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paracha de la semaine

Parachat 'Hayé Sarah

26 Novembre 2016

כ"ה חשון תשע"ז

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La vertu d’Avraham et de Sarah

Rabbi David Hanania Pinto

 « La vie de Sarah fut de cent vingt-sept ans ; telle fut la durée de sa vie. » (Béréchit 23:1)

Nous pouvons nous demander pourquoi le nom de Sarah a été choisi pour intituler cette paracha, plutôt que celui d’Eliézer, qui remplit avec dévouement la mission de son maître Avraham – trouver la conjointe adéquate pour son fils Its’hak. En effet, le mérite de ce fidèle serviteur était-il moindre que celui de Balak, par exemple, ou de Yitro, qui tous deux donnèrent leur nom à une section de la Torah ?

Afin de répondre à cette interrogation, nous tenterons de définir la vertu particulière du premier couple de nos patriarches. En marge du verset « les gens qu’ils avaient faits à ‘Haran » (Béréchit 12:5), nos Maîtres expliquent qu’Avraham convertissait les hommes, tandis que Sarah convertissait les femmes. Outre son sens premier de conversion à proprement parler, le mot guèr renvoie également à une autre notion : il désigne l’homme qui n’habite pas à un endroit fixe et erre d’un lieu à l’autre. Il est étranger dans ce pays, de passage dans ce monde. Expliquons-nous. L’être humain a tendance à penser que ce monde est un but en soi et qu’il y vit éternellement ; aussi s’efforce-t-il de créer un cadre agréable et fastueux dans lequel il pourra mener une existence heureuse. Plongé dans ce leurre, il investit tous ses efforts dans l’amélioration de son niveau de vie.

Aux antipodes de cette conception, Avraham et Sarah expliquèrent à leurs contemporains qu’ils faisaient fausse route, ce monde n’étant que provisoire, comme le signifie le roi David : « La durée de notre vie est de soixante-dix ans, et, à la rigueur, de quatre-vingts ans. » Notre vie n’est qu’une ombre fugitive dans un monde provisoire, et donc, à quoi bon déployer tant d’efforts ?

C’est ainsi qu’Avraham et Sarah dessillèrent les yeux des gens, leur apprenant à considérer le monde d’un point de vue nouveau et véridique. Ils leur enseignèrent que, loin d’être un but en soi, ce monde n’est qu’un moyen nous permettant de parvenir au but ultime : la Torah et les mitsvot, qui nous donnent le mérite d’acquérir une part dans le monde à venir, monde de la Vérité et de l’éternité.

Dès lors, nous comprenons l’emploi du verbe « faire » dans le verset précité – « les gens qu’ils avaient faits à ‘Haran ». A priori, que signifie donc le fait de faire des hommes ? C’est que, Avraham et Sarah créèrent bel et bien des hommes, puisqu’à travers ce nouveau regard sur le monde qu’ils leur transmirent, ils firent d’eux de nouveaux êtres. Ils enclenchèrent une véritable révolution en leur sein, en leur for intérieur, au point de les faire renaître, ce qui corrobore la comparaison de nos Sages : « celui qui se convertit est tel un nouveau-né ».

Nos Maîtres soulignent la diligence particulière de la fourmi, qui travaille toute sa vie pour amasser de la nourriture, bien plus qu’elle n’en a besoin. Car, comme tous les autres êtres vivants, elle pense vivre éternellement. Cependant, Avraham et Sarah ancrèrent en leurs contemporains une autre conception de la vie, leur apprenant à mener une existence en ayant conscience de son caractère passager et accessoire. C’est d’ailleurs pourquoi nos patriarches vivaient tous dans des tentes, demeures symbolisant la fragilité de notre existence terrestre.

En effet, au regard de l’opulence d’Avraham, soulignée par le texte saint – « Abram était puissamment riche en bétail, en argent et en or » –, nous pouvons nous demander pourquoi il ne s’est pas fait construire une somptueuse demeure. Mais, loin d’être contraint de demeurer dans une tente par manque de ressources, il désirait ainsi enseigner à ses descendants que ce monde-ci n’est que provisoire, et qu’il est donc dommage d’y investir ses efforts.

