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paracha de la semaine

VAYECHEV

23 Novembre 2013

20 KISLEV 5774

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

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L’allumage des bougies de ‘Hanouka nous indique la manière de servir Hachem

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Les jours de ‘Hanouka ont été fixés dans un but de louange et de glorification (Chabbat 21b), et les Sages ont ordonné d’allumer les bougies chaque soir en souvenir du miracle qui a été fait aux bnei Israël. En effet, les Grecs ont rendu toutes les huiles impures dans le Temple, on n’a trouvé qu’une fiole d’huile pure qui portait le sceau du cohen gadol, et qui ne contenait que de quoi allumer pendant un seul jour, mais il y a eu un miracle et elle a permis d’allumer pendant huit jours. Il a été fixé dans la halakha (Choul’han Aroukh Ora’h ‘Haïm 672, 2) que l’essentiel de la mitsva de la lumière de ‘Hanouka est que les bougies brûlent pendant une demi-heure.

Or il faut comprendre. Si les Sages voulaient que les bnei Israël se rappellent le miracle qui avait été fait aux ‘Hachmonaïm et le ressentent comme étant « en ces jours-là en ce temps-ci », pourquoi ont-ils ordonné d’allumer des bougies tous les soir pendant une demi-heure seulement ? S’ils avaient ordonné d’allumer pendant huit jour consécutifs nuit et jour, en ajoutant de l’huile tous les soirs, apparemment cela aurait été une meilleure évocation du miracle qui a été fait aux bnei Israël, puisqu’ils avaient vu la lumière pendant tous les huit jours, d’autant plus qu’il est expliqué dans la Guemara (Chabbat 22b) que la lampe occidentale brûlait dans le Temple toute la nuit et toute la journée et ne s’éteignait jamais.

Il semble que les Sages n’édictent pas de décret que le public ne peut pas supporter, car « à vouloir trop saisir on ne saisit rien » (Roch Hachana 4b), et s’ils avaient dit d’allumer les bougies pendant huit jours sans interruption, on en serait venu à s’habituer, et à ne plus sentir le miracle qui a été fait aux bnei Israël. Or la raison principale de l’allumage des bougies est qu’on se rappelle le miracle, qu’on en sente la force, et alors on en arrivera à se renouveler. C’est pourquoi les Sages ont fixé d’allumer les bougies de ‘Hanouka pendant une demi-heure seulement.

En y réfléchissant plus profondément, nous comprendrons la nature d’une autre halakha concernant les lumières de ‘Hanouka (Ora’h ‘Haïm 672, 2) : on doit allumer à partir du moment où le soleil est couché, justement à ce moment-là, car c’est celui où le miracle est arrivé aux bnei Israël dans le Temple (on allumait les lampes le soir). Quand on les allume au moment où il commence à faire sombre, on se rappelle mieux qu’« un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité. »

Qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Il est écrit (Michlei 6, 23) : « Car la lampe est la mitsva et la Torah est la lumière. ». Les lampes et la lumière de la menora font allusion à la Torah et aux mitsvot. Or nous avons déjà expliqué que toute la raison d’allumer des lumières est de ne pas en venir à une routine, c’est pourquoi les Sages ont ordonné d’allumer les bougies pendant peu de temps, afin qu’on ne s’accoutume pas à la mitsva. De même, on veillera à ne pas s’habituer à la Torah et aux mitsvot qui se trouvent en allusion dans les bougies et la lumière de la menora, mais à toujours se renouveler.

Ici aussi, on sait que l’essentiel n’est pas d’embrasser beaucoup de choses, c’est-à-dire de se remplir le ventre de pages de Guemara et de décisionnaires sans aucun but précis, mais qu’il est préférable d’étudier peu et de mettre en pratique ce qu’on a étudié, comme l’ont dit les Sages (Avot 1, 17) : « L’essentiel n’est pas l’interprétation mais l’action. » Et c’est justement de cette façon qu’on en viendra ensuite à étudier de plus en plus.

Un autre enseignement de l’allumage des bougies de ‘Hanouka est que les jours de ‘Hanouka, institués par les Sages en souvenir du miracle de la victoire des bnei Israël sur les Grecs, sont un rappel aux hommes que les Grecs ont voulu faire oublier la Torah aux bnei Israël et les détourner de ses lois uniquement parce que ces derniers avaient pratiqué une brèche vers la faute, de la même façon qu’il est écrit (Béréchit 4, 7) « le péché est tapi à la porte ». Comme les bnei Israël s’étaient mis dans une situation où ils transgressaient la sainte Torah et ses mitsvot, les Grecs leur ont dit d’écrire sur la corne du taureau qu’ils n’avaient pas de part au D. d’Israël (Béréchit Rabba 2, 4).

