La Paracha de la semaine en format PDF

la Paracha en PDF

paracha de la semaine

Vaet'hanane

1er Aoüt 2015

16 Av 5775

deux nerot HORAIRES DE CHABBAT

Allumage

Fin

 

Paris

21:13*

22:27

 

Lyon

20:53*

22:02

 

Marseille

20:44*

21:50

 
* Allumage selon l'heure de votre communauté

Acceuil ARCHIVES

« Assez, ne me parle pas davantage de cela. »

(par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

« Que je traverse, je Te prie, et que je voie le bon pays de l’autre côté du Jourdain, cette belle montagne, et le Liban » (Devarim 3, 25).

Moché a multiplié les supplications à Hachem de pardonner sa faute et de lui permettre de continuer à vivre pour pouvoir entrer en terre d’Israël. Mais malgré toutes ses implorations, cinq cent quinze prières qui étaient toutes faites de chants et de louanges au Créateur du monde, le Saint, béni soit-Il a refusé sa prière et lui a même dit (Ibid. 3, 26) : « Assez, ne me parle pas davantage de cela. »

Cela paraît difficile à comprendre : est-ce que c’est là la Torah et là sa récompense ? Est-ce que Moché ne méritait pas de vivre encore quelques années en ce monde afin de pouvoir entrer en Terre sainte ? Il a donné sa vie pour diriger le peuple d’Israël et pour lui transmettre la Torah, et même quand il a fauté aux eaux de Meriva, c’était pour les bnei Israël, afin qu’ils puissent apaiser leur soif dans le désert, on a donc beaucoup de mal à admettre que le Saint, béni soit-Il ne lui ait permis sous aucun prétexte de rentrer en Erets Israël, bien qu’Il ait vu combien son désir était puissant, au point qu’il était disposé à y entrer même en se réincarnant dans un oiseau (voir Likoutei Halakhot, Yoré Dea, hilkhot beitsim, 5).

L’explication en est que D. fixe à chacun un certain nombre d’années de vie sur terre pendant lesquelles il a la possibilité d’atteindre le but auquel il était destiné et de se perfectionner, or Il savait que Moché était déjà arrivé « au sommet de la montagne » du point de vue spirituel au cours de ses cent vingt ans. S’Il avait continué à le laisser vivre sur terre, cela aurait constitué un ajout inutile. Il s’ensuit que si Moché avait continué à vivre au-delà des cent vingt ans qui lui avaient été accordés a priori, il se peut que pendant ces années supplémentaires, il aurait perdu de la perfection qu’il avait déjà atteinte, et que Hachem, Qui voyait devant Lui uniquement son bien, a voulu qu’il s’élève vers le monde de vérité en se trouvant au summum de sa spiritualité, c’est pourquoi Il l’a empêché de continuer à vivre sur terre.

Il est arrivé que se présentent devant moi les proches parents d’une jeune fille, pour me raconter qu’elle se trouvait entre la vie et la mort après un grave accident. Ils m’ont dit qu’ils étaient prêts à faire tout ce qui serait exigé d’eux pour que leur parente soit sauvée et mérite de vivre. Je leur ai répondu que de leur côté, ils devaient faire tout ce qui leur était possible pour multiplier les mérites pour sa guérison, mais qu’en même temps ils devaient savoir que c’est le Saint, béni soit-Il qui accorde la vie à chacun, c’est pourquoi Lui seul déciderait si leur parente continuerait à vivre ou serait appelée vers le monde d’en-haut.

Souvent, nous pleurons amèrement la mort d’une personne qui a quitté ce monde à un âge encore jeune, mais il conviendrait que nous fassions pénétrer en nous-mêmes la conscience que si le Saint, béni soit-Il a choisi de prendre son âme alors qu’elle était encore jeune, c’est pour son bien, et qui sait si elle n’aurait pas perdu de sa spiritualité et de ses victoires si elle avait continué à vivre sur terre !