Il est écrit : « lorsqu’il se trouve un mort dans une tente », et nos Maîtres d’interpréter ce verset en référence à l’homme qui se tue à la tâche dans la tente de la Torah, qui a le mérite de la voir s’ancrer en lui. Or, c’est justement celui qui réalise le caractère éphémère de ce monde qui peut avoir le mérite de se vouer pleinement à la tâche de l’étude de la Torah. Car lui seul comprend que ce monde et toutes ses tentations ne sont pas un but en soi, mais uniquement la Torah et les mitsvot. Il garde toujours à l’esprit que le monde futur est celui de l’éternité. C’est dans ce sens que le Tana nous enjoint : « Exile-toi dans un lieu de Torah ! » Qui est en mesure de s’exiler ? Celui qui ressent qu’il n’a pas d’habitation fixe. Aussi est-il fondamental de bien intégrer le fait que si nous désirons avoir une part dans la Torah, nous devons d’abord comprendre que ce monde n’est pas notre forteresse, mais qu’un lieu de passage provisoire ; mus par cette conscience, nous accomplirons notre devoir d’errer d’un endroit à l’autre pour acquérir notre part de Torah.

LA VOIX TRACEE

« Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi »

A la croisée des chemins…

Dans ma jeunesse à la Yéchiva de Fublaines, j’avais de nombreuses hésitations concernant mon avenir. Quelle voie choisir par la suite ? Continuer dans l’étude et la diffusion de la Torah, ou bien me lancer dans les affaires ?

L’un de mes camarades avait les mêmes doutes, et finalement, j’optai pour la voie dans laquelle je chemine jusqu’à ce jour, tandis qu’il décida, pour sa part, de choisir le commerce et le monde du travail.

Quarante ans se sont écoulés et voilà qu’un jour, nos chemins se sont de nouveau croisés. Si l’ancien élève de Yéchiva avait laissé la place à un homme mûr, il s’était également considérablement éloigné de l’observance de la Torah et des mitsvot, au point qu’il n’avait plus aucun lien avec le Judaïsme.

Au départ, il chercha à m’éviter, réticent à engager la conversation, mais il surmonta finalement sa honte et nous discutâmes alors quelques minutes.

En dépit du fait que nous n’ayons, somme toute, échangé que peu de mots, mon regard était très éloquent ; il semblait lui dire : « Regarde où nous en sommes arrivés, toi et moi. J’ai choisi de me soumettre à la souveraineté divine, d’adhérer à la voie de la Torah et des mitsvot, et c’est ainsi que j’en suis arrivé là. Tandis que tu as choisi, de ton côté, de te soumettre à ton mauvais penchant, et regarde dans quel abîme il t’a fait tomber ! » Ces sentiments, ces pensées, perçaient, me semble-t-il, au-delà des mots.

Finalement, je me contentai de lui dire : « On peut toujours ouvrir une nouvelle page… »

Au fond de mon cœur, j’en arrivai à la conclusion que lorsqu’un Juif qui choisit de se soumettre au joug divin, dans l’esprit du verset « Je suis à mon Bien-aimé », D.ieu vient à sa rencontre et l’aide – c’est le corollaire « Mon bien-aimé est à Moi ». En revanche, quand il choisit la mauvaise voie, il perd la proximité divine dans ce monde et connaîtra une fin amère dans le Monde à venir.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Le roi David était vieux, chargé de jours » (Rois I, 1)

Lien avec la paracha : dans la haftara, il est dit : « Le roi David était vieux, chargé de jours », et dans la paracha, il est dit : « Or, Avraham était vieux, chargé de jours ». En outre, la haftara rapporte qu’avant sa mort, David transmit la royauté à son fils Chelomo, tandis que dans la paracha, il est dit qu’Avraham légua tous ses biens à Its’hak.

CHEMIRAT HALACHONE

Jamais trop tard pour bien faire…

Même si on n’a longtemps pas veillé à garder sa langue, il est toujours possible de se renforcer dans ce domaine à l’avenir, de sorte à ne pas abîmer le reste des jours que l’Eternel a décidé de nous impartir.

A quoi ceci peut-il être comparé ? A un homme qui a loué les services d’un surveillant pour veiller sur sa vigne durant toute la période estivale. Mais celui-ci manqua de remplir sa tâche pendant les premiers mois, ce qui causa de grands dommages à la vigne : des voleurs y pénétrèrent et s’emparèrent de nombreux fruits. Toutefois, le propriétaire renoncerait-il pour autant à sa vigne, l’abandonnant aux bêtes sauvages ?

PAROLES DE TSADDIKIM

Participer au cortège funèbre : un acte de charité

« Tous ceux qui étaient venus à la porte de sa ville » (Béréchit 23:10)

Rachi explique que tout le monde avait interrompu son travail pour accomplir cet acte de charité envers Sarah.

