, ait fouetté les chevaux autant qu’il était possible, cela ne servit à rien. Le voyage continua à se dérouler relativement lentement.

Un certain temps s’écoula, et Rabbi David perdit quelque peu patience. En un moment de faiblesse, il lança à l’adresse du cocher la phrase suivante : « Espèce d’idiot ! Est-ce que tu ne pourrais pas activer un peu tes chevaux ? »… et le cocher se mit effectivement à fouetter les chevaux encore davantage, et au bout d’un certain temps, ils arrivèrent enfin à l’endroit du mariage. Rabbi David se dépêcha de descendre de la carriole, paya au cocher ce qui lui était dû, rentra accueillir les invités, et la cérémonie commença.

Mais immédiatement après la fin de la ‘houpa, Rabbi David se mit à s’enquérir avec inquiétude : « Où est le cocher ? Où est le cocher ? » C’était une question surprenante, mais Rabbi David refusa de donner fût-ce un seul mot d’explication. Quand il s’aperçut que le cocher avait déjà quitté les lieux et était parti, il commanda immédiatement une autre carriole, y monta, et demanda au deuxième cocher de poursuivre le premier.

Cette course se poursuivit pendant quelques heures, et en fin de compte elle fut couronnée de succès. Le cocher qui avait conduit Rabbi David de sa ville jusqu’à celle du mariage avait été localisé. A présent, on allait comprendre pourquoi il était indispensable pour le tsaddik de retrouver ce cocher rapidement. Dès qu’il le vit, il descendit de sa voiture, se tint devant lui, il baissa la tête en s’inclinant, et l’interpella : « Je vous en prie, mon cher juif, pardonnez-moi de vous avoir insulté quand je vous ai appelé « espèce d’idiot ! » »

Incroyablement, le cocher ne se dépêcha pas de pardonner, mais répondit avec entêtement : « C’est bien beau de me demander pardon, mais moi, je ne vous pardonne pas ! »

Rabbi David manifesta sa tristesse et son étonnement : « Pourquoi ne me pardonnez-vous pas ? Je regrette de vous avoir parlé ainsi, et vous-même vous avez vu que j’étais tellement pressé et que je voulais tellement arriver au mariage sans retard ! » Mais le cocher s’obstina et déclara : « Je ne pardonne pas ! »

Même devant tant d’opiniâtreté, Rabbi David ne renonça pas. D’un ton conciliant, il s’adressa de nouveau au cocher en lui proposant : « Je suis prêt à vous dédommager financièrement, à condition que vous me pardonniez ! », mais le cocher ne se laissa pas fléchir.

Voyant qu’il persistait dans son refus, Rabbi David s’écria : « Eh bien, dites-moi vous-même ce que vous voulez ? Que faut-il pour que vous acceptiez de me pardonner ? » et le cocher répondit sans aucune gêne : « Je vous pardonnerai si vous me donnez la moitié de votre monde à venir ! » Ni plus ni moins…

Rabbi David n’hésita pas un seul instant : « Qu’il en soit ainsi ! » répondit-il. « Je vous donne la moitié de mon monde à venir. Et maintenant, veuillez me pardonner ! » Et finalement le cocher accepta de se consoler et le pardonna totalement…

Cela nous enseigne jusqu’où va le devoir de respecter l’honneur du prochain, et combien il est grave d’y porter atteinte, au point qu’il vaut mieux renoncer à la moitié du monde à venir d’un grand tsaddik comme Rabbi David pour mériter le pardon d’un cocher qui s’est senti insulté ! Sages, veillez à vos paroles…

GARDE TA LANGUE

Détourner la conversation

Quelqu’un a commencé à parler avec Réouven sur Chimon, parce qu’il ne savait pas qu’il le détestait, et à ce moment-là, il s’aperçoit qu’il a de la haine contre lui. S’il n’a aucun moyen de partir complètement, qu’il détourne au moins la conversation vers autre chose.

De même, s’il arrive qu’on ait commencé à parler, et qu’on sente en soi-même que si l’on termine, on va dire du lachon hara ou quelque autre discours interdit, on s’efforcera de lutter contre son yetser et de s’arrêter au milieu, en détournant la conversation vers autre chose.

De la même façon, si on annonce à quelqu’un, alors qu’il est en train de manger, que la nourriture n’est pas cachère, il s’interrompt immédiatement et même recrache ce qu’il a déjà dans la bouche. Il est parfois même humilié à cause de cela. Or les Sages ont dit : « Mieux vaut être appelé stupide toute sa vie que d’être mauvais un seul instant devant D. ».

