La Paracha de la semaine en format PDF

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paracha de la semaine

Parachat Vayigach

27 Décembre 2014

5 Tévèt 5775

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

DEBUT

FIN

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17:55

Lyon

16:43

17:53

Marseille

16:50

17:58

 

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Quand le remède vient avant le mal

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

 « Il se jeta au cou de Binyamin son frère et pleura ; et Binyamin aussi pleura sur son cou. » (45, 14)

Rachi explique que Yossef a pleuré sur le cou de Binyamin à cause des deux Sanctuaires qui se trouveront sur le territoire de ce dernier et qui seront tous deux détruits. Quant à Binyamin, il a pleuré sur le cou de Yossef au sujet du Sanctuaire de Chilo, qui se trouvera sur le territoire de celui-ci et sera détruit. Ce commentaire soulève une grande question : on dit qu’« une souffrance suffit en son temps », c’est-à-dire qu’un moment déterminé est prévu pour pleurer et se lamenter sur chaque malheur. S’il en est ainsi, pourquoi Yossef et Binyamin s’affligent-ils pour une destruction qui n’a pas encore eu lieu ? De surcroît, ils sont à présent confrontés à d’autres épreuves comme l’exil d’Egypte et le poids de la servitude… ils auraient dû s’attrister pour ces malheurs plutôt que pour une future destruction !

De plus, à ce moment-là, la destruction n’était pas encore certaine. En effet, le Temple devait être détruit à cause de la haine gratuite et comme punition pour les explorateurs et le peuple qui avaient pleuré sans raison au sujet de la terre d’Israël. Puisque ces plaintes étaient vaines, D. leur avait dit « Vous pleurez gratuitement ? Vous finirez par verser des larmes durant toutes les générations pour la destruction du Temple ! » (Sota 35a) Mais lors de la rencontre entre Yossef et Binyamin, les bnei Israël n’avaient pas encore commis la faute des explorateurs et ce décret n’aurait peut-être jamais été prononcé, car ils auraient pu s’empresser de se repentir. Par conséquent, le projet de destruction n’était pas encore confirmé à cette époque-là. Pourquoi alors les deux frères pleurent-ils sur un malheur hypothétique ?

Il semble qu’on puisse expliquer que Yossef et Binyamin voulaient transmettre aux générations futures qu’il faut amener le remède avant le coup. Ainsi, la simple éventualité d’une destruction du Temple les obligeait à tout faire pour l’éviter. Ce seul risque, même s’il n’était pas confirmé, devait éveiller le peuple à un repentir complet. La dévastation a été causée par la haine gratuite et l’atteinte à l’unité d’Israël, et c’est pour cette raison que les frères ont pleuré. Ils ont voulu enseigner à Israël qu’il allait à présent subir l’asservissement de Par’o pour être ensuite délivré avec miracles et prodiges. Puis cette libération le mènerait au don de la Torah. Comme nous le savons, la Torah n’a été donnée au peuple juif que lorsque celui-ci était uni. En effet, la mise en application de la Torah et la présence divine sont conditionnées par l’unité du peuple et son sentiment de coresponsabilité. Dès que des dissensions apparaissent au sein de Son peuple, D. S’empresse d’en détourner Sa présence.

Mais le peuple d’Israël n’a malheureusement pas tiré leçon de l’attitude des deux frères. Il a fomenté une querelle en se moquant et en calomniant le pays. Ensuite, il n’a pas su préserver son unité et a exacerbé l’hostilité des uns contre les autres, ce qui a finalement abouti à la destruction du Temple.

A ce sujet, on raconte l’histoire suivante : une femme âgée avait quitté ce monde en léguant dans son testament la même somme d’argent à tous ses descendants, à l’exception de l’une de ses petites-filles à qui elle attribuait un montant équivalent à la somme des héritages de tous ses autres descendants. Les membres de la famille de la défunte se sont rendus au beit din pour s’assurer qu’il n’y avait pas d’erreur dans le testament. Les juges ont alors cherché à voir tous les écrits de la disparue. Au fil de la recherche, ils ont trouvé un journal intime dans lequel la vieille dame avait l’habitude d’écrire tout ce qui lui arrivait. Dans l’une des pages, elle racontait qu’elle avait rassemblé tous ses descendants pour leur décrire les sombres jours de l’Holocauste.

