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paracha de la semaine

Chela'h

13 Juin 2015

26 Sivan 5775

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

Allumage

Fin

 

Paris

21:36*

23:01

 

Lyon

21:12*

22:30

 

Marseille

21:00*

22:14

 
* Allumage selon l'heure de votre communauté

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Le masque du mauvais penchant

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

 « Ils allèrent et vinrent vers Moché et Aharon et toute la communauté des bnei Israël dans le désert de Paran à Kadech, ils firent leur rapport ainsi qu’à toute la communauté et ils leur montrèrent les fruits du pays » (Bemidbar 13, 26).

Rachi : « Ils allèrent et vinrent – pour comparer leur départ avec leur retour : de même qu’ils étaient partis avec de mauvaises intentions, ils sont revenus avec de mauvaises intentions. »

Il faut comprendre comment les explorateurs, qui étaient de très grands tsaddikim et des chefs de tribu d’Israël, en sont venus à dire du lachon hara sur la Terre sainte, et comment ils n’ont pas craint de faire une mauvaise réputation à la Terre promise, où ils avaient vu de grands miracles. Il est extrêmement difficile de comprendre comment ils ont pu partir avec de mauvaises intentions, et qu’avant même d’avoir vu le pays, ils aient pensé à en dire du mal, selon l’explication de Rachi, d’où il découle qu’ils étaient partis avec l’intention de dire du lachon hara, afin de faire une mauvaise renommée au pays. Comment expliquer cela ? D’un côté c’étaient de grands tsaddikim, comme le verset en témoigne : « C’étaient tous des « anachim » », c’est-à-dire des personnages importants, et de l’autre ils avaient projeté de dire du mal d’Erets Israël malgré ses qualités et les bénédictions qu’elle avait reçues en partage.

Par ailleurs, on sait que Moché savait dès le début qu’ils avaient de mauvaises intentions, encore avant que les explorateurs ne partent pour parcourir le pays, c’est pourquoi il a appelé à lui Yéhochoua pour ajouter à son nom la lettre youd, en lui disant : « D. de protègera des mauvais projets des explorateurs » (Sota 34b). Or cela soulève une grande difficulté : si Moché connaissait les intentions des explorateurs, pourquoi ne les a-t-il pas empêchés de sillonner le pays, et plus encore, pourquoi n’a-t-il pas ajouté de la sainteté à leur nom à tous, afin que le Nom de D. les protège de leurs mauvaises pensées ? Qu’est-ce que Yéhochoua a fait pour mériter d’être le seul à qui Moché ait ajouté un youd qui le garde des projets des explorateurs ?

Pour l’expliquer, rappelons qu’on conduit l’homme par le chemin qu’il désire prendre (Makot 10b). En fait, les explorateurs n’étaient des tsaddikim qu’extérieurement, mais tout au fond d’eux-mêmes, ils étaient mauvais, comme la Torah en témoigne en signalant que leur départ aussi était pétri de mauvaises intentions. Or le peuple d’Israël voulait aller explorer le pays, bien que le Saint, béni soit-Il ait témoigné qu’il était bon et béni, et Il n’a pas voulu les en empêcher, c’est pourquoi Il a accepté qu’ils choisissent des responsables pour cette exploration. C’était une immense leçon pour les bnei Israël, qui leur montrait combien le mauvais penchant est puissant et peut faire tomber l’homme dans ses pièges. En effet, des chefs de tribu d’Israël, qui avaient l’air extérieurement de grands tsaddikim à la recherche de Hachem, étaient en réalité, tout au fond d’eux-mêmes, des impies qui cherchaient à dire du mal du pays encore avant de l’avoir vu. C’est cela la force du yetser, qui par ses ruses peut faire apparaître quelqu’un comme un grand tsaddik alors que c’est exactement le contraire.