(Cha’ar HaTevouna)

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Qui hait les cadeaux vivra

Suite au décès de Sarah, Avraham a voulu l’enterrer au caveau de Makhpéla. Alors, les bnei ‘Het lui ont dit (Béréchit 23, 6) : « Tu es un dignitaire de D. au milieu de nous, dans la meilleure de nos tombes ensevelis ton mort ». Ils ont donc proposé de lui donner gratuitement un emplacement pour une tombe. Mais Avraham a refusé cette offre, et a répondu (ibid. 8-9) : « Priez en ma faveur Efron, fils de Tso’har, pour qu’il me cède le caveau de Makhpéla […] qu’il me le cède pour argent comptant. »

Pourtant, au début Efron dit : « Je te donne le champ. » Il était donc prêt à céder gracieusement à Avraham une parcelle de terre pour enterrer Sarah. Nos Sages racontent (Midrach ‘Hassérot Veyétérot ‘Hayé Sara 23, 10) que ce même jour, Efron avait été nommé prince des bnei ‘Het, et ce en l’honneur d’Avraham, car ce dernier allait avoir recours à ses services.

Nous apprenons d’ici combien l’honneur est important pour l’homme : Efron était disposé à léguer gratuitement une parcelle de terrain à Avraham, car à ses yeux, l’honneur d’avoir été nommé chef des bnei ‘Het était bien plus important que l’argent. Mais de son côté, Avraham ne voulait pas recevoir ce cadeau, car comme le dit le roi Chelomo (Proverbes 15, 27) : « Qui hait les cadeaux vivra. » A cette époque, le pays appartenait encore aux Cananéens, et il ne voulait donc pas recevoir de leur part le caveau de Makhpéla, qui, à ses yeux, ne lui revenait pas.

Ceci nous révèle l’immense piété d’Avraham. En effet, D. avait promis de lui donner tout ce pays, donc y compris le caveau de Makhpéla ! Pourquoi refusait-il alors de le recevoir ? Parce qu’il considérait que le pays ne lui appartenait pas encore puisqu’il était entre les mains des Cananéens. Comme D. le prescrit, Avraham a fui les cadeaux, et a tenu à payer le caveau de Makhpéla en espèces sonnantes et trébuchantes.

A LA SOURCE

« Quatre cents sicles d’argent, en monnaie courante (‘over laso’her). » (23, 16)

Dans l’ouvrage « ’Homat Anakh », le ‘Hida explique ce verset de manière allusive : avec les lettres qui précèdent dans l’alphabet celles qui composent le mot « so’her », on peut écrire le terme « nezek (un dommage) ». Le mot « ’over » signifie « qui précède », comme dans l’expression « Over la’asiyatan » (on passe à  l’exécution). De même Efron, qui était avare, a ressenti cette vente comme un dommage, comme l’expliquent nos Sages au sujet du verset « Et il ne s’aperçoit pas que la misère viendra fondre sur lui » (Proverbes 28, 22) : les lettres de « so’her » deviendront « ’hasser » (manque).

Voici une leçon que tout commerçant ne doit jamais oublier : face à « l’argent » (so’her) il y a la « perte » (nézek) et le « manque » (‘hasser) ». Quiconque prête attention aux interdictions de « ne pas voler, ne pas exploiter, ne pas tromper et ne pas mentir » sera un bon commerçant (so’her) et sera agréé par D. En revanche, celui qui les transgresse sera touché par les dommages et la misère.

Enfin, rapportons l’enseignement suivant de nos Sages (Ketoubot 66b) : « Le sel de l’argent est dans sa perte », ce qui est une allusion au fait que s’il en manque parce qu’on l’a donné à la tsedaka, cela permettra de réussir dans son commerce.

« Elle se hâta de vider sa cruche dans l’abreuvoir, courut de nouveau au puits » (24, 20)

Le Chla a écrit :

Inspire-toi de la conduite respectueuse que Rivka adoptait envers chacun : après qu’Eliezer a bu, il restait encore de l’eau dans la cruche. Rivka s’est demandée comment réagir : donner ce reste d’eau aux chameaux reviendrait à mettre à égalité l’homme et la bête en les faisant boire du même ustensile. D’un autre côté, jeter le reste d’eau était également  désobligeant, car cela pouvait signifier que les restes d’Eliezer n’étaient aptes qu’à cela.

Après réflexion, elle a donc décidé de courir pour abreuver les chameaux, et a fait comme si, du fait de la vitesse, la cruche s’était renversée, et elle l’a donc remplie à nouveau. C’est ainsi qu’elle a préservé l’honneur d’Eliezer.