De même, nous devons savoir que la longueur de la vie n’est pas ce qui détermine le niveau de quelqu’un, mais plutôt sa qualité. Parfois, on mérite d’acquérir en une vingtaine d’années de nombreuses supériorités que d’autres n’obtiennent pas même en quatre-vingts ans. Par exemple, certains grands d’Israël sont morts très jeunes, mais malgré le peu de temps qu’ils ont vécu sur terre, ils ont rempli leurs jours d’étude de la Torah, ont écrit de nombreuses nouvelles interprétations et ont laissé leur sceau sur toutes les générations.

On sait ce que raconte le Midrach (Yalkout Chimoni Béréchit 41) : le premier homme a voulu donner soixante-dix ans de sa vie au roi David, qui a priori devait mourir le jour même de sa naissance, mais après neuf cent trente ans, quand est venu le moment où Adam devait quitter ce monde, il est venu trouver le Saint, béni soit-Il pour lui demander où étaient passés ses soixante-dix ans supplémentaires, puisqu’il lui avait été promis de vivre mille ans sur terre. Hachem a appelé l’ange Gabriel pour qu’il montre à Adam le document qu’il avait signé où il était dit qu’il donnait soixante-dix ans de sa vie au roi David.

Il faut se demander comment il se fait qu’a priori, il avait été d’accord pour donner de ses années au roi David, et qu’à la fin il a refusé, tout en sachant que l’âme de David devait réaliser de grandes choses et que sa supériorité devait influencer toutes les générations à venir ! L’explication en est que lorsqu’il avait promis de ses années au roi David, il ne connaissait pas encore la valeur de la vie et son importance. Mais après avoir vécu sur terre pendant plusieurs centaines d’années, il avait une connaissance claire de son impact et du profit qu’on pouvait en tirer pour le Créateur. Cela étant, le moment venu, il ne voulais plus se séparer de ce monde et a cherché à vivre pendant encore soixante-dix ans, car comme nous l’avons dit, il avait déjà la conscience et la compréhension de la valeur de la vie et de sa sainteté, et il savait apprécier l’importance de chaque instant.

Les Sages ajoutent (Chabbat 30a) que lorsque la fin de la vie de David a approché, il a demandé au Saint, béni soit-Il quel jour il devrait quitter ce monde. Il lui a répondu qu’Il prendrait son âme le jour du Chabbat. Comme il ne voulait pas qu’on prenne le deuil pour lui le jour du Chabbat, ce qui porterait atteinte à la joie et à la sainteté du Chabbat, il a demandé au Saint, béni soit-Il de le faire mourir un dimanche. D. lui a répondu : « Je ne t’ajoute pas un seul jour supplémentaire, parce qu’un royaume ne peut pas empiéter sur un autre et que le moment de régner sera venu pour ton fils Chelomo. » David a dit : « Dans ce cas, je suis prêt à mourir le vendredi. » Cela aussi Hachem l’a refusé, en disant qu’Il n’était pas disposé à lui prendre fût-ce une seule journée, parce que chaque jour de la vie de David avait une immense importance.

Ceci peut nous enseigner combien la vie qui a été attribuée à quelqu’un est chère et précieuse. En effet, elle constitue l’entrée menant vers le palais, qui est le monde à venir, et pour que nous puissions entrer dans ce magnifique palais, nous devons passer par le long corridor de notre vie ici-bas, où le moindre pas doit être précis et calculé pour que nous ne perdions pas l’entrée dans le palais. Comme nous l’avons vu de ce qui précède, tout jour et toute année de la vie sont accordés à l’homme comme un sablier dont les grains s’écoulent chacun à un moment précis, ni peu de temps avant ni peu de temps après. Si nous savons apprécier la valeur de la vie, nous saurons profiter d’elle de la meilleure façon, celle qui convient le mieux, pour la gloire et l’honneur de la Torah.