Un peu plus loin, il est écrit : « Alors Avraham ensevelit Sarah, son épouse » (ibid. 23 : 19), et nos Maîtres commentent : « comme il est dit : "Mettez-vous en quête de la vertu et de la bonté : vous trouverez vie, salut et honneur" (Michlé 21:21). La vertu, c’est Avraham, comme il est dit : “observer la voie de l’Eternel en pratiquant la vertu”. Et la bonté, parce qu’il a accompli un acte de charité vis-à-vis de Sarah.

Rabbi Yossef ‘Haïm Zonenfeld, de mémoire bénie, se joignait au cortège funèbre de presque chaque ben Torah, habitude qu’il pratiqua jusqu’à ses derniers jours. Il mettait un point d’honneur à accompagner lui-même le défunt jusqu’à sa dernière demeure.

Lors d’un des derniers enterrements auquel il participa, la marche représentait pour lui un effort surhumain, mais il tenait malgré tout à se joindre au cortège de celui qui était l’un des grands Sages de Jérusalem. Son fidèle accompagnateur lui demanda de bien vouloir se contenter, cette fois, de n’aller que jusqu’à la « Porte des ordures » (de la vieille ville) et non jusqu’au cimetière.

A l’écoute de cette demande, le Rav Zonenfeld ne manqua d’exprimer son étonnement : « Cela fait quarante-cinq ans que je fais partie de la ‘Hévra kadicha. Je ne savais pas que vous me considériez différemment que tous les autres membres de celle-ci, qui avancent dans la pluie et dans la neige jusqu’au cimetière. »

Lors d’un autre enterrement où l’on tenta de le dissuader de poursuivre la marche jusqu’à la fin, il refusa fermement et répondit avec fougue : « Que pouvons-nous déjà bien donner aux érudits de Jérusalem, si ce n’est le dernier honneur qu’on leur rend ? Et c’est ce dernier honneur, qui revient à un ben Torah après toute une vie de souffrances, que vous voulez me priver le droit de lui rendre ? »

A MEDITER

Nous avons tendance à penser que le fait de répondre Amen à une bénédiction est une mitsva d’importance mineure, et qu’il n’est donc pas nécessaire de chercher des opportunités de l’accomplir, ni de l’exécuter minutieusement. Cependant, comme l’écrit le Rav de Malitz dans son ouvrage « Birkat Yits’hak », le commun des hommes ignore l’importance respective de chaque mitsva. Par exemple, il est possible que les gens simples n’accordent pas assez d’importance à la mitsva de répondre Amen, alors que les Sages et les hommes pieux connaissent le considérable poids de ce simple mot, conscients que « celui qui répond Amen a plus de mérite que celui qui récite la bénédiction », et que « quiconque réponde Amen de toutes ses forces, on lui ouvre les portes du jardin d’Eden ».

Les anges attendent la bénédiction pour y répondre Amen

Les anges écoutent notre bénédiction ou le Kaddich que nous prononçons pour y répondre Amen, ce terme ayant la même valeur numérique que le mot malakh (ange). Celui qui ne répond pas Amen avec ferveur, les puissances impures précèdent son âme et le conduisent dans des pièces obscures.

Tout homme veillera, y compris dans son foyer, à prononcer les bénédictions à voix haute, tandis que ceux qui les entendent répondront « béni soit-Il et béni soit Son Nom ! » Il fera bien la distinction entre les différents sens du mot Amen. Ce sens varie en fonction du contexte : parfois, ce terme signifie « c’est vrai », parfois « qu’il en soit ainsi », et d’autres fois « je crois en cela et le reconnais ». Aussi nous incombe-t-il de réfléchir dans quelle acception nous allons employer le mot Amen. Celui qui se montre méticuleux à cet égard méritera l’accès au monde à venir.

On veillera tout particulièrement à répondre Amen aux deux bénédictions suivantes : « qui déploiera à nouveau Sa Présence sur Tsion » et « étends sur nous » (le soir de Chabbat et de Yom Tov).

(Séfer Hapnim, p. 31)

Le pouvoir d’un Amen

Histoire racontée par l’un des élèves du Gaon Rabbi Yaakov Kaminetsky zatsal

Vers la fin de sa vie, ma mère – qu’elle repose en paix – souffrit de nombreux maux et maladies. Elle ne voyait ni n’entendait plus bien, et presque tout son corps ne fonctionnait plus normalement, si bien qu’elle tomba dans la dépression.