C’est pourquoi l’homme doit s’efforcer autant qu’il est possible d’étudier la Torah, et en particulier pendant ces jours-là, car c’est le contraire de l’oubli de la Torah que les bnei Israël ont failli se causer à eux-mêmes. C’est la même idée que « la mitsva est la lampe et la Torah est la lumière ». De même, on cherchera à accomplir les mitsvot, et quand on rencontrera une mitsva, on ne la délaissera pas mais on l’accomplira immédiatement. C’est l’inverse de la transgression des lois de la Torah et des mitsvot.

Et effectivement, l’exemple qui convient le mieux de la conduite qui est exigée de nous est l’allumage des bougies de ‘Hanouka pendant cette période. En effet, immédiatement dès qu’arrive l’heure de l’allumage, on arrête tout ce qu’on est en train de faire et on s’occupe de la mitsva, comme si elle nous enthousiasmait. De même, dans cette mitsva il faut ajouter chaque soir une nouvelle bougie (Chabbat 21b), car cela vient nous insinuer que pendant tous les jours de la vie, on doit progresser sans cesse dans le service de Hachem, et y ajouter continuellement une élévation supplémentaire.

Cela nous permet également de comprendre la halakha (Chabbat 23a) selon laquelle il est particulièrement louable d’allumer les bougies de ‘Hanouka avec de l’huile d’olive. En effet, si on se conduit de la façon que nous avons évoquée, avec enthousiasme pour la Torah et les mitsvot, en ajoutant chaque jour dans le service de Hachem, en sanctifiant le Nom de D. et en détournant de soi tout soupçon, cela sera une guérison pour l’âme, qui est évoquée par l’huile d’olive.

En effet, le mot « hachémen » (l’huile) est un anagramme de « néchama » (l’âme). Et les lettres de « zayit » (l’olive) sont youd zayin, qui ont la même valeur numérique que « tov » (bon), or il n’y a de bon que la Torah (Berakhot 5a), et tav (valeur numérique : quatre cents), qui fait allusion aux forces impures d’Essav qui est venu avec quatre cents hommes (Béréchit 32, 7). Cela signifie que par cette mitsva, l’homme éclaire son âme, « l’huile », par la Torah et ses mitsvot qui sont « bonnes », et il se protège des forces impures d’Essav. C’est ainsi qu’il s’éduquera continuellement, car le mot « ‘Hanouka » vient de la même racine que « ‘hinoukh », l’éducation, et il méritera d’être sauvé de toutes les forces impures, car celles de la Grèce provenaient de la racine d’Essav.

Par-dessus tout, les bougies elles-mêmes font allusion à quelque chose de merveilleux. Ces bougies sont saintes, et nous n’avons pas le droit de les utiliser, mais seulement de les regarder. C’est une allusion à la vie de l’homme, ainsi qu’il est dit (Michlei 20, 27) « L’âme de l’homme est la lampe de Hachem », c’est-à-dire que la vie de l’homme doit être sainte, et nous n’avons pas le droit de l’utiliser pour des choses profanes.

Cela signifie qu’il ne faut pas imiter ceux qui gaspillent leurs jours dans les plaisirs de ce monde, mais il faut les regarder seulement. L’homme doit mettre à profit chacun des jours de sa vie pour étudier à la lumière de la Torah, qui est le seul et unique plaisir. Et si l’on se conduit ainsi, alors on pourra se sanctifier et se purifier et être rattaché au Créateur du monde.

LA PARABOLE ET SA LEÇON

Richesses à crédit

Dans le passage sur les chefs de tribu qu’on lit pendant ‘Hanouka, le midrach rapporte à propos du verset « un bassin (mizrak) d’argent » (Bemidbar 7, 13) qu’il « s’agit de Yossef qui a été projeté (nizrak) de la maison de son père vers l’Egypte. »

Le mot « argent » est pris ici dans le sens de « La langue du juste est de l’argent de bon aloi » (Proverbes 10, 20), car il a mérité d’accéder à la royauté grâce à sa sagesse, comme il est dit « Puisque D. t’a révélé tout cela, nul n’est sage et entendu comme toi. »

Nous devons comprendre : comment Par’o était-il convaincu au point de déclarer à Yossef « Nul n’est sage et entendu comme toi » ? Une seule interprétation de rêve suffit-elle à le prouver ?

