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paracha de la semaine

Ki Tavo

5 Septembre 2015

21 Elloul 5775

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La grande valeur de la joie dans l’accomplissement des mitsvot

 (par Rabbi David Hanania Pinto Chelita)

 « Parce que tu n’auras pas servi Hachem ton D. dans la joie et de tout ton cœur lorsque tu avais tout. » (Devarim 28, 47)

Les maîtres du moussar disent (voir l’Introduction au Séfer ‘Haridim) que la joie est la base de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des mitsvot, parce qu’elle procure à l’homme énergie et enthousiasme dans l’exécution de la parole de Hachem. En l’absence de joie, on ne se dépêche pas de la mettre en œuvre, et même ce que l’on fait, c’est comme contraint et forcé. Il est également tout à fait évident que lorsqu’on est gai et de bonne humeur, on agit avec plus de détermination et d’enthousiasme, et on ne ressent pas les mitsvot comme un poids sur ses épaules, alors que si l’on est de mauvaise humeur et sans joie de vivre, la moindre petite difficulté apparaît plusieurs fois multipliée, c’est pourquoi l’accomplissement des mitsvot qui exigent du dévouement paraît difficile et menaçant, et c’est pourquoi on évite de faire son devoir en exécutant les ordres de Hachem.

C’est la raison pour laquelle on a l’habitude de dire (Rabbi Na’hman de Breslav dans Likoutei Moharan) : « C’est une grande mitsva d’être constamment dans la joie. » On ne trouve pas qu’il soit dit : « Il est bon pour l’homme d’être dans la joie », ou bien « Il est souhaitable d’être dans la joie », ou des choses de ce genre, mais l’adage en question utilise le mot « mitsva ». Ceci vient nous enseigner que le fait de vivre dans la joie est à considérer véritablement comme une mitsva, parce que lorsqu’on se trouve dans la joie, on accomplit les mitsvot de Hachem avec enthousiasme et perfection. Ainsi, la joie est la première mitsva qui conduit à toutes les autres, dans l’esprit de l’enseignement selon lequel une mitsva en entraîne une autre.

On dit également : « C’est une grande mitsva d’être constamment dans la joie », tout le temps, sans aucune exception. Et comme la joie mène à l’accomplissement des mitsvot dans la perfection, il faut se trouver dans un état de joie constante, parce qu’alors l’ordre d’accomplir les mitsvot de Hachem n’est pas non plus annulé, il s’applique tout le temps de la vie sur terre, et comme la joie en entraîne l’accomplissement avec plus d’énergie et d’enthousiasme, et que les mitsvot accompagnent l’homme pendant toute sa vie sur terre, il s’ensuit que la joie doit régner tout le temps pendant lequel on est tenu d’observer les mitsvot, c’est-à-dire constamment, tous les jours de la vie et pendant toutes les années sur terre.

Les Sages disent que pendant la période des seli’hot, nous devons nous trouver dans une situation de « tremblement dans la joie », ce qui est difficile. Devons-nous nous réjouir ou craindre et trembler ? Apparemment, ce sont deux attitudes contradictoires qui sont incompatibles.

Pour résoudre cette contradiction, donnons la comparaison d’un proche du roi qui avait été invité à la table royale pour partager le repas du roi. La joie de cet ami était sans égale, mais en même temps, elle était mêlée de sérieux et de gravité, à cause de la conscience qu’il fallait se conduire de façon honorable et appropriée. On ne mange pas chez soi comme lorsqu’on se trouve dans le palais du roi. Quand arriva le jour où l’ami devait prendre son repas aux côtés du roi, son bonheur était sans limites, mais quiconque le regardait pouvait facilement s’apercevoir de sa tension et de sa crainte de ne pas manifester assez de respect pour le roi dans sa conduite. Se comportait-il vraiment comme il convient de le faire chez le roi ?

En fait, la situation dans laquelle se trouvait l’ami du roi concrétise le verset « « Réjouissez-vous en tremblant » (Téhilim 2, 11), à savoir que la joie doit s’accompagner de sérieux et de pondération, afin qu’elle conserve le niveau qui convient, et ne se transforme surtout pas en plaisanterie et propos déplacés.