Moché, qui connaissait le but de ce périple, ne les a pourtant pas retenus, parce qu’il savait que s’il les empêchait d’aller explorer le pays, ils étaient capables de se révolter contre D. même sans aucune raison, et alors leur châtiment serait bien plus considérable que celui qu’ils mériteraient après être revenus de cette visite. De plus, il voulait que leur honte soit dévoilée en public une fois que tout le peuple s’apercevrait que c’est seulement extérieurement qu’ils étaient à considérer comme des tsaddikim et des personnages importants, mais qu’en réalité c’étaient des orgueilleux qui ne craignaient pas de dire du mal du pays.

Comme nous l’avons déjà rappelé, Moché a ajouté la lettre youd au nom de Yéhochoua en lui disant : « D. (Y-A-H) te protègera des projets des explorateurs. » En réfléchissant, on s’aperçoit que le mot Y-A-H a la même valeur numérique que « gaavah » (orgueil), ce qui implique que Moché avait l’intention de dire à Yéhochoua que le Saint, béni soit-Il le protégerait des honneurs et de l’orgueil des explorateurs, qui sont ce qui les avait poussés à descendre au plus bas et à dire du mal du pays. En fait, le sentiment de l’orgueil et l’amour des honneurs sont ce qui avait poussé les explorateurs à s’enfoncer encore davantage dans leur impiété, parce qu’ils pensaient utiliser leur position de chefs pour se grandir, et ils assumaient ce poste sans avoir l’impression, comme ils l’auraient dû, d’être sans importance. Moché a voulu bénir Yéhochoua que la grandeur de Hachem soit ce qui s’attache à lui, ainsi qu’il est écrit (Téhilim 93, 1) : « Hachem est roi, Il revêt la grandeur », et non la grandeur des explorateurs, qui les a menés au bord de l’abîme.

Il faut comprendre comment Moché n’a pas craint d’envoyer Yéhochoua avec les explorateurs, étant donné qu’ils avaient un très grand potentiel de nuisance et qu’il était possible qu’il subisse leur influence.

Il était peut-être certain qu’une fois qu’il avait ajouté la lettre youd au nom de Yéhochoua, celui-ci se trouverait protégé de tout mal. De plus, il était conscient que s’il n’envoyait pas Yéhochoua avec eux, le peuple d’Israël risquerait de ne plus pouvoir se relever, alors que s’il y en avait un parmi eux qui disait du bien du pays, le Saint, béni soit-Il finirait par leur pardonner. Mais s’ils partaient seuls sans avoir avec eux quelqu’un qui dise du bien du pays, la colère divine serait bien plus terrible, et le peuple d’Israël subirait une telle catastrophe qu’il ne pourrait plus s’en relever. Calev seul n’aurait pas pu parler au peuple contre tous les explorateurs, et c’était Yéhochoua, le disciple de Moché, qui avait surtout de l’influence. De plus, Moché savait que Yéhochoua était celui qui ferait entrer le peuple d’Israël en Erets Israël et l’y installerait, et s’il connaissait déjà le pays, cela lui donnerait beaucoup de puissance, et il pourrait encourager le peuple et calmer ses inquiétudes concernant les peuples qui y étaient installés.

On peut encore ajouter que Moché a ajouté la lette youd à Yéhochoua parce que c’est la plus petite de toutes les lettres, c’est pourquoi elle constitue une allusion à l’annulation de soi. Il voulait dire à Yéhochoua que lorsque viendrait le moment où il devrait prendre sa place après sa mort, comme l’avaient prophétisé Eldad et Meidad, et conduire le peuple d’Israël en Erets Israël, il devrait se comporter avec beaucoup d’humilité, au point de sentir qu’il était le serviteur des bnei Israël, ce qui était le contraire de l’attitude des explorateurs, dont l’orgueil emplissait le cœur et qui désiraient les honneurs.

SUR LA PENTE ASCENDANTE

L’observance de la cacherout quand on a faim

Dans un certain pays, je me suis trouvé devant une grande boutique de produits totalement cashers, qui s’appelait ni plus ni moins « Ra’avtan Casher », c’est-à-dire « Le glouton casher ».