« Voici les années de la vie d’Yichmaël » (25, 17)

Au sujet du compte des années de la vie d’Yichmaël, nos maîtres ont expliqué dans la Guemara (Traité Meguila 17a) : « On apprend d’ici que Ya’akov a fréquenté la maison d’étude d’Ever durant quatorze ans et y a étudié la Torah. » Il est surprenant que la Torah ne mentionne pas explicitement le séjour de Ya’akov dans la yéchiva d’Ever. Pourquoi nous l’apprend-t-elle uniquement par allusion à partir du nombre d’années de la vie d’Yichmaël ?

D’ici, le gaon Rabbi Moché Feinstein tire un grand et extraordinaire principe du service divin : quiconque sert D., même au niveau le plus élevé, ne devra pas s’enorgueillir de ses actions et de ses comportements. Rabban Yo’hanan ben Zakaï a d’ailleurs enseigné : « Si tu as beaucoup étudié la Torah, ne t’enorgueillis pas, car c’est pour cela que tu as été créé. » Or il parle ici d’une étude intense et de qualité comme la sienne propre, et malgré tout il dit « ne t’enorgueillis pas ». En effet, si quelqu’un a la capacité d’étudier la Torah et de servir D. à un degré noble et élevé, c’est une preuve que tel était le but de sa venue au monde. De quoi donc serait-il fière ?

On comprend maintenant pourquoi la Torah n’a pas explicité le fait que Ya’akov ait étudié pendant quatorze ans consécutifs : pour nous enseigner que « Si tu as beaucoup étudié la Torah, ne t’enorgueillis pas. »

La vie dans la paracha

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben ‘Attar, le saint Or Ha’Haïm

« Après lui avoir donné à boire, elle dit : ‘Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l’eau, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu.’ » (24, 19)

On apprend (Berakhot 40a) du verset « Je ferai croître l’herbe dans ton champ pour ton bétail » (Devarim 11, 15) que nous devons d’abord nous préoccuper de nourrir nos animaux avant de manger nous-mêmes.

Ce principe est valable quand il n’y a ni risque ni souffrance, mais en situation de danger ou de difficulté, nous devons nous occuper prioritairement de notre propre personne.

Ainsi, quand Eliezer a demandé « Laisse-moi boire, s’il te plaît, un peu d’eau à ta cruche », Rivka, qui était pieuse, a senti qu’il avait très soif et était en détresse. Elle lui a donc proposé de boire. Puis, après lui avoir donné une quantité d’eau nécessaire pour mettre fin à sa souffrance, elle a dit : « Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l’eau, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu. » En effet, s’il n’y a plus de danger, c’est aux animaux qu’il faut donner la priorité. C’est pour cela que le texte a juxtaposé les versets « Après lui avoir donné à boire », et « Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l’eau, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu » : en d’autres termes, « Je ne leur donnerai pas approximativement. Je les abreuverai jusqu’à qu’ils ne veuillent plus boire l’eau qui leur est proposée. Ce sera le signe qu’ils n’ont plus soif. » (Chemot 20b)

LES CEDRES DU LIBAN

Rabbi Chalom Aharon Lopes

Le Gaon et tsaddik Rabbi Chalom Lopes, Rav de la ville d’Acco, était réputé pour être à la fois un géant en Torah et un homme qui se préoccupait du bien-être d’autrui et faisait preuve de générosité envers les pauvres d’Israël, les orphelins et les veuves.

Encore jeune avrekh, il était l’un des plus importants responsables de Jérusalem. Il était tout entier une sainte flamme, et l’amour de la Torah et d’Israël brûlait en lui. Il y a environ soixante ans, il a créé avec son ami Rabbi Yéhouda Tsadka le mouvement « Agoudat Mekabtsiel », avec à sa tête le grand rabbin d’Israël Rabbi Ya’acov Méïr. Cette institution a entrepris de nombreuses actions pour la diffusion de la Torah, pour éloigner la collectivité de la faute, et pour établir un réseau éducatif religieux.

A cette époque, qui précédait et suivait la déclaration d’indépendance de l’état d’Israël, on assistait à l’explosion de l’immigration venant aussi bien d’Orient que d’Occident. Le niveau spirituel déplorable de la génération incitait le Rav à intensifier ses activités. C’est dans ce contexte que le Gaon de Brisk lui a demandé de se rendre jusqu’aux camps de transit des immigrés pour encourager nos frères par des paroles douces et agréables à respecter la tradition de leurs pères et à ne pas abandonner la Torah.