Elle soulignait dans ses propos que tous ses petits-enfants l’avaient écoutée attentivement mais que l’une de ses petites-filles s’était particulièrement identifiée à ses paroles et que son visage s’était empli de larmes tandis qu’elle écoutait ces effroyables histoires. La vieille dame ajoutait qu’elle était persuadée que cette petite-fille transmettrait aux générations à venir ce qui s’était produit durant ces redoutables années, tant elle s’était sentie concernée par cette histoire. Face à ce témoignage, les juges ont compris pourquoi la grand-mère lui avait légué une somme plus importante : elle l’avait sentie capable de perpétuer ces récits.

De même, en ce qui concerne Yossef et Binyamin, nous constatons une mise en garde et une crainte du destin du peuple d’Israël, au point qu’ils ont négligé les malheurs qui allaient se produire maintenant pour pleurer sur la future destruction du Temple, et comme ils savaient que l’unité est la base et la condition de l’existence du peuple d’Israël et de la présence de Hachem en son sein, ils ont voulu mettre le peuple en garde et lui faire comprendre l’importance de l’unité, un peu comme pour faire précéder le coup de son remède. La destruction du Temple continue à nous accompagner jusqu’à aujourd’hui, depuis des siècles, et la désunion a également provoqué L’Holocauste.

Les pleurs des frères nous enseignent que nous devons prendre le deuil pour la destruction du Temple : si Yossef et Binyamin se sont tant attristés alors que le projet de destruction était encore incertain, a fortiori nous, après la destruction avérée du Temple, devons nous endeuiller et nous repentir afin de mériter de voir sa reconstruction. Ainsi, il nous faut renforcer notre unité, rapprocher les âmes et éviter les controverses afin de mériter la venue du Machia’h, rapidement et de nos jours. Amen.

SUR LA PENTE ASCENDANTE

Tiré des notes de notre maître chelita

Vérifications de sécurité

Dans l’une de mes visites en Erets Israël, j’ai participé à une hakhnassat séfer Torah qui a eu lieu dans l’un des grands hôtels du pays. Etaient également présents des personnalités politiques de haut rang, par exemple le président de l’époque, M. Moché Katsav, le Premier ministre M. Ariel Sharon, d’autres députés et des personnalités communautaires.

A l’entrée de l’hôtel, il fallait passer, comme d’habitude, une inspection de sécurité. Quiconque entrait dans l’hôtel subissait de la part des responsables de la sécurité une vérification très complète de ses affaires et de sa personne, à la recherche d’armes ou d’équipement terroriste.

Lorsque mon tour est arrivé, certains de mes accompagnateurs estimaient que ce n’était pas l’honneur de la Torah qu’on me fouille à fond comme les autres, mais je leur ai dit que c’était une inspection importante du point de vue de la sécurité. Les Sages ont dit : « Ne te sépare pas de la communauté » (Pirkei Avot 2, 5), c’est pourquoi je ne me sentais pas offensé.

Après les vérifications exigées, nous sommes entrés dans le hall de l’hôtel et nous avons attendu l’arrivée des hommes politiques. Lorsqu’ils arrivèrent, j’ai remarqué qu’ils ne passaient pas la sécurité comme toutes les autres personnes présentes dans la salle, mais rentraient immédiatement dans le hall de l’hôtel.

Quelle en était la raison ?

Comme tout le but de la sécurité était en leur honneur et pour les protéger pendant leur séjour, les vérifications et les fouilles ne pouvaient pas s’appliquer à eux.

Le peuple qui se défend

Pendant ces instants, je me suis dit que tout cela représentait une parabole sur la situation du peuple d’Israël vis-à-vis des autres peuples.

De même que la vérification sécuritaire avait été effectuée sur l’ensemble des participants à cause des hommes politiques respectables, ainsi le monde entier n’avait été créé que pour la sainte Torah et pour le peuple d’Israël.

Mais une grande question m’est venue à l’esprit. Si le monde entier n’a été créé que pour Israël, comment est-il arrivé que dans le monde entier, il y ait tant d’animosité contre Israël ? Pourquoi exige-t-on de nous de nous justifier et de défendre nos actions ? Comment sommes-nous devenus ceux qui doivent se défendre ? Nous sommes le peuple élu, pour lequel le monde entier a été créé, exactement comme le Président et le Premier ministre sont les personnalités honorifiques auxquelles toute la sécurité est destinée !

