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paracha de la semaine

Behar Bemidbar

23 Mai 2015

5 Sivan 5775

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

Allumage

Fin

 

Paris

21:16*

22:37

 

Lyon

20:54*

22:09

 

Marseille

20:44*

21:55

 
* Allumage selon l'heure de votre communauté

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Qui a besoin de compter les bnei Israël ?

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

Le Saint, béni soit-Il a ordonné à Moché de faire le décompte des tribus des bnei Israël, en commençant par les chefs de tribus, puis les chefs de famille, chacun selon la maison de son père, à partir de l’âge de 20 ans et au-delà. Or la Torah nomme extrêmement longuement avec tout un luxe de détails tous les chefs de famille de chaque tribu, sans se contenter d’évoquer globalement ceux qui sont comptés dans la tribu, mais en prenant la peine de compter chacun individuellement selon son rang, sans en omettre un seul.

Cela suscite un étonnement : les mitsvot du Chabbat sont données par allusion aux travaux du Sanctuaire ; tous les travaux qui étaient nécessaires à la construction du Sanctuaire, il est interdit de les faire le Chabbat (Chabbat 49b), or ces travaux ne sont pas évoqués dans la Torah, mais on les apprend uniquement par allusion ; ce sont les Sages qui nous ont informés de ce qu’il est permis ou interdit de faire le Chabbat. De même, en ce qui concerne Pessa’h, qui tient une place particulièrement importante et centrale, avec plusieurs mitsvot, la Torah rappelle extrêmement brièvement celles qui se rattachent à Pessa’h, alors que les autres halakhot, dans tous leurs détails complexes, s’étudient dans le traité Pessa’him.

Ou encore, dans la parachat Nasso sont rappelés tous les sacrifices apportés par les chefs de tribu, et là où la Torah n’écrit que brièvement quels sont les sacrifices qui ont été apportés par l’ensemble des chefs de tribu de façon générale, contrairement à son habitude elle n’économise pas ses mots pour décrire chaque sacrifice de chaque chef de tribu individuel.

Il faut comprendre quelle est la différence entre le décompte du peuple d’Israël, qui est rapporté dans les moindres détails, et certaines mitsvot importantes qui ne sont décrites dans la Torah que très brièvement, voire par allusion. Or à cause de leur valeur de ces mitsvot la Torah aurait dû prendre la peine de longuement préciser, alors pourquoi dans le décompte des bnei Israël, qui est apparemment quelque chose de secondaire qui n’a aucune conséquence sur l’avenir, la Torah s’est-elle donné la peine d’en rapporter chaque détail ?

On peut expliquer que la conduite des bnei Israël est due au fait qu’ils sont un peuple persécuté par les non-juifs. A chaque génération, nos ennemis se lèvent pour nous anéantir, et Hachem nous sauve de leurs mains. Dans cette difficile réalité de la brutalité des nations du monde envers les bnei Israël et des massacres épouvantables, l’humeur et le courage du peuple d’Israël risqueraient d’être brisés au point de tourner le dos à Hachem et à Sa Torah, parce que la réalité est tellement difficile, nous sommes comme une petite brebis au milieu de soixante-dix loups, et le désespoir pourrait broyer le peuple élu.

C’est pourquoi le Saint, béni soit-Il a ordonné d’écrire longuement les noms du peuple d’Israël en les précisant avec une grande exactitude, tout cela pour prouver aux bnei Israël qu’ils sont Ses enfants bien-aimés et qu’Il ne détourne pas d’eux Son regard un seul instant. La réalité des persécutions ne doit pas affaiblir l’esprit du peuple ni le faire tomber dans le désespoir, mais au contraire, il doit reconnaître que cela vient de Hachem, et que pour que Son peuple reste bien vivant dans toutes les générations, le Saint, béni soit-Il a délibérément fait tomber la haine dans le monde afin que les nations cherchent à le tourmenter, ce qui lui évitera de s’assimiler.