Le jour de Roch Hachana, le peuple d’Israël passe sous le regard perçant du Créateur, « comme un berger qui fait paître son troupeau » (Yé’hezkel 34, 12). Le moussaf de Roch Hachana, le poème « Ounetana Tokef », le fait qu’il faille rendre des comptes de tout ce que l’on a fait au cours de l’année écoulée, nous remplissent d’angoisse, mais par ailleurs il s’agit d’une fête, car nous savons et croyons que le Saint, béni soit-Il règne sur nous avec bonté, c’est pourquoi nous nous réjouissons que ce soit Lui Qui règne sur nous avec grâce et miséricorde. De même, pendant la période des seli’hot, Hachem Se trouve dans une grande proximité avec Ses enfants, proximité qui nous permet de nous réjouir comme un fils heureux de voir son père lui rendre visite pour être en sa compagnie. En même temps, à Roch Hachana Il nous juge, et ce jugement est essentiellement un moment redoutable de crainte. A cause de cette appréhension du jugement, la joie se mêle de tremblement et d’une prière que la miséricorde soit effectivement plus forte que la rigueur, et que nous méritions d’être inscrits et scellés immédiatement pour une bonne vie dans la paix.

En réfléchissant, on constate que le verset dit (Devarim 28, 47) : « Parce que (ta’hat acher) vous n’avez pas servi, etc. ». Il n’est pas écrit « étant donné que vous n’avez pas servi Hachem », ou « comme vous n’avez pas servi Hachem », etc. On peut expliquer le mot « ta’hat » en disant que lorsqu’on ne se trouve pas dans la joie, on descend de niveau dans la Torah et la crainte de D., jusqu’au plus profond (ta’htit). En revanche, le mot « acher » peut se lire à l’envers comme « roch », pour nous enseigner que lorsqu’on se trouve dans la joie, cette joie élève et fait progresser vers le sommet (roch).

On peut également ajouter que la tête (roch) est l’un des membres les plus importants du corps humain, parce qu’elle contient le cerveau, qui règle tout le fonctionnement du corps. Lorsqu’on se trouve dans la joie, le cerveau s’éveille à la vie et pousse à l’accomplissement des mitsvot, mais lorsqu’elle est absente, la tristesse et le désespoir viennent prendre sa place, et la tête cesse de fonctionner, alors on descend de plus en plus bas, dans un état de « ta’hat ».

Il est intéressant de souligner que les grands médecins et les grands chercheurs ont prouvé scientifiquement que la joie a le pouvoir de guérir un malade, parce que l’homme se compose d’un corps et d’une âme, qui sont intimement liés l’un à l’autre et s’influencent mutuellement. Les médecins témoignent qu’ils ont constaté de leurs propres yeux que des malades qui étaient remplis de joie et d’espérance réussissaient à vaincre la maladie plus facilement et plus rapidement que d’autres qui étaient déprimés et enfoncés dans le désespoir. Pour ces derniers, il était très difficile de guérir et de vaincre les difficultés qu’ils subissaient.

Or la Torah et les mitsvot sont un remède pour le corps matériel, et pour que le corps puisse fonctionner correctement en ce monde-ci, où des dangers nous guettent de toutes parts, le Saint, béni soit-Il nous a accordé la Torah et les mitsvot, grâce auxquelles nous pouvons nous élever au-dessus des difficultés de la vie, les surmonter et continuer à progresser dans le service de D. Afin de pouvoir tirer le maximum de profit de ce remède qu’est la sainte Torah, il serait bon de choisir la voie de la joie, qui éveille à l’accomplissement de la Torah et des mitsvot avec beaucoup d’enthousiasme, amenant ainsi la guérison aux habitants du monde.

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Dans le cours de notre maître chelita (à la sortie du Chabbat de la parachat ‘Houkat en 5766) sur le sujet de la préparation de la Création en vue de la délivrance à venir, il a évoqué une histoire extraordinaire qui était arrivée peu de temps auparavant.