Ce nom intéressant et peu commun m’a beaucoup étonné. En effet, nous autres juifs avons reçu l’ordre de briser notre gloutonnerie et notre envie de manger, pour manger uniquement pour l’amour du Ciel, afin d’avoir la force de servir Hachem, et non dans le but d’éprouver un plaisir matériel. Comment donc est-il possible de concilier ces deux choses, être glouton et en même temps se proclamer comme « casher » ?

Effectivement, en vérité, ce n’est pas du tout possible. Nous devons nous rappeler que chez un juif pieux, ce concept de gloutonnerie n’existe pas du tout.

Par exemple, quand un juif rentre chez lui le Chabbat après la prière et qu’il a faim et soif, tout le monde sait qu’il ne peut pas se jeter immédiatement sur la nourriture grossièrement, mais qu’il doit avant tout faire le kidouch sur le vin, chanter des zemirot et des piyoutim, ensuite il doit aller se laver les mains pour le repas et dire la bénédiction du motsi, et ensuite seulement il pourra commencer à consommer son repas.

Par conséquent, par le kiddouch, l’ablution des mains et les bénédictions, on remercie Hachem, on brise le désir de manger et on ne s’appelle déjà plus « glouton ».

Plus encore, le fait même de veiller à ne manger que des aliments cashers brise le désir de manger, en imposant un filtrage entre les aliments cashers permis et les aliments non-cashers interdits.

Si bien que toute l’alimentation du juif s’effectue avec l’accompagnement d’un travail sur les midot et la domination du désir, afin qu’elle soit sainte et pour l’amour du ciel.

Le nom de la boutique, « Le glouton casher », a continué à me préoccuper, jusqu’à ce que me vienne à l’esprit une explication de ces mots : quand on a faim, on doit faire attention et veiller à manger uniquement casher ! On doit donner aux ordres de Hachem la préséance sur les désirs matériels, et alors, en vérité, on mangera pour l’amour du Ciel et on répondra à la définition de « casher ».

Sanctifie-toi dans ce qui t’est permis

Pendant l’une de mes visites chez les juifs de diaspora, avant de partir pour rentrer en Erets Israël, un ami m’a donné en cadeau de séparation deux fruits très spéciaux.

Ce cadeau très particulier, une merveilleuse œuvre des mains du Saint, béni soit-Il, m’a fait plaisir, et j’ai gardé les fruits jusqu’à mon retour dans la famille.

Nous avons mangé le premier, toute la famille ensemble, le Chabbat à la table de Chabbat, et nous avons gardé le deuxième, malgré son goût délicieux, pour une autre occasion, afin que cette consommation ne nous soit pas considérée comme un acte de convoitise.

En fin de compte, j’ai donné le deuxième fruit à quelqu’un d’autre, parce que je sentais que j’avais suffisamment mangé de ces fruits-là.

Après lui avoir donné le fruit, j’ai senti combien il était bon de remercier Hachem de tout ce qu’Il avait créé dans le monde, et j’ai ressenti qu’en réalité, le fait d’avoir dominé mon désir de manger m’avait fait mériter davantage de sainteté, car quand on se débarrasse de quelque désir que ce soit, cela mène à la sainteté, et s’accomplissent les paroles des Sages : « Sanctifie-toi dans ce qui t’est permis » (Rachi sur Devarim 14, 21).

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Le docteur Lournos Lugassy, natif du Maroc, qui vit aujourd’hui à Marseille, a demandé à parler avec notre maître chelita pour lui raconter son histoire personnelle.

Il exerce la médecine comme spécialiste à Marseille, et autrefois il était loin d’observer la Torah et les mitsvot. A cause de quelque chose qui lui est arrivé, il est revenu au judaïsme de tout son cœur et de toute son âme. Voici les faits :

Un jour, il se rendit de Marseille à Mogador pour aller sur la tombe de son grand-père Rabbi Méïr Lugassy zal. Encore avant de quitter Marseille, il avait promis à son père d’aller sur la tombe de son grand-père, et même de prendre une photo de la tombe en souvenir.

