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paracha de la semaine

Parachat Behoukotaï

17 Mai 2014

17 Iyar 5774

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

Paris

21:09*

22:28

Lyon

20:48*

22:01

Marseille

20:38*

21:48

* L'on allumera selon sa communauté

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Le secret des feux de joie pour Rabbi Chim’on bar Yo’haï

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Dimanche 18 Mai aura lieu la hilloula du tsaddik Rabbi Chim’on bar Yo’haï, un Tanna envers qui toutes les générations ressentent un lien particulier. De nombreux livres rapportent les récits de ses exploits et actes de bravoure en précisant qu’il dominait aussi bien les sphères supérieures qu’inférieures. Dans les sphères supérieures, D. décrétait et lui pouvait annuler le décret, ou alors lui décrétait et D. accomplissait. Il est en effet mentionné à plusieurs occasions dans le Zohar (Zohar ‘Hadach page 33) : « A ce moment-là, une voix céleste a déclaré ‘Heureux est ton sort Rabbi Chim’on, car D. a décrété en-Haut et tu as annulé en bas. C’est certainement à ton sujet qu’il est dit ‘Il accomplit les désirs de ceux qui Le craignent’. » On rapporte également qu’il avait un pouvoir sur l’ange de la mort et sur ses émissaires. Par ailleurs, dans ce monde-ci il avait aussi un pouvoir sur les hommes et les animaux, et D. l’en glorifiait dans les mondes supérieurs.

Comment Rabbi Chim’on bar Yo’haï a-t-il mérité tout cela ? C’était un tsaddik, un pilier du monde au sujet duquel on chante « C’est seulement pour toi que ‘Faisons l’homme’ a été proclamé », ce qui signifie que la venue au monde de l’âme de Rabbi Chim’on a suffi à elle seule à donner un sens à toute la Création du monde et de l’homme !

En réalité, le point essentiel qui le caractérise est la sainteté qui imprégnait tous ses actes ainsi que l’abstinence dans laquelle il a vécu. En effet il a vécu et étudié la Torah dans une grotte durant treize années consécutives sans parler, isolé des autres hommes et de la société, chose que par nature les humains ne supportent pas et ne peuvent concevoir. Même son maître Rabbi ‘Akiva, qui est resté loin de son foyer pendant vingt-quatre ans, preuve d’un niveau déjà extrêmement élevé, se trouvait dans un groupe et était entouré à la yéchiva où il a étudié et enseigné. Rabbi Chim’on bar Yo’haï, lui, avait son fils Elazar pour unique compagnon ! De plus, il ne s’est nourri pendant ces treize ans que de caroubes et d’eau ! Il est plus aisé de comprendre qu’avec une telle abstinence il ait pu se hisser à ce niveau si exceptionnel.

Par son comportement, Rabbi Chim’on nous a apporté un nouvel enseignement de qualité : n’importe quel être humain a la possibilité de se sanctifier et d’atteindre des niveaux très élevés. Il est écrit explicitement (Vayikra 19, 2) « Soyez saints ! Car Je suis saint, Moi Hachem, votre D. ». Le midrach s’interroge « Est-ce possible qu’il s’agisse d’un niveau égal au Sien ? Du fait qu’il est écrit ‘Je suis Hachem votre D.’, on comprend que ‘Ma sainteté dépasse la vôtre’. Il se peut qu’à l’époque du Temple, il ait été possible d’atteindre un degré de sainteté presque égal à celui de D. : la Chekhina était bien présente et lorsque les bnei Israël montaient au Temple, ils s’imprégnaient de crainte divine pour une longue période, jusqu’à la prochaine fête. Il était donc plus aisé de se sanctifier et de se rapprocher de la sainteté de D. Mais maintenant que le Temple n’est plus et que la présence divine ne réside plus en exil, nous ne pouvons pas nous transformer entièrement en sanctuaire pour D. et devenir, de notre vivant, un Char pour la Chekhina. Or telle est la grande nouveauté que nous a apportée ce Tanna : par sa sainteté et son attachement à D., il a préparé la place à la présence divine, lui permettant de descendre et de s’installer sur terre et en lui, malgré l’absence du Sanctuaire.