Six mois auparavant, la maison de Rabbi ‘Haïm Pinto zatsoukal avait dû être restaurée, parce qu’elle était vieille de près de deux cent vingt ans. Beaucoup de maisons des alentours s’étaient écroulées et il était dangereux de s’en approcher, c’est pourquoi des contributions avaient été ramassées, et avec cet argent, un contact avait été pris avec un entrepreneur local.

Après réflexion, il avait été décidé que pour réduire les frais, on fournirait les matériaux à l’entrepreneur, et pour cela aussi on avait obtenu des contributions. Le responsable financier était un juif du nom de Reb Avraham Knafo. Or pendant les travaux, il sentit qu’il manquait des matériaux de construction à un point qui éveillait les soupçons d’une fraude possible. Il s’adressa à l’entrepreneur et exigea de comprendre ces disparitions. L’entrepreneur nia totalement, se prétendant blessé de ces soupçons.

Au cours de la discussion, l’entrepreneur dit qu’il n’était pas un voleur, et ajouta que c’était une maison de tsaddikim et qu’il prenait sur lui que s’il avait détourné quelque chose, il le paierait de sa vie...

Or quelque chose d’extraordinaire se passa : le jour même, il se rendit à une fête d’impies. Au cours de la fête, quelqu’un se mit dans une colère folle contre cet entrepreneur et le tua ! Toute la ville fut bouleversée, parce que tout le monde avait vu de ses yeux que le tsaddik avait exercé sa vengeance.

Immédiatement, tous les ouvriers vinrent se jeter aux pieds de Reb Avraham Knafo en disant qu’ils avaient été au courant de ces détournements, mais que ç’avait été uniquement sur l’ordre de l’entrepreneur, et maintenant ils craignaient pour leur vie que la main de Hachem s’abatte sur eux aussi.

On parla de cette histoire pendant quelques mois au Maroc, et elle arriva aussi aux oreilles d’un habitant local qui ne croyait pas à toutes ces histoires-là et ne se gêna pas pour le proclamer. La main de Hachem s’abattit sur lui aussi et il devint muet. Pendant deux semaines il alla d’un hôpital à l’autre, jusqu’à ce que ses proches lui conseillent d’aller demander pardon d’avoir porté atteinte à l’honneur du tsaddik. Et surprise ! après avoir demandé pardon, il retrouva toute sa santé !

C’est ce qu’ont dit les Sages : « Les tsaddikim sont plus grands dans leur mort que dans leur vie », leur puissance est celle de la sainte Torah, si bien que leur influence s’applique même aux objets inanimés qui les entourent, et même la maison du tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, qui est inanimée, avait été sanctifiée comme les encensoirs du Sanctuaire, qui avaient été sanctifiés par la mitsva qu’on avait faite par leur intermédiaire.

SUR LA PENTE ASCENDANTE

Celui qui veut se purifier, on l’aide

Monsieur Rosenthal m’est particulièrement proche. Il m’a souvent aidé et soutient mes institutions. Puisse Hachem lui envoyer bénédiction et réussite dans tout ce qu’il entreprend et lui donner le succès en tout.

Tous les ans, en Elloul, le mois de la miséricorde et des seli’hot, nous nous rendons sur les tombes des tsaddikim en Ukraine, où nous disons les seli’hot en public en demandant bénédiction et réussite pour la nouvelle année, et après ce voyage qui dure quelques jours, nous continuons pour la hilloula du tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, qui a lieu le 25 Elloul à Essaouira.

Une certaine année, Monsieur Rosenthal s’est également joint à nous pour le voyage en Ukraine. En chemin, avant d’arriver à destination en Ukraine, il s’est adressé à moi en ces termes :

« Kevod HaRav, D. merci j’ai mérité de faire techouva et j’en suis content et heureux. Mais je voudrais vous demander de prier pour une proche parente et pour son mari afin qu’ils méritent eux aussi de se rapprocher. » Puis il me demanda encore de faire tout ce que je pouvais pour provoquer ce mouvement de leur part.