Au cimetière, il chercha avec difficulté pendant toute la journée la tombe de son grand-père, accompagné du gardien du cimetière. Ils cherchèrent en vain.

Pendant ces recherches enfiévrées entre des milliers de tombes, le Docteur Lornous s’approcha pour prier sur la tombe du tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, que son mérite nous protège. En cet endroit saint, il exprima sa demande de trouver la tombe de son grand-père, et alors il reconnaîtrait qu’il y a un D. en Israël et il reviendrait totalement à la pratique du judaïsme.

Quand il eut terminé sa prière, il leva les yeux vers le ciel, et alors il distingua de loin un grand mouvement de centaines de colombes qui descendaient pour se poser sur une tombe. Ce spectacle peu banal attira son attention, et il fut attiré comme par un aimant vers la tombe. A sa grande stupéfaction, plus il s’en approchait, plus les colombes qui s’étaient posées dessus s’envolaient, à l’exception d’une seule qui resta posée dessus.

Le Dr Lornous s’approcha de la tombe à pas mesurés, alors la dernière colombe s’envola aussi, et à sa stupéfaction il s’aperçut qu’il avait effectivement trouvé ce qu’il cherchait, la tombe de son grand-père.

A ce moment-là, il sentit que le tsaddik l’avait vraiment aidé à trouver cette tombe, en conséquence de quoi il fit le vœu de revenir totalement au judaïsme, et il se promit également que tous les ans, il viendrait à Mogador pour la hilloula du tsaddik Rabbi ‘Haïm.

Il s’exécuta. Ce qu’il avait promis, il l’accomplit. Il revint au judaïsme de tout son cœur et de toute son âme, et chaque année il arriva à la hilloula.

Au cours de sa première rencontre à Marseille avec notre maître chelita, pour lui raconter la merveilleuse histoire qui lui était arrivée à Mogador avec les centaines de colombes, avant même qu’il ait commencé à parler, notre maître chelita vit par la fenêtre un vol de centaines de colombes.

Il s’en étonna beaucoup, et se dit à lui-même à voix haute : « Que tes œuvres sont grandes, ô Hachem, des centaines de colombes qui volent pour accomplir la volonté de D. ! »

La parole se figea presque dans la bouche du docteur Lornous, dans sa surprise il s’adressa à notre maître pour lui demander avec stupéfaction : « Comment le Rav sait-il que ce sont des colombes qui m’ont mené vers la tombe de mon grand-père à Mogador ? »

Notre maître, qui ne connaissait pas l’histoire des colombes à Mogador, ne comprit pas ce qu’il voulait dire, mais ensuite, quand il lui eut tout raconté, il comprit que les voies de Hachem sont cachées. On voit de là combien les tsaddikim sont plus grands dans leur mort que dans leur vie, car même après leur décès ils ramènent les gens au judaïsme.

Tous les ans le jour de la hilloula, notre maître chelita demande au docteur Lornous de raconter cette merveilleuse histoire pour éveiller encore plus de personnes à une techouva totale, et non seulement cela, mais que tout le monde sache que Hachem entend les prières, et ne méprise les supplications de personne. Celui qui veut se purifier, on l’y aide du ciel, la preuve en étant que par le mérite de cette histoire, il est revenu totalement vers son père du ciel.

LA HAPHTARA DE LA SEMAINE

« Yéhochoua bin Noun envoya » (Yéhochoua 2)

Le rapport avec la paracha : la haphtara parle des deux explorateurs envoyés par Yéhochoua pour observer le pays, ce qui rappelle les explorateurs envoyés par Moché.

 « Yéhochoua bin Noun envoya, de Chittim, deux hommes » (Yéhochoua 2, 1)

Il faut se demander pourquoi le verset dit « deux hommes » sous la forme « chnaïm anachim » et non « chnei anachim » ? On peut dire que le verset vient nous enseigner que c’étaient des hommes tsaddikim et importants, c’est pourquoi il est écrit au début « chnaïm », pour nous informer de leur nombre, et ensuite « anachim », mot qui dénote l’importance, pour nous enseigner qu’ils s’agissait d’hommes importants et tsaddikim.