Et lorsque les bnei Israël s’apercevront que le Saint, béni soit-Il n’a pas épargné les versets lorsqu’il s’agit de les compter et d’évoquer les noms de leurs ancêtres, cela les consolera. La longue énumération de ces noms prouve au peuple l’amour de Hachem pour lui, et il comprendra immédiatement que si les non-juifs le frappent, ce n’est pas parce que Hachem ne veille pas sur lui, mais parce que qu’Il a décidé que leur haine est indispensable pour préserver la flamme juive afin qu’elle ne s’éteigne pas.

Lorsque les frères ont jeté Yossef dans un puits (Béréchit 37, 22), Réouven a envisagé de revenir ensuite pour l’en faire sortir sans que les autres frères s’en aperçoivent. Mais quand il est revenu, il s’est aperçu que ses frères l’avaient déjà fait sortir du puits et l’avaient vendu comme esclave, et la Torah, qui appréciait le projet de Réouven à cause de la miséricorde qu’il contenait, l’a souligné pour le mettre en valeur et lui en manifester de la reconnaissance.

Cet épisode nous apprend que la Torah n’a évoqué dans ses cinq livres que les détails indispensables à l’étude de toutes les générations. Si elle a parlé de cette pensée qui a traversé la tête de Réouven, cela signifie qu’elle l’a beaucoup appréciée et a senti qu’elle était assez forte pour constituer une leçon pour les bnei Israël. Cela s’applique à tout ce qui est écrit dans la Torah, par conséquent si elle a parlé si longuement des familles des tribus, il faut en conclure qu’elles ont une importance capitale pour Hachem.

Comme nous l’avons dit, la parachat Bemidbar traite du décompte des bnei Israël en accentuant de nombreux détails touchant au compte et à la date exacte : l’année, l’endroit etc. Apparemment, Hachem a voulu nous montrer qu’au moment où s’est déroulé le décompte, un an et un mois après la sortie d’Egypte, le peuple d’Israël était déjà vraiment un peuple. Or si nous essayons de vérifier l’élaboration de diverses nations dans le monde entier, nous voyons immédiatement que la formation d’un peuple n’est pas quelque chose d’anodin. Il y faut de nombreuses années, parfois même des dizaines et des centaines d’années s’écoulent avant qu’un groupe de personnes s’unisse au point de devenir digne de porter le nom de « peuple ».

Or chez le peuple d’Israël, nous trouvons un phénomène extraordinaire qui n’a pas son pareil dans le monde entier : un an et un mois après la sortie d’Egypte, il pouvait déjà s’appeler un peuple, et il fallait les compter. Certes, ce décompte était évident pour le Créateur, et de Son point de vue, il n’y avait nul besoin de compter, mais Il a voulu montrer à toutes les nations du monde, qui ont demandé ce qu’il y avait d’écrit dans la Torah, que les bnei Israël représentaient un phénomène unique et extraordinaire : ils avaient mériter de s’unir et de devenir un peuple en un temps si court parce qu’ils s’étaient tenus au pied du mont Sinaï et avaient reçu la Torah. Par ce mérite, ils étaient devenus une partie de la Torah, dont le compte est semblable à celui des bnei Israël, et ils sont devenus le peuple du Saint, béni soit-Il et de la Torah.

Par conséquent, c’est la raison pour laquelle la Torah prend la peine de souligner la date et l’année où s’est passé le décompte. Elle indique aussi le désert du Sinaï où se tient le mont Sinaï, afin de prouver au monde entier que le peuple d’Israël est devenu le peuple élu, dont le Saint, béni soit-Il Se glorifie (Yéchayah 49, 3). Tout cela est arrivé en un laps de temps très court, ce qui est unique dans toute l’histoire de l’humanité, et à quoi tout cela est-il dû ? Au fait qu’ils ont pris sur eux la Torah avec dévouement, sans rien demander et sans poser de questions.

SUR LA PENTE ASCENDANTE

La voie de la Torah

« Hachem parla à Moché dans le désert du Sinaï dans la Tente d’assignation » (Bemidbar 1, 1).

Les Sages ont dit dans le Midrach (Bemidbar Rabba 1, 7) que la Torah a été donnée par trois choses : par le feu, par l’eau et par le désert.

Pourquoi par le désert ? Pour enseigner qu’on n’acquiert la Torah qu’en se rendant soi-même libre de toute attache, comme le désert.