SUR LA PENTE ASCENDANTE

Un signe par le chien

Le président des institutions « Or’hot ‘Haïm OuMoché » à Lyon, Monsieur Gabriel Elbaz, a eu besoin un jour que le Créateur lui fasse la grâce de lui montrer la voie à suivre et lui donne le discernement de décider s’il devait continuer à présider nos institutions à Lyon ou bien démissionner de ce poste comme le souhaitait sa femme, pour se consacrer à la place à l’élargissement de ses affaires personnelles.

C’est pourquoi il s’est mis à prier Hachem en lui exposant sa demande particulière, en ajoutant qu’il demandait un signe du Ciel pour lui indiquer le chemin à prendre.

Quand j’ai entendu qu’il voulait un signe de Hachem, je le lui ai reproché en lui disant qu’il ne faut pas demander de signe, de peur qu’on n’en arrive à des doutes dans la foi si on ne reçoit pas le signe souhaité. Mais il m’a répondu : « Le Rav a raison. Quand un juif ne voit pas le signe qu’il souhaitait, des doutes dans la foi risquent de rentrer dans son cœur. Mais moi, même si je ne vois aucun signe comme je l’ai demandé, je continuerai à croire en D. avec une foi parfaite et sincère. C’est pourquoi je mériterai de voir un signe de Hachem, et alors ma foi en Lui en sera renforcée d’autant. Je serai encore plus attaché au Maître du monde et je continuerai à développer des institutions de Torah et de ‘hessed. »

A cette époque-là, M. Elbaz avait un fidèle chien de garde qui protégeait sa maison, auquel il vouait une affection particulière. C’est pourquoi je lui ai dit avec un sourire : « Qu’est-ce que vous penseriez si votre chien mourait subitement ? Est-ce que cela constituerait pour vous un signe du Ciel ? »

« Que le chien meure ? s’étonna-t-il. C’est une chose totalement illogique, étant donné qu’il est jeune et en bonne santé. » Mais je me suis entêté et je lui ai demandé : « Et si le chien mourait effectivement ? »

« Si le chien mourait maintenant, répondit fermement M. Elbaz, cela constituerait pour moi un très grand signe du fait que ma façon de vivre actuelle est bonne et agréable à Hachem. »

Nous nous tenions à notre place en regardant le chien en bonne santé qui tournait autour de nous, M. Elbaz souriant intérieurement en s’étonnant : Comment ce chien mourrait-il en ce moment sans aucune espèce de raison ? Mais une demi-heure ne s’était pas écoulée depuis qu’il avait terminé cette phrase lorsque le chien s’écroula mort à ses pieds.

Une terreur le saisit, et moi aussi j’étais très surpris, car je n’avais pas du tout pensé que le chien allait mourir dans les minutes qui suivaient !

Mais la mort subite du chien était venue nous donner une leçon sur la providence individuelle qui s’exerce sur toute la Création.

Cette histoire, qui s’est répandue rapidement, a provoqué une grande sanctification du Nom de D. Notre foi en Hachem s’est beaucoup renforcée, et comme il l’avait dit, M. Gaby Elbaz est resté jusqu’à aujourd’hui le président actif des institutions « Or’hot ‘Haïm OuMoché » à Lyon, pour la plus grande gloire de la Torah.

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Rabbi Ya'akov Pinto chelita, petit-fils du tsaddik Rabbi ‘Haïm, que son mérite nous protège, s’est un jour rendu à Mogador avec son ami pour prier sur la tombe de son grand-père. En arrivant au cimetière, ils ont vu un vieil Arabe qui nettoyait la stèle.