Et en cette circonstance, voici ce que je me suis dit.

Quand le peuple d’Israël observe la Torah et les mitsvot, il est digne qu’on écrive sur lui « Béréchit bara », « Hachem a créé pour le réchit », le monde a été créé pour la Torah et pour Israël qui s’appellent « réchit » (les prémices). Mais en revanche, lorsque les bnei Israël fautent, alors les autres nations les dominent, ne reconnaissent en aucun cas leur situation primordiale comme fils du Roi des rois, et alors nous passons du côté de ceux qui s’excusent et qui doivent répondre de tous leurs actes.

C’est pourquoi nous avons le devoir de renforcer en nous l’étude de la Torah et l’observance des mitsvot, car c’est uniquement par elles que nous acquerrons notre spécificité et notre caractère honorifique aux yeux des nations.

LA HAPHTARA DE LA SEMAINE

« La parole de Hachem me fut adressée en ces termes : Et toi, fils d’homme » (Yé’hezkel 37, 16)

La haphtara parle de l’unification des royaumes de Yéhouda et de Yossef, ainsi qu’il est écrit : « Et maintenant, fils d’homme, prends un morceau de bois et écris dessus : pour Yéhouda et les bnei Israël, ses amis, et prends un autre morceau de bois et écris dessus : pour Yossef (…) et toute la maison d’Israël, ses amis (…) ils seront réunis dans ta main. » Ceci dans l’esprit de l’idée centrale de la paracha, lorsque Yéhouda lutte pour sauver son frère Binyamin, et qu’en fin de compte toutes les tribus s’unissent avec Yossef le juste qui gouverne toute l’Egypte.

 « Je les tirerai de toutes les demeures dans lesquelles ils ont fauté et Je les purifierai » (Yé’hezkel 37, 23)

On sait parfaitement que lorsque l’homme pèche, il rend impur l’endroit où il a commis cette faute.

C’est pourquoi le verset dit « Je les tirerai de toutes les demeures dans lesquelles ils ont fauté et Je les purifierai », Je sauverai tous ces endroits où les bnei Israël ont péché et Je purifierai ces lieux qu’ils ont souillés par leurs fautes.

(« Torat Haparacha »)

 « Mon serviteur David régnera sur eux » (Yé’hezkel 37, 24)

Le verset nous annonce que dans l’avenir, tout le monde va s’éveiller au retour vers Hachem, et il ne restera plus aucune trace de la faute, mais les bnei Israël auront honte de se repentir de toutes les mauvaises actions qu’ils ont commises.

Le prophète dit à ce propos « Mon serviteur David règnera sur eux », car on connaît l’enseignement des Sages selon lequel (Avoda Zara 4b) David n’aurait pas dû, étant donné son niveau, commettre la faute qu’il a commise, mais elle a été provoquée pour qu’il enseigne la techouva et qu’il soit un exemple dont nous puissions apprendre qu’elle peut racheter toute faute.

(« Ahavat Yéhonathan »)

« Les peuples sauront que Moi, Hachem, Je sanctifie Israël, puisque Mon Sanctuaire sera au milieu d’eux à jamais » (Yé’hezkel 37, 28)

On sait que tout ce qui est fait par Hachem perdurera à jamais, car Hachem est le D. vivant. C’est pourquoi la délivrance à venir, rapidement et de nos jours, sera accomplie par Hachem en personne, elle persistera à jamais, et il n’y aura plus après elle aucune servitude.

C’est ce que dit le verset : « Les peuples sauront que Moi, Hachem, Je sanctifie Israël. » Le prophète insiste sur le mot « Moi », c’est Moi Qui sanctifie Israël et non un envoyé. C’est pourquoi « Mon Sanctuaire sera au milieu d’eux à jamais », car lorsqu’ils verront « Mon Sanctuaire », qui est le Troisième temple, qui sera parmi eux à jamais, alors ils sauront automatiquement que la dernière délivrance a été effectuée par Moi.

(« Adéret Eliahou »)

 « Les peuples sauront que Moi, Hachem, Je sanctifie Israël, puisque Mon Sanctuaire sera au milieu d’eux à jamais » (Yé’hezkel 37, 28)

Il faut expliquer le verset d’après ce que dit le saint Alcheikh sur le verset « Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai en eux », il n’est pas dit « en lui » mais « en eux », à l’intérieur de chacun des bnei Israël.