J’ai immédiatement béni les parents en question pour qu’ils opèrent une techouva totale, et je lui ai dit que lorsque je les rencontrerais, je serais heureux de parler avec eux et d’essayer de les ramener sur le droit chemin, en demandant à Hachem de m’aider et de me mettre dans la bouche les mots qu’il fallait pour les toucher, et les paroles qui auraient une influence sur eux.

Au bout d’un certain temps, alors que je recevais le public dans les environs de leur demeure, Monsieur Rosenthal fit entrer chez moi ce couple, ses proches parents.

« Pourquoi êtes-vous venus ici ? » leur ai-je dit, et je leur ai demandé de s’asseoir en face de moi.

« Nous ne savons pas pourquoi, mais Monsieur Rosenthal a insisté pour que nous venions, c’est pourquoi nous l’avons fait », répondit le couple.

Je leur ai demandé si tout allait bien dans leur vie quotidienne, et ils m’ont répondu que tout allait bien.

Je ne savais que faire. Je ne savais pas comment entamer avec eux une conversation ni comment les pousser à en arriver à une révolution spirituelle, c’est pourquoi j’ai fait une courte prière en mon cœur pour que le Saint, béni soit-Il m’aide et me mette dans la bouche les mots qu’il fallait leur dire.

Tout à coup, sans préméditation, m’a échappé le nom d’une certaine femme qui était chez moi ce matin-là, pour demander la bénédiction d’une guérison totale. C’était un nom typiquement sépharade très difficile à prononcer, mais pourtant c’est justement ce nom-là qui m’a échappé absolument sans le faire exprès.

Le couple qui était en face de moi était très surpris : pourquoi le Rav évoquait-il devant eux justement ce nom-là ? Que voulait-il dire ?

J’ai répété ce nom difficile, et alors je me suis tout à coup aperçu qu’ils commençaient à soupçonner et à craindre ce qui sortait de ma bouche. « Pourquoi ce nom vous fait-il peur ? »

« Cette femme dont le Rav vient de dire le nom nous empoisonne la vie depuis plusieurs années », dit la femme. « Je souffre beaucoup d’elle et elle nous cause beaucoup d’ennuis. Mais comment le Rav savait-il qu’elle nous persécute ? Comment le Rav a-t-il pensé à son nom ? » continua la femme.

J’ai immédiatement compris que c’était une aide du Ciel spéciale. Le Saint, béni soit-Il, dans Sa grande miséricorde, m’avait aidé à me frayer le chemin de leur cœur, et dans ce cas, je devais maintenant essayer d’avoir une bonne influence sur eux.

« Sachez que si vous prenez sur vous le joug de la Torah, la pureté familiale et l’observance du Chabbat, je vous promets que cette femme ne pourra jamais vous faire de mal », leur ai-je dit.

Le couple, étonné de tout ce qui se passait, écouta mon conseil. Au bout de quelques jours, Monsieur Rosenthal vint me trouver pour me raconter avec émerveillement qu’il y avait chez eux un immense changement dans le bon sens, et que D. merci, ils étaient en train de faire techouva.

Je me suis réjoui de l’entendre, et j’ai de nouveau remercié Hachem de l’aide particulière qu’Il m’avait envoyée lorsqu’ils se trouvaient chez moi, et qui avait fini par leur faire abandonner leur mauvaise voie.

LA HAPHTARA DE LA SEMAINE

« Lève-toi, éclaire » (Yéchayah 60)

Le rapport avec le Chabbat : Cette haphatara est l’une des sept haphtarot de consolation qui sont lues à partir du Chabbat qui suit Ticha BeAv.

