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paracha de la semaine

Terouma

16 FEVRIER 2013

6 Adar 5773

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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ARCHIVES DE L'ANN2E 2002 A 2012 ARCHIVES

Le principe de la préparation à la prière

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Ils prendront pour moi one offrande (…) de l’or, de l’argent et du cuivre » (Chemot 25, 2-3)

Dans cette paracha, le Saint, béni soit-Il nous donne en allusion un très grand principe : celui de la préparation à l’étude et à la prière.

Quand quelqu’un s’apprête à prier, il doit se préparer dans un esprit de sainteté et de pureté. Il doit purifier toutes ses pensées de toute préoccupation et de tout souci et prier comme il convient. Et cela, c’est notre Créateur Qui nous l’enseigne : celui qui s’apprête à prier doit commencer par prendre dans sa pensée tout l’argent et tous les intérêts de ce monde-ci et Me les donner, les donner à Hachem. Cela signifie que tout homme doit vérifier en lui-même si tout ce qui concerne sa subsistance et les autres intérêts de ce monde appartiennent uniquement à D. et viennent de Lui, s’il n’y a aucune autre force qui lui donne ce dont il a besoin.

Si c’est le cas, lorsqu’il s’apprête à prier il doit purifier ses pensées et vérifier en lui-même qu’il fait confiance au Créateur pour lui donner tout ce qui lui est nécessaire, exactement comme on le Lui demande, sans qu’il y manque rien. Si l’on se conduit ainsi, alors seulement on peut commencer d’un cœur serein et sûr à construire le Sanctuaire de la prière. En effet, la prière est en fait la construction du Sanctuaire pour Hachem, car l’homme qui prie correctement, avec toutes les intentions souhaitables, mérite d’attirer la Chekhina sur lui, et se construit lui-même comme un Sanctuaire pour le Créateur.

On en trouve une allusion dans le nom « Michkan » (sanctuaire), qui est fait des mêmes lettres que « Nimchakh » (attiré). Cela signifie que par une préparation convenable, on attire la sainteté sur soi d’en-haut et on devient un sanctuaire pour Hachem, et alors la Chekhina repose véritablement à l’intérieur de soi. Après une bonne préparation, on mérite une belle prière, et la construction du Sanctuaire.

Et de plus, non seulement on doit construire un Sanctuaire à D. en se préparant à la prière, mais il en va de même dans l’étude de la Torah, avec la préparation qui s’impose. Cela signifie que celui qui rentre au beit hamidrach pour étudier la sainte Torah doit aussi se préparer correctement pour pouvoir construire un Sanctuaire à Hachem. En effet, le beit hamidrach attire également la Chekhina et prépare un endroit au Créateur. Car chaque instant où l’on mérite d’avoir la Torah en bouche, on ajoute encore une brique, encore une pierre à la maison de Hachem. C’est pourquoi même quand on veut construire cette maison, quand on s’apprête à entrer au beit hamidrach pour étudier, on doit se préparer vraiment en sainteté et en pureté, se débarrasser l’esprit de tous les soucis et de toutes les préoccupations de ce monde. « Ils prendront pour Moi une offrande, de l’or etc. », prendre tout ce qui relève de l’or et de l’argent et Me le donner en intention. Et on vérifiera en soi-même clairement et sans ambiguïté que seul le Créateur veille et continuera à veiller à tous nos besoins, si bien qu’il n’y a plus aucune place au souci.

Et à ce moment-là, quand on dépouillera son cœur de tout le reste, on se mettra à étudier la Torah avec joie, pureté et sainteté, et à chaque instant on construira un Sanctuaire, un petit Temple, une maison au Créateur. En effet, les Sages ont dit (Méguila 29a) qu’aujourd’hui, la maison d’étude s’appelle un petit Sanctuaire. Et voici la parole de Hachem : Souvenez-vous que tout l’or et tout l’argent sont à Moi, c’est pourquoi ne vous souciez de rien, car Je remplirai vos trésors, restez seulement à étudier. Et par là s’accomplira en vous (Chemot 25, 8) « Ils Me feront un Sanctuaire et Je reposerai parmi eux. » Quand nous nous penchons sur la construction du Sanctuaire comme préparation à la prière et à l’étude, on peut ajouter une idée supplémentaire pour cette préparation, selon ce qu’a dit le ‘Hidouchei HaRim de Gour : le Saint, béni soit-Il a demandé aux bnei Israël « ils prendront pour Moi une offrande », Je vous en prie, donnez-Moi de la tsedaka comme à un pauvre. Essayons de comprendre pourquoi en vérité Hachem a demandé la charité de cette façon.

