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paracha de la semaine

Parachat Vayichla'h

17 Décembre 2016

י"ז כסלו תשע"ז

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La seule arme efficace contre Lavan l’Araméen

Rabbi David Hanania Pinto

« Yaakov envoya des messagers en avant, vers Essav son frère » (Béréchit 32:4)

Yaakov envoya des messagers chez son frère Essav afin de préparer le terrain et de l’apaiser avant qu’ils ne se rencontrent. Il leur fit transmettre le message suivant : « Vous parlerez ainsi à mon seigneur, à Essav (…) j’ai séjourné (garti) chez Lavan » (Béréchit 32:5). Rachi note que le mot garti équivaut numériquement à 613, comme pour dire qu’en dépit de son séjour auprès de cet impie, le patriarche ne s’est pas laissé influencer et a observé toutes les mitsvot de la Torah.

Si nous réfléchissons à notre raison d’être, nous réaliserons bien vite que nous ne sommes pas venus dans ce monde pour jouir de ses plaisirs, ceux-ci n’étant jamais complets et satisfaisants. En effet, chaque jour nos problèmes prennent plus d’ampleur et de nouvelles difficultés surgissent. Pour certains, leur pays est en guerre contre un autre, pour d’autres, c’est leur propre foyer qui est en proie à de permanentes tensions, tandis que d’aucuns n’ont pas un gagne-pain suffisant. Comme l’ont résumé nos Sages, « personne ne meurt en ayant satisfait la moitié de ses désirs ». Par conséquent, l’homme ne peut être pleinement heureux dans ce monde, d’où nous pouvons déduire qu’il n’y a été projeté que dans le but d’accomplir une mission sublime : étudier la Torah et observer les mitsvot, tout en acquérant ainsi une part dans le monde futur.

Dès lors, le message de Yaakov prend tout son sens. « J’ai séjourné chez Lavan », affirme-t-il. Or, cet impie symbolise le mauvais penchant sous toutes ses formes, telles qu’elles nous apparaissent dans ce monde et tentent de nous perturber à chaque pas de notre vie. Le patriarche nous enseigne ici que le seul moyen d’emporter la bataille contre Lavan, de maîtriser cet éternel adversaire, est d’avoir recours à la sainte Torah – « j’ai respecté les 613 mitsvot », comme il nous l’insinue. Il s’agit en effet là de l’unique arme efficace contre le mauvais penchant, conformément à l’enseignement de nos Sages : « J’ai créé le mauvais penchant, et J’ai créé la Torah comme antidote » (Kidouchin, 30b).

Celui qui, après cent vingt ans, justifiera devant le tribunal céleste la vie licencieuse qu’il aura menée par les innombrables tentations de ce monde matériel, se verra reprocher de ne pas avoir eu recours à leur remède : la Torah. Dieu l’admonestera en disant qu’Il avait prévu à son intention ce remède miracle au mauvais penchant, et que s’il l’avait utilisé selon les bonnes doses et de manière fixe, il est certain qu’il aurait échappé aux prises de celui-ci.

Mais comment parvenir à s’attacher à la Torah toute sa vie durant, sans jamais se relâcher ?

Pour ce faire, nous devons être pleinement conscients que ce monde n’est pas un but en soi, mais qu’un lieu d’existence passagère, un couloir dans lequel nous avons été projetés afin de nous préparer à entrer dans le palais. Celui qui vit avec une telle perception sait que toutes les difficultés qu’il rencontre ne sont que des épreuves bénignes, et il ne s’en afflige pas outre mesure. Persuadé de leur caractère éphémère, il ne se laisse pas attrister par celles-ci, tandis qu’il se délecte dans la sainte Torah.