Expliquons ceci à l’aide d’une parabole du Maguid de Doubno rapportée dans son ouvrage « Ohel Ya’akov ».

Un grand commerçant avait quitté sa ville pour aller s’installer ailleurs. Après avoir trouvé ce qu’il recherchait dans une des villes du pays, il s’y est installé, y a ouvert son commerce et a rempli les étagères de son magasin de marchandises rares et chères.

Mais cet homme n’a pas eu de chance, et peu après son installation, les chefs municipaux ont décidé qu’il était temps d’imposer les habitants de la ville, chacun selon ses moyens. Ils ont donc évalué tous les commerçants de la ville et ont exigé de notre ami une somme non négligeable : vingt dinars d’or en monnaie courante.

En apprenant cela, le commerçant s’est écrié : « D’où tenez-vous, avec tant de certitude, que mes revenus sont importants et rentables ? Je viens d’arriver dans la ville ! » Alors les responsables ont pointé du doigt son magasin, qui se tenait fièrement au centre du marché, en répondant : « C’est votre magasin qui le prouve ! Les objets de valeur qui s’y trouvent ne vous sont pas tombés du ciel ! Vous n’avez l’air ni d’un pauvre, ni d’un misérable, mais plutôt d’un homme d’une grande richesse. »

Mais l’homme a poursuivi en prétendant : « C’est ainsi que vous cherchez à prouver ma richesse ? Je jure que tous ces produits ne sont pas les miens. Je les ai achetés à crédit et j’ai à présent d’énormes dettes envers mes créanciers. Je suis loin d’être riche ! »

Mais ses arguments n’ont pas été écoutés et les chefs municipaux lui ont répondu : « Ecoutez, ces marchandises ne vous appartiennent peut-être pas et vous les avez achetées à crédit. Mais une chose est sûre : Vous êtes un homme très riche. En effet, si ce n’était pas le cas, de grands commerçants n’auraient jamais pris le risque de vous confier leurs marchandises en vous accordant un crédit si élevé. Le seul dépôt de ces produits et la confiance que ces hommes d’affaire ont en vous prouvent que vous avez de quoi acquitter votre dette. Et s’il en est ainsi, nous pouvons vous considérer comme un homme aisé. »

On comprend clairement à quoi cela fait référence : Par’o a dit à Yossef « Mais j’ai ouï dire, quant à toi, que tu entends l’art d’interpréter un songe. » En d’autres termes, « J’ai entendu que tu es riche en connaissance, en sagesse et en compréhension. » Et Yossef lui a répondu avec humilité : « Ce n’est pas moi, c’est D. qui saura tranquilliser Par’o », comme pour dire « Je suis peut-être doté de sagesse et de compréhension, mais sache que ces vertus ne m’appartiennent pas. Elles m’ont été données en gage par Hachem. »

Alors Par’o a attendu l’interprétation de son rêve. Puis, face à la sagesse de Yossef, il lui a dit : « Le don d’interpréter les rêves t’a peut-être été donné en gage, mais il a déjà été dit ‘‘qui donne la sagesse aux sages.’’ Le Créateur n’accorde la sagesse qu’aux hommes sages et entendus. Ainsi, cela témoigne de ta propre sagesse et du crédit élevé que tu as reçu de Celui à qui elle appartient. »

C’est le sens du verset « Puisque D. t’a révélé tout cela, nul n’est sage et entendu comme toi » : « Puisque D. a révélé tout cela précisément à toi, il n’y a, malgré toi, pas plus sage ou entendu que toi, car tu es le seul à avoir mérité de recevoir un gage si précieux. »

LA PLUME DU CŒUR

Poème pour ‘Hanouka de Rabbi ‘Haïm Pinto le grand

Initiales : Je suis ‘Haïm Pinto ‘Hazak. Ta droite me soutiendra avec douceur.