Cette offrande fait allusion à la tsedaka qu’on donne avant de prier et avant d’étudier. Si un pauvre se présente avant la prière ou avant l’étude de la Torah et demande de la tsedaka, nous devons réfléchir un peu : si le Créateur du monde, à Qui appartient tout ce qui est créé, vient demander une offrande aux bnei Israël comme un pauvre, ce pauvre qui est ici devant nous, bien sûr que nous devons avoir pitié de lui et lui donner ce qu’il demande, ainsi nous serons préparés convenablement à la prière et à l’étude, à la construction du Sanctuaire. On sait ce qu’ont dit les Sages (Baba Batra 10a) qu’il est très important de donner de la tsedaka avant de prier, ainsi qu’il est écrit (Téhilim 17, 15) « Je contemplerai Ta face avec « tsedek ».

S’il en est ainsi, voici ce que veulent dire les versets : « Ils prendront pour Moi une offrande, etc. » : donnez de la tsedaka pour Moi, à ce pauvre qui est une allusion à Mon Nom. En effet tout homme a été créé à l’image de D., ainsi qu’il est dit (Béréchit 9, 6) : « Il fit l’homme à l’image de D. » Donc quand ce pauvre frappe à la porte, c’est comme si Moi-Même (le Saint, béni soit-Il) Je me trouvais ici, c’est pourquoi vous devez Me donner. Donc en fait, en donnant au pauvre vous accomplirez « ils prendront pour Moi une offrande », c’est véritablement un don à D. Ensuite, « Ils Me feront un Sanctuaire », il s’agit de la prière.

On peut ajouter une remarque supplémentaire : Le pauvre fait allusion au Nom de Hachem, car le mot « adam » (homme) a la valeur numérique de quarante-cinq, et le Tétragramme lorsqu’on écrit le détail des lettres (« milouï ») a la même valeur numérique (Zohar I 25b). Donc quand le pauvre se tient à la porte, le Saint Nom se tient à la porte. Alors donnez-lui une offrande, vous accomplirez ainsi « Ils prendront pour Moi une offrande », pour Moi vraiment, et ensuite vous pourrez Me construire une maison de Torah et de prière.

Si nous avons raison, d’après cela on comprend la raison pour laquelle le Saint, béni soit-Il a choisi de demander une offrande aux bnei Israël comme un pauvre qui mendie, et non en tant que mitsva. Comme le Saint, béni soit-Il est comme un pauvre qui demande l’aumône, il faut faire la mitsva comme il convient, et ainsi on pourra arriver à « ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux. »

Et après nous être bien préparés, nous allons prier et étudier avec un cœur bon et un caractère raffiné ; après avoir donné de la tsedaka au pauvre, nous serons dignes que la Chekhina repose en nous, et nous mériterons de construire le Sanctuaire en nous-mêmes.

LES PAROLES DES SAGES

Investir judicieusement

« Ils prendront pour Moi une offrande de tout homme qui y sera porté par son cœur » (Chemot 25, 2)

Le gaon Rabbi Yossef Dov Halévi Soloveitchik zatsal donne dans son livre « Beit Halévi » des directives claires sur tout ce qui concerne la tsedaka : En vérité, ce que l’homme possède comme argent est uniquement la part qu’il donne en tsedaka. Il se peut que quelqu’un ait beaucoup d’argent, et qu’en vérité cela ne soit pas du tout considéré comme son argent, mais seulement comme de l’argent qui lui est confié par le Créateur du monde. C’est seulement les sommes qu’on donne à la tsedaka qui vous appartiennent vraiment.