A l’époque des Tossaphistes, les non-juifs voulurent brûler vif un groupe d’hommes qui avaient étudié la Torah. La veille du jour où ce terrible décret devait être exécuté, ils se rassemblèrent tous dans une pièce pour étudier l’un des traités les plus ardus du Talmud. En cette nuit, ils mirent au jour de remarquables interprétations, totalement inédites. Mais comment donc un être humain, qui sait qu’il va être conduit sur le bûcher le lendemain, peut-il investir tant d’efforts de concentration dans l’étude de la Torah ?

C’est que, de leur point de vue, ce monde n’avait aucune signification. C’est pourquoi, au lieu de penser à leur corps physique et abject sur le point d’être brûlé, ils se penchèrent sur ce qui avait la plus haute importance à leurs yeux : les paroles de l’Eternel. Plongés dans l’étude de celles-ci, ils en éprouvaient un si grand bonheur qu’ils en oublièrent l’effroyable décret pesant sur eux. Par miracle, l’un d’eux y échappa et publia alors les nouvelles interprétations de Torah auxquelles lui et ses camarades étaient parvenus en cette fameuse nuit.

C’est donc bien ce message que Yaakov voulut nous transmettre : ce monde est empli d’embûches, qu’on pourrait surnommer « Lavan », et pourtant, il est possible de les surmonter par le biais de la Torah. Car celui qui comprend que la Torah est ce qu’il y a de plus important ne pourra qu’être heureux, alors que tous ses malheurs lui sembleront insignifiants. Plus encore, les justes considèrent les épreuves comme des défis les renforçant, comme des tremplins leur permettant de se hisser toujours plus haut dans les degrés spirituels.

CHEMIRAT HALACHONE

Des barrières pour corriger les fautes de sa jeunesse

Celui qui n’a pas gardé sa langue une grande partie de sa vie pourra toujours se renforcer dans ce domaine, en se plaçant des barrières. Il s’éloignera des groupes de gens, ne parlera sur personne et s’excusera auprès de ceux desquels il a médit dans le passé. Il veillera dorénavant à garder sa langue et à ne prononcer que des propos saints et des paroles de Torah (sauf en cas de réelle nécessité ou pour sa subsistance). De cette manière, il pourra dire de lui : « Heureuse est notre vieillesse qui a expié notre jeunesse ! »

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Vision d’Ovadia » (Ovadia 1)

Lien avec la paracha : la haftara évoque la haine viscérale qu’Essav conçoit pour Yaakov, ce que notre paracha illustre à travers l’offensive qu’Essav, accompagné de quatre cents hommes, avait préparée contre lui.

LA VOIE TRACEE

Par le mérite de mon maître

Alors que j’étais encore enfant, on m’envoya étudier à la Yéchiva en France, puis, quelques années plus tard, en Angleterre. Du fait de la distance géographique, je ne remis pas les pieds à la maison pendant sept ans !

A l’issue de cette période, je retournai enfin chez moi, au Maroc, pour y retrouver les membres de la famille que je n’avais pas vus pendant si longtemps et qui m’avaient tellement manqué.

Après une période passée à leurs côtés, entouré d’amour et d’affection, je retournai à la Yéchiva, retour qui me fut très difficile du fait du contraste entre la chaleur du foyer maternel – avec les petites gâteries auxquelles j’avais droit – et les conditions de vie à la Yéchiva. Je m’étais si bien réhabitué à la vie chez mes parents qu’après quelques jours à peine, je faillis quitter la Yéchiva sous l’effet de la nostalgie.

Témoin de cette difficile réadaptation, mon Maître, le Tsaddik Rabbi ‘Haïm Chemouel Lopian zatsal, sut m’apporter son soutien dans cette épreuve. Il réussit, à force de persuasion, à me convaincre de rester à la Yéchiva, ce dont je lui reste reconnaissant à vie. A la même période, l’étude d’un nouveau sujet fut abordée à la Yéchiva, sujet qui éveilla tout particulièrement mon intérêt et je fus de nouveau happé par la fièvre du Beth Hamidrach.