 « Pour ramener de loin tes fils, ils ont avec eux leur argent et leur or en l’honneur de Hachem ton D. et du Saint d’Israël, Qui te glorifie. » (Yéchayah 60, 9)

On peut comprendre le verset d’après ce qu’ont dit les Sages sur le verset : « Je lui ai donné beaucoup d’argent et de l’or ils ont fait une idole », du fait qu’Il leur avait donné beaucoup d’argent et d’or par le butin de l’Egypte et de la mer, « de l’or ils ont fait une idole », ils ont fait le Veau.

C’est pourquoi le verset vient nous chanter les louanges d’Israël.

« Ils ont avec eux leur argent et leur or en l’honneur de Hachem ton D. et du Saint d’Israël », et non dans l’esprit de « Yéchouroun engraisse et regimbe. »

(« Tenoufa ‘Haïm »)

 « Tes jours de deuil seront terminés (vechalmou) »

Il faut l’interpréter sur le mode allusif : le mot « véchalmou » évoque « chalom ».

Cela rappelle la décision du Choul’han Aroukh (Yoré Déa 385) selon laquelle « un endeuillé n’a pas le droit de demander des nouvelles (chalom) de quelqu’un pendant tous les sept jours. »

C’est pourquoi le verset nous annonce ici que « tes jours de deuil seront terminés, les jours de deuil deviendront des jours de paix (chalom), parce que s’accomplira en nous le verset « la mort disparaîtra à jamais », et on pourra dire « chalom » à tout moment.

(« Torat HaParacha »)

 « Ton peuple ne sera composé que de justes, ils possèderont à jamais le pays, eux le rejeton de Mes vergers. » (Yéchayah  60, 21)

Il faut regarder de près le verset, qui dit « ils possèderont à jamais le pays », or nous voyons aussi parmi nous des impies.

Mais on sait que si quelqu’un ne suit pas la voie de la Torah, son âme devra revenir en ce monde jusqu’à ce qu’elle ait trouvé sa réparation.

Et c’est ce que dit le verset : « Ton peuple ne sera composé que de justes », et si l’on objecte que nous constatons qu’il y a chez les juifs des gens qui ne sont pas honnêtes, il répond : « eux, le rejeton de Mes vergers », J’ai planté un rejeton en ce monde-ci [à savoir qu’ils se réincarnent] plusieurs fois, c’est pourquoi il est écrit « Mes vergers » au pluriel, Il plante et replante, jusqu’à ce qu’ils soient remis en bon état.

(« Tsavarei Chalal »)

GARDE TA LANGUE

Le lachon hara sur les objets inanimés

Il est interdit de dire du lachon hara sur des objets appartenant à une autre personne, si cela risque de lui porter préjudice, par exemple de dire d’un commerçant que sa marchandise est mauvaise.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Extrait de l’enseignement du gaon et tsadik Rabbi David ‘Hanania Pinto chelita

La possibilité de servir Hachem en toutes circonstances

« Parce que tu n’as pas servi Hachem ton D. dans la joie et de tout cœur lorsque tu avais tout. » (Devarim 28, 47)

Il est arrivé un jour que se présente à moi une femme d’environ soixante-cinq ans, pour me dire qu’elle avait fait techouva une vingtaine d’années auparavant, mais que comme à l’époque elle avait fait cette démarche dans la crainte du châtiment, elle redoutait constamment que cette peur qu’elle avait en elle avec tant d’intensité au moment de sa techouva ne la rende fragile, et qu’en l’absence de crainte de Hachem elle n’en vienne à fauter.

Je lui ai dit que la crainte de D. était un moyen grâce auquel on pouvait se repentir, mais qu’il était impossible de Le servir parfaitement uniquement grâce à la crainte.

C’est pourquoi la Torah a écrit : « Parce que tu n’as pas servi Hachem ton D. dans la joie », ce qui nous enseigne qu’il est reproché à l’homme de ne pas servir son Créateur avec une grande joie, car si on ne le fait que par crainte, lorsque celle-ci disparaîtra, le service de Hachem disparaîtra avec elle.

Cela signifie que lorsqu’on sert son Créateur dans la joie et l’enthousiasme, alors même dans les moments difficiles l’amour envers Lui s’accroît par les difficultés, au point qu’on ne sent plus la profondeur de la douleur, et qu’on continue à Le servir de toutes ses forces.