(Ani ‘Haïm Pinto ‘Hazak. No’am Yéminékha Tis’adéni)

Je vais élever mon D., Lui qui est unique. A Lui seul, Il opéra un miracle pour les fils de Matityahou, Il sauva une communauté errante, emplissant la terre de Sa gloire.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

Les Grecs complotèrent pour nous empêcher d’accomplir les commandements de D., grand d’esprit. Mais nous nous sommes levés, nous sommes réjouis, et Il déversa sur nous Sa bonté.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

Les Grecs se rendirent au Temple et souillèrent les fioles d’huile. Mais après une recherche minutieuse, les juifs trouvèrent une toute petite fiole scellée par le cohen.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

La quantité d’huile n’était suffisante que pour un seul jour, mais miraculeusement, une bénédiction reposa sur ce qui restait. Alors les juifs se levèrent, s’armèrent de force et de courage.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

D. livra les puissants aux mains des faibles, et augmenta la force d’Israël en lui accordant la victoire sur ses ennemis oppresseurs. Ceux-ci s’obscurcirent, périrent, tombèrent, furent chassés et dominés.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

Ces jours-là furent institués comme des jours de louange et de remerciement, car les juifs furent sauvés d’un ennemi de grande envergure. Ils ont révélé Sa force, travez une voie vers Hachem, grande est Sa gloire.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

Ce sont aujourd’hui des jours de joie et de festin, les mets succulents sont recommandés et les bougies sont allumées en souvenir. Sortez, venez, regardez : ils ont transmis cette Torah.

Rendez hommage à Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle !

GARDE TA LANGUE

Un discours semeur de discorde

Si quelqu’un raconte du lachon hara en se critiquant lui-même et en dénigrant aussi une autre personne, on pourra croire ce qu’il dit sur lui-même, mais pas ce qu’il raconte sur son prochain.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La séparation selon le saraph de Kotzk

« Comment ferais-je ce grand mal et fauterais-je contre D. » (Béréchit 39, 9)

J’ai entendu poser la question au nom du Admor le Saraph de Kotzk זצ''ל : pourquoi Yossef a-t-il dit « fauterais-je » au singulier, au lieu de dire « fauterions-nous » au pluriel, puisque la débauche est également interdite aux non-juifs (Sanhédrin 56a) ?

Il y a une autre difficulté, c’est qu’il est écrit « il laissa son vêtement en sa main ». Apparemment, il aurait dû juste reprendre son vêtement et s’enfuir, et ainsi il se serait épargné la honte de sortir de la maison sans être habillé.

A mon humble avis, voici comment on peut l’expliquer. Nous apprenons de là un grand principe : l’homme n’a pas à rechercher pour lui-même la grandeur et les honneurs, et il doit savoir que tout vient de devant Hachem, ainsi qu’il est dit (I Divrei Hayamim 29, 12) « la richesse et les honneurs de devant Toi », et que lorsque vient le moment de donner la grandeur à l’homme, D. a beaucoup de moyens de le faire.

C’est ce qui se passe ici. Quand Hachem a voulu donner la grandeur à Yossef, Il a fait que Putiphar devienne eunuque avant que sa femme le recherche, et ensuite pour son bien il a guéri Putiphar, et sa femme a pu lui dire que Yossef lui avait fait « des choses comme cela », si bien qu’il a été très jaloux de lui et l’a jeté en prison. Et de là il s’est élevé considérablement, jusqu’à devenir roi du pays, et c’est aussi par ce mérite qu’il a commencé à préparer la descente de sa famille en Egypte.

Le Saraph de Kotzk a expliqué qu’il n’a pas dit « fauterions-nous » au pluriel, bien que la débauche lui ait aussi été interdite à elle, par le fait qu’il ne voulait pas évoquer le Nom de D. pour elle en même temps que pour lui, il ne voulait pas qu’ils soient unis même en parole.

A mon humble avis, la raison en est que cela vient nous enseigner un très grand principe : quand l’homme voit qu’il est attiré par le mauvais penchant qui le fait fauter en permanence avec quelqu’un, il ne doit pas prier pour eux deux, mais pour lui séparément et pour l’autre séparément, parce que les unir dans la prière peut être un obstacle quand l’autre ne croit pas et pense que ce qu’ils font est permis.

C’est seulement à Yom Kippour qu’il est permis de prier avec ceux qui transgressent, car Yom Kippour a une énorme puissance pour chasser le mauvais penchant, et pour que les prières mêlées n’aient aucune mauvaise influence les unes sur les autres, d’autant plus qu’à Yom Kippour, comme on le sait, le Satan n’a ni la permission ni la possibilité d’accuser (Yoma 20a).