Un jour, j’ai mérité de répondre aux questions que pose le « Ba’al HaHaflaah » sur un certain problème. J’avais étudié cette souguia trente-cinq ans plus tôt, dans ma jeunesse à la yéchiva, et j’étais sûr qu’elle s’était enracinée en moi parce que je l’avais étudiée auparavant en me donnant beaucoup de mal, en accord avec les instructions et la direction de mes maîtres.

Lorsque j’étais élève à la yéchiva, je m’étais exilé vers des lieux de Torah, les saintes yéchivot d’Armentières en France et de Sunderland en Angleterre, si bien que je n’ai pas vu mes parents pendant sept ans. En France, en plus de la terrible nostalgie de la maison et de la famille, nous devions nous mesurer, mes amis et moi, à la pauvreté, au dénuement et à des conditions matérielles très difficiles.

La nourriture à la yéchiva était très simple et peu abondante, le but étant uniquement d’assurer la survie, et mon lit était également de la plus grande indigence.

Une année, l’hiver a été particulièrement rigoureux, et exactement à cette époque-là il n’y avait plus de mazout pour le chauffage. Sans chauffage dans les chambres, nous étions presque complètement gelés. A cause de la situation matérielle difficile de la yéchiva, nous n’avions même pas une couverture digne de ce nom, nous nous couvrions avec des matelas, tant le froid était intense.

Le Roch Yéchiva, qui nous voyait en train de tenter de lutter contre des conditions de vie sévères, a voulu nous encourager, et quand il nous a vus en train de trembler de froid, il a demandé : « Vous avez froid ? »

Nous n’avons pas osé répondre que le froid nous dérangeait énormément, nous nous sommes tus, mais nos visages douloureux disaient tout. Quand il a compris notre réaction, il s’est mis à chanter avec nous avec beaucoup d’enthousiasme, jusqu’à ce que le sentiment du froid nous ait quitté et qu’une chaleur agréable se répande dans notre corps.

Ainsi, dans l’extrême pauvreté, nous avons étudié la Torah avec une concentration pure, en accord avec l’enseignement des Sages : « Voici la voie de la Torah, mange du pain trempé dans le sel, bois de l’eau en quantité raisonnable, dors sur la terre, vis une vie de dénuement et étudie la Torah » (Pirkei Avot 6, 4).

Je reconnais !

Les fruits du travail de ces années difficiles m’ont été donnés de nombreuses années plus tard, quand j’ai mérité avec l’aide du Ciel de comprendre la souguia que j’avais étudiée dans ma jeunesse dans la difficulté avec d’énormes efforts.

La vérité est que lorsque j’étais jeune, j’avais dans le cœur divers reproches envers mon père, que son mérite nous protège, qui m’avait envoyé me mesurer avec tout cela dans une yéchiva loin de la maison. L’une des fois où j’ai parlé avec lui de la rigueur des conditions à la yéchiva, il m’a répondu calmement : « C’est ce que tu dis maintenant, mais quand tu seras plus grand, tu me diras : merci beaucoup, Papa ! »

Et il avait raison.

Quand j’ai grandi, j’ai parfois eu l’idée de me lancer dans les affaires, mais à chaque fois qu’elle me venait, je me rappelais les paroles simples et véridiques de mon père et je comprenais immédiatement que mon véritable but était de propager la Torah dans le peuple d’Israël et non de me plonger dans les affaires.

Jusqu’à aujourd’hui, quand je regarde le passé et que je me souviens de la voie que j’ai suivi et jusqu’où je suis arrivé, mes lèvres murmurent immédiatement « Merci beaucoup, Papa. »

LA HAPHTARA DE LA SEMAINE

« Le nombre des bnei Israël » (Hochéa 2, 1)

Le rapport avec la paracha : dans la haphtara, le prophète Hochéa annonce que le nombre des bnei Israël sera comme le sable de la mer qu’on ne peut ni mesurer ni compter, ce qui est le sujet de la paracha, qui commence par le décompte des bnei Israël.

 « Le nombre des bnei Israël sera comme le sable de la mer, qu’on ne peut ni mesurer ni compter » (Hochéa 2, 1).