(Torat HaParacha)

 « Yéhochoua bin Noun envoya, de Chittim, deux hommes pour explorer en secret (‘herech) » (Yéhochoua 2, 1)

Le mot « ‘herech » évoque « ‘heress », l’argile ; ils se sont déguisés en vendeurs de pots d’argile et criaient : « Qui veut acheter un pot d’argile ? » (MeAm Loez au nom des commentateurs).

C’est une halakha qu’un ustensile en argile ne peut recevoir l’impureté qu’à l’intérieur et non à l’extérieur. En effet, toute autre matière a une certaine importance personnelle, c’est pourquoi cette importance lui permet de recevoir l’impureté de partout. Mais l’argile en soi n’est que de la poussière et n’a aucune importance ni valeur autre que le fait de servir de récipient à quelque chose, c’est pourquoi toute son importance est réduite à son intérieur.

Ces explorateurs envoyés par Yéhochoua à Jéricho savaient parfaitement comment avaient fini les explorateurs envoyés par Moché pour découvrir le pays, parce qu’ils ne s’étaient pas effacés vis-à-vis de Moché et avaient voulu suivre leur propre intelligence et leur propre volonté, c’est pourquoi ils ont fait d’eux-mêmes des ustensiles en argile, qui n’ont aucune importance personnelle, et dont toute la valeur est uniquement de servir de récipient pour quelque chose. Ils ont donc annulé leur volonté et leur intelligence devant celles de celui qui les avait envoyés. Ils se sont contentés d’accomplir les ordres de Yéhochoua, c’est pourquoi ils ont réussi dans leur mission.

(‘Hidouchei HaRim)

 « Elle leur dit : allez vers la montagne de peur que ceux qui vous poursuivent ne vous rencontrent et cachez-vous y pendant trois jours, jusqu’à ce que les poursuivants reviennent, ensuite vous reprendrez la route. » (Yéhochoua 2, 16)

Il faut demander pourquoi elle leur a dit « cachez-vous y pendant trois jours ». D’où savait-elle clairement que s’ils se cachaient pendant trois jours, ils seraient hors de danger ? En ce qui concerne le danger pour la vie, il faut se montrer aussi sévère que possible, et il aurait mieux valu se cacher plus longtemps.

On peut dire que le Saint, béni soit-Il ne laisse pas les tsaddikim dans la peine plus de trois jours, et que le troisième jour Il les aide et les fait sortir de peine. C’est ce que nous trouvons pour le prophète Yona, qui s’est trouvé dans le ventre du poisson pendant deux jours, et le troisième jour Hachem a dit au poisson de le recracher. On trouve la même chose en beaucoup d’endroits.

La raison en est que le mérite de la Torah le permet, car elle a été donnée au bout de trois jours. Il y a aussi le mérite de la akeida, où il est dit : « le troisième jour, Avraham leva les yeux. » Ra’hav, qui avait atteint un niveau tellement élevé, a également mérité qu’il lui soit révélé par l’esprit saint que Hachem ne laisse pas les tsaddikim dans la peine pendant plus de trois jours, et elle a eu l’ordre de le dire aux deux explorateurs, mais ils ne se sont pas tellement dépêchés de partir, car ils voulaient d’abord dire ce qu’ils avaient à dire.

(MeAmLoez)

GARDE TA LANGUE

Sans penser à mal

L’interdiction du lachon hara s’applique même lorsque cela n’a causé aucun mal à la personne, et même si elle confirme a priori que cela ne lui causera aucun mal, même alors il est interdit de dire du lachon hara.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

L’attachement à la Torah et l’aide du ciel

« Mon serviteur Calev, comme il était animé par un esprit différent » (Bemidbar 14, 24)

Nous aurions pu imaginer que Calev était allé prier sur les tombes des Patriarches à ‘Hevron pour être protégé des projets des explorateurs parce qu’il était de la tribu de Yéhouda, et qu’il y avait donc une possibilité que ce soit lui qui soit nommé roi au moment de l’entrée dans le pays, c’est pourquoi il a voulu se protéger des explorateurs dans le cas où en fin de compte il mériterait d’entrer en Erets Israël et d’être nommé roi, étant de la tribu de Yéhouda.