Dans le même ordre d’idées, toute mère s’occupe de son bébé avec dévouement et sacrifice d’elle-même, parce qu’un grand amour envers son bébé la remplit, et dans ce cas, toute la difficulté et la fatigue perdent leur importance à côté de l’immense amour qu’elle ressent pour lui.

Le Saint, béni soit-Il nous a ordonné de fêter Soukot après Yom Kippour, et la raison en est que comme Yom Kippour est caractérisé par le service de Hachem dans la crainte et le tremblement, et comme le véritable service de Hachem est caractérisé par la joie et l’amour, nous devons fêter Soukot, dont il est écrit (ibid. 16, 14-15) : « Tu te réjouiras de ta fête et tu seras uniquement joyeux. »

Par conséquent il nous incombe de nous éveiller nous-mêmes au service de D. dans la joie et un grand amour, parce que c’est la voie qui procure une bonne prise dans le service de Hachem et donne la possibilité de le servir en tout temps et en toutes circonstances, même dans les moments difficiles et les malheurs.

A LA SOURCE

« Tu te prosterneras devant Hachem ton D. » (26, 10)

Pourquoi celui qui apporte les prémices doit-il se prosterner ?

Le livre « Rinat Yitz’hak » cite le Sifri sur la parachat VaEt’hanan : lorsque Ya'akov a quitté ce monde, il a appelé ses fils et les a réprimandés. Il leur a dit : Peut-être y a-t-il en vos cœurs des doutes sur Celui par qui le monde a été créé ? Ils ont répondu : « Il n’y a dans nos cœurs aucun doute sur Lui. » Il est dit alors que Ya'akov s’est prosterné à la tête du lit. Est-ce qu’on se prosterne à la tête d’un lit ? Mais il a remercié et loué D. de n’avoir engendré personne de suspect.

La prosternation vient à la place du remerciement, et c’est ce qu’on trouve chez Eliezer, qui s’est prosterné lorsqu’il a entendu une bonne nouvelle.

Mais celui qui apporte les prémices remercie de ne pas être ingrat et de louer Hachem. C’est pourquoi il apporte les prémices et il se prosterne, car en fait c’est à la fois remercier et louer Hachem.

 « Béni seront ton panier et ta huche » (28, 5).

Le « Kli Yakar » fait observer que dans les bénédictions, l’Ecriture place « le fruit de ton ventre » avant « ton panier et ta huche », alors que plus loin, dans les malédictions, « ton panier et ta huche » vient avant « le fruit de ton ventre et le fruit de ta terre ».

La raison en est que logiquement, Hachem fait toujours un miracle caché plus rapidement qu’un miracle évident.

La bénédiction du fruit du ventre et du fruit de la terre ressort d’un « miracle caché », mais « ton panier et ta huche », qui sont des fruits cueillis qui se trouvent déjà dans un récipient, s’ils se multiplient cela ressortira d’un « miracle évident ».

Par conséquent, dans la bénédiction le miracle caché vient avant, et ensuite le verset dit que non seulement cela, mais il y aura aussi un miracle évident.

Mais dans la malédiction ce sera le contraire, au début les miracles cachés seront de moins en moins nombreux, et ensuite ce sera le tour des miracles évidents.

 « Tu seras béni dans ta venue et dans ton départ » (28, 6)

Dans le livre de Téhilim (121), le roi David dit : « Hachem protègera ton départ et ta venue », le départ avant la venue, alors que Moché met ici d’abord la venue puis le départ.

Cette différence est très bien expliquée dans le livre « Téhila LeDavid » : à l’époque de Moché, les bnei Israël n’étaient pas encore entrés en Erets Israël, mais Moché savait que dans l’avenir ils partiraient en exil, c’est pourquoi il a dit : « Tu seras béni dans ta venue, en Erets Israël, et ensuite « et dans ton départ », que Hachem les bénisse lorsqu’ils partiront en exil.