Nous avons donc la coutume d’allumer des feux de joie le soir de Lag Ba’omer en l’honneur de Rabbi Chim’on bar Yo’haï, et l’ouvrage « Bnei Issakhar » en donne diverses raisons. Ajoutons que dans le terme « medoura (feu) » on trouve le mot « dira (demeure) », car il a créé une demeure à D. dans ce monde-ci et Lui a permis d’installer Sa Chekhina en nous, la lettre « mem » (de valeur numérique 40) faisant allusion aux quarante jours pendant lesquels la Torah a été donnée. Cela nous enseigne que faire résider la Chekhina sur terre n’a été possible que grâce à l’étude de la Torah avec effort et investissement.

Il est ordonné dans notre paracha « Parle aux cohanim, fils d’Aharon, et dis-leur » et Rachi explique ainsi la redondance du texte « Parle et dis » : « pour que les grands le transmettent aux petits ». J’aimerais donner mon interprétation de cette répétition en m’inspirant d’une histoire qui m’est arrivée alors que je me rendais de New-York en France, dans un avion de la compagnie Air France. Etait assis à mes côtés un homme visiblement juif mais malheureusement non pratiquant. Lorsqu’on lui a servi son repas, non-cacher bien entendu, il a longuement hésité à y goûter et a changé d’avis plusieurs fois. Il semblait presque céder à la tentation de manger puis, au dernier moment, me regardait et se ravisait. Après un certain temps je me suis levé pour me laver les mains et lui ai proposé au passage de lui donner un sandwich cacher que j’avais sur moi… ce qu’il a accepté volontiers. J’ai attendu qu’il termine de manger avant de lui demander : « Pourquoi n’avez-vous pas consommé le repas qu’on vous a apporté ? A quoi avez-vous pensé à ce moment-là ? » Il m’a répondu qu’effectivement, il ne parvenait pas à résister à la tentation et pensait manger. Mais en me regardant, il a vu en moi un représentant des juifs servant D. dans le monde : l’ambassadeur, si l’on peut parler ainsi, de Hachem ici. Il n’a pas osé goûter un mets non cacher à côté d’un Rav et s’est ravisé. Je l’ai donc loué pour son geste et l’ai encouragé à persévérer dans le judaïsme.

Force est de constater que même sans actes ni paroles, nous pouvons influencer autrui et rayonner sur notre entourage. Même sans parler, une personne empreinte de crainte divine et veillant à sanctifier le nom de D., répandra le bien et sera un exemple pour son environnement. Il m’arrive souvent de rencontrer des gens qui m’avouent : « Rabbi David, depuis notre discussion je mets les tefilin », « depuis que vous m’avez encouragé à développer la crainte de D., je respecte le Chabbat », et cela me remplit d’une joie immense ! Cela valait la peine de venir au monde juste pour que cet homme-là se détourne de la mauvaise voie qu’il avait empruntée et mette les tefilin ou respecte le Chabbat !

C’est le sens de « Parle et dis » : « pour que les grands le transmettent aux petits ». En d’autres termes, si nous entrons dans le cadre de « Parle », c’est-à-dire que nous craignons D., que nous respectons les mitsvot, que celles-ci nous imprègnent entièrement, que nous étudions la Torah pour l’amour du Ciel, car ses mots sont « les paroles de D., des paroles pures », nous n’aurons pas besoin d’inciter les autres à accomplir les mitsvot, car alors ils nous verront agir et ils craindront D. Ainsi, même si tu n’as pas ‘parlé’ tu seras considéré comme ayant ‘dit aux plus jeunes’. Cette vertu ne peut résider que chez un homme parfait, étudiant la Torah de façon désintéressée.

C’est pourquoi une personne qui se sanctifie mérite de sanctifier également son entourage. A plus forte raison, Rabbi Chim’on bar Yo’haï, dont les enseignements étaient purs, a, du haut de sa sainteté et de son ascétisme, tracé un chemin pour des générations. Quiconque se penche sur ses livres et sur le saint Zohar s’emplira de crainte divine et deviendra pointilleux vis-à-vis des mitsvot, même s’il ne l’a jamais vu.