Dans la Torah, nous trouvons la promesse de Hachem que les bnei Israël se multiplieront « comme les étoiles du ciel ». Et pourtant, il y a une différence entre « le sable de la mer » et « les étoiles du ciel ».

Le sable est foulé aux pieds par l’homme et par les bêtes, alors que les étoiles sont les objets les plus élevés du monde, aucune créature ne peut arriver jusqu’à elles.

Cela comporte une leçon pour nous :

Même lorsque les bnei Israël sont considérés comme le « sable », lorsqu’ils sont foulés aux pieds par les nations, ils sont tout de même aussi importants que « les étoiles du ciel », ces entités célestes dont il est impossible d’atteindre l’élévation devant Hachem.

 « Au lieu qu’on leur dise « vous n’êtes pas Mon peuple », on les appellera « fils du D. vivant » » (Hochéa 2, 1).

Nous apprenons de l’histoire d’Israël que c’est justement dans les pays où les juifs ont été persécutés et écrasés que l’esprit juif a été le plus vivant et où l’originalité du peuple s’est renforcée, alors que dans les pays où ils ont vécu dans la paix et la tranquillité, profitant de l’égalité des droits avec tous les autres citoyens, c’est là que s’est formé le terrible mouvement de l’assimilation et de la disparition qui a détaché des pans entiers du corps du peuple.

C’est ce que dit le prophète : « Au lieu qu’on leur dise « vous n’êtes pas mon peuple », c’est justement dans ce lieu où on vous avilira en tant que peuple, « on les appellera : fils du D. vivant », c’est justement là que vos sources pures et fidèles seront le mieux préservées et qu’on se renforcera dans la Torah, au point d’être considérés comme les fils véritables du D. vivant.

(« Bikourei Aviv »)

 « J’enlèverai de sa bouche le nom des ba’alim et on ne se souviendra plus de leur nom » (Hochéa 2, 19).

L’âme juive doit s’écarter des forces du mal, des idoles et de leurs adorateurs, même leur nom ne doit pas être évoqué, si bien que le souvenir de leur nom même disparaîtra.

Pourquoi faut-il aller jusque là ?

Parce que même l’évocation d’un nom est capable d’avoir une influence. C’est pourquoi on doit changer de chemin pour ne pas s’approcher d’un lieu idolâtre, et à plus forte raison ne pas se lier avec des idolâtres et ne pas participer avec eux à quoi que ce soit, même pour une mitsva.

On connaît l’enseignement du ‘Hatam Sofer selon lequel c’est Chaoul a perdu la royauté parce qu’il s’appelait « Chaoul », ce qui était également le nom de l’un des chefs d’Essav (Béréchit 36, 37) : « Chaoul de Re’hovot Hanahar ».

GARDE TA LANGUE

Ne pas céder

Il est interdit de dire du lachon hara, que ce soit délibérément ou parce qu’on vous a poussé à raconter. Et même si c’est le père ou le Rav qui vous incite à parler, si l’on sait qu’on en arrivera à dire du lachon hara ou de la « poussière » de lachon hara, il est interdit de raconter.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

Qui a la priorité ?

« Ceux qui campent en avant, à l’orient, sont la bannière du camp de Yéhouda, et le chef des bnei Yéhouda est Na’hchon ben Aminadav » (Bemidbar 2, 3).

Dans notre paracha, la Torah raconte l’ordre de campement des bnei Israël dans le désert autour du Sanctuaire, et indique que de chaque côté du Sanctuaire, il y avait trois tribus. Au début de la paracha, il est précisé qu’en avant à l’orient trois tribus campaient : Yéhouda, Issakhar et Zevouloun, et ce sont ceux-là qui partaient en premier, suivis par le reste du peuple.

Il faut comprendre pourquoi ce sont justement ces trois tribus, Yéhouda, Issakhar et Zevouloun, qui ont mérité le grand honneur de camper à l’est du Sanctuaire, ce qui est le côté le plus honorifique. De plus, il faut expliquer pourquoi ils ont mérité de partir en premier, suivis par tout le reste du peuple.