Ne sachant que faire pour lui remonter le moral, je pris conseil auprès de mon maître. Il me donna la réponse suivante. Après que notre patriarche Yaakov eut combattu l’ange d’Essav, ce dernier lui dit : « Laisse-moi partir, car l’aube est venue ». Et Rachi d’expliquer qu’il désirait réciter le cantique, car le jour était arrivé où il devait s’acquitter de ce devoir. Comme tous les autres anges, celui-ci avait été créé environ deux mille ans plus tôt, lors des six jours de la Création. A en croire cela, les créatures célestes ont, elles aussi, besoin d’un certain type de gagne-pain pour se maintenir en vie. Nous en déduisons, en outre, qu’il valait la peine que cet ange soit créé et « nourri » par le Saint béni soit-Il durant deux millénaires pour le seul instant où il entonnerait le cantique !

Rabbi Yaakov conclut : « Si ta mère était consciente du pouvoir d’un seul Amen, d’une seule bénédiction ou d’un seul chapitre des Psaumes, elle comprendrait sans aucun doute qu’il lui vaut la peine de vivre rien que pour cela, seraient-ce des milliers d’années, et que c’est une raison suffisante pour D.ieu de subvenir à ses besoins durant ces milliers d’années… »   

Comment parvenir à un total de 90 Amen

Le Gaon de Vilna écrit que tout homme doit répondre 90 fois Amen. Il ajoute que celui qui ne peut arriver à ce total, aura l’intention de s’en rendre quitte à travers la suite des quinze Vav (de la bénédiction sur la délivrance, qui suit immédiatement le Chéma) – 15 fois six (valeur numérique de Vav) équivalant à 90.

Dans l’ouvrage Notré Amen, il est rapporté que celui qui prie seul, ou qui se trouve dans un endroit retiré où il n’y a pas de minyan en semaine, et qui n’a donc pas la possibilité de répondre 90 fois Amen, peut certainement se rendre quitte de cette obligation en récitant « Ein kélohénou (…) Mi kélohénou (…) Nodé lélohénou » (à la fin de la prière du matin), acrostiche du mot Amen.

DANS LA SALLE DU TRESOR

Rabbi David Hanania Pinto

Notre matriarche Sarah est encore vivante

« Avraham y vint pour dire sur Sarah les paroles funèbres et pour la pleurer » (Béréchit 23:2)

Si l’on se penche de près sur ce verset, on remarquera que la lettre Kaf du mot velivkota (et pour la pleurer) a été écrit en petit.

Nos Sages expliquent que le patriarche ne pleura pas outre mesure le décès de son épouse, parce qu’il ne ressentit pas vraiment son départ. Le lien qu’il avait avec elle de son vivant persistait encore. Il avait l’impression de continuer à bénéficier de la précieuse aide de Sarah dans le rapprochement de leurs contemporains de leur Père céleste. C’était tout comme si ses bonnes œuvres et ses remarquables vertus avaient une suite et perduraient. Aussi ne jugea-t-il pas nécessaire de pleurer excessivement sa disparition, puisqu’elle continuait encore à vivre, comme l’indique le nom de la paracha qui nous annonce sa mort – ‘Hayé Sarah : la vie de Sarah. Notre matriarche est restée vivante à travers ses bons actes. Or, cette force continue à agir de génération en génération.

Le pouvoir de nos patriarches et matriarches est dissimulé en chacun d’entre nous. Il s’exprime lorsque nous parvenons à surmonter les épreuves que nous traversons dans notre vie et sanctifions le Nom divin en dépit des difficultés. Au moment où nous faisons preuve d’une telle vaillance, nous prouvons que nous avons bel et bien bénéficié du legs spirituel de nos ancêtres, qui se trouve profondément ancré en nous. Dès lors, Avraham et Sarah sont encore vivants aujourd’hui, puisque leur mode de vie pur a été fidèlement transmis à leurs descendants, de génération en génération. Ceci corrobore l’enseignement de nos Sages : « Le mérite de leurs pères les aide, et leur piété persiste à jamais. » (Massékhet Avot 2:2) Autrement dit, si nos ancêtres ne sont plus, la Torah et la tradition qu’ils nous ont transmises perdurent éternellement.