LA PARABOLE ET SA LEÇON

Le merveilleux palais en exil

« Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés » (Vayikra 26, 44)

L’époque de la domination de l’empereur Napoléon Bonaparte a poussé de nombreux juifs à placer en lui des espoirs enthousiastes d’un avenir meilleur. Ils pensaient que si Napoléon annulait totalement certains décrets qui avaient été pris contre eux pendant de longues années et leur accordait de surcroît de nombreux bienfaits et une totale égalité des droits, ce serait un signe clair que la délivrance était proche.

Tout le monde ne voyait pas d’un bon œil les agissements de l’empereur envers le peuple juif, malgré l’étendue croissante des droits qu’il lui accordait. Les Sages d’Israël trouvaient justement en cela une raison de souci et de tristesse, et c’était, en ce qui les concernait, un signe de la longueur d’un exil interminable.

Le gaon Rabbi Moché Sofer זצ''ל, le « ‘Hatam Sofer », démolissait systématiquement les espérances que les juifs plaçaient en Napoléon, et à chaque fois qu’il parlait en public, il encourageait son auditoire à observer la Torah et les mitsvot, seule et unique garantie de la possibilité de voir l’exil se terminer et les diasporas du monde entier être rassemblées dans une délivrance totale, grâce au Machia’h fils de David. Pour concrétiser son propos, il utilisait une histoire qui avait bien été assimilée par le peuple, et que voici :

Le fils du roi, aimé et gâté dans le palais de son père, se détourna tout à coup du bon chemin et tourna le dos à l’éducation qu’il avait reçue de son père et des éducateurs de qualité qu’il lui avait assignés. Chaque jour, il se révoltait contre la royauté et commettait des actes qui ne convenaient pas à son état de prince.

Au début, quand le jeune homme se comportait avec insolence et arrogance, le roi et ses ministres essayaient de le convaincre et lui faisaient des reproches pour qu’il s’amende, mais quand il se mit à fréquenter des vauriens et à imiter publiquement leur conduite dépravée, le roi décida de punir son fils de telle façon qu’il apprendrait à reconnaître son erreur. Alors il se repentirait, se reprendrait et se remettrait à se comporter comme il convient à un fils de roi.

Que fit le roi ? Il ordonna à ses serviteurs d’emmener son fils dans un village éloigné où il serait vendu à un paysan pauvre pour une somme dérisoire.

La vie du prince, habitué aux délicatesses, devint amère chez le paysan, qui le faisait travailler dur et lui imposait de lourdes tâches dont il n’avait jamais pris l’habitude, en ne lui donnant, pour ce travail épuisant, que du pain sec et de l’eau.

Le roi espérait qu’ainsi, son fils apprendrait à connaître la vie sur terre, à apprécier les avantages de la liberté et à souhaiter retrouver le palais du roi, sans plus se laisser entraîner dans des voies douteuses, si bien que quand viendrait le jour de monter sur le trône, il en serait digne.

Le prince ne se révolta pas contre son nouveau maître et accepta avec amour tous les tourments que lui imposait le roi son père. Il avait dans le cœur un seul et unique espoir, qui remplissait tout son univers : mon père me ramènera bientôt vers son palais…

Il vivait ainsi au village, dans l’attente éperdue de ce jour tant espéré auquel il pensait sans cesse : peut-être qu’aujourd’hui le roi viendra ici me délivrer de toutes ces souffrances. Le jour il y pensait, attendait, espérait, et la nuit il rêvait que le roi et sa cour venaient au village lointain et le ramenaient au palais.

Les jours passaient, l’un après l’autre, semaine après semaine, mois après mois, et le roi ne venait toujours pas. Ses ministres et ses serviteurs tardaient également, et on n’entendait aucun convoi royal. Mais le fils du roi continuait à attendre et à espérer le jour où il mériterait de vivre à nouveau au palais, comme autrefois.

Un beau jour, il aperçut un groupe d’ouvriers qui arrivait au village. Ce spectacle attira son attention, et il décida de les suivre de près. Au bout de quelques jours, il apprit que ces ouvriers creusaient des fondations et avaient commencé à construire un bâtiment spacieux au centre du village.