L’ami lui a présenté Rabbi Ya'akov en lui disant : « C’est le petit-fils du tsaddik. »

Celui-ci s’est tellement ému de la rencontre avec le petit-fils du tsaddik qu’il lui a dit :

« Il faut que je vous raconte une histoire sur votre saint grand-père. Un jour, j’ai eu besoin d’une grosse somme d’argent, pour acheter un mouton pour une grande fête qui avait lieu chez moi, et je n’avais pas un sou pour l’acheter. De plus, ma femme m’a prévenu que si je n’achetais pas le mouton, il valait mieux que je ne rentre pas à la maison… »

« Dans ma détresse, je suis allé sur la tombe du tsaddik Rabbi ‘Haïm, et j’ai pleuré à côté de la tombe, jusqu’à ce que je m’endorme. En rêve, j’ai vu Rabbi ‘Haïm qui me disait : « Ne te fais pas de souci, va au marché et prends là-bas le mouton dont tu as besoin. Personne ne te demandera de l’argent. Non seulement cela, mais va aussi acheter des vêtements en abondance pour toi et pour ta famille, et personne ne te demandera de les payer, parce que c’est moi qui paierai pour tout ce que tu prendras. »

« Quand je me suis réveillé, j’ai eu très peur de suivre ces conseils. Qui sait ce qu’on me ferait ? J’ai raconté mon rêve à ma femme, et elle s’est moquée de moi en partant d’un grand éclat de rire, en me méprisant, et en me disant que depuis que j’avais commencé à entretenir les tombes des juifs, j’étais devenu complètement fou… »

« En fin de compte, je me suis mis à faire ce que le Rav m’avait dit en rêve, malgré la peur que j’avais en moi. Je suis allé au marché, j’ai trouvé le mouton dont j’avais besoin sans que qui que ce soit me demande de l’argent en contrepartie. Ensuite je suis allé à la boutique de vêtements, j’ai essayé des vêtements pour moi, et le propriétaire ne m’a pas demandé de les payer. Ainsi, je suis arrivé à la maison tout content, et depuis ma femme me respecte et honore la sainteté des tsaddikim. »

Voici les actes des tsaddikim, dont le mérite est grand auprès du Saint, béni soit-Il, au point que par la force de leur sainteté ils peuvent véritablement créer des mondes.

LA HAPHTARA DE LA SEMAINE

Le rapport avec la paracha : Cette haphtara est l’une de celles qu’on lit pendant les sept Chabbats de consolation, à partir du Chabbat qui suit Ticha BeAv. Et c’est l’une des sept haphtarot du livre de Yéchayah, qu’on appelle « Chiva DeNe’hamata » (les sept haphtarot de consolation).

 « Consolez, consolez Mon peuple » (Yéchayah 40, 1)

Le Saint, béni soit-Il dit aux bnei Israël :

Vous devez vous consoler ne fût-ce qu’en cela que vous êtes « Mon peuple ».

Cette chose à elle seule comporte une très grande consolation.

(« Bnei Issakhar »)

 « Consolez, consolez Mon peuple, dit votre D. » (Yéchayah 40, 1)

Il faut s’interroger sur la répétition « consolez, consolez ». Une parabole aidera à la comprendre :

Deux hommes abandonnèrent leur femme pour s’en aller au loin.

L’un d’eux partit à cause de la misère, pour chercher de quoi vivre. L’autre était très riche, mais sa femme était une femme acariâtre et de mauvais caractère, c’est pourquoi il l’avait quittée pour partir très loin avec le pauvre.

Quand ils se trouvèrent là-bas depuis longtemps, sans que leurs femmes aient la moindre nouvelle tant c’était loin, celles-ci allèrent demander aux marchands qui allaient d’une ville à l’autre si par hasard ils avaient rencontré leur mari.

Or un certain commerçant leur annonça : « J’ai vu vos maris et j’ai parlé avec eux, ils m’ont même donné des lettres pour vous. » Les femmes lui demandèrent de leur donner les lettres, mais il leur répondit qu’il n’avait pas le temps maintenant de les chercher, et il promit que le lendemain il les leur donnerait.