Nous apprenons de là que Hachem réside à l’intérieur de chaque ben Israël, et de cette façon Il les sanctifie.

C’est l’explication du verset « Les peuples sauront que Moi, Hachem, Je sanctifie Israël », Hachem sanctifie le peuple d’Israël. Quelle en est la preuve ? « Mon Sanctuaire sera au milieu d’eux à jamais ». Comme il est écrit dans la Torah « Je résiderai en eux » et non « en lui », on en conclut qu’il y a une preuve évidente que Hachem réside en chacun des bnei Israël.

(« Torat HaParacha »)

GARDE TA LANGUE

Ne pas détester

Celui qui dit du lachon hara transgresse parfois l’interdiction « Ne déteste pas ton frère en ton cœur », si devant lui il se montre correct mais en son absence dit du mal de lui, et à plus forte raison s’il prévient les auditeurs de ne pas le lui raconter.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La force de la vérité face au mensonge

Lors de la famine en Egypte, Yossef, le gouverneur, vendait la récolte aux Egyptiens en échange de tout bien : or, argent, petit et gros bétail… au point qu’il ne leur restait plus rien, et qu’ils se sont retrouvés complètement démunis. On se serait attendu à ce que ce comportement éveille la colère du peuple, et entraîne insurrection et révolte. Comment comprendre que le peuple se soit tu et n’ait pas protesté ? En réalité, les Egyptiens craignaient profondément Yossef, car si certains d’entre eux avaient osé s’introduire dans ses dépôts et y voler la récolte, elle aurait immédiatement pourri une fois entre leurs mains. En effet, elle ne restait fraîche que sous la maîtrise du gouverneur. Et ce seul fait suffisait à dissuader le peuple de toute tentative de révolte.

Yossef achetait, en échange de ses produits, tout ce qu’on lui proposait, sauf les domaines que les prêtres avaient reçus de la main de Paro. Ce dernier assurait lui-même leur subsistance pendant cette période. Mais au vu de ce que nous venons d’expliquer, ceci semble très surprenant : Yossef gouvernait l’Egypte de manière ferme et sans rencontrer d’opposition. S’il en était ainsi, pourquoi a-t-il permis aux prêtres idolâtres de demeurer sur leurs terres et ne leur a-t-il pas vendu la récolte en contrepartie des terres sur lesquelles ils habitaient ? C’était pourtant une rare occasion d’extirper l’idolâtrie de l’Egypte ! Pourquoi alors a-t-il laissé ces prêtres sous l’autorité de Paro ?

En fait, Yossef savait que s’il obligeait les prêtres à vendre leur terre, ils le feraient contre leur gré, et qu’en temps d’abondance, ils établiraient à nouveau leurs villes d’impureté. Mais il cherchait une solution efficace à long terme, c’est pourquoi il les a laissés dans leurs villes, vêtus de leurs habits de prêtrise. Il savait que dans une telle situation, les Egyptiens seraient amenés à comparer leurs prêtres avec les saints d’Israël, « un royaume de prêtres et une nation sainte ». Obligatoirement, ils remarqueraient que leurs prêtres n’avaient aucune possibilité d’agir utilement et qu’ils étaient impuissants en temps de famine. Alors ils reconnaîtraient tous la royauté de D. dans le monde, et la terre serait pleine de la connaissance de D.

Un jour, j’ai rencontré un homme haut placé dans le gouvernement, que tout le monde révérait et écoutait attentivement. Mais lui n’osait pas soutenir mon regard, prétendant qu’il avait peur. Quand je lui ai demandé ce qu’il voulait dire par là, il m’a répondu que du fait de son statut, il était apte à percevoir la différence entre la vérité et le mensonge. Conscient que la vérité se trouvait chez moi, il craignait de me regarder en face. Dans le même ordre d’idées, une fois le fils de mon grand-père Rabbi ‘Haïm Pinto a donné un coup à un non-juif, qui était le fils du gouverneur de la ville. Alors celui-ci s’est rendu dans une grande colère chez mon grand-père, mais face à la splendeur de son visage, il est retourné sur ses pas sans rien dire.