La Torah vient témoigner sur lui qu’un esprit différent l’animait, ce qui signifie qu’il est allé prier sur les tombes des Patriarches non à cause d’un intérêt personnel ou d’un désir d’être protégé pour mériter la royauté, mais parce que l’honneur de Hachem était ce qui le faisait agir et le dirigeait, c’est pourquoi il a vu le pays comme étant bon et béni.

De même, il est dit sur lui (Bemidbar 13, 30) : « Calev fit taire le peuple soulevé contre Moché », ce qui implique qu’en ce qui conerne Yéhochoua, tout son désir était de servir son maître Moché et d’accomplir tout ce qui sortirait de sa bouche, c’est pourquoi il a mérité de s’élever à la techouva et d’être protégé des projets des explorateurs, même si Moché n’avait pas ajouté le Nom de Hachem à son nom.

Mais on se demande comment il est venu à l’idée de Calev d’aller prier sur les tombes des Patriarches pour être protégé des projets des explorateurs. Où a-t-il puisé la force de se séparer de ses amis pour aller à ‘Hevron ?

On peut expliquer cette difficulté en fonction de la michna (Pirkei Avot 2, 4) : « Ne dis pas : quand j’aurai le temps (« epané »), j’étudierai, de peur que tu n’aies jamais le temps. » Le nom du père de Calev était Yéfouné, ce qui a donné à Calev l’idée de ne pas se rendre libre (lefanot) des paroles de Torah fût-ce un seul instant, car lorsqu’on se rend libre de la Torah on est saisi par les mauvais projets des explorateurs. Il a appris cela justement de Yéhochoua, qui lorsqu’il attendait Moché ne se détournait pas de la Torah, au point qu’il lui manquait toute connaissance de ce qui se passait à l’intérieur du camp, à savoir que l’on avait fabriqué le Veau d’or et tué ‘Hour. Disons que le père de Calev, Yéfouné, et Yéhochoua bin Noun l’ont aidé à avoir l’idée de prier sur les tombes des Patriarches à ‘Hevron. Et comme il s’était éveillé à l’attachement à la Torah, on l’a aidé du Ciel à aller vers les tombes des Patriarches.

Et la prière sur les tombes des Patriarches a sauvé Calev de la faute, parce qu’eux aussi étaient constamment attachés à la Torah, sans se préoccuper de leurs propres besoins, tout leur souci étant d’accomplir la volonté de Hachem.

De même, on peut ajouter que le mot Calev (kaf, lamed, beit) correspond aux 22 (kaf, beit) lettres de la Torah, le « lamed » du milieu faisant allusion à l’étude (limoud) de la Torah. Le mot Calev correspond également à deux fois la valeur numérique du Tétragramme (52), c’est-à-dire que le mérite de la Torah a donné à Calev la protection de Hachem pour qu’il ne se laisse pas prendre aux projets des explorateurs, c’est pourquoi il est écrit (Bemidbar 14, 24) : « comme il était animé par un esprit (roua’h) différent », or le mot « roua’h » évoque l’âme, l’âme de son père Yéfouné l’a aidé à ne pas se laisser détourner de l’étude de la Torah ni de la volonté de Hachem, qui se trouvent en allusion dans son nom.

A LA SOURCE

« Moché appela Hochéa bin Noun Yéhochoua » (13, 16)

Le Targoum Yonathan ben Ouziel rapporte que lorsque Moché a vu la modestie de Hochéa, il l’a appelé Yéhochoua.