On trouve déjà cette idée dans la Guemara (Baba Batra 11a) :

« Le roi Monbaz a dépensé tous ses trésors et les trésors de ses ancêtres pendant les années de famine [pour nourrir leurs contemporains], et ses frères et proches parents se sont assemblés pour lui dire : Nos ancêtres ont amassé et ajouté à ce que leur avaient laissé leurs pères, et toi tu dépenses tout ? Il leur répondit : Mes ancêtres ont amassé en bas, et moi j’ai amassé en haut, ainsi qu’il est écrit « La vérité jaillira de la terre et la générosité brille du haut des Cieux. » Mes pères ont amassé en des endroits vulnérables, et moi j’ai amassé en des endroits invulnérables, ainsi qu’il est écrit « La générosité et la justice sont la base de Ton trône. » Mes pères ont amassé des choses qui ne donnent pas de fruits, et moi j’ai amassé des choses qui donnent des fruits, ainsi qu’il est écrit : « Annoncez au juste qu’il sera heureux et qu’il mangera le fruit de ses œuvres. » Mes pères ont amassé des trésors d’argent, et moi j’ai amassé des trésors spirituels, ainsi qu’il est écrit : « L’œuvre du juste est un arbre de vie, gagner des âmes est le fait du sage. » Mes pères ont amassé pour d’autres, et moi j’ai amassé pour moi-même, ainsi qu’il est écrit « Pour toi sera la tsedaka. » Mes pères ont amassé pour ce monde-ci, et moi j’ai amassé pour le monde à venir, ainsi qu’il est écrit « Ta tsedaka marche devant toi, la gloire de Hachem derrière toi. »

Nous voyons donc que le roi Monbaz, dans sa sagesse, avait compris comment gérer les nombreux trésors dont il avait hérité, en sachant d’avance quel était son but : « J’ai amassé pour moi-même. » En effet, ce que l’homme donne en le prenant de son argent pour la tsedaka, il le prend en fait pour lui-même pour son propre bien personnel. Il « prend », il ne « donne » pas ! Le gaon Rabbeinou Yossef ‘Haïm de Bagdad zatsal, auteur de « Ben Ich ‘Haï », a concrétisé cette idée dans une histoire qui est arrivée chez le roi d’Espagne, qui avait demandé au ministre Don Yitz’hak Abrabanel : « Combien d’argent avez-vous ? » Il lui a répondu : « Sire, j’ai cent mille dinars ! » Le roi se mit en colère et lui dit : « C’est un mensonge ! Rien que vos terres valent cinq cent mille dinars, sans compter l’argent liquide et les grands biens que vous possédez ! » Le ministre répondit : « Sire, vous m’avez demandé combien d’argent j’avais, et je vous ai dit toute la vérité. La vérité est que les terres, l’argent et les grands biens que votre Majesté a évoqués ne sont pas à moi, car qui sait ce qui peut se passer d’un instant à l’autre ? Les biens peuvent disparaître. Le roi peut les confisquer. Ce que j’ai répondu au roi, c’est la somme totale de ce que j’ai donnée en aumônes. Cet argent-là est certainement à moi ! »

A quoi est-ce que cela ressemble ? A un père qui a demandé à son jeune enfant : « Dix oiseaux sont descendus chez nous et se sont posés sur le toit. Un chasseur est venu et en a tué quatre. Dis-moi combien d’oiseaux restent sur le toit ? » L’enfant a répondu : « Il en reste six. » Le père a dit : « Tu te trompes, mon fils. Si le chasseur a tiré avec son fusil, tous les oiseaux se sont envolés, et il n’est resté sur le toit que les quatre qui étaient morts… » C’est exactement ce qui se passe pour l’argent. L’argent et l’or de quelqu’un, tous ses biens, sont aujourd’hui en sa possession et s’envolent demain, ou alors c’est lui qui s’en sépare, et ce qui accompagne l’homme, ce n’est ni son or ni son argent, mais ses mitsvot et ses bonnes actions. Il n’y a qu’un seul argent qui est à lui pour l’éternité : celui qu’il a donné en tsedaka et pour soutenir l’étude de la Torah ! Le gaon Rabbi Moché Loudinski zatsal voit la mitsva de tsedaka d’un point de vue intéressant et original. Voici ce qu’il dit : « L’argent des pauvres se trouve toujours entre les mains des riches. En fait, la richesse du riche appartient au pauvre, si bien que lorsque le pauvre demande l’aumône au riche, il vient seulement lui réclamer son dû, mais il connaît des difficultés dans le ramassage de son propre argent, car le riche ne le lui rend pas d’un seul coup mais par toutes petites sommes… »

Uniquement pour l’amour du Ciel

Après avoir demandé qu’on prenne une offrande, le Saint, béni soit-Il précise que ce doit être « pour Moi », parce que lorsque quelqu’un sert D. à cause de calculs personnels, et non pour l’amour du Ciel, son travail est totalement inutile.