D’après cela, on comprend qu’il n’ait pas voulu prendre son vêtement avant de s’enfuir, car même pour simplement le saisir, il ne voulait pas être entre ses mains, de crainte que la toucher n’ait une mauvaise influence sur lui. Yossef voulait être totalement séparé d’elle, qu’il n’y ait absolument rien entre eux, c’est pourquoi il a tellement lutté contre elle, pour ne pas fauter avec elle, et il a été le plus fort, et c’est pourquoi il s’appelle « le juste, fondement du monde ».

A LA SOURCE

« Ya'akov s’installa dans le pays où ses pères avaient séjourné » (37, 1)

D’après l’interprétation de Rachi, Ya'akov a voulu s’installer dans la tranquillité, mais le malheur de Yossef l’a assailli. Rabbi Akiva Eiger a objecté : nous trouvons plusieurs tsaddikim, comme Rabbeinou HaKadoch, Rabbi Elazar ben Azaria et Rav Achi, qui ont mérité à la fois la Torah et la richesse, sans que vienne les accabler un malheur quelconque !

Mais comme les tsaddikim craignent constamment que la faute n’ait provoqué une perte de leur part dans le monde à venir, automatiquement il leur manque quelque chose dans ce monde-ci, car la peur ne les laisse pas installés dans la paix. Ce n’était pas le cas de Ya'akov, parce qu’il lui avait été donné un signe particulier : si tous ses fils étaient en vie, il lui était promis qu’il aurait le monde à venir, il n’avait donc aucune raison de s’inquiéter. Et tant qu’un de ses fils ne mourait pas avant lui, il était en paix et sûr de son lot.

Quand il a cru que Yossef était mort, immédiatement « le malheur de Yossef l’a assailli », et il a commencé à se faire du souci pour sa part du monde à venir. Mais les autres tsaddikim, à qui on n’avait donné aucun signe leur promettant une part dans le monde à venir, étaient constamment sans sérénité, même s’ils étaient exempts des soucis de ce monde-ci.

 « Va je te prie voir comment se portent tes frères et comment se porte le troupeau et rapporte-moi des nouvelles » (37, 14)

Les Sages ont dit que Yossef avait dit du lachon hara sur ses frères, qu’ils appelaient les fils des servantes des « serviteurs », et qu’eux-mêmes mangeaient d’un animal vivant.

C’est pourquoi, écrit l’auteur de « Pardess Yossef », Ya'akov a envoyé Yossef en lui disant « va voir comment se portent tes frères », c’est-à-dire les fils des servantes, « et comment se porte le troupeau », est-ce que les bêtes sont entières ou est-ce qu’on leur a enlevé un membre de leur vivant.

 « Elle parlait à Yossef chaque jour, mais il ne l’écoutait pas » (39, 10)

Le ‘Hidouchei HaRim rapporte au nom du Rav de Mezritch :

Ses intentions étaient pour l’amour du Ciel, puisqu’elle avait vu dans son horoscope qu’elle devait engendrer de lui, et Yossef s’imaginait certainement, pour que l’épreuve soit plus grande,  que c’était la volonté du ciel et il avait un doute : peut-être était-ce le bon penchant qui le tentait ?

Mais quand il a vu que le yetser le tentait tous les jours, il a compris que c’était le mauvais penchant. En effet, l’habitude du bon penchant est de proposer à l’homme de faire une bonne action, et le mauvais penchant le persécute sans cesse, c’est cela « chaque jour ».

 « Votre argent m’est parvenu » (43, 23)

Apparemment, ce n’était pas la vérité, puisqu’il leur avait rendu leur argent !

Mais il leur a dit : « votre argent », de toutes façons votre argent « me parvient », tout ce qui me parvient en ce moment est à vous, parce qu’il est dit dans le Midrach que la famine était venue dans le monde essentiellement pour que l’Egypte accumule des trésors, afin que puisse s’accomplir la promesse « ensuite ils sortiront avec de grands biens ». Donc tout l’argent qui coule à présent dans le trésor égyptien vous est uniquement destiné, alors pourquoi vous prendrais-je maintenant pour vous le rendre ensuite ?

La vie dans la paracha

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar

« Voici les engendrements de Ya'akov, Yossef » (37, 2)

Il faut comprendre pourquoi il est dit « les engendrements de Ya'akov – Yossef », où sont donc les dix tribus ?