Mais à l’époque de David, où les bnei Israël étaient déjà en Erets Israël, mais où David savait que dans l’avenir ils partiraient en exil, il a dit d’abord « Hachem protègera ton départ », quand vous sortirez du pays pour partir en exil, et ensuite « ta venue », lorsqu’ils reviendraient de l’exil.

 « Hachem te ramènera en Egypte par des bateaux » (28, 68)

Pourquoi justement par des bateaux ?

Rabbeinou ‘Haïm Kaniewsky chelita l’explique d’après ce que dit le Midrach Eikha (4, 20) : Un jour, les bnei Israël ont demandé l’aide de Paro Nekho alors qu’il voguait sur la Méditerranée. Le Saint, béni soit-Il a indiqué aux squelettes (des Egyptiens qui s’étaient noyés dans la mer) de venir flotter à la surface. Les Egyptiens qui se trouvaient sur le bateau se sont dit l’un à l’autre : « Qu’est-ce que c’est que ces squelettes ? » Il leur a répondu : « Ce sont vos ancêtres, lorsque les ancêtres des bnei Israël se sont dressés contre eux, ils les ont noyés dans la mer. »

Ils se sont dit : « C’est cela qu’ils ont fait à nos ancêtres, et nous allons les aider ? »

Ils sont tout de suite retournés (en Egypte), ainsi qu’il est écrit : « Voici la flotte de Paro partie à leur aide qui revient vers son pays, vers l’Egypte. »

On peut dire à présent que c’est la malédiction qui est dite ici. En effet, on aurait pu les conduire en Egypte même par la terre, mais Hachem les a fait conduire par bateau pour qu’ils comprennent que les Egyptiens qui étaient venus les aider étaient retournés en Egypte par bateau à cause de leur mauvaise conduite.

LA VIE DANS LA PARACHA

A partir de l’enseignement de Rabbeinou ‘Haïm ben Attar

« Tous les peuples de la terre verront que le Nom de Hachem est associé au tien, et ils te craindront. » (28, 10)

Cela aussi correspond à l’observance des mitsvot négatives.

En effet, tant que l’homme se garde des transgressions, l’image de D. ne quitte pas son visage, et toutes les créatures, hommes et bêtes, tremblent devant lui. Ce qui n’est pas le cas s’il commet des actes honteux, alors on lui enlève cette image, comme le dit Caïn (Béréchit 4, 14) : « Quiconque me trouvera me tuera. »

EVEIL

Etudes sur l’eveil a la techouva

Dans le numéro précédent, nous avons cité des enseignements des Sages sur le tremblement et la crainte qui doivent envelopper chaque juif au moment du jugement à Roch Hachana. Or en vérité, lorsque nous regardons autour de nous, nous ne sentons pas cette atmosphère dont il est question dans les écrits des ‘hassidim et des hommes pieux, qui ont décrit la profondeur de l’angoisse et la préparation que l’on faisait autrefois en vue des jours de jugement.

Quelle en est la raison ? Le gaon Rabbi Aharon Leib Steinman chelita l’a résumé en une seule phrase : Les améliorations de ce monde-ci empêchent la crainte du jugement.

C’est la raison pour laquelle nous sommes froids. Nous ne ressentons pas la peur du jour du jugement, parce que nous sommes sûrs de nous-mêmes.

Autrefois, quand ce monde-ci était moins perfectionné, l’homme n’y était pas tellement attaché aux appareils électroniques et sentait en lui-même qu’il dépendait de la bonté de Hachem, c’est pourquoi Elloul était Elloul et Roch Hachana était Roch Hachana.

Mais plus les améliorations techniques dominent et plus ce monde-ci devient quelque chose de stable, alors nous ne sentons plus combien nous dépendons de la miséricorde de Hachem.

Nous voyons de tellement nombreuses catastrophes, les hommes tombent comme des mouches, en un instant quelqu’un qui était – n’est plus. D’autres souffrent de toutes sortes de maladies et de malheurs, et pourtant nous sommes tranquilles, parce que l’amélioration du monde matériel est si trompeuse que l’homme se sent comme « fixe » dans le monde.