A quoi est-ce que cela ressemble ? Rabbi Ya'akov Yossef d’Ostra zatsal écrit : Cela ressemble à un juif qui veut construire une synagogue avec son argent. On ne peut pas imaginer qu’il va la construire de ses propres mains, puisqu’il n’est ni maçon, ni ingénieur, ni rien de ce genre. Alors comment va-t-il faire ? Il cherche des spécialistes, ce sont eux qui construisent la synagogue, et lui leur paie un salaire.

Maintenant, posons-nous la question suivante : Qui est le propriétaire de la synagogue ? Les ouvriers qui l’ont construite depuis les fondations jusqu’au toit, ou celui qui en a financé l’édification de son argent ?

Il est bien évident que la synagogue ne va pas porter le nom des ouvriers qui y ont travaillé et ont reçu leur salaire. L’essentiel de leur travail était uniquement destiné à recevoir un salaire. Elle portera le nom du donateur, dont toute l’intention était d’édifier une synagogue, un petit Temple.

Il en va de même ici : celui qui a reçu l’ordre des mitsvot et qui les accomplit, non pour causer de la satisfaction au Créateur du monde mais pour son propre bien, par exemple pour que les autres l’admirent ou qu’on le considère comme quelqu’un de droit et de généreux, ou pour toute autre considération personnelle, cette mitsva qu’il a accomplie, bien que ce soit tout de même une mitsva, contient un élément de mal, et n’est pas considérée comme une mitsva parfaite devant Hachem.

Le verset dit à ce propos : « Ils prendront pour Moi une offrande. » C’est ce que dit le Saint, béni soit-Il aux bnei Israël : si vous prenez une offrande, prenez-la « pour Moi ». Que leur intention dans la mitsva de tsedaka soit uniquement de causer de la satisfaction au Roi du monde, et non leur satisfaction personnelle. Alors, la mitsva sera parfaite devant Moi.

GARDE TA LANGUE

Des dégâts immenses

Il y a des gens qui ont l’habitude de demander à leurs amis de leur raconte ce qu’Untel a dit sur eux, alors que de le savoir ne présente aucune utilité. Et quand on ne veut pas le leur raconter, ils insistent beaucoup, jusqu’à ce qu’on finisse par leur révéler que cet Untel a dit quelque chose de péjoratif, et quand ils entendent cela ils l’acceptent comme étant vrai sans aucun doute, et ils se mettent à détester cette personne. Il est impossible de décrire la profondeur des dégâts qu’ils causent ni combien de mitsvot positives et négatives ces gens-là enfreignent en se comportant ainsi.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Renouveler chaque jour son service de Hachem !

« Peaux de bélier teintes en rouge et peaux de ta’hach et bois de chittim » (Chemot 25, 5)

Rabbi Méïr disait : Le ta’hach qu’il y avait à l’époque de Moché était une créature très particulière, et les Sages sont indécis sur la question de savoir si c’était une bête sauvage ou domestique. Elle avait une seule corne sur le front. Moché l’a trouvée juste à ce moment-là, et l’a utilisée dans la fabrication du Sanctuaire. Elle a ensuite disparu (Chabbat 28b). Le Talmud de Jérusalem dit explicitement (Chabbat 2, 3) que le Saint, béni soit-Il a créé une sorte de bête sauvage pure pour Moché dans le désert, et après qu’il l’a utilisée pour le travail du Sanctuaire, elle a disparu.

J’ai entendu poser la question suivante par le Rav ‘Haïm Walkin chelita : Pourquoi le Saint, béni soit-Il a-t-Il créé une nouvelle bête uniquement pour les besoins du Sanctuaire, est-ce qu’il manquait de peaux dans le monde pour que ce soit nécessaire ?

Nos Sages ont dit : le monde n’était pas digne d’utiliser l’or, alors pourquoi a-t-il été créé ? A cause du Sanctuaire et à cause du Temple. Et les cèdres aussi auraient dû disparaître, mais ce n’est pas arrivé. Rabbi ‘Hanina a dit : le monde n’était pas digne d’utiliser les cèdres, mais ils n’ont été créés que pour le Sanctuaire et pour le Temple (Chemot Rabba 35, 1).

Ici aussi, il y a de quoi s’étonner : quelle différence y a-t-il entre le ta’hach, qui a été créé uniquement pour les besoins du moment, et a disparu ensuite, et l’or et les cèdres, qui ont été créés pour les besoins du Sanctuaire, mais n’ont pas disparu ensuite ?