Nous voyons donc ici quelle est la force de la vérité face au mensonge, au point que même un homme simple peut la remarquer et en tirer les conclusions adéquates.

A LA SOURCE

« Il vit les charrettes que Yossef avait envoyées pour l’emmener, et la vie revint au cœur de Ya’akov leur père. » (45, 27)

Comment les charrettes, avec leur allusion cachée, ont-elles réussi à ramener la vie au cœur de Ya’akov ?

Il est expliqué dans le livre « Ziv’hei Tsédek » que Ya’akov « ne les a pas crus » lorsqu’ils ont ajouté « qu’il gouvernait tout le pays d’Egypte ». En revanche, il les a crus immédiatement sur le fait que Yossef était vivant. Et c’est la raison pour laquelle son cœur est resté froid : en effet, il a pensé que toute la Torah qu’ils avaient étudiée ensemble et toute la Torah de Chem et Ever qu’il lui avait transmise avaient été perdues à cause de sa fonction dans le gouvernement. Nos Sages disent à ce sujet : « Celui qui s’occupe des besoins de la collectivité en oublie son étude. » A cela, il n’a pas voulu croire, et son cœur est resté froid.

Mais Yossef a justement imaginé ce qui causerait du souci et de la peine à son père, et il a décidé d’envoyer des charrettes pour faire allusion aux paroles de Torah qu’ils étaient occupés à étudier à l’époque. De la sorte, il a montré qu’il était encore assidu à l’étude, et qu’il se souvenait des paroles de Torah. Alors tout de suite, la vie est revenue au cœur de Ya’akov.

 « Il pleura encore à son cou » (46, 29)

« Quant à Ya’akov, il n’est pas tombé au cou de Yossef et ne l’a pas embrassé. Nos maîtres ont enseigné qu’il était alors en train de réciter le Chema. » (Rachi)

Dans son livre « Yatsiv Pitgam », le Admour de Tsanz rapporte une merveilleuse explication à ce sujet. Il y a une controverse dans la Guemara (Berakhot 21a) : Rav Yéhouda dit que celui qui ne sait plus s’il a récité le Chema ou non ne doit pas recommencer. Pour quelle raison ? La lecture du Chema est une mitsva instituée par les Sages (derabbanan). Rav Yossef objecte que cette mitsva provient de la Torah (deoraïta) puisque le verset dit « en te couchant et en te levant » ! Mais Aabayé rétorque que ce verset se réfère à l’étude de la Torah. On explique donc que Rav Yéhouda et Rav Yossef ont des avis différents sur l’origine de la lecture du Chema.

Apparemment, on peut dire que Ya’akov et Yossef avaient également des avis divergents sur le sujet. En effet, les deux étaient des rois, et l’honneur d’un roi a la préséance uniquement sur les mitsvot derabbanan, et non sur les mitsvot deorayta. Yossef pensait que la récitation du Chema était derabbanan, c’est pourquoi il ne l’a pas fait, vu que l’honneur d’un roi a la préséance sur cette mitsva. En revanche, Ya’akov pensait plutôt que la lecture du Chema était deoraïta : il s’est donc interrompu pour accomplir cette mitsva, qui était plus importante que l’honneur dû à un roi.

 « Yossef dit au peuple : ‘‘Donc, je vous ai achetés aujourd’hui’’ » (47, 23)

Pour quelle raison Yossef a-t-il dû acheter le peuple ?

Le livre « Zera chel Ra’hel » explique que Yossef avait vu par prophétie que les bnei Israël prendraient les ustensiles d’or et d’argent des Egyptiens et quitteraient l’Egypte. Mais comment étaient-ils autorisés à s’emparer de la richesse de l’Egypte ?

En réalité, Paro leur avait dit : « le meilleur du pays d’Egypte est à vous », c’est pourquoi ils avaient le droit de prendre pour eux les richesses des Egyptiens.

Mais il nous faut toutefois comprendre comment Paro pouvait donner la richesse du pays d’Egypte à Israël, alors qu’il ne s’agissait pas de sa richesse personnelle !

En fait, une fois que Yossef avait acheté les Egyptiens en tant qu’esclaves, leurs richesses devenaient celles de Paro, selon le principe qui veut que « ce qu’a acheté un esclave, son maître l’a acheté ».