Très curieux de la raison d’être de cette magnifique construction dans un pauvre village perdu, ce qui était peu fréquent, le fils du roi s’adressa aux ouvriers qui y travaillaient sans relâche pour leur demander ce que cela signifiait.

Ils ne lui cachèrent pas le véritable objectif : « Le roi nous a ordonné de construire ici un magnifique palais pour vous, qui êtes son fils ! »

Ils furent stupéfaits de voir qu’au lieu de se réjouir de la construction de ce palais, le prince se mit à éclater en amers sanglots …

« Est-ce que ce bâtiment ne vous plaît pas, votre grâce ? », demandèrent les ouvriers en tremblant.

Le prince répondit par-delà ses larmes :

« Ce palais est tellement merveilleux, c’est justement pour cela que je pleure ! »

« A cause de cela ? » s’étonnèrent les ouvriers, « et pourquoi donc ? »

« Tant que j’habitais chez le paysan, leur expliqua-t-il, je travaillais dur et je mangeais du pain sec, pourtant je savais que le jour était proche où mon père me délivrerait et me ramènerait chez lui. Mais à présent qu’il vous envoie pour me construire un magnifique palais, qui sait combien de temps il désire me laisser ici, étranger, loin de sa demeure… »

Les juifs qui entendaient cette histoire baissaient la tête. Ils comprenaient la leçon. Mais le ‘Hatam Sofer insistait : le peuple d’Israël souffre en exil depuis de nombreuses années, mais dans cette grande obscurité scintille une lumière : l’espoir d’une proche délivrance.

A présent, quand le Saint, béni soit-Il nous envoie l’empereur pour nous construire un beau palais en exil, le palais de l’égalité des droits, qui sait pendant combien de temps encore l’exil va durer ? Nous n’avons pas à nous en réjouir, mais au contraire à en pleurer amèrement…

HOMMES DE FOI

Récits sur les tsaddikim de la famille Pinto

Tout ce qu’ils vous prescriront

Rabbi Pin’has Amos a parlé à notre maître le gaon et tsaddik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita de l’esprit saint qui reposait sur Rabbi ‘Haïm Pinto, que son mérite nous protège.

Autrefois au Maroc, les femmes préparaient elles-mêmes la levure pour cuire le pain. Une certaine année, de la levure industrielle apparut sur le marché avec un hekhcher de la communauté juive. Le grand-père de Rabbi Pin’has Amos, qui était très scrupuleux sur la cacherout, avait refusé de manger du pain fait avec cette levure.

Le tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, qui connaissait très bien cet homme, en fut informé par l’esprit saint, et alla lui rendre visite. Alors, au cours de la conversation, il « apprit » que celui-ci refusait absolument de manger du pain qui avait été fabriqué avec cette levure. A ce moment-là, Rabbi ‘Haïm lui dit : « Cette levure est permise par le Va’ad Hacacherout, je vous en prie, ne causez pas de dissensions à l’intérieur de la communauté. » Le grand-père de Rabbi Pin’has Amos, qui lui faisait entière confiance, accepta le jour même de manger du pain qui avait été cuit avec la levure industrielle en question.

On peut ajouter à cela que ces choses sont écrites dans la Torah : il faut écouter les rabbanim, ainsi qu’il est écrit : « Tu observeras tout ce qu’ils te prescriront… tu ne te détourneras ni à droite ni à gauche de ce qu’ils te diront. » En effet, si quelqu’un par malheur venait à douter des paroles des rabbanim, cela n’aurait pas de fin, c’est pourquoi Rabbi ‘Haïm Pinto avait ordonné d’écouter les paroles des sages qui permettaient, et décrété qu’il n’y avait pas lieu de se montrer sévère à ce propos.

Nous voyons de cette histoire combien le tsaddik évitait les dissensions entre le peuple et les rabbanim de son époque.