Quand les médecins sont inquiets

Alors comment peut-on entrer dans cette atmosphère de crainte au moment du jugement ?

Le gaon Rabbi Dov Yaffé chelita, machguia’h de la yéchiva de Kfat ‘Hassidim, l’a parfaitement concrétisé : quand on se trouve devant une opération risquée, on n’est pas toujours conscient du grand danger qui vous menace, mais quand on voit que les médecins et les spécialistes qui s’occupent de vous sont inquiets de votre situation, alors sa gravité et le danger encouru deviennent concrets.

Il en va ainsi en ce qui nous concerne. Même si nous n’avons pas le sentiment naturel de la crainte du jugement, nous devons réfléchir à la conduite des grands d’Israël dans toutes les générations. Ils avaient servi Hachem fidèlement pendant toute l’année, et pourtant ils étaient saisi d’une grande frayeur tant le jugement est redoutable. Nous devons en tirer des conclusions a fortiori pour nous-mêmes, car nous connaissons la bassesse de notre situation, et nous savons quelle devrait être notre inquiétude.

Apparemment, la raison pour laquelle nous sommes loin du sentiment de peur du jugement provient du fait qu’il nous manque la dimension véritable de la terrible gravité de la faute, contrairement aux grands d’Israël, que cette conscience a menés à une grande crainte des conséquences de la faute.

Et l’on doit savoir que la crainte elle-même peut être pour nous un mérite, comme l’a raconté le gaon et tsaddik Rabbi Eliahou Lopian zatsal. Lorsqu’il était en Russie, deux hommes étaient passés en jugement au tribunal pour la même infraction.

L’un était assis, rempli de crainte et de souci pendant le jugement, et en fin de compte il avait été acquitté.

Alors que l’autre, assis à côté de lui, s’était peigné et avait joué avec ses vêtements, pendant tout le procès il avait eu l’air détendu et serein, et il avait été immédiatement condamné à être pendu.

Rabbi Eliahou en concluait qu’il faut au moins avoir peur avant le jour du  jugement, et cela même peut nous être compté comme un mérite.

La vie continue comme d’habitude

Notre ami le gaon Rabbi Gamliel Rabinowitz chelita parle dans son livre « Tiv HaAvoda » de Rabbi Yitz’hak David Gottferd zatsal, qui est apparu un jour d’Elloul dans la salle d’attente du Badatz, s’est assis et a attendu une heure ou deux.

Ceux qui étaient présents lui ont demandé ce qu’il faisait là, s’il devait donner un témoignage quelconque, ou s’il avait un din Torah.

Il a répondu : « Je suis venu observer de quoi a l’air quelqu’un avant qu’on le juge.

Il y a ici beaucoup de gens qui attendent. L’un fume nerveusement, l’autre fait les cent pas d’un mur à l’autre, et se répète encore et encore les arguments qu’il va présenter au din Torah, le troisième se lisse la barbe par nervosité, et le quatrième dit des psaumes avec de vraies larmes.

Or de quoi s’agit-il ici en fin de compte ? On ne traite pas de cas qui mettent la vie en danger, on ne condamne pas non plus à la flagellation, mais il est question en tout et pour tout de quelques milliers de dollars d’un côté ou de l’autre. Et pourtant, les gens perdent toute leur sérénité !

Par contre, j’arrive maintenant de la rue un jour d’Elloul, alors que tout le monde se tient avant le jour du jugement où il est question de vie ou de mort, et personne n’est nerveux ni ne se lisse la barbe ni ne se répète les arguments de sa défense, mais la vie continue comme à l’habitude, et les sujets qui sont discutés n’ont aucun rapport avec le jour du jugement qui approche…

C’est pourquoi je suis venu ici pour sentir une atmosphère de crainte avant le verdict, et apprendre de là l’inquiétude qui est exigée de nous maintenant que nous nous trouvons devant le Roi des rois, le Saint, béni soit-Il. »

 

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