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paracha de la semaine

Chabbat
Hol Hamoêd Pessah

19 Avril 2014

19 Nissan 5774

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

20:28*

21:40

Lyon

20:12*

21:20

Marseille

20:06*

21:11

* L'on allumera selon sa communauté

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Pendant les jours de fête, la présence divine réside sur Israël

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Rabbi Masliah Mazouz width=

Le saint Or Ha’Haïm s’interroge sur ces versets de la parachat Emor (Vayikra 23, 2-4) : « Parle aux enfants d’Israël et dis-leur les fêtes de Hachem que vous devez célébrer comme convocations saintes. Les voici, Mes fêtes : pendant six jours on se livrera au travail, mais le septième jour il y aura repos, repos solennel pour une sainte convocation : vous ne ferez aucun travail. Ce sera le Chabbat de Hachem, dans toutes vos habitations. Voici les fêtes de Hachem, convocations saintes, que vous célébrerez en leur saison. »

Le Or Ha’Haïm s’interroge en ces termes : « Il y a lieu de comprendre pourquoi le texte a répété ‘‘Les voici, Mes fêtes’’ (après avoir déjà dit ‘‘dis-leur les fêtes de Hachem). Il faut également savoir pourquoi la mitsva de Chabbat a été à nouveau ordonnée, après quoi le texte dit une deuxième fois ‘‘Voici les fêtes de Hachem. ’’ »

On peut répondre à ces questions dans l’esprit du moussar. Hachem a voulu enseigner aux bnei Israël l’importance de la sainteté des fêtes, afin qu’on ne dise pas : « En ce qui concerne la sainteté du Chabbat, qui est importante et dont la profanation est punie, j’y ferai attention et je mettrai en garde mes proches. Mais pour ce qui est des fêtes, qui ne sont pas saintes puisque même nos Sages y ont autorisé une partie des travaux interdits le Chabbat, il n’y a peut-être pas lieu d’y faire particulièrement attention. » C’est pourquoi la Torah a juxtaposé la mise en garde sur le Chabbat et celle sur les fêtes : elle veut nous signifier qu’elles ont une égale sainteté, et nous enjoindre de ne pas nous montrer indulgents envers la fête et trop stricts envers le Chabbat.

Dans le même ordre d’idées, la Guemara demande (Beitsa 2b) : « Pourquoi au sujet des jours de fête tranche-t-on comme Rabbi Yéhouda ? » Et nos Sages ont répondu : « Pour le Chabbat, qui est une mitsva grave et importante qu’on ne risque pas de négliger, on tranche comme Rabbi Chim’on, qui a un avis indulgent. Mais pour les jours de fête, qui sont plus légers et qu’on peut être amené à négliger, on tranche comme Rabbi Yéhouda, qui est strict. »

De plus, on constate que les fêtes sont appelées « Chabbat », comme il est écrit (Vayikra 23, 11) : « le lendemain de la fête (mimo’horat hachabbat) », ce que nos Sages expliquent comme signifiant (Mena’hot 65b) « le lendemain de la fête ». Les lois de la fête et du Chabbat sont donc identiques, hormis en ce qui concerne la nourriture. Ainsi, il est dit au sujet des fêtes (Chemot 12, 16) : « Aucun travail ne pourra être fait ces jours-là ; toutefois, ce qui sert à la nourriture de chacun, cela seul vous pourrez le faire. » Et la michna enseigne (Beitsa 36b) : « Rien ne différencie la fête du Chabbat, si ce n’est les lois relatives à la nourriture.