Et voici que la femme du riche rentra chez elle toute joyeuse sans rien ajouter, mais la femme du pauvre le supplia instamment de chercher la lettre et de la lui donner. Le marchand lui demanda : « Pourquoi est-ce que vous me suppliez plus que votre amie, qui s’est réjouie de la bonne nouvelle et est rentrée chez elle ? »

La femme répondit amèrement : « Il y a une grande différence entre moi et mon amie. Elle reste tranquillement chez elle et elle se tait parce qu’elle a beaucoup d’argent à la maison ; son mari l’a quittée à cause des disputes qu’il y avait entre eux, et elle se soucie seulement de savoir s’il est encore fâché contre elle, c’est pourquoi quand elle a entendu qu’il lui avait envoyé une lettre, cela lui a suffi pour savoir qu’il voulait encore d’elle et qu’il lui reviendrait. Le fait même qu’il lui ait écrit l’a déjà consolée. Mais moi, je suis une malheureuse femme pauvre et dénuée de tout, et j’aspire à savoir ce que m’écrit mon mari et s’il a trouvé une source de subsistance.

Dans le même ordre d’idées, le prophète dit aux bnei Israël « consolez », et cela seul comporte une consolation. Pourquoi ? Parce que « consolez Mon peuple dit votre D. », le Saint, béni soit-Il vous envoie des paroles de consolation et Il proclame qu’Il est votre D. C’est la plus grande consolation en exil, que vous ayez un espoir et un avenir.

(« Kokhav MiYa’akov »)

GARDE TA LANGUE

Ne pas rendre service

Il est interdit de raconter sur quelqu’un d’autre qu’il a évité de rendre un service, bien qu’il ait su qu’il en avait la possibilité [et un tel récit comporte également l’interdiction de porter rancune, et parfois aussi celle de se venger]. C’est interdit même si le locuteur n’y a aucun intérêt personnel. Il est donc interdit à Lévi de raconter que Réouven n’a pas rendu service à Chimon.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

L’attachement à la Torah mène à l’attachement à Hachem

« Et vous qui êtes attachés à Hachem votre D. êtes tous vivants aujourd’hui » (Devarim 4, 4)

Dans le traité Sota (14a), les Sages demandent comment il est possible que Hachem ordonne aux bnei Israël de Le suivre, alors qu’Il est un feu dévorant. Ils répondent que cela signifie qu’il faut s’attacher aux midot de Hachem, s’efforcer de se conduire de la même façon que Lui. S’il est miséricordieux, toi aussi tu dois être miséricordieux. Et s’Il est patient et longanime, toi aussi tu dois faire preuve des mêmes qualités. Il faut demander à ce propos comment il est possible qu’un homme puisse ressembler à D. dans ses actes et s’attache à Ses qualités, alors que par nature, il est une créature limitée dans ses possibilités et dans ses actes, à cause des forces physiques bornées qui lui ont été attribuées et à cause du mauvais penchant qui palpite en lui, alors que le Saint, béni soit-Il est Tout-Puissant et a des forces et des concepts illimités, il est donc clair que Ses midot sont également d’une perfection totale. Par conséquent il est difficile de comprendre comment on peut exiger de l’homme, qui est une créature à la fois spirituelle et matérielle, de s’attacher aux actes de Hachem, Qui est entièrement sainteté et spiritualité.

Le mot « véatem » (et vous), quand on inverse les lettres, a la même valeur que « véemet » (et la vérité), et cela suggère que la façon d’accomplir ce qui est écrit « et vous qui êtes attachés » passe par l’attachement à la Torah, qui a été donnée le 6 Sivan et est entièrement pure vérité. Plus on s’attache à la vérité de la Torah, plus grandit l’attachement envers le Créateur, la Torah étant un creuset pour les actes de l’homme et ses qualités. Quand on se donne du mal pour les paroles de la Torah, cela donne la force de s’élever dans ses midot et de s’attacher à celles du Créateur. Et lorsqu’on accomplit effectivement le verset « Et vous qui êtes attachés à Hachem votre D. », par l’attachement à la vérité de la Torah, il en résulte que « vous êtes tous vivants aujourd’hui », à la fois de la vie de ce monde-ci et de la vie éternelle dans le monde à venir.