Certains de nos Maîtres ont dit que cela signifie que c’était lui l’essentiel, et d’autres qu’il leur est arrivé les mêmes choses, l’un comme l’autre est né circoncis, et ainsi de suite dans le Midrach.

Il semble que le verset soit écrit dans le même esprit de ce qu’ont dit les Sages, « Ya'akov a voulu s’installer en paix, le malheur de Yossef l’a assailli ». C’est cela « les engendrements de Ya'akov, Yossef », cela désigne ce qui lui est arrivé à cause de ce malheur, le verset vient nous annoncer la vente de Yossef et la douleur de Ya'akov, c’est Ya'akov qui en est la cause parce qu’il a voulu s’installer, si bien que ses engendrements sont que « Yossef avait dix-sept ans », etc., et tout ce qui s’en est suivi, parce que c’est l’homme qui se cause à lui-même tout ce qui lui arrive, car rien de mal ne vient de Celui qui est bon pour tous, en particulier pour Ses proches comme Ya'akov et ceux qui lui ressemblent.

Il vient également nous dire que bien que Ya'akov ait subi plusieurs événements pénibles depuis sa naissance, il a été poursuivi par Essav et par Lavan, il a connu toutes sortes de tourments, mais tout cela comptait pour rien à côté de ce qui est arrivé à Yossef. Donc « Yossef » vient annuler tous les événements qu’il a subis, car pour Ya'akov ils sont considérés comme rien à côté.

LES SENTIERS DES JUSTES

POUR ACQUERIR LES VALEURS ET LES BONNES MIDOT

Rabbi Moché Aharon Tachbirowitz avait toujours eu du mal à comprendre en quoi la mitsva de respecter ses parents était si particulière pour qu’elle vaille la longévité. C’est seulement quand lui-même est arrivé à la vieillesse qu’il y a réfléchi, et alors il a trouvé une nouvelle explication de la spécificité de cette mitsva, comme il le raconte dans le recueil « Zakhor ».

Plus de soixante-dix ans ont passé depuis le mois d’Elloul 5702. A cette époque, les Allemands avaient rassemblé tous les juifs de sa ville natale, Weilon, dans un centre public quelconque. Les juifs y étaient serrés et écrasés dans la crasse, affamés et altérés, frappés et tourmentés. « C’était indescriptible. Il y en avait beaucoup qui sont devenus fous de souffrance. »

Une fois que les Allemands ont décidé d’envoyer les trois mille juifs à la mort à Chelmno est arrivée une demande du ghetto de Lodz pour des jeunes capables de travailler, alors s’est opérée une « sélection ». Au lieu de se tenir avec les jeunes de son âge, Rabbi Moché Aharon a préféré se joindre à ses parents, et alors la conversation suivante s’est déroulée entre lui et son père :

Sans aucun « pchatele »

Mon père : Mochelé, qu’est-ce qui t’arrive, pourquoi ne vas-tu pas de l’autre côté ? Tu sais bien que ceux-là, c’est sûr qu’ils vont à un camp de travail, alors que « notre côté », D. seul sait où il va… Je t’en prie Mochelé, retourne chez les jeunes !

Moi : Papa, c’est justement parce qu’ils séparent les jeunes et les vieux, justement à cause de cela que je veux aller avec vous. Peut-être que je pourrai vous faciliter un petit peu la vie, et peut-être même vous sauver…

Mon père : Tu ne pourras rien nous faciliter du tout ni nous sauver, seul Hachem peut nous aider. Mon fils, retourne chez le groupe des jeunes, vous, vous avez plus de chances de rester en vie, je t’en prie, accomplis la mitsva de respecter tes parents.

Moi : Papa, tu sais parfaitement qu’il y a des situations de « pikoua’h néfech », de danger pour la vie, qui repoussent même la mitsva de respecter ses parents. Il est très possible que si je me joins à vous, cela puisse aider à vous sauver…

Mon père : Moché Aharon, en ce moment redoutable, je n’ai envie de connaître aucun « pchatele », aucune explication ni discussion ni commentaire habile. Je t’ordonne d’accomplir immédiatement la mitsva de respecter tes parents, en retournant te joindre au groupe de jeunes, immédiatement et à l’instant, « respecte ton père et ta mère pour que tes jours se prolongent ! » M’as-tu compris ?