Le gaon Rabbi ‘Haïm Kaniewsky chelita s’en étonne : quel rapport y a-t-il entre la modestie et l’ajout de la lettre « youd » à son nom ?

Il l’explique à la lumière de ce que dit le livre « Beit Elokim », à savoir que dans l’avenir, la résurrection des morts se fera dans l’ordre alphabétique des noms. Par conséquent le Targoum a trouvé difficile que comme Hochéa commence avec la lettre « hé », en ajoutant un « youd », Moché retardait le moment de sa résurrection.

Mais selon le livre « Peninim Yékarim », ceux qui étaient humbles ne ressusciteront pas dans l’ordre alphabétique, ils seront plutôt les premiers, avant tout le monde. C’est pourquoi le Targoum a écrit que lorsque Moché a vu sa modestie, il n’a pas craint d’ajouter à son nom celui de Hachem, parce qu’il savait que cela ne retarderait pas sa résurrection.

 « Les bnei Israël étaient dans le désert et ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du Chabbat » (15, 32)

Le gaon Rabbeinou Ovadia Yossef zatsal a très bien expliqué que nos Sages estiment dans la Guemara (Chabbat 96b) que Tslepho’had était celui qui avait ramassé du bois. Et plus loin (150b), la Guemara raconte l’histoire d’un ‘hassid à qui l’on avait fait une brèche dans son champ, et qui a envisagé de la boucher, puis il s’est rappelé qu’on était Chabbat et il s’en est abstenu, à la suite de quoi il lui a été fait un miracle, un arbre fruitier appelé « tslaph » a poussé et il a pu en vivre et en faire vivre sa famille.

Ce ‘hassid qui avait pensé boucher une brèche pendant le Chabbat a changé d’avis et ne l’a pas fait parce qu’il l’avait envisagé pendant Chabbat et qu’il n’a pas voulu mettre à exécution une idée venue le Chabbat. De là, le Ari zal conclut qu’il avait la racine de l’âme de celui qui avait ramassé du bois, et qui a été condamné à mort à la suite de sa profanation du Chabbat. Cet acte venait réparer la faute de la profanation du Chabbat, si bien que maintenant, même une idée qui lui était venue le Chabbat, il n’a pas voulu en tirer profit.

Il est expliqué qu’il lui a été fait un miracle et qu’un arbre fruitier appelé « tslaph » a poussé, ce qui était une allusion à son nom, Tslophe’had. Grâce à cet arbre, il a été révélé que c’était Tselophe’had qui avait profané le Chabbat, mais maintenant, comme il avait réparé sa faute, il avait mérité que lui soit fait ce miracle.

A la lumière de ces faits, Maran zatsal explique les paroles de Rachi (Beitsa 25b) : « Il y a trois sortes d’effronteries… et certains disent également le tslaph parmi les arbres – je ne sais pas quelle effronterie il y a dans le tslaph. » Il montre que l’effronterie du tslaph est de proclamer au monde entier qui est celui qui a profané le Chabbat et a maintenant réparé sa faute, c’est pourquoi cet arbre est taxé d’effronterie.

LA VIE DANS LA PARACHA

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar

« Quant à vos cadavres (pigrekhem atem), ils tomberont dans ce désert » (14, 32)

J’ai entendu au nom des sages de Castille exilés que le mot « atem » renvoie à Moché et Aharon, sur qui Hachem avait également décrété qu’ils mourraient dans le désert.

Hachem a justifié leur propos en disant : « Si Je ne fais pas cela pour toute la communauté, ils finiront dans ce désert et ils y mourront », comme l’ont dit les Sages (Bemidbar Rabba 19, 13) sur le verset « Il s’avance aux premiers rang du peuple » (Devarim 33, 21) : la raison pour laquelle Moché a été enterré de l’autre côté du Jourdain est qu’il puisse mener la génération du désert vers le monde à venir, or si Moché et Aharon n’étaient pas morts dans le désert, ils n’auraient pas pu faire vivre la génération du désert.