Nous devons toujours faire très attention à la sainteté des fêtes, et nos maîtres ont dit explicitement quelle serait la punition de quiconque les méprise (Avot 3, 11) : « Quiconque profane les choses saintes ou méprise les jours de fête, fait honte à son prochain en public, rompt l’alliance d’Avraham notre père, ou encore dévoile dans la Torah des aspects contraires à la halakha, bien qu’il ait étudié la Torah et accompli de bonnes actions, n’a aucune part au monde à venir. » Ils ont également dit (Pessa’him 111a) : « Quiconque méprise les fêtes est considéré comme un idolâtre. »

Nos Sages ont demandé par ailleurs (Torat Cohanim, Emor 9, 7) : « Pourquoi juxtaposer le Chabbat et les fêtes ? Ceci vient nous apprendre que quiconque profane les fêtes est considéré comme ayant profané le Chabbat. » Dans son livre Gour Arié, le Maharal de Prague explique le sujet en ces termes :

« Les jours de fête sont également appelés ‘‘Chabbat’’ et ils sont au nombre de sept : deux jours de Pessa’h, un jour de Chavou’ot, un jour de Roch Hachana, le jour de Kippour et deux jours de Soukot. Ils sont donc au nombre de sept, en parallèle avec le Chabbat qui est le septième jour de la semaine. Ainsi, quiconque profane les fêtes, inclues dans le Chabbat qui est le septième jour, est considéré comme ayant profané le Chabbat : le Chabbat contient tout le repos et les fêtes en constituent une partie. »

A un autre endroit, le Maharal écrit (Or ‘Hadach page 69) : « Tous les jours de fête nous montrent la connexion et l’attachement qui existent entre le peuple d’Israël et Hachem. Ces pourquoi ces jours ont été appelés ‘‘mo’ed (rendez-vous)’’ comme dans (Chemot 25, 22) ‘‘C’est là que Je te donnerai rendez-vous (véno’adeti) ; c’est par-dessus le kaporet que Je te parlerai’’, ce qui est un langage de réunion et de liaison. » Il en ressort qu’il n’y a pas de différence entre la sainteté de la fête et celle du Chabbat. Quiconque profane les jours de fête est considéré comme ayant profané le Chabbat et sera puni comme s’il avait profané les deux.

Le commentaire du Sforno à propos de la sainteté des fêtes et de la punition qui attend quiconque les méprise est merveilleux :

« Il est d’abord question des sacrifices et de ceux qui les offrent, dont tout le but est de faire résider la Chekhina parmi les bnei Israël, comme il est dit : (Chemot 29, 42) ‘‘Un holocauste perpétuel, offert par vos générations à l’entrée de la Tente d’assignation, devant Hachem, là où Je vous donnerai rendez-vous’’, ce qui est une évocation des jours de fête. Pendant une partie de ces jours-là, on doit entièrement se détacher de tout acte profane, comme pendant le Chabbat et Yom Kippour, et les consacrer à la Torah et aux occupations saintes, comme il est dit (Chemot 20, 8-9) : ‘‘Durant six jours tu travailleras, etc. mais le septième jour est un Chabbat pour Hachem ton D.’’, tu dois te reposer de tout travail et te consacrer uniquement à Hachem ton D. Et pendant une autre partie des jours de fête, on s’abstiendra seulement de travailler, ce qui concerne toutes les fêtes.

Qu’est-ce que cela signifie ? Hormis la joie de la fête pendant laquelle les bnei Israël doivent se réjouir de leur Créateur, ils doivent aussi se préoccuper des affaires saintes, selon l’enseignement de nos Sages (Beitsa 15b) : ‘‘Une partie de la fête est consacrée à Hachem et l’autre à vous.’’ C’est ainsi que la Chekhina reposera sans aucun doute sur Israël, en accord avec le verset (Psaumes 82, 1) : ‘‘D. Se tient dans l’assemblée divine.’’ Voici ce que l’Ecriture appelle ‘‘convocations saintes’’ : il s’agit de rassemblements du peuple pour des affaires saintes, car le rassemblement du peuple s’appelle une ‘‘convocation’’, comme il est dit (Isaïe 1, 13) : ‘‘roch ‘hodech, Chabbat, convocations saintes’’, et aussi (ibid. 4, 5) ‘‘sur toute l’étendue de la montagne de Sion et de ses lieux de convocation’’, ‘‘les voici Mes convocations, celles que Je désire.’’

Pourtant, si vous ne les considérez pas comme des ‘‘convocations saintes’’, mais comme des fêtes profanes pendant lesquelles vous vous préoccupez de la vie matérielle et des plaisirs, non seulement elles ne seront pas ‘‘Mes fêtes’’, mais ‘‘Vos fêtes, Mon âme les abhorrera’’ (ibid.1, 14).