Nous devons savoir que lorsqu’on est loin de la vérité de la Torah, on n’a pas non plus la vie de ce monde-ci. Et j’en suis témoin une fois après l’autre quand viennent me trouver des gens du monde entier pour m’exposer leurs peines et leur douleur des malheurs et des difficultés qu’ils connaissent. Apparemment, ils ont l’air d’avoir une abondance de tout ce qu’on peut vouloir en ce monde, mais si on leur ôte leur masque, on s’aperçoit que malgré leurs grandes richesses, leur vie conjugale est tellement décevante qu’ils ne peuvent même pas en profiter, en plus de ce qui est dit dans Pirkei Avot (2, 7) : « Plus on a de biens, plus on a de soucis. » J’ai également entendu de nombreux riches qu’ils sont en traitement chez les meilleurs psychologues et psychiatres, qui essaient de toutes leurs forces de les faire sortir de la dépression et de la tristesse qui les enveloppent. Par ailleurs, lorsqu’on se livre au commerce de la Torah, plus précieuse que l’or et que les pierres précieuses, et qu’on met tout son espoir dans le Créateur pour vous soutenir dans tous les domaines, alors on est libre des soucis et on a la force de vivre également la vie de ce monde-ci, sans parler de celle du monde à venir qui vous est réservée après les années passées sur terre, avec tous les justes et tous les hommes pieux.

A LA SOURCE

« Observez-les (ouchemartem) et pratiquez-les, car c’est votre sagesse et votre intelligence aux yeux des nations » (Devarim 4, 6).

Voici comment Rachi parle de l’étude de la Torah : « « Observez-les » (ouchmartem), c’est la Michna. » Elle s’exprime donc sous la forme de quelque chose qu’on préserve (chemira). Pourquoi ?

Le gaon Rabbi Moché Feinstein zatsal répond à cela que sans étudier auprès d’un Rav compétent, même si on veut accomplir toutes les mitsvot de Hachem, on ne le fera pas correctement, parce qu’on risque de permettre ce qui est interdit et d’interdire ce qui est permis, et de préférer le mal au bien.

C’est seulement par l’étude de la Torah qu’on peut accomplir les mitsvot de Hachem parfaitement. Il s’ensuit que la Torah est ce qui protège l’accomplissement des mitsvot, c’est pourquoi elle est appelée « chemira ».

La génération d’Enoch s’est également trompée en pensant qu’il fallait servir les corps célestes, parce qu’ils se sont fiés à leur propre opinion sans apprendre d’Adam et de Seth.

 « Tu les répèteras à tes enfants et tu en parleras dans ta maison » (6, 7).

Le traité Kidouchin (30a) explique : « Tu les répèteras » – que les paroles de la Torah soient parfaitement claires dans ta bouche, de façon à ce que si quelqu’un te demande quelque chose, tu ne bafouilles pas mais que tu lui répondes immédiatement, ainsi qu’il est dit : « Dis à la sagesse : tu es ma sœur. »

En vérité, il y a lieu de demander pourquoi la Torah a été comparée justement à une sœur. Si on l’avait comparée à un frère, est-ce que cela aurait enlevé quoi que ce soit à sa valeur ?

Rabbi Yéhouda Leib Fein zatsal explique que les Sages ont dit (Bava Kama 139b) : « Si quelqu’un meurt en laissant des fils et des filles (…) et peu de biens, il faut nourrir les filles, même si les fils doivent demander l’aumône. » Par conséquent quand l’héritage n’est pas grand, les filles ont la priorité, alors que les fils doivent demander l’aumône si nécessaire.