GARDE TA LANGUE

Ils vous ont été ajoutés

Voici ce qu’on trouve dans « ‘Hovot Halevavot » (Cha’ar Hakeniya ch. 7) : « Au jour du jugement, beaucoup de gens, quand on leur montrera leurs actes, y trouveront des bonnes actions qu’ils n’ont pas faites, et diront : Nous n’avons pas fait cela ! On leur répondra : celui qui les a faites a parlé pour dire du mal de vous. De même pour ceux qui ont dit du mal, quand il leur manquera des mérites et qu’ils les réclameront, on leur dira : vous les avez perdus quand vous avez parlé d’Untel et d’Untel ! Par ailleurs, certains autres trouveront à leur actif des mauvaises actions qu’ils n’ont pas commises, et quand ils poseront la question, on leur répondra qu’elles leur ont été ajoutées à cause d’Untel et d’Untel dont ils ont dit du mal.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Toutes les bénédictions d’en haut et d’en bas dépendent du septième jour

« Si vous marchez dans Mes voies et que vous observez Mes mitsvot et les accomplissez, Je vous donnerai vos pluies en leur temps, la terre donnera sa récolte et l’arbre des champs donnera ses fruits. »

La Guemara (Ta’anit 23a) explique qu’« en leur temps » désigne les nuits de Chabbat.

On a du mal à comprendre en quoi les nuits de Chabbat sont différentes de celles de la semaine ! De plus, comment est-il possible que D. donne une récompense à ceux qui font Sa volonté en ce monde-ci, alors qu’« il n’y a pas de récompense pour les mitsvot en ce monde » (Kidouchin 39b) ?

Apparemment, d’après ce qu’écrivent les commentateurs, celui qui étudie la Torah le Chabbat obtient une récompense plus grande que pour la Torah qu’il étudie pendant la semaine. Selon le Midrach, la Torah a dit devant le Saint béni soit-Il : « Maître du monde, quand les bnei Israël rentreront dans leur pays, l’un courra vers sa vigne et l’autre vers son champ, et moi, qu’est-ce que je vais devenir ? » Il lui a répondu : « J’ai un conjoint pour toi qui s’appelle Chabbat. »

Il est écrit dans la Torah sur le Chabbat (Béréchit 2, 3) : « Il le bénit et Il le sanctifia. » De même que le Saint béni soit-Il a béni et sanctifié tout l’univers le jour du Chabbat, Il a béni et sanctifié la Torah qu’on étudie le Chabbat. La récompense donnée par Hachem est la pluie (guéchem), dont le nom évoque la matérialité (gachmiout), les nuits de Chabbat, sans que rien soit ôté aux mérites de la personne qui étudie, car le Saint béni soit-Il ne lui donne qu’un pour cent de la grande récompense qui lui est gardée pour le monde à venir.

C’est pourquoi la Torah parle de matérialité à propos du Chabbat : toute l’abondance dépend de l’observance du Chabbat, comme il est écrit dans le Zohar, que toute l’abondance d’en haut et d’en bas dépend du septième jour. La récompense du Chabbat, la pluie en son temps, est comparée à l’étude de la Torah, dont il est dit (Michlei 4, 2) : « Car Je vous ai donné un bon cadeau. »

A LA SOURCE

« Si vous marchez dans Mes lois » (26, 3)

« Cela nous enseigne qu’il faut étudier la Torah dans l’effort » (Torat Cohanim).

On connaît ce qu’ont enseigné les Sages : « L’homme est né pour le travail – le travail de l’étude de la Torah » (Sanhédrin 99a). Le gaon Rabbi ‘Haïm Soloveitchik a dit à ce propos :

Un ange enseige toute la Torah au fœtus dans le ventre de sa mère, sans rien en omettre. L’effort est tout ce qui y manque. C’est pourquoi quand il sort dans le monde, il faut qu’il ait également l’effort, c’est pourquoi il est dit que l’homme est né pour le travail.

« Si vous marchez dans Mes lois » (26, 3)

Rabbi Moché Leib de Sassow s’étonnait :

Pourquoi est-ce que l’étude de la Torah s’appelle « amal » (effort), ne dit-on pas qu’il n’y a d’homme libre que celui qui étudie la Torah ?

Rabbi ‘Hanokh Tsvi de Bendin répond à cela :

Il est vrai qu’étudier la Torah quand on est seul est une liberté et un plaisir, mais quand on veut aussi être utile aux autres et les entraîner à étudier eux aussi la Torah et à marcher dans ses voies, il faut beaucoup de travail, particulièrement à notre époque, où les ennemis d’Israël se multiplient, eux dont tout le désir est de détourner les bnei Israël…

« Vous fuirez sans qu’on vous poursuive » (26, 17)

C’est surprenant : En quoi est-ce une malédiction de s’enfuir sans qu’on vous poursuive ?