Enfin, même si la halakha la plus courante est de ne pas faire de bénédiction sur les herbes odoriférantes à la fin des jours de fête, car comme l’ont écrit les Tossefot (Pessa’him 102b) : « Il n’y a pas d’âme supplémentaire pendant Yom Tov », certains Anciens le faisaient tout de même (Or Zarou’a, 2ème partie, Siman 92). On apprend de leur comportement que même pendant les jours de fête, il y a une âme supplémentaire, ce qui est également explicité dans les propos de quelques Richonim (Tossefot Pessa’him ibid. au nom du Rachbam, et le Rachba l’a aussi écrit dans une Responsa ramenée par Aboudarham.

SUJETS D’ACTUALITE

Ici aussi, « chehe’haynou » !

La mosaïque de la vie juive présente des moments dans lesquels toute âme juive est remplie de chants de louange et de remerciement envers le Créateur du monde, « chehe’heyanou vékiymanou véhiguianou la zman hazé », « Qui nous a fait vivre et maintenu à l’existence et nous a amené jusqu’à ce moment ».

En temps ordinaire, le cœur s’élargit au moment des fêtes, l’atmosphère de la fête, le décor et les costumes, les bons plats et les bonnes odeurs invitent littéralement la langue à éclater en chant de louange et de remerciement.

Mais n’oublions pas qu’il y a quelques dizaines d’années, au moment de l’Holocauste, la bénédiction « che’he’heyanou » représentait une difficulté pour les gens, car comment pouvait-on bénir et remercier D. de nous avoir fait mériter d’arriver jusqu’à ce moment-ci ?

Le recueil « Zakhor » cite une description de l’allumage de la bougie de ‘Hanouka de l’Admor de Bluzhow, Rabbi Israël Shapira זצ''ל, à Bergen Belsen en 5704 (1944), qui contient une réponse à cette question.

Quand le Rabbi de Bluzhow a allumé la première bougie de ‘Hanouka dans sa baraque, il a prononcé avec un grand enthousiasme les trois bénédictions « lehadlik ner chel ‘Hanouka » (allumer la bougie de ‘Hanouka), « cheassa nissim leavoteinou bayamim hahem bazman hazé » (Qui a fait des miracles à nos ancêtres en ces jours-là à cette époque-ci), et la dernière bénédiction, « chehe’heyanou ». Après l’allumage de la bougie et la récitation des bénédictions, l’un des occupants de la baraque, un responsable communautaire de Varsovie, a abordé le Rabbi pour lui demander :

« Vous, Rabbi Shapira, qui êtes un homme bon et intelligent, je peux comprendre ce qui vous pousse à allumer la lumière de ‘Hanouka même à notre époque ; je suis également capable de comprendre l’obligation historique de dire les deux premières bénédictions. Mais comment pouvez-vous dire la troisième, « chehe’heyanou », « qui nous a fait vivre et arriver jusqu’à ce moment » ? Comment pouvez-vous encore remercier D. de cela ? De nous avoir fait mériter d’arriver à une époque pareille ? Comment pouvez-vous dire une pareille bénédiction, alors que nous sommes entourés de centaines et de milliers de cadavres de juifs, alors que des millions de juifs sont exterminés ? De tout cela vous remerciez D., de vous avoir fait mériter d’en arriver là ? »

« Zmihovsky, lui répondit le Rabbi, vous avez mille fois raison. Quand j’ai dit la troisième bénédiction, « chehe’heyanou », moi aussi j’ai pensé à cela, et je me suis demandé quel sens pouvait avoir cette bénédiction dans les circonstances actuelles. Je me suis donné le mal de réfléchir en profondeur à diverses sources, chez les Richonim et les A’haronim, pour trouver une explication de la nécessité de dire « chehe’heyanou » en des temps aussi terribles. Mais au moment où j’ai dit la bénédiction, je me suis aperçu que derrière moi il y avait un grand public de prisonniers juifs, dont la physionomie exprimait le désir de lutter pour leur judaïsme. Et c’est sur cet élan à se sacrifier que j’ai dit « chehe’heyanou », sur le fait que des juifs, même dans de telles conditions, soient prêts à donner leur vie pour leur judaïsme. Sur un phénomène de ce genre, il est évident qu’il faut dire « chehe’heyanou ».