On peut l’expliquer d’après ce que nous avons déjà développé, à savoir que le Saint, béni soit-Il n’a ordonné à Moché de construire le Sanctuaire que pour que les bnei Israël apprennent de lui comment il faut servir D., et qu’ils y rentrent à tout moment, car la Torah ne se maintient en quelqu’un que s’il étudie au beit hamidrach, ainsi qu’il est dit (Yérouchalmi Berakhot 5, 1) : « Il y a une alliance qui est scellée avec ce genre d’étude. » Si l’on arrive à la synagogue avec son étude, on ne l’oublie pas facilement. Et nos Sages ont également dit (Berakhot 6, 1) : la prière de quelqu’un n’est exaucée qu’à la synagogue, ainsi qu’il est écrit : « [Il] entend le chant et la prière », que la prière soit là où se trouve le chant, et Rachi explique : Là où se trouve le chant, c’est la synagogue, où la communauté chante les louanges de Hachem, d’une voix agréable.

C’est pourquoi le Saint, béni soit-Il n’a créé une nouvelle créature que pour les besoins du Sanctuaire. D. voulait par là montrer aux bnei Israël : de même que J’ai créé une bête nouvelle pour le Sanctuaire, vous devez vous renouveler chaque jour, et que votre service d’aujourd’hui ne soit pas semblable à celui d’hier, il doit être nouveau chaque jour.

A LA SOURCE

« Qu’ils prennent pour Moi une offrande » (25, 2)

Le Rav de Lublin, le Rav Shapira zatsal, a dit là-dessus : les tsaddikim savent combien de bonnes actions on peut faire avec de l’argent, aider des gens à vivre, soutenir des bnei Torah, construire des institutions de Torah, des choses qu’il est impossible de faire avec son corps seulement ; c’est pourquoi ils aiment l’argent plus que leur corps.

Par contre, ceux qui sont animés de désirs et qui gaspillent leur argent uniquement pour les plaisirs du corps, en ce qui les concerne tout l’argent n’est là que pour les besoins du corps, et alors leur corps leur est plus cher que leur argent.

« Tu feras un couvercle (« kaporet ») en or pur » (25, 17)

Rabbi Avraham Sebba zatsal, dans son livre « Tsror HaMor », explique que le nom de « kaporet » vient du fait que c’est une expiation (« kappara »), comme il est dit « la faute sera expiée par la générosité et la vérité », ou encore « Rien ne pourra expier le crime de la maison d’Héli, ni sacrifice ni oblation. » Les Sages ont commenté : « par les sacrifices et les oblations il n’y a pas d’expiation, mais par les paroles de Torah, qui valent plus que tous les sacrifices, il y a une expiation » (Roch Hachana 18a).

Et comme on sait que la Torah n’a été créée que pour qu’on l’étudie sans cesse, et que tout le monde n’en est pas capable, sauf les petits enfants qui en ont la force, et qui ont servi de garantie à leur père au moment du don de la Torah, quand on ne l’étudie pas, le Saint, béni soit-Il punit les garants, ainsi qu’il est écrit « Par la bouche des enfants et des nourrissons Tu as fondé Ta puissance. » Ce sont eux qui annulent les mauvais décrets, ainsi qu’il est écrit « Tu réduis à l’impuissance ennemis et adversaires. »

C’est pourquoi on trouve ici « tu feras deux chérubins en or », allusions aux nourrissons et aux enfants qui étudient la Torah, car ils protègent le peuple d’Israël.

« Tu placeras sur la Table des pains de proposition devant Moi en permanence » (25, 30)

La Guemara dans le traité Mena’hot (96a) dit sur les pains de proposition qu’on les élevait devant les pèlerins et on les leur montrait en disant « Voyez combien vous êtes chers à D. »

Et Rabbi Yéhochoua ben Lévi dit qu’un grand miracle était fait dans les pains de proposition : ils étaient dans le même état quand on les enlevait que quand on les apportait. Quand on emportait le pain, il était aussi chaud que quand on l’avait apporté. Lorsque les bnei Israël étaient dans la azara et que le pain de proposition était chaud, on voulait leur faire constater ce phénomène, c’est pourquoi on l’élevait, alors tous ceux qui étaient présents voyaient la vapeur qui en montait et savait que le pain était chaud. L’ouvrage « Divrei Mordekhaï » explique que cela venait nous insinuer que le service de Hachem doit être pratiqué avec enthousiasme et d’un cœur chaleureux. C’est cela « être cher à D. », quand on Le sert chaleureusement et avec un enthousiasme constant.