Le Gaon de Vilna répond à cette question par ce que dit le Midrach sur le verset « D. recherche celui qui est poursuivi » : quand un juste poursuit un juste, D. est en faveur de celui qui est poursuivi, mais même quand un juste poursuit un méchant, D. est en faveur de celui qui est poursuivi et Se tiendra aux côtés du méchant.

La malédiction que contient ce verset nous enseigne que la fuite sera « sans qu’on vous poursuive », car s’il y avait un poursuivant, le Saint béni soit-Il serait pour ainsi dire obligé de vous sauver, puisque « D. recherche celui qui est poursuivi ». Mais comme vous n’aurez pas de poursuivant, vous ne vous appellerez pas « poursuivis », et Il ne sera pas obligé de vous sauver.

« Si vous agissez envers Moi comme au hasard » (26, 21)

Le Tourei Zahav commente les paroles du Choul’han Aroukh (Orah ‘Haïm 191, 3) « Il est interdit de faire un travail pendant qu’on est en train de dire le birkat hamazon » en disant que c’est pendant le birkat hamazon seulement que les Sages ont interdit de faire un travail, et non pendant d’autres bénédictions ou pendant la prière. Mais il est évident que dans toute mitsva, on ne doit pas parler d’autre chose en même temps, car cela montre qu’on fait la mitsva sans concentration, comme par hasard.

Cette idée figure dans le verset « si vous agissez avec Moi comme au hasard », qui signifie : même si vous êtes en train de faire une mitsva, de toutes façons ce sera comme au hasard. »

LA LUMIERE DU ZOHAR

« Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés » (26, 44)

Rabbi Elazar a interprété ainsi l’expression « Et pourtant, même alors » : Israël est le plus heureux des peuples ! En effet, même s’ils ont irrité leur Créateur, D. ne délaisse pas les bnei Israël. Où qu’ils aillent en exil, Il les accompagne. Tel est le sens du verset « Et pourtant, même alors, quand ils se trouveront relégués dans le pays de leurs ennemis, Je ne les aurai pas dédaignés. »

Rabbi Abba a déclaré : « Vois combien est grand l’amour de D. pour les bnei Israël. Bien qu’Il ait été contraint de les disperser parmi les nations, la présence divine ne s’est jamais éloignée d’eux et ne les quittera jamais. On ne peut pas dire qu’ils sont seuls en exil, car « même Elle » les accompagne.

(Haazinou 297b)

SUR LA VOIE DES PERES

Il y a différentes sortes de ‘hessed

L’une des louanges adressées au Créateur du monde, telles qu’elles ont été rédigées par les membres de la Grande Assemblée dans la première bénédiction du Chemonè Esrè, est la qualité de « gomel ‘hassadim tovim », littéralement « Qui octroie de bonnes générosités ». Le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande bonté et Sa miséricorde, quand Il fait du bien à Ses créatures, veille à ce que Sa générosité soit entièrement bonne. Voici ce qu’Il nous promet dans la paracha de la semaine : « Je donnerai vos pluies en leur temps. » Les Sages demandent immédiatement : « Quel est leur temps ? Ni trop abondantes ni trop faibles, mais en quantité moyenne. Autre explication : en leur temps, les nuits du mercredi et les nuits du Chabbat. » Comme le rapporte Rachi : « Au moment où elles ne dérangent pas les gens, car ils ne sont pas en chemin » (Ta’anit 22b).

Le Midrach raconte qu’à l’époque du roi Hérode, les pluies tombaient la nuit, et le matin le vent soufflait, dispersait les nuages et le soleil brillait. La terre séchait et les travailleurs sortaient et vaquaient à leurs travaux, en sachant qu’ils faisaient la volonté de leur Père des Cieux.