Je vous envie

Dans ce même recueil, qui constitue un document saisissant sur les héros qui mettaient toute leur intelligence à travailler fiévreusement sur la façon d’accomplir leur mission et de faire la volonté de leur Créateur, il est question d’un groupe d’avrekhim qui avaient mangé des nourritures interdites pendant les années de l’Holocauste, et la façon de se repentir qui leur a été indiquée par l’Admor Rabbi ‘Haïm Méïr Haguer de Vijnitz זצ''ל.

C’est Rabbi Menaché ben ‘Haïm Koenig qui raconte cette histoire, dans le désir de préserver pour la postérité le spectacle bouleversant dont il avait été témoin.

Après la guerre, nous avons rencontré à Budapest, la capitale de la Hongrie, cinq ou six avrekhim qui s’étaient trouvés ensemble dans le régiment 3/12, dont trois avaient commencé environ deux ans avant la fin de la guerre à manger de la cuisine générale, à cause de la grande faim qui régnait à cette époque dans le cadre des camps de travail.

Et que le lecteur ne s’imagine pas que celui qui mangeait de la cuisine de tout le monde mangeait à satiété. Certainement pas, même là la nourriture était très restreinte, et ne suffisait pas à apaiser la terrible faim qui régnait. Mais comme la nourriture était chaude et distribuée à heures régulières, elle avait de quoi faciliter la survie du corps.

A la même époque, l’Admor de Vijnitz, Rabbi ‘Haïm Haguer, était à Budapest. Les avrekhim en question décidèrent d’aller le trouver pour lui demander comment faire techouva d’avoir mangé pendant un certain temps d’une cuisine non-cachère, et je suis également entré avec eux.

Il a écouté ce que disait l’un des avrekhim et ce qu’il demandait, et a éclaté en sanglots. Il s’est mis à faire les cent pas dans sa chambre en proie à ses pensées, complètement bouleversé. J’ai vu sur lui qu’il ne pouvait absolument pas se calmer et se dominer tant son émotion était grande. Au bout d’une demi-heure environ, il s’est arrêté et a pris dans ses deux mains la main de l’avrekh, en lui disant : « Qu’est-ce que vous demandez ? Une techouva pour avoir mangé dans cet enfer ? Ecoutez bien, mon très cher, ce que je vais vous dire ! Après cent-vingt ans, quand vous arriverez au Tribunal céleste et qu’on vous examinera, pour peser vos mérites et vos insuffisances, alors vous verrez que dans la rubrique qui s’appelle « aliments interdits », ces jours-là, où vous avez mangé de la cuisine communautaire dans ces années terribles, vont scintiller en lettres brillantes, comme la lumière des sept jours de la Création.

En temps ordinaire, même si l’on fait très attention à ce qui rentre dans la bouche, il est tout de même presque impossible de ne pas échouer, sinon dans une interdiction claire, tout au moins dans une quelconque attitude de sévérité. Néanmoins à cette époque-là, non seulement il était permis de manger ce qu’on vous donnait, mais c’était une mitsva et un grand devoir, sans aucun doute ni hésitation. Manger de la viande tarèphe ressemblait à ce moment-là à manger un kazayit de la viande du sacrifice de Pessa’h à l’époque du Temple, et peut-être plus encore.

Je vous envie, chers avrekhim saints, je voudrais que ma part dans le gan Eden soit avec celle que vous recevrez comme récompense d’avoir mangé à cette époque », termina le Rabbi.

GARDE TA LANGUE

On ne doit pas le croire

Il est interdit de croire une médisance, même si elle est racontée devant l’intéressé, même s’il s’est tu et ne l’a pas nié, et même si sa nature n’est pas de se taire dans des moments pareils, on ne doit tout de même pas le croire.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Le but de la sortie d’Egypte est de recevoir la Torah et les mitsvot

« Parle aux bnei Israël et dis-leur les fêtes de Hachem que vous célébrerez comme des convocations saintes, voici Mes fêtes » (Vayikra 23, 2).