Il en va de même de la sagesse de la Torah. Si quelqu’un dit qu’il n’a pas beaucoup de biens et qu’il n’arrive pas à gagner sa vie, si bien qu’il n’a pas la possibilité d’étudier ou de soutenir ceux qui étudient, il faut lui répondre que la sagesse est comme une « sœur », quand il n’y a pas beaucoup de biens c’est la fille qu’il faut nourrir et ne pas lui permettre de demander l’aumône. En tout premier lieu, il faut donc veiller à observer la Torah, même quand on a du mal à gagner sa vie.

LA VIE DANS LA PARACHA

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar

« Et vous qui êtes attachés à Hachem, vous êtes tous vivants aujourd’hui » (4, 4).

On peut l’expliquer d’après ce qu’a écrit le Rambam dans les Hilkhot Yessodei HaTorah :

« Il y a sept Noms divins, le Tétragramme, etc. Quiconque efface fût-ce une seule lettre de ces sept Noms subit les coups. Les lettres qui s’attachent au Nom en le précédant, il est permis de les effacer, mais ce qui s’y attache en le suivant, par exemple le « kaf » de « Elokeikha » ou le « mem » de « Elokheikhem » ou choses semblables, on ne peut pas l’effacer, et elles ont le même statut que les autres lettres du Nom. »

C’est ce qu’on veut leur dire dans ce verset. « Vous êtes attachés à Hachem » signifie que comme, en ce qui concerne le Tétragramme, aucune lettre ne peut s’attacher à la fin du Nom mais seulement au début, par exemple « LeHachem », « KeHachem » etc., et que ces lettres n’ont pas de sainteté et qu’il est permis de les effacer, l’attachement d’Israël à Hachem n’est pas comparable à celui de ces lettres qui viennent avant, mais à celui des lettres qui viennent après, comme le « mem » de « Elokeikhem », qui sont aussi saintes que les lettres du Nom proprement dit.

LES CHEMINS DE LA FOI

Etudes sur la droiture dans les midot

Depuis le jour où le Temple a été détruit, dit la Guemara (Berakhot 8a) au nom de Rabbi ‘Hiya bar Ami au nom de Oula, le Saint, béni soit-Il n’a plus dans son monde que les quatre coudées de la halakha.

Le gaon Rabbi Gabriel Yossef Lévi chelita explique que la tâche des cohanim dans leur service est assumée par ceux qui s’attachent à la profondeur de la halakha, et que les batei midrachot qui soutiennent ceux qui étudient la Torah sont les sanctuaires qui ont pris la relève depuis la destruction du Temple.

La forme du beit hamidrach ressemble à celle du Temple. Et de même que le sacrifice, la lumière perpétuelle et le pain de proposition sont fixés à jamais, c’est également le cas de la véritable étude de la Torah, qui est construite sur la régularité et l’ordre. C’est précisément cela l’étude de celui qui s’enferme dans les quatre coudées de la halakha, et prolonge l’existence et la forme du peuple d’Israël, qui ont été affectées par la destruction du Temple.

Le Chabbat Na’hamou est le premier des Chabbats de consolation établis par nos Sages. Pendant les trois semaines qui précèdent Ticha BeAv, nous nous trouvons dans une situation provoquée par les répercussions de cette époque. Nous nous identifions pour ainsi dire avec la destruction. Simplement, pendant le reste de l’année nous n’y faisons pas attention, et à cette époque-là cela s’exprime par des coutumes concrètes.

Maintenant, nous venons de passer à une situation de consolation. Qu’est-ce qui vient nous consoler?

« Consolez, consolez Mon peuple ». Il faut pourtant remarquer que nous n’avons encore ni Jérusalem ni le Temple, alors où est la consolation ?

En voici l’explication : la racine de l’exil se trouve dans la destruction intérieure du peuple d’Israël. La délivrance est la force de vie spirituelle de l’intériorité du peuple d’Israël telle qu’elle était avant la destruction. Le peuple d’Israël s’est éloigné du programme intérieur du Temple et de la sainteté et la spiritualité qui en découlaient, et c’est cette chute qui a provoqué la destruction.