On peut dire que ces trois tribus symbolisent et représentent par leur nature les trois principes sur lesquels le monde repose : la Torah, les sacrifices et la générosité, ainsi qu’il est écrit dans Pirkei Avot (1, 2) : « Le monde repose sur trois choses, sur la Torah, sur les sacrifices et sur la générosité. »

La tribu de Yéhouda est celle dont il est dit (Béréchit 49, 9) : « Yéhouda est un lionceau », qui domine son mauvais penchant comme un lion pour servir Hachem. Il s’ensuit que Yéhouda représente le principe des sacrifices, sur lesquels le monde repose.

La tribu d’Issakhar, « experte en la connaissance des temps » (I Divrei HaYamim 12, 33) représente le principe de la Torah (voir Tan’houma Vayé’hi 11 et Yoma 26a), alors que la tribu de Zevouloun, qui soutenait financièrement ceux qui étudiaient la Torah, représente le principe de la générosité.

De même, les initiales de Yéhouda, Issakhar, Zevouloun ont la valeur numérique de « zakh » (pur), et les dernières lettres de ces noms ont la valeur de « haner » (la lampe).

Cela signifie qu’il y a là une allusion à « la lampe pure », à savoir une mitsva pure, car la mitsva s’appelle « ner », ainsi qu’il est écrit (Michlei 6, 23) : « car la mitsva est une lampe et la Torah est la lumière ». Cela nous enseigne que pour accomplir une mitsva pure, nous devons acquérir ces trois principes sur lesquels repose le monde et par lesquels il se maintient à l’existence, la Torah, les sacrifices et la générosité.

C’est pourquoi Hachem a choisi ces trois tribus pour partir en premier, afin d’enseigner aux bnei Israël que toute la vie, il faut marcher en avant en réfléchissant sur ces trois principes représentés par Yéhouda, Issakhar et Zevouloun, par lesquels on peut arriver à « une lampe pure ».

A LA SOURCE

« Fais le relevé de toute la communauté des bnei Israël » (1, 2).

Voici le commentaire du Rav Yitz’hak Caro de Castille :

Pourquoi le passage sur le dénombrement est-il juxtaposé avec celui des rachats à la fin du livre de Vayikra ? Pour nous enseigner que de même que Hachem est un et que rien ne peut le remplacer, ainsi qu’il est dit : « Personne n’est aussi saint que Hachem, car il n’y a rien d’autre que Toi », ainsi on ne peut remplacer Israël par un autre peuple.

Voici ce que le Saint, béni soit-Il a dit à Israël :

Ne Me remplacez pas comme Je ne vous remplace pas, car vous vous appelez « troupeau », et de même qu’on ne peut pas remplacer une bête par une autre, ainsi Je ne vous remplace pas.

« Au moyen d’en recensement nominal de tous les mâles, comptés par tête » (1, 2).

Voici comment Rachi explique « par tête » : « au moyen des chekalim, un « beka » par tête. »

Apparemment, d’où Rachi a-t-il appris que le décompte s’effectuait au moyen de pièces de monnaie, peut-être qu’on les comptait autrement ?

Le ‘Hatam Sofer explique que s’il était dit dans les versets de cette paracha seulement « six cent mille voyageurs », la question se poserait, car il serait très possible qu’on les ait comptés d’après les jambes ou les doigts, mais comme il est dit « par tête », on est obligé de dire qu’ils ont été comptés par une pensée intellectuelle et par l’importance de l’intelligence de chacun, or ce compte ne peut pas être fait par des hommes mais uniquement par D. : l’homme compte l’argent donné pour le Sanctuaire, et le Saint, béni soit-Il compte les pensées de générosité du cœur et de la volonté, combien de bonne volonté, d’enthousiasme et d’aspiration de l’âme chacun a investi dans son offrande.

 « Alors s’avancera la tente d’assignation, le camp des léviïm, à l’intérieur des camps » (2, 17).

Comme la Torah reposait dans l’Arche qui se trouvait dans la tente d’assignation, il convenait que celle-ci soit « à l’intérieur » des camps, c’est-à-dire au milieu, pas plus proche de l’un que de l’autre, uniquement au centre et au cœur du peuple, de même que la place de la bima dans la synagogue est au milieu.