La vie dans la paracha

Selon l’enseignement du saint Or Ha’Haïm

« Tu feras pour le Sanctuaire dix tentures » (26, 1)

C’est une allusion aux dix paroles par lesquelles le monde a été créé, pour nous dire que le Sanctuaire a la même valeur que le monde tout entier, qui a été créé en dix paroles. Il comporte aussi le mérite des bnei Israël, comme s’ils avaient accompli les dix paroles par lesquelles le monde a été créé.

Il y a dix tentures en lin, et onze tentures en peau de chèvre. Il a été ordonné de joindre cinq tentures d’une part, et cinq tentures d’autre part, et pour celles de peau de chèvre, il fallait joindre seulement six tentures.

La raison en est que Hachem a inscrit Son Nom dans les tentures, et a ordonné que toutes aient une largeur de quatre coudées, que ce soit celles de lin ou celles de peaux de chèvre, ce qui correspond aux quatre lettres du Tétragramme.

LES CEDRES DU LIBAN

Rabbi Eliezer Di Avila

Notre Maître Rabbi Eliezer Di Avila, que son mérite nous protège, Rav de la ville de Rabat, était issu d’une famille de Sages et d’érudits grands dans l’étude et l’enseignement de la Torah. Il était le neveu du saint Rabbi ‘Haïm ben Attar, que son mérite nous protège.

On raconte à ce propos que lorsqu’il était un petit enfant de sept ans, son oncle Rabbi ‘Haïm ben Attar, le saint « Or Ha’Haïm », vint leur rendre visite, et demanda à sa mère : Où est Eliezer ? Elle répondit qu’il était dans la cour. De la porte fermée de sa chambre, on entendait un bruit de bancs et de table. Le Or Ha’Haïm regarda par le trou de la serrure, et vit le petit Eliezer qui sautait sur les chaises comme le font les enfants. Quand il eut terminé de sauter, il lui demanda : « Pourquoi est-ce que toujours, quand je viens te rendre visite, tu es penché sur un livre, alors que maintenant tu te conduis ainsi ? » Eliezer lui répondit qu’il n’avait jamais fait cela auparavant, mais les enfants du voisinage se moquaient de lui parce qu’il ne jouait pas avec eux, et depuis quelques jours le mauvais penchant cherchait à le convaincre qu’il valait mieux sortir et jouer. Il avait donc décidé de suivre ce conseil une fois, pour qu’ensuite son mauvais penchant le laisse aller tranquillement au beit hamidrach étudier la Torah. Son oncle apprécia cette réponse.

Le ‘Hida témoigne, dans son livre « Chem HaGuedolim », de la profondeur de la concentration et de la perspicacité de Rabbi Eliezer Di Avila. Voici ce qu’il écrit : « J’ai entendu de quelqu’un de fiable qu’il étudiait en profondeur avec une concentration absolument extraordinaire, et les rabbanim du Maghreb en témoignent dans leurs recommandations. J’ai entendu parler par ses élèves de son assiduité sans égale, il ne dort quasiment pas. »

Rabbi Eliezer était plongé dans son étude jour et nuit, se reposant à peine. Voici comment le décrit son gendre dans son introduction à ses livres : « Depuis qu’il est en vie sur terre, son âme aspire à se trouver sans cesse à l’intérieur du beit hamidrach, il n’en bouge pas, depuis l’aurore jusqu’à la fin du jour. »

Rabbi Eliezer fonda une yéchivah à Rabat, qu’il dirigea pour les sages qui se présentaient de toute la région pour étudier la Torah en profondeur. Tout ce qu’il souhaitait était de trouver de nouvelles interprétations pour le beit hamidrach avec ses élèves, et s’il arrivait qu’il commence à examiner ses décrets et s’aperçoive que la plus grande partie de son étude provenait de discussions dans Tossefot, les commentateurs de la Guemara et les décisionnaires, il interrompait ses discussions et prenait une décision rapide. Il faisait cela pour ne pas faire perdre du temps à ses élèves, qui auraient regretté tout instant perdu dans le cours, même s’il traitait ce sujet pour prendre une décision halakhique concernant toutes les générations. Comme il l’a écrit lui-même : « J’ai écrit peu de choses des sujets que j’ai traités, à cause du manque de temps dû à la direction du beit hamidrach, c’est pourquoi je me suis exprimé brièvement là où il aurait fallu s’allonger, car si je m’étais mis à écrire tout ce que j’ai à écrire sur le sujet tel que je le construis intérieurement, et qu’on m’envoie du parchemin, j’aurais donné mille réponses, mais qu’y puis-je si je suis obligé d’être bref pour ne pas faire perdre de temps à mes élèves ! »