Une récompense totale

Mon père et ma mère m’ont embrassé et serré dans leurs bras en pleurant beaucoup, et nous nous sommes séparés. Je suis retourné très lentement, à petits pas, avec des pleurs étouffés, vers le groupe des jeunes, ce même groupe qui en fin de compte est arrivé au ghetto de Lodz. Dès que je suis retourné dans le groupe des jeunes, j’ai entendu de l’autre côté, dans le groupe qui avait une seule destination (Chelmno, la mort), des sanglots et des gémissements. Les gens avaient du mal à se séparer de leurs proches, les enfants des parents, les femmes de leur mari.

De Weilon, il a été envoyé avec un petit groupe d’hommes forts pour travailler dans le ghetto de Lodz, où il a vécu au 4 de la rue Tsichelna et a travaillé dans un atelier de chapeliers (qui était situé au 92, Bazinska). « Je n’ai pas besoin de m’étendre sur le ghetto de Lodz. Beaucoup l’ont déjà fait avant moi et ont décrit la promiscuité et le manque d’espace dans des conditions d’habitation épouvantables. Une absence totale d’hygiène, un froid redoutable l’hiver et une chaleur étouffante l’été. La faim cruelle qui a provoqué tant de morts, et ainsi de suite.

« Dans ce ghetto je suis resté exactement deux ans. En août 1944, quand le ghetto de Lodz a été liquidé, je me suis trouvé parmi ceux qui ont été dirigés vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Comme beaucoup de ceux qui avaient souffert de la faim au ghetto de Lodz, j’étais transformé en squelette ambulant, c’est pourquoi Joseph Mengele m’a jugé bon à être brûlé.

« Effectivement, je me suis tenu deux fois à côté des fours crématoires pour entrer aux « douches ». Mais à la dernière minute, une main mystérieuse m’a sauvé. Le même miracle m’est arrivé deux fois, on m’a ramené au camp. La main de la providence divine voulait que je continue à vivre.

« D’Auschwitz, j’ai été envoyé avec d’autres prisonniers au camp de Friedland en Basse-Saxe, où nous avons travaillé dans une usine militaire qui fabriquait des armées (essentiellement des pièces détachées destinées aux bombardiers allemands Messerschmitt). Dans ce camp de Friedland, nous avons été enfermés jusqu’en mai 1945, jusqu’à l’arrivée des Russes qui nous ont délivrés du cauchemar nazi. »

Non seulement Rabbi Moché Aharon a eu la vie sauve par deux fois, mais il a atteint un âge avancé, et alors il a commencé à se demander par quel mérite il en était arrivé là : « Moi, Moché Aharon Tachbirowitz, qui me suis déjà tenu deux fois à côté des chambres à gaz d’Auschwitz, pour entrer au crematorium et y être brûlé, comme l’ont été des millions de juifs, qu’est-ce qui m’a valu d’avoir été sauvé au tout dernier moment de façon inattendue ? Quel mérite a parlé en ma faveur ? La mitsva de respecter ses parents ! J’ai obéi à l’ordre et à la demande de mon père.

Mes parents, mon père et aussi ma mère, étaient d’accord tous les deux. Ils m’ont demandé et m’ont ordonné de sauver ma vie. Lorsque je leur ai obéi en rejoignant le groupe des jeunes, ç’a été le dernière fois de ma vie que je les ai vus. Aujourd’hui, je comprends le sens de la mitsva « respecte ton père et ta mère pour que tes jours sur la terre se prolongent. »

(Merci à notre lecteur Rabbi Chelomo Lévine qui nous a trouvé cette histoire merveilleuse.)

Les lois de la vie

Lois et coutumes de la mitsva de respecter ses parents

La mitsva de respecter ses parents s’applique à la pensée, la parole et l’action.

La pensée : les enfants doivent considérer que les parents sont des gens importants, et se représenter qu’ils sont grands et honorables, même si pour les autres personnes ils n’ont aucune importance (Séfer ‘Haridim).

La parole : les enfants doivent parler aux parents posément, avec douceur et délicatesse, comme on parle devant un roi. Les Sages ont dit (Kidouchin 30a) que celui qui parle durement à son père et sa mère, même s’il les nourrit de chapons dodus, est voué au Guéhénom (Séfer ‘Haridim).

L’action : Les enfants doivent fournir à leurs parents nourriture et boisson, vêtements et couvertures, à cause de la mitsva de les respecter (Choul’han Aroukh Yoré Dea).

 

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