Les Sages ont dit (Yérouchalmi Chabbat 15, 3) : « Les Chabbats et les fêtes n’ont été donnés que pour pouvoir étudier la Torah. », et lorsqu’on étudie la Torah pendant les fêtes, sans perdre son temps dans des promenades et des bavardages insignifiants, on mérite immédiatement de jouir de sa lumière et de recevoir en soi une âme supplémentaire. En effet, la Torah s’appelle lumière, ainsi qu’il est dit (Michlei 6, 23) : « Car la mitsva est une lampe et la Torah est la lumière », et l’âme de l’homme est appelée lampe (ibid. 20, 27) : « L’âme de l’homme est la lampe de Hachem. » Lorsque l’homme étudie la Torah, il s’attache à ses paroles et mérite ainsi qu’une âme nouvelle pénètre en lui, celle qui est créée par le mérite de la Torah étudiée pendant les fêtes, qui relève de la sainteté de la fête. Quand quelqu’un se livre à l’étude alors que la plupart des gens se trouvent dehors en train de bavarder, manifestant ainsi leur mépris pour la fête, c’est vraiment pour l’amour du Ciel, et il mérite une âme supplémentaire pour la Torah qu’il a étudiée pendant la fête, parce que le Saint béni soit-Il se rapproche davantage pendant les fêtes que pendant les jours ordinaires.

On peut donc dire que l’âme supplémentaire de la fête n’est pas semblable à celle qui se manifeste le Chabbat. L’âme supplémentaire du Chabbat vient en l’homme même s’il ne l’a pas méritée, alors que s’il n’a pas étudié, il ne connaîtra pas celle de la fête. C’est pourquoi il n’a pas été fixé de dire une bénédiction sur les herbes odoriférantes à la sortie des fêtes : en effet, l’âme supplémentaire dont on ressent alors le départ ne se trouve pas chez tout le monde, mais seulement chez ceux qui ont mérité d’étudier la Torah pour l’amour du Ciel.

Je pense que c’est la raison pour laquelle l’Ecriture a juxtaposé la sortie d’Egypte aux fêtes : elle veut nous dire que le Saint béni soit-Il n’a fait sortir les bnei Israël d’Egypte que pour qu’ils prennent sur eux la Torah et les mitsvot. Et lorsqu’ils étudient la Torah pendant la fête et respectent les fêtes, elles seront les fêtes de Hachem, et non leurs fêtes à eux, si bien qu’ils seront dignes sans aucun doute que la Chekhina repose parmi eux. Mais s’ils les utilisent pour perdre leur temps sans étudier, il ne s’agit plus de « convocations saintes » mais de « convocations profanes », et ce ne seront pas les fêtes de Hachem, mais « vos fêtes, que J’ai en abomination ». C’est pourquoi la Torah a dit deux fois « Voici quelles sont Mes fêtes. » Quand est-ce que Je serai sanctifié parmi les bnei Israël ? Lorsque les fêtes seront Mes fêtes et non vos fêtes. « Vos fêtes » ne représentent pas plus pour vous qu’une fête de famille, pour manger, boire et en tirer un plaisir personnel, en faisant un signe ou une allusion qui évoque la vraie fête, celle de Hachem. C’est pourquoi la sortie d’Egypte figure à proximité des fêtes afin de nous insinuer qu’au moment de la sortie d’Egypte, la Chekhina a reposé sur les bnei Israël parce qu’ils avaient pris sur eux la Torah, et avaient déjà commencé à recevoir la fête de Pessa’h pour toutes les générations. Par conséquent, même quand ils allaient recevoir les autres fêtes de Hachem, la Chekhina reposerait sur eux. Et j’ai pensé que la raison pour laquelle le Saint béni soit-Il a voulu que les bnei Israël célèbrent les fêtes et les appellent « fêtes de Hachem » est que les nations consacrent leurs fêtes à l’idolâtrie, ainsi qu’il est écrit par exemple que Par’o avait fait une fête pour son anniversaire, et il est évident qu’il s’y joignait une fête pour l’idolâtrie. C’est pourquoi Hachem a voulu que les bnei Israël célèbrent des fêtes qui comportent des souvenirs bénéfiques pour eux, afin que cela provoque chez eux un éveil aux bontés de Hachem à leur égard dans ces moments-là.