Et c’est dit sur le mode allusif, car on ne parlerait certainement pas de « cadavre » à propos de Moché et Aharon, dont le corps était pur comme des anges, non plus que de « tomber » à propos des deux lumières du monde.

LES CHEMINS DE LA FOI

Etudes sur la droiture dans les midot

Voici la voie de la Torah : une façon correcte de se conduire envers tout un chacun inclut des comportements dont la base est quelque chose à faire, et des comportements dont la base est quelque chose à ne pas faire. Le renoncement, dont nous allons traiter dans ce numéro, est compris dans les choses à faire, mais il comporte aussi un élément d’interdiction, de choses que nous devons éviter, par exemple faire de la peine à autrui ou lui causer un mal quelconque, petit ou grand.

Le Séfer ‘Hassidim rapporte une chose terrifiante : « Les non-juifs ne font jamais de mal à moins que les bnei Israël ne se fassent du mal les uns aux autres. » Cela signifie que la raison de la persécution des non-juifs est en réalité le fait que les bnei Israël se persécutent mutuellement, si bien que celui qui cause de la peine à autrui y perd à la fois en ce monde-ci et dans le monde à venir.

Quand le ‘Hafets ‘Haïm zatsal a rencontré un ministre du royaume en allant en ville, il s’est mis de côté sur le trottoir étroit et il est descendu dans la rue. Ce dignitaire lui a demandé pourquoi il s’était mis de côté, et il lui a répondu que c’est ce qu’il avait l’habitude de faire : s’effacer devant le prochain. Le ministre a observé qu’en ce cas, et si c’étaient là ses qualités, il vivrait certainement très longtemps. (Mikhtevei He’Hafets ‘Haïm).

On raconte encore que lors d’un de ses voyages pour vendre ses livres, le ‘Hafets ‘Haïm est descendu un moment de la carriole. Le cocher a fait quelque chose de répréhensible, il s’est enfui de là en le laissant seul au milieu du chemin. Le ‘Hafets ‘Haïm a dû rejoindre la ville à pied. En arrivant, il a demandé où habitait le cocher et lui a payé le prix du voyage. Ensuite, il a immédiatement loué une autre carriole et a quitté la ville.

Quand on lui a demandé pourquoi, il a expliqué que le cocher s’était permis de se moquer de lui parce qu’il pensait certainement qu’il était un simple pauvre, un homme de rien, et que s’il restait en ville à cause de ses livres, il l’apprendrait et serait très peiné de ce qu’il avait fait, c’est pourquoi il s’était dépêché de quitter la ville pour lui éviter cette peine. (« He’Hafets ‘Haïm, ‘Hayav VéPoalo »)

Le fils du ‘Hafets ‘Haïm, Rabbi Leib, a raconté que son père avait donné ses livres à un grand prédicateur en lui demandant d’engager le grand public à les étudier. Il lui avait payé pour cela un bon prix. Dans l’une des vérifications de ses comptes, il s’aperçut que le prédicateur lui devait encore une grosse somme, et quand Rabbi Leib le lui fit remarquer, il le repoussa sous divers prétextes, par exemple qu’il n’avait pas vendu tous les livres, etc., ce qui s’avéra être totalement faux.

Ensuite, ce « Maguid » se mit dans ses sermons à dire du mal du ‘Hafets ‘Haïm et de ses livres, en prétendant qu’il savait parfaitement qu’ils ne contenaient aucune vérité.

Un an plus tard, la femme du prédicateur arriva à Radin pour demander miséricorde pour son mari, qui avait une maladie de la langue. Elle demandait en son nom au ‘Hafets ‘Haïm de lui pardonner. Elle ne mentionna pas la dette que son mari avait envers le ‘Hafets ‘Haïm, et alla jusqu’à lui demander de l’argent pour le prix des médicaments. Le ‘Hafets ‘Haïm, malgré sa situation financière précaire, renonça au paiement de cette dette, pardonna les outrages et lui donna même une somme d’argent pour les remèdes. (Mikhtevei He’Hafets ‘Haïm).

 

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