La Guemara (Avoda Zara, 18a) décrit la fin tragique que connut Rabbi ‘Hanina ben Téradion. Les Romains enveloppèrent son corps à l’aide de parchemins de rouleaux de Torah, trempés dans l’huile, et auxquels ils mirent le feu. Sa fille lui dit : « Papa, est-ce là la récompense de l’étude de la Torah ? » Et le grand maître de répondre : « Si on m’avait fait brûler seul, cela m’aurait été difficile. Mais, du fait que je vais brûler avec un rouleau de Torah, celui qui protestera pour l’outrage de la Torah, protestera aussi pour le mien. » Ses disciples lui demandèrent ce qu’il voyait, et il leur répondit : « des parchemins qui brûlent et des lettres qui s’envolent dans l’air ». Il leur signifiait ainsi que s’il allait certes quitter ce monde en même temps que des parchemins de Torah seraient brûlés, les lettres de ce rouleau continueraient à planer dans les airs, autrement dit, les enseignements qu’il avait transmis à ses élèves persisteraient à jamais. Si ces derniers continuaient à les suivre fidèlement, sa vie se poursuivrait éternellement. Car à l’heure où le corps n’existe plus, la Torah d’un homme, quant à elle, demeure éternellement. C’est dans ce sens que nos Sages affirment (Berakhot, 18a) que « les mécréants sont appelés morts de leur vivant », du fait qu’il n’y a rien à apprendre de leur conduite. Ils sont tel un puits totalement sec, ne contenant pas la moindre goutte d’eau pouvant être puisée. A l’inverse, « les justes sont appelés vivants de façon posthume », car leurs enseignements continuent à se diffuser dans le monde, à travers toutes les personnes qui s’y penchent et les étudient encore après leur disparition.

Dès lors, nous sommes en mesure de comprendre pourquoi cette paracha a été intitulée ‘Hayé Sarah : afin de nous enseigner que malgré le décès de la matriarche, elle continue encore à exister en nous, à travers le mode de vie qu’elle nous a transmis et qui s’est perpétré de génération en génération. Notre fidélité à cet héritage spirituel lui a donné la pérennité.

De la Torah d’Eliahou Hanavi

Béni soit l'Eternel, Béni soit-Il, lui qui ne fait Jamais à personne aucune faveur injuste : du devant de qui resplendit la lumière sur le monde : qui envoie les pluies bienfaisantes, mères de toutes les végétations.

Les justes qui se consument dans l’étude de la Torah sont récompensés par cette lumière éclatante, car ils sont considérés comme s’ils l’avaient eux-mêmes envoyée dans le monde, pour faire germer toutes les productions de la terre.

C’est pour cela qu’après ce verset nous trouvons écrit : « Et comme la clarté du matin, lorsque le soleil se lève : lorsqu’il n’y a aucun nuage. Une vive lumière, quand elle fait germer la terre, après la pluie ». (Samuel II, 23, 4).

Le roi David dit : «Je vais raconter les bienfaits et les grâces que D-ieu prodigue aux Bné Israël à toute heure.»

Chaque jour, en effet, l’homme est vendu et chaque jour il est racheté : la nuit, l’âme lui est enlevée et reste confiée à son Maître jusqu’au matin, où il la lui rend. Voici la preuve : « Je remets en ta main mon âme, et toi, D-ieu de vérité, tu me rachèteras. » (Psaumes 31, 6)

Chaque jour la providence accomplit en faveur de l’homme des miracles. Comme ceux qu’elle avait faits aux Bné Israël à leur sortie d’Egypte.

Chaque jour Elle le corrige, comme un Maître corrige son élève pour sa conduite. Ce que nous allons dire le prouvera : Avant la création du monde, depuis un espace de temps de 974 générations, le Saint, béni soit-Il, avait réservé aux descendants d’Avraham, d’Its'hak et de Yaacov, ses œuvres : Il se disait : Quand arrivera le jour où ils entendront les louanges que mes œuvres célèbrent ? comme on le voit de ce verset : « Psaumes de David, pour le chef des musiciens : Les cieux racontent la gloire de D-ieu et le firmament fait connaître l’ouvrage de ses mains », (Psaumes 19 ; 1-2). Et cependant, ne sont-ils pas impuissants à raconter les détails de la création ? Que doit-on comprendre de ces mots : « Les cieux racontent la gloire de D-ieu ? » C’est que les cieux ont été créés avant toute chose, et témoignent par eux-mêmes de la gloire de l’Eternel.

Tout le monde, aussi bien les hommes que les animaux et les oiseaux des cieux, ne vit que du produit des cieux et de la terre. En six mois les produits de la terre sont formés ; en hiver ils se développent et en été ils mûrissent. Voilà ce qui forme la nourriture de toutes les créatures de D-ieu.