En effet, si les fêtes s’appelaient « les fêtes de l’homme », en se contentant de commémorer tout ce qui leur est arrivé, elles ne seraient remplies que de futilités profanes. Mais comme elles s’appellent « les fêtes de Hachem », il est évident que les hommes ne vont pas les traiter avec mépris, car ce sont des convocations saintes.

LES SENTIERS DES JUSTES

Pour acquérir les valeurs et les bonnes midot

Le Rabbi d’Apt, Rabbi Avraham Yéhochoua Heschel זצ''ל, qui a mérité l’appellation admirative de « Ohev Israël » (celui qui aime Israël), faisait tout particulièrement attention au moindre soupçon de ‘hamets à Pessa’h. On savait que même lorsque s’élevait la plus petite crainte à ce sujet, il prenait de lui-même la décision de se montrer sévère.

Il veillait tout particulièrement au trois matsot que l’on mange pendant la nuit du séder. Bien que toutes les autres matsot qui venaient sur sa table pendant tous les jours de la fête aient été kesherot « laméhadrin min haméhadrin », sur ces trois matsot-là il y avait une attention encore plus particulière. Lui-même s’occupait de leur cuisson et ne permettait à personne de s’en approcher. Dès la fin de la cuisson, il les enveloppait doublement et les rangeait dans un coin spécial, dans une pièce spéciale qui avait été préparée pour la fête afin d’y mettre ces matsot, ainsi que toutes le autres.

Tous les ans, il y avait plusieurs ‘hassidim proches du Rabbi invités à manger avec lui à la table du séder. Le séder se déroulait toujours avec beaucoup de monde, et naturellement, il y avait beaucoup de préparations en vue de cette soirée.

Cette année-là, le nombre d’invités était particulièrement élevé, et les préparations de la fête étaient en conséquence. La rabbanit s’affairait autour de l’équipe chargée des cuissons, et parallèlement dominait également tous les autres préparatifs : chauler les murs, astiquer les meubles, nettoyer la cour, et ainsi de suite.

C’était l’habitude à Apt que dans les jours qui précédaient la fête, un collecteur de fonds passait de maison en maison pour ramasser divers produits pour les pauvres de la ville, selon la coutume connue de « Kim’ha DePiss’ha ». En tout premier lieu, ils ramassaient des matsot, car non seulement c’est une obligation de la Torah de les manger, mais ce sont également les plus chers de tous les produits de Pessa’h. Il n’y avait pas de maison dans la ville entière où les collecteurs frappaient sans être accueillis volontiers et généreusement. Naturellement, ils ne manquaient pas non plus de passer chez le Rabbi.

Quand ils arrivèrent chez lui, la rabbanit avait beaucoup de travail sur les bras. Elle demanda à l’un des bedeaux d’aller dans la pièce des matsot et d’y prendre trois matsot pour les collecteurs. Elle avait énormément de travail devant elle et n’alla pas vérifier quelles matsot le bedeau leur avait données.

Le soir de la fête arriva, et la rabbanit se mit à dresser la table. Et voici, horreur, que les matsot spéciales du Rabbi avaient disparu. Son cœur se serra. Elle reconstitua rapidement tout ce qui s’était passé, et comprit que le bedeau, innocemment, avait choisi justement les matsot spéciales du Rabbi pour les donner aux collecteurs de fonds.

Elle se sentit défaillir. Une pareille chose n’était jamais arrivée. Qu’allait-elle faire maintenant ? Comment allait-elle pouvoir raconter cela au Rabbi ? En réfléchissant rapidement, elle décida de le lui cacher. De toutes façons, il n’y avait plus aucune possibilité de réparer, alors pourquoi lui infliger une peine inutile ! Elle prit trois autres matsot et les plaça en face de la place du Rabbi.