De plus, le ‘Hafets ‘Haïm fait observer que de même que l’arbre de la vie était planté « au milieu du jardin », le jardin d’Eden, la Torah elle aussi, qui est l’arbre de vie, devait être au milieu du camp, et tout le monde se rassemblait autour d’elle.

La vie dans la paracha

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar

« Tout mâle âge de vingt ans et plus, apte au service de l’armée » (1, 20).

Apte au service de l’armée : le verset répète cela dans tous les détails du dénombrement, pour nous dire qu’il n’y en avait pas un seul de tous ceux qui étaient comptés qui n’était pas digne d’aller à l’armée, mais tous étaient des « héros puissants ».

C’est le sens du mot « kol » (tout) : chacun d’entre eux était apte au service.

Or c’est un miracle qui n’existe pas chez les nations, car il est impossible que ne se trouve pas dans le nombre quelqu’un qui ne convienne pas pour le service de l’armée.

DANS LA VOIE DES PERES

Le monde a été créé en dix paroles

On peut expliquer que la raison pour laquelle le monde a été créé en dix paroles, alors qu’il aurait pu l’être en une seule, est d’informer ses habitants que le Saint, béni soit-Il donnera une grande récompense aux tsaddikim grâce auxquels le monde se maintient à l’existence. En effet, il est impossible aux hommes de le savoir à l’avance, comme le dit le prophète (Yéchayah 64, 3) : « aucun œil n’a vu, ô D., Toi seul. »

Et comme le Saint, béni soit-Il a dit, quand Il a créé le monde par plusieurs paroles alors qu’Il aurait pu les regrouper en une seule : « voici la récompense des tsaddikim », il y a une mitsva pour laquelle on reçoit une grande récompense, parce qu’elle comprend parfois plusieurs choses, et cela n’est connu que de Hachem. Tout dépend de la difficulté et du dévouement de celui qui l’accomplit, ainsi que des résultats qui en sont sortis.

Je vais en donner un exemple. Un riche donne à un pauvre une perouta en tsedaka. Le pauvre va acheter du pain, il se lave les mains pour le manger, sa famille en fait autant, ils disent la bénédiction sur netilat yadaïm puis sur le pain, et ensuite ils disent le birkat hamazon. Toutes ces choses-là n’auraient pas été possibles sans cette perouta que le riche a donnée au pauvre.

L’inverse est également vrai : il y a des riches qui donnent mille pièces d’or à la tsedaka, et des pauvres qui donnent une seule perouta, mais le don du pauvre est plus important pour D. Pourquoi ? Parce qu’il a donné avec dévouement, alors que ce n’est pas le cas du riche, or les Sages ont dit (Pirkei Avot 5, 23) : « La récompense est en fonction de la difficulté. »

C’est pourquoi le Saint, béni soit-Il est extrêmement pointilleux avec ceux qui sont proches de Lui (Yébamot 121b), alors qu’Il se montre longanime avec les impies, et bien qu’ils L’irritent considérablement, Il ne tient pas compte de leurs actes. Mais comme les tsaddikim Lui donnent de la satisfaction par leurs bonnes actions à chaque instant, lorsqu’ils trébuchent sur une petite chose, le Saint, béni soit-Il sent immédiatement que la lumière a diminué, et Il les punit. Quant à l’impie, il fait beaucoup de mal, c’est pourquoi Il n’est pas pointilleux avec lui sur de petites choses, mais Il lui demandera compte de chaque détail s’il ne se repent pas, et tout rentrera dans le compte.

Il y a aussi une question d’appréciation. En fonction du niveau du tsaddik, cette faute qu’il a commise, le Saint, béni soit-Il la lui reproche, alors qu’il ne fait pas attention à l’impie qui a fait exactement la même chose, parce qu’il passe toute sa vie dans le péché, et il lui sera demandé compte de tout ensemble.