Tel est donc le mérite du Saint, béni soit-Il, et que son grand Nom soit éternellement béni, de siècle en siècle.

« Que tes œuvres sont grandes, Eternel ! », peut être encore expliquée à propos des animaux. Remarquons, en effet, le nombre considérable des classes de quadrupèdes, d’animaux sauvages, d’oiseaux qui vivent dans ce monde, et celles des poissons qui habitent les mers. Aucun d’entre eux n’émet les mêmes cris que l’autre. Ils diffèrent tous de forme, d’instincts ; le goût de leurs chairs n’est également pas le même, car chacune d’elles a une saveur spéciale. Ils ne se ressemblent donc pas. C’est cette toute-puissance de D-ieu, le Roi des rois que nos Sages ont mentionnée dans la Michna (Sanhédrine 37A) où l’on fait cette comparaison : Nous voyons, par exemple que lorsqu’un homme a un sceau il ne peut marquer que des empreintes identiques, semblables l’une à l’autre : tandis que le Roi des rois, le Saint, bénit soit-il, a formé toutes l’humanité d’après un seul type Adam et cependant il n’y a pas un seul être humain qui ressemble à l’autre.

C’est donc avec raison qu’il a été dit : « Que tes œuvres sont grandes, Eternel ! »

Des hommes de foi

Voilà un extrait d’une allocution prononcée par notre Maître chelita à la fin du Chabbat parachat ‘Houkat 2006 (5766). Le sujet abordé était la préparation de la Création en vue de la Délivrance future – puisse-t-elle venir rapidement et de nos jours, Amen ! Il y mentionna un événement spécial qu’il avait vécu peu de temps auparavant.

Voici ses paroles :

« J’aimerais vous raconter une histoire extraordinaire qui m’est arrivée il y a six mois. La maison de Rabbi ‘Haïm Pinto avait besoin d’être rénovée. Vétuste – elle a près de deux cent vingt ans –, il devenait dangereux de s’en approcher, tant elle menaçait de s’effondrer, de même que de nombreuses habitations alentour. Nous avons cherché des donateurs, et lorsque nous avons réuni la somme nécessaire, nous nous sommes adressés à un entrepreneur arabe.

« Après mûre réflexion, nous avons décidé, afin de réduire les coûts, de fournir nous-mêmes les matériaux de construction. Pour ceci également, nous avons trouvé des donateurs. Nous avons nommé comme responsable Avraham Knafo.

« Au cours des travaux, M. Knafo eut le pressentiment que des matériaux manquaient, de telle sorte que cela éveilla ses soupçons sur une éventuelle malversation. Il se présenta à l’entrepreneur et demanda des explications. Celui-ci nia du tout au tout et feignit même d’être blessé qu’on puisse le soupçonner d’être un voleur.

« Au cours de cet échange de propos, l’entrepreneur affirma qu’il n’avait pas volé, surtout sachant qu’il s’agissait d’une maison de Tsaddikim. Il jura sur sa vie.

« Incroyable mais vrai : le jour-même, il participa à une petite fête entre amis. Au cours de celle-ci, un homme s’emporta contre lui et le tua !

« Tous les habitants de la ville furent en émoi, car ils virent de leurs propres yeux que le Tsaddik avait donné son châtiment au coupable.

« Immédiatement, tous les ouvriers vinrent chez Avraham Knafo et tombèrent à ses pieds, avouant qu’ils avaient bien participé aux vols, mais uniquement sur l’ordre de l’entrepreneur. A présent, ils craignaient pour leur vie, car ils pouvaient également être atteints par la punition divine.

« Les mois suivants, cette histoire fit le tour du Maroc et arriva aux oreilles d’un autre Arabe. Il n’y crut pas du tout et s’en moqua ouvertement. La main de D.ieu l’atteignit également et sa bouche se déforma. Pendant deux semaines, il courut d’hôpital en hôpital, jusqu’à ce que des proches finissent par lui conseiller d’aller demander pardon d’avoir méprisé l’honneur du Tsaddik.

« Ce qui se passa est tout simplement prodigieux : dès qu’il s’excusa, son visage redevint tout à fait normal !

« C’est ce que nos Sages ont dit : “Les Tsaddikim sont encore plus grands après leur mort que de leur vivant” – leur pouvoir vient de la Torah, et leur impact se retrouve jusque dans les objets inertes. La maison du Tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto s’est imprégnée de sainteté, comme les ustensiles utilisés dans le Michkan, par le biais des mitsvot qui y ont été accomplies. »

 

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