LA VIE DANS LA PARACHA

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben ‘Attar

« Moi-même, Je descendrai avec toi en Egypte » (46, 4)

Le verset semble dire que la Chekhina est descendue avec lui. Or ceci est difficile à comprendre, puisqu’il est écrit (Chemot Rabba 12, 5) que comme l’Egypte était un pays rempli d’idoles, la Chekhina n’y résidait pas. C’est pourquoi Moché devait sortir en-dehors de la ville pour prier, comme il est écrit (Chemot 9, 29) : « au moment où je quitterai la ville ». Il semblerait que les paroles de D. soient ici de l’ordre de « Je suis avec lui dans la détresse », pour lui faire comprendre qu’Il ressentirait, en quelque sorte, la souffrance en même temps que lui. Telle est la signification du verset « Moi-même, Je descendrai avec toi en Egypte (mitsraïma) », du terme « métsar » qui signifie « souffrance ». Cela rappelle que Hachem S’est révélé à Moché dans le buisson, pour lui montrer qu’Il résidait dans cet endroit plein de ronces, et S’associait à la souffrance d’Israël. Mais jamais la Chekhina n’est descendue en Egypte, lieu souillé.

LES CHEMINS DE LA FOI

Etudes sur les merveilles de la création de l’homme

Plus d’une fois, nous avons évoqué la recommandation du Rambam à l’adresse de celui qui aspire à aimer D. : observer la beauté de la Création et l’immense sagesse qui transparaît dans toutes les œuvres du Créateur. Observer et contempler les merveilles de la Création nous conduit, comme par réflexe, à renforcer notre foi et à ressentir la présence de D. Le phénomène du réflexe fait d’ailleurs partie des miracles que Hachem opère.

Quoi de plus naturel qu’un « réflexe », qui est une réaction innée et qui consiste en une « une réaction naturelle rapide » ?

Le réflexe s’exerce « spontanément » et rapidement dans les situations d’urgence. Par exemple, si quelqu’un a involontairement respiré un gaz toxique (ammoniac, vapeurs d’acide fort, etc.), il va automatiquement bloquer sa respiration, sans même en avoir conscience, même s’il est en plein sommeil ! Cela se produit aussi bien chez un nouveau-né que chez tout autre être vivant. D’autres exemples prouvent la nécessité vitale du réflexe : un aliment ou de la salive qui s’introduit dans notre trachée induit une toux-réflexe par laquelle nous expectorons ce corps étranger. De même, quand un corps étranger s’introduit dans le nez, nous éternuons par réflexe et l’éjectons.

Aussi, si lors d’un contact avec la chaleur du feu ou lors d’une piqûre par une aiguille par exemple, nous devions prendre le temps de réfléchir au danger et de décider comment réagir pour nous protéger, les dommages causés seraient lourds, et même parfois irréversibles. C’est pourquoi le réflexe (ici, le retrait du membre agressé) nous sauve automatiquement, et nous nous écartons immédiatement de la source de danger.

Citons également le cas où un corps étranger entre en contact avec l’œil : la paupière se ferme instantanément pour nous protéger, sans intervention volontaire ou intentionnelle de notre part. C’est d’ailleurs aussi ce qui se produit lorsque la pupille se rétrécit quand l’œil est soudainement exposé à une lumière trop intense. Il existe encore de nombreux autres réflexes comme une sécrétion plus importante de salive, utile à la mastication, ou une production accrue d’acides dans l’estomac pour permettre la digestion, etc.

Faire fonctionner les muscles

Peu de gens savent que l’expression « muscles de fer » est contraire à la nature même du muscle. En effet, il n’y a rien de plus éloigné d’un bloc solide qu’un muscle, qui est particulièrement souple. Jusqu’à aujourd’hui, les chercheurs et scientifiques n’ont pas réussi à comprendre comment le cerveau, en envoyant un message au muscle, fait de ce corps souple, un corps ferme capable de déployer une force sans commune mesure avec son propre poids, et de soulever des charges plus lourdes que la personne elle-même.

Un autre élément se doit d’être examiné en profondeur : les muscles du genou. Leur fonctionnement est aussi prodigieux qu’ingénieux ! Lorsque nous marchons, à chaque pas que nous faisons, les muscles arrière se relâchent pendant que ceux de devant se contractent, afin de soulever le pied. Et à chaque pas, les muscles de l’autre pied font l’inverse : ceux de derrière se contractent et ceux de devant se relâchent… et ainsi de suite, sans jamais se tromper, ni dévier de leur axe et de notre chemin.