Suite à la déclaration d’indépendance de l’Etat et à l’institution de la Rabbanout principale d’Israël, le grand rabbin du pays d’alors, Rav Ben Tsion Ouziel, lui a proposé la fonction de Rav dans une ville du nord du pays, à Acco. Son maître, le Gaon Rabbi Ezra ‘Attia, a cautionné ce projet, et avant de prendre congé de lui, l’a béni en disant : avec les lettres du mot « Acco » on écrit la phrase « Lève-toi (Amod), comme un homme (keguéver), et montre-toi fort (hitgaber). » Effectivement, ces initiales ont guidé ses pas, car durant près de cinquante ans pendant lesquels il a officié comme Rav d’Acco, il s’est tenu comme un homme fort et a surmonté toutes les difficultés qui ont jalonné le chemin de son œuvre sainte.

A cette époque, Acco était un lieu d’accueil des nouveaux immigrants, situé à proximité d’une ville arabe. Avec un immense dévouement, il allait de maison en maison et se souciait de l’éducation des enfants de son peuple. Rabbi Chalom a créé des écoles religieuses, pour filles et pour garçons, affiliées au mouvement orthodoxe du ‘Hinoukh HaAtsmaï. Son combat pour chacun des enfants du peuple d’Israël a abouti grâce au soutien du mouvement religieux auquel il était rattaché. Mais il a résisté et a mérité que des milliers de disciples sortent d’Acco et établissent de beaux foyers de Torah, malgré son enseignement exigeant, et son attitude dépourvue de tout favoritisme. Ses paroles émanant du cœur ont pénétré le cœur des membres de sa communauté, et nombreux sont ceux qu’il a ainsi éloignés de la faute.

Pendant les dizaines d’années qu’il a passées dans cette ville du nord, il a été entièrement dévoué à la Torah, au service divin et à la charité. Son étude de la Torah était au niveau de celle des générations précédentes : il passait la plupart de ses journées à la synagogue, paré de ses tefilin, étudiant la Torah avec assiduité, et ne parlant pas de futilités. Chacun de ses instants était consacré à la sainteté.

Il en était de même dans son service divin : il servait son Créateur avec authenticité, et sa prière était pure et sincère. Depuis sa tendre enfance, il veillait à se lever à minuit pour étudier jusqu’à l’heure de la prière de cha’harit. Il était lui-même plein de mérites, mais faisait également mériter la collectivité en incitant toute la génération à prier cha’harit.

Rabbi Chalom Lopes se rendait de ville en ville, éveillait la conscience des habitants, et œuvrait pour l’institution d’offices de cha’harit dès le lever du soleil. Sous son influence, des dizaines d’offices se sont développés dans les villes d’Israël.

Il y a quelques années, le Rav est allé rendre visite à des proches à Bayit Vagan, à Jérusalem. Comme à son habitude, il a accueilli le Chabbat à l’heure, et est arrivé en avance à la synagogue. Il y a rencontré le chamach, lui a demandé l’heure de cha’harit, et celui-ci l’a informé qu’ils prieraient tard, et qu’il n’y avait pas d’office prévu plus tôt. Le Rav a alors répliqué : « J’ai l’habitude de me lever tôt et d’étudier le matin. Pouvez-vous s’il-vous plaît programmer l’allumage de la lumière plus tôt pour moi ? »

C’est ce qu’a fait le chamach. Mais le vendredi soir, le Rav a été sollicité pour prendre la parole, car il était connu comme un orateur éloquent dont les paroles étaient des perles qui apaisaient l’âme. Partant du sujet de la paracha de la semaine, il a dévié sur la valeur de la prière matinale, puis a fini par déclarer que déjà le lendemain matin, un office aurait lieu à l’heure du lever du soleil...

Les paroles provenant de son cœur ont profondément touché les membres de la communauté, qui se sont levés en grand groupe le lendemain matin. Après cha’harit, il a à nouveau pris la parole et a rapporté des preuves halakhiques sur la grandeur de la prière au lever du soleil. Les participants lui ont alors promis de poursuivre ce minyan, qui existe jusqu’à ce jour.

C’est ce qui s’est passé à Bayit Vagan, mais aussi dans d’autres quartiers de Jérusalem, ainsi qu’à ‘Haïfa, à ‘Hatsor, à Tibériade, à Kiryat Chemouël etc. Chaque visite de Rabbi Chalom pendant Chabbat a donc laissé comme trace un office matinal, jusqu’à ce jour.

 

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