Les anciens sages de Marrakech racontent que lorsqu’ils éprouvaient des difficultés avec un passage ardu de la Guemara, ils disaient : « Amenez le livre de « notre » Maharcha et voyons ce qu’il dit. » Dans ce contexte, une histoire extraordinaire s’est conservée parmi les sages du Maroc : Dans son enfance, Rabbi Eliezer peinait sur ce que disait le Maharcha sur Tossefot dans l’un des traités de la Guemara, et comme il ne réussissait pas à comprendre ce qu’il disait, il se mit à pleurer. La porte du beit hamidrach s’ouvrit, et un vieillard à l’air majestueux, vêtu d’une djellaba, entra, et lui demanda : « Pourquoi pleures-tu ? » Rabbi Eliezer était certain que ce vieillard ne s’y connaissait pas dans la complexité des problèmes en question, et certainement pas dans les Tossefot, à combien plus forte raison dans ce que disait le Maharcha… c’est pourquoi il évita de lui répondre. Après s’être longuement fait prier, l’enfant finit pourtant par répondre, et le vieillard lui expliqua ce que disaient Tossefot de telle façon que les paroles du Maharcha étaient extrêmement claires. Immédiatement après, il disparut.

Cette nuit-là, le vieillard lui apparut en rêve, et lui dit qu’il était le Maharcha, et qu’il avait été envoyé du Ciel pour lui expliquer les Tossefot de la meilleure manière, parce qu’il s’était donné beaucoup de mal dans l’étude de la Torah.

Rabbi Eliezer désirait vivement monter s’installer à Jérusalem pour le restant de ses jours, mais il n’y réussit pas. Au summum de son développement, il fut frappé d’une crise cardiaque mortelle le matin du Chabbat 3 Adar A 5521.

LES HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Rabbi Mordekhaï Knafo était très proche de Rabbi Moché Aharon Pinto, que son mérite nous protège. Un jour, quand son père Rabbi Yossef Knafo se trouvait à Casablanca pour ses affaires, il y rencontra Rabbi Yéhouda Pinto zatsal, le fils de Rabbi ‘Haïm Pinto le petit, que son mérite nous protège, et Rabbi Yéhouda lui dit : « Retournez immédiatement à Tiznit, car aujourd’hui un grand miracle est arrivé à votre fils Mordekhaï. »

Rabbi Yossef Knafo s’étonna : quel miracle pouvait-il bien arriver à son fils ? Et comment Rabbi Yéhouda Pinto pouvait-il le savoir ?

Comme il avait une grande confiance dans la parole des sages, il s’apprêta à s’organiser de façon à pouvoir rentrer à Tiznit. C’était la nuit, et il lui était très difficile de rentrer immédiatement chez lui. Il passa donc la nuit dans l’autobus et arriva dans sa ville au matin.

En rentrant chez lui, il demanda à sa famille si tout allait bien, et quand il reçut la réponse classique « Tout va bien », il demanda de nouveau avec étonnement, comme quelqu’un qui sait qu’il s’est passé quelque chose : « Tout va bien ?? »

« Tout va bien, lui répondit-on, mais hier il nous est arrivé un grand miracle. Un autobus a fait marche arrière, et ton fils Mordekhaï se tenait derrière l’autobus. Le chauffeur ne l’avait pas vu, il l’a fait tomber et a continué à rouler sur lui. »

Rabbi Yossef les regarda avec stupéfaction : « L’autobus a roulé sur lui ? » Et ses proches lui précisèrent le miracle : « Il lui est arrivé un grand miracle, les roues ne l’ont pas touché du tout. »

« A quelle heure est-ce que c’est arrivé ? » s’enquit-il. « A telle heure », lui répondit-on. Rabbi Yossef calcula que c’était exactement le moment où Rabbi Yéhouda Pinto lui avait dit qu’un miracle était arrivé à son fils et qu’il devait rentrer immédiatement chez lui.

 

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