« De la « cherouïa » à Pessa’h ! »

Dans la même ville d’Apt, un jeune couple se préparait à la fête. C’était le premier Pessa’h qu’ils passaient ensemble.

La veille de la fête, quand le mari rentra à la cuisine, il trouva son épouse en train de préparer des boulettes avec de la farine de matsa. Quelques-unes avaient déjà cuit dans la marmite de soupe.

Le mari, qui était très pieux et s’était toujours abstenu de matsa « cherouïa » (trempée dans un liquide), fut scandalisé de ce qu’il voyait et se mit à crier : « de la cherouïa à Pessa’h ! »

Sa jeune femme se défendit en expliquant que sa mère et sa grand-mère mangeaient aussi de la « cherouïa » à Pessa’h. Le mari se mit en colère et cria qu’il n’avait jamais imaginé qu’il fallait préciser une chose aussi simple. A Pessa’h, on ne mange pas de « cherouïa ». Point.

Mais la femme s’obstina et déclara qu’elle ne changerait pas la coutume de ses ancêtres. Le jeune marié ne voulait pas non plus renoncer à la coutume que ses pères avaient toujours observée.

Les esprits s’échauffèrent, et lorsque le soir du séder arriva, l’atmosphère était assez lourde chez le jeune couple. Le mari insistait pour ne pas renoncer aux coutumes de ses aïeux (n’est-il pas dit : « ne délaisse pas les instructions de ta mère » ?), et il ne mangea pas du plat préparé par sa femme, en regardant d’un cœur tremblant les boulettes de matsa effrayantes qui se trouvaient sur la table.

Pendant ce temps-là, chez le Rabbi d’Apt, l’atmosphère du soir du séder était des plus élevées. La rabbanit se félicitait d’avoir été assez intelligente pour ne pas raconter à son mari ce qui s’était passé avec les matsot. Auparavant, quand était arrivé le moment de manger la matsa, son cœur avait cessé de battre un instant, mais elle s’était immédiatement calmée. La conduite de son mari ne différait en rien de l’habitude. Il avait pris les matsot dans les mains, avait dit dessus la bénédiction avec une grande concentration comme à son habitude, comme si de rien n’était.

La soir du séder se déroula donc dans la joie et une grande élévation de l’âme, comme tous les ans.

Et voici que pendant ‘hol hamoed, le jeune couple apparut chez le Rabbi. Ils lui racontèrent les querelles qui avaient explosé entre eux, et lui demandèrent conseil. Le Rabbi voulut entendre ce qui s’était passé, et les deux lui racontèrent la grande dispute qui avait éclaté à propos de la matsa « cherouïa ».

Le Rav réfléchit un moment, et tout à coup il s’adressa à son bedeau et lui demanda d’appeler la rabbanit. Celle-ci rentra dans la pièce, un peu étonnée.

« Je t’en prie, raconte-leur quelles matsot j’ai mangées cette année le soir du séder », lui dit le Rav.

La langue de la rabbanit s’attacha à son palais. Son cœur battait la chamade. Etait-il possible que son mari ait su ? Avait-il l’esprit saint ? N’ayant pas le choix, elle fut obligée de dévoiler son secret, et de raconter devant tout le monde la véritable histoire des matsot.

J’ai mangé des matsot ordinaires

Après la confession émouvante de la rabbanit, le tsaddik d’Apt se tourna vers le jeune mari et lui dit : « Vous voyez, moi, dont l’attention à ce que les matsot du soir du séder soient méhoudarot est connue de tous, cette année j’ai mangé des matsot ordinaires, comme tout le monde, sans ouvrir la bouche. Je savais parfaitement, mais je me suis tu pour ne pas abîmer la paix de la maison. Vous aussi vous auriez dû, malgré l’attention que vous portez aux coutumes de vos pères de ne pas manger de « cherouïa » à Pessa’h, trouver le moyen de convaincre votre épouse, avec douceur et patience, de venir vers vous sans mettre en péril la paix du foyer pendant la fête de Pessa’h.

 

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