Mais le plus immense de tous les miracles reste celui de la création de l’homme. Tous les millions et millions de détails ramifiés et interconnectés sont transmis de père en fils : les milliards de circuits dans l’œil, les milliers de fibres auriculaires, les millions d’alvéoles dans les poumons qui offrent une grande surface d’absorption pour l’air dans un volume assez limité. Mais outre tous les éléments biologiques, le père transmet à son fils des traits de caractère comme la tendance à la colère ou les aptitudes intellectuelles, ou encore des caractéristiques physiques comme la taille, ou la couleur des yeux ou des cheveux. Et dans ce petit être merveilleux se trouvent déjà tous les circuits du cerveau, le réseau étendu des nerfs, et des innombrables artères et artérioles. Au sujet de celui qui observe tout cela et reste indifférent, il est dit : « la supériorité de l’homme sur l’animal est nulle. »

A nous de ne pas oublier les paroles du Steipler : « De par sa nature, l’homme ne prend conscience du bien qu’il a que lorsque celui-ci disparaît. Il ne se sent pas particulièrement heureux du fait que ses yeux voient, sauf s’il perd l’usage de la vue pendant quelque temps. Alors quand il la recouvrera, il réalisera combien est douce la lumière du jour. De même, le fait d’avoir des mains ne l’emplit pas spécialement de joie. Par contre, si, D. nous en préserve, ses mains deviennent paralysées et qu’ensuite Hachem l’aide à recouvrer la santé, sa joie sera alors infinie et il sera heureux d’avoir des mains qui fonctionnent correctement. Il en est ainsi pour tous ses autres membres, sens, vertus et aptitudes : tant qu’il n’a pas goûté au manque, il n’apprécie pas le bien qu’il y a en eux.

Mais quiconque réfléchit honnêtement sait que rien ne lui revient de droit. Son existence, sa vie, le fonctionnement de tous ses membres, tout ce qu’il possède… tout provient des innombrables bontés de D., car Il dirige Son monde avec bonté et Ses créatures avec miséricorde. Ainsi, tout vient de D., notre rocher, le rocher de tous les mondes, qui accorde la vie à chaque instant. »

 (‘Hayei ‘Olam)

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

L’histoire suivante a été racontée par Rabbi Méïr Pinto :

Une année, à Mogador, on manquait gravement de poisson. Mais puisque les juifs de la ville avaient l’habitude d’en consommer le vendredi soir, selon la kabbala, Rabbi ‘Haïm Pinto le grand a fait appel à un pêcheur en lui disant : « Allez s’il-vous-plaît en mer, et tirez-en des poissons. »

« Mais Rav, il n’y a plus de poissons dans la mer depuis déjà quelques semaines ! » a rétorqué le pêcheur. »

En entendant son argument, le Rav lui a dit :

« Allez au bord de la mer, et à chaque fois que vous jetterez le filet, vous direz ‘‘Haïm’’(vie), et des poissons apparaîtront. »

Le pêcheur a suivi les instructions du Rav, et quelques instants plus tard, il s’est retrouvé avec une grande quantité de bons et beaux poissons pour le Chabbat.

Quand les juifs ont entendu que ce pêcheur avait du poisson, ils se sont précipités chez lui pour lui en acheter. Mais il a refusé d’en vendre, ne serait-ce qu’un seul, prétendant que les poissons ne lui appartenaient pas, qu’ils étaient tous à Rabbi ‘Haïm Pinto.

Le Rav a reçu tous les poissons qui avaient été pêchés, les a partagés entre les habitants de la ville, et en a laissé un peu pour lui.

En entendant cette histoire, Rabbi David ben ‘Hazan s’est rendu chez son ami le vendredi soir :

« Rabbi ‘Haïm ! J’ai entendu que tu as de la vie à la maison ! » a-t-il dit.

« Oui, a répondu le Rav, j’ai à la maison de la vie. »

Alors ils se sont installés à table et ont mangé un repas de Chabbat en se régalant avec du poisson, selon la coutume rapportée dans les livres de kabbala.

 

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