L’histoire suivante est tirée du livre « Bayit OuMenou’ha ». Elle est racontée par le gaon et tsaddik Rabbi Moché Aharon Stern זצ''ל, machguia’h de la yéchiva de Kamenitz : J’ai connu quelqu’un du nom de Rabbi Gabriel Semoutani זצ''ל, qui faisait preuve d’une assiduité exceptionnelle dans l’étude. Il m’a raconté que lorsqu’il était jeune, il avait perdu ses parents et était entré dans un certain beit midrach de la ville, sans avoir où manger ni où dormir. Il s’était assis, avait étudié pendant toute la journée en ayant faim, et personne ne lui avait proposé à manger. Personne ne lui avait non plus dit bonjour. Après la prière d’arvit, il ne savait que devenir et se faisait beaucoup de souci en se demandant comment il allait pouvoir manger et où il allait dormir. Et voici que tout à coup, un juif s’était approché de lui, lui avait dit bonsoir et lui avait demandé « d’où es-tu ? »

Il avait répondu qu’il était un jeune garçon qui n’avait ni où manger ni où dormir. L’homme avait sorti de sa poche une belle somme et lui avait dit : « Avec cet argent, achète-toi à manger et trouve une chambre où dormir. Parce que je suis un envoyé du gaon Rabbi ‘Haïm Ozer Grodzinski pour chercher des jeunes garçons qui étudient la Torah et qui n’ont pas de source de revenus. » Il avait ajouté : « Quand cet argent sera terminé, va chez Rabbi ‘Haïm Ozer et il t’en donnera d’autre. » Il faut souligner que ce garçon finit par devenir d’une assiduité extraordinaire et construisit un foyer magnifique, tout cela par le mérite de l’amour de la générosité qu’avait Rabbi ‘Haïm Ozer.

Yiddishe kinderlekh

Après l’époque terrible des années de l’Holocauste, des vagues de réfugiés de guerre arrivèrent en Israël, des débris d’homme que la main de la Providence avait protégés de la vallée de l’ombre de la mort.

Avec une noblesse de cœur extraordinaire, le Rav de Poniewitz, le gaon Rabbi Yossef Chelomo Kahneman זצ''ל, avait fondé la grande institution « Batei Avot », qui était destinée à absorber des centaines et des milliers d’orphelins de l’Holocauste qui avaient été amenés en Israël. Il y avait investi la quintessence de son cœur et de son âme.

Le Rav de Poniewitz estimait que face à la terrible destruction qui avait frappé des millions de personnes, les rescapés avaient le devoir de servir de pères et de mères à ces malheureux enfants, c’est pourquoi il s’était adressé au peuple par un appel chaleureux : construisons pour ces enfants non pas un orphelinat, mais un foyer (batei avot). Des maisons avec un père et une mère, des institutions telles qu’à l’intérieur de leurs murs règnera une atmosphère familiale chaleureuse, au point que l’enfant orphelin oubliera son passé, et que l’amertume de sa vie s’en trouvera quelque peu adoucie. Un jour apparut aux « batei avot » tout un groupe d’enfants qui venaient de Tripoli. Ils étaient arrivés à l’improviste, personne n’avait pris la peine de prévenir de leur arrivée et l’institution n’était pas équipée pour les intégrer. On trouva bien dans la cave suffisamment de lits et de matelas, mais il n’y avait pas de couvertures ni de literie, et il était tard dans la nuit.

Rabbi Yossef Chelomo Kahneman se rendit donc avec son secrétaire, le Rav Binyamin Zéev Deutsch, frapper chez monsieur Eliahou Eisenstadt, un juif qui avait une boutique de literie à Bnei Brak, pour l’« enrôler » dans cette affaire. Il était déjà couché depuis longtemps.

Le Rav de Poniewitz frappa avec force à la porte, et appela d’une voix suppliante : « Reb Eliahou, levez-vous pour servir le Créateur !

Des yiddishe kindelekh (enfants juifs) sont venus étudier la Torah, et nous n’avons pas d’oreillers ni de couvertures, levez-vous Reb Eliahou pour ouvrir la boutique… » Ce dernier, que la voix du Rav avait réveillé, n’hésita pas un instant à aller avec eux et à leur donner tout l’équipement nécessaire, afin que les enfants puissent dormir confortablement cette nuit-là même…

 

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