 « A la sortie des fêtes chaque année à cause du vol des dons au pauvres »

On peut l’expliquer d’après une histoire que j’ai entendu du Rav Shakh zatsal. Un jour, avant Pessa’h, il a donné une somme importante à un avrekh pauvre. Celui-ci lui a dit : « Grâce à D., j’ai ce qu’il faut pour la fête, j’ai reçu « Kim’ha DePiss’ha », et des gens m’ont également aidé, si bien que je n’ai pas besoin de ce que me donne le Rav. »

Le Rav lui a répondu : « C’est vrai, vous avez pour Pessa’h, mais comment allez-vous vivre après Pessa’h ? »

Avant Pessa’h, tout le monde donne pour « kim’ha de piss’ha » et tout le monde sait qu’on doit donner de la tsedaka, mais on ne réfléchit pas qu’il faut vivre après Pessa’h aussi. Et peut-être qu’après la fête il y a plus de frais en perspective, parce qu’on doit payer les dettes qui se sont accumulées avant la fête…

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Madame Sarah, la fille de Rabbi ‘Haïm Pinto, que son mérite nous protège, était aussi discrète et pudique que Sarah notre mère, et elle avait une bonne renommée. Quand elle fut en âge, elle se maria. Elle eut des fils et des filles, et malheureusement, son mari mourut et la laissa veuve avec de jeunes enfants sans aucun soutien matériel.

La souffrance de Sarah était celle de quelqu’un qui a la charge d’enfants et le souci de leur vie quotidienne, et elle n’était pas capable de vivre une aussi grande douleur. Un jour, elle eut l’idée de prier Hachem de la sauver par le mérite de son père le tsaddik. Elle alluma une bougie pour l’élévation de son âme et pria du fond du cœur avec force larmes qu’il demande miséricorde pour elle devant Hachem.

Madame Sarah avait aussi une requête très particulière : elle demandait que Hachem lui envoie un mari riche, qui pourrait la faire vivre honorablement ainsi que ses enfants. Et après son mariage avec lui, ils iraient vivre à Jérusalem, et elle supplia en particulier de mériter d’avoir encore d’autres enfants.

La famille hochait la tête, comme pour dire que sa prière était parfaitement vaine.

D’abord, se moquaient-ils, personne ne voudra t’épouser à un âge aussi avancé, et d’ailleurs comment te serait-il possible à ton âge d’avoir des enfants ?

Malgré tout, Sarah ne désespérait pas.

Deux mois passèrent et le salut arriva. Un juif aisé du Portugal, assez âgé et qui n’avait pas d’enfants, décida dans sa vieillesse de vendre tous ses biens au Portugal et d’aller à Jérusalem afin d’y vivre le restant de ses jours.

Voici ce qui s’était passé : une nuit, il avait rêvé que Rabbi ‘Haïm Pinto se révélait à lui et lui disait : « Je vous ordonne d’aller à Mogador, où vous prendrez ma fille Sarah pour épouse. Vous irez avec elle à Jérusalem, et là vous aurez une descendance. »

Cet homme était pétri de confiance dans les sages, et il obéit au tsaddik. Il vendit ses biens et ses terres et partit à Mogador, où il chercha la maison du tsaddik Rabbi ‘Haïm. Quand il eut trouvé la maison, il dit aux fils du tsaddik qui y habitaient qu’il était venu là sur la demande du tsaddik, qui lui avait ordonné en rêve d’épouser sa fille veuve, Sarah, et de se rendre avec elle en Erets Israël.

La famille vit clairement la main de la Providence divine, qui avait amené à leur sœur ce qu’elle avait demandé et pour quoi elle avait tant prié, et ils se réjouirent avec les « fiancés ». Après le mariage, le couple alla vivre en Erets Israël, et d’après la rumeur, ils ont eu là-bas d’autres enfants.

Cette histoire a été publiée dans toute la ville, et tout le monde a vu combien Sarah était tsadéket, car sa prière avait été exaucée et elle avait eu des enfants dans sa vieillesse. Ce fut aussi une proclamation de la grandeur de la puissance de Rabbi ‘Haïm Pinto.

Notre maître Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita ajoute à cette histoire :

« Un jour, j’ai connu un grand talmid ‘hakham qui m’a dit qu’il était le petit-fils du tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, du côté de sa fille Sarah, qui avait eu des fils à Jérusalem. »

 

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