A Ticha BeAv et pendant les semaines qui précèdent, quand on observe l’immense perte et la douleur qui en résulte, c’est ainsi que l’on révèle sa propre intériorité. On ressent la peine de la Chekhina ainsi que l’absence d’un épanchement de spiritualité. De cette façon apparaît une situation de délivrance, et c’est cela la raison de la consolation qui vient immédiatement après Ticha BeAv.

Cette époque est appelée « bein hazemanim », littéralement « entre les temps » : d’un côté le temps d’une certaine « liberté » de toutes sortes d’obligations et de diverses tâches fixes que l’on observe pendant toute l’année, mais de l’autre côté se dévoile le point intérieur de tout ben Torah, et nous apprenons ce point intérieur des jours de la destruction.

Tout le monde sait ce que dit la Guemara dans Nedarim : « Pourquoi le pays a-t-il été détruit ? Parce qu’on ne disait pas la bénédiction sur la Torah avant l’étude. » Le Ran apporte au nom de Rabbeinou Yona que la Torah n’était pas assez importante à leurs yeux pour qu’ils fassent cette bénédiction.

Quand un élève de yéchiva sort pour bein hazemanim avec cette conscience, quand il veut réparer la raison de la destruction, il doit s’efforcer de manifester l’importance de la Torah à ses yeux, de la contempler et de la respecter, et surtout ne pas en détourner son attention, même dans ces jours-là où il n’y a aucun facteur extérieur d’obligation d’étudier.

Il y a une autre leçon à tirer du 17 Tamouz, où l’holocauste perpétuel s’est interrompu. La Guemara dans Bava Kama raconte qu’il a été interrompu parce qu’on avait amené un porc, et quand il a planté ses ongles dans le rempart, Erets Israël a tremblé de quatre cents parssa sur quatre cents parssa. A partir de ce moment-là, les fautes ont provoqué que l’holocauste soit interrompu.

Combien il nous incombe de nous préserver et de veiller à garder ce que nous avons acquis pendant tout le zman, sans laisser le porc enfoncer ses ongles et fendre le rempart de notre sainteté !

Voici une autre attitude souhaitable à laquelle il y a lieu de veiller :

Dans notre paracha, le Séfer Ha’hinoukh écrit à propos de la mitsva de l’étude de la Torah : « Dans l’étude, on doit connaître les voies de D., sans quoi on ne saura et on ne comprendra rien. Par cette mitsva, on en arrive à l’amour de D. Avec de l’attention à la Torah, l’amour s’installera nécessairement dans le cœur. »

Il s’ensuit que le véritable critère de l’étude de la Torah est l’amour de Hachem qui en découle.

Comment reconnaît-on l’amour de Hachem ? Nous apprenons dans le traité Yoma qu’il consiste en ce que Son Nom soit aimé grâce à nous. Quand un élève de yéchiva rentre chez lui pendant bein hazemanim, il peut par sa conduite de véritable ben Torah, son comportement avec les autres, son respect de la synagogue et du beit hamidrach, sanctifier et faire aimer le Nom de D., augmenter la paix entre les gens et augmenter le respect pour le Ciel.

De plus, chacun a son Temple privé, auquel il doit construire des remparts et des barrières, afin qu’il ne soit pas détruit et que ne soit pas abîmé en lui le verset « ils Me feront un Temple et Je résiderai en eux. »

Le début de la destruction a eu lieu comme on le sait le dix-sept Tamouz lorsque le rempart a été ouvert, et pour réparer cela nous devons renforcer le rempart de notre « Temple » privé et nous comporter comme il convient à ceux qui étudient la Torah, en sanctifiant le Nom du Ciel. De cette façon nous rapprocherons la délivrance totale, rapidement et de nos jours, Amen.

 

Hevrat Pinto • 32, rue du Plateau 75019 Paris - FRANCE • Tél. : +331 42 08 25 40 • Fax : +331 42 06 00 33 • © 2015 • Webmaster : Hanania Soussan