Si je n’avais pas bénéficié du soutien de mon Maître dans ces moments critiques, outre l’étude de ce nouveau thème qui renouvela ma motivation, qui sait où je me trouverais aujourd’hui, et quelles seraient mes occupations ? Pour cela, je voue une infinie gratitude au Maître du monde, Qui m’envoya Ses émissaires aux moments les plus critiques, afin de me maintenir dans la tente de l’étude.

PAROLES DE TSADDIKIM

Demander conseil aux Sages

« Deux des fils de Yaakov prirent » (Béréchit 34:25)    

Rachi explique : « Ils étaient ses fils, et malgré cela, se comportèrent comme s’ils ne l’étaient pas, comme des personnes étrangères, en cela qu’ils ne prirent pas conseil auprès de lui. » Nous en déduisons qu’ils auraient dû demander conseil à Yaakov avant d’agir, non seulement en tant que père, mais également en tant qu’ancien, zaken, c’est-à-dire personne ayant acquis de la sagesse – zé kana ‘hokhma, conformément à l’enseignement de nos Sages : « Quand le peuple juif se maintient-il ? Lorsqu’il a des anciens parmi lui, car quiconque prend conseil auprès des anciens ne faillit pas. »

La Torah comprend des conseils et des réponses à toutes les questions du monde. Rav El’hanan Wasserman avait l’habitude de répéter les paroles suivantes du ‘Hafets ‘Haïm. Au cours de son existence, il existe des instants critiques lors desquels l’homme doit prendre une décision dans un domaine donné, alors qu’il est dans la plus complète perplexité. Certains peuvent en être affligés au point de tomber dans le désespoir.

Or, voilà que quelqu’un vient lui souffler à l’oreille : « Pourquoi ne soumets-tu pas le problème au Saint béni soit-Il Lui-même ? »

« Comment donc ? », répond notre homme, médusé.

Effectivement, reprend le ‘Hafets ‘Haïm, une telle opportunité est offerte à tout homme. Nous avons reçu la Torah, qui comprend les réponses à toutes les questions du monde. La solution que nous y trouverons correspondra au conseil de l’Eternel. Il est important de savoir qu’outre les obligations et interdits écrits dans la Torah, elle contient également des conseils – conseils testés et approuvés. De plus, de même que la Torah est éternelle, ses conseils le sont également.

Par exemple, nos Sages nous recommandent (cf. Baba Metsia, 42a) : « Que l’homme partage toujours sa fortune en trois : un tiers dans l’immobilier, un tiers dans le commerce et un tiers à portée de main. » Car dans le cas où l’un de ces investissements échoue, il lui reste l’autre. C’est un conseil qui a fait ses preuves. Celui qui ne l’applique pas ne transgresse pas une mitsva, mais refuse de suivre un bon conseil.

Rav El’hanan ajoutait ensuite son illustration personnelle à cette idée. Si Réouven vient te dire que ton visage est sale, tandis que Chimon dénie ce fait et affirme qu’il est tout à fait propre, qu’est-ce que tu fais ?

Tu vas te regarder dans un miroir pour vérifier qui a raison. Or, la Torah est notre miroir, d’une clarté éclatante. Tout s’y reflète, et lorsque des doutes, des différends apparaissent, il suffit de consulter ce qui y est écrit.

A MEDITER

Dans nos bulletins précédents, nous avons insisté sur la considérable récompense de celui qui répond Amen. Comme le soulignent nos Sages, il ouvre les portes célestes et fait descendre sur terre la bénédiction spirituelle comme matérielle. Par conséquent, celui qui répond Amen reçoit l’usufruit de cette mitsva dans ce monde, tandis que le capital lui est réservé dans le monde à venir.

L’histoire suivante, qui eut lieu à Bagdad du temps de Rabbénou Yossef ‘Haïm, auteur du Ben Ich ‘Haï, illustre ce fait de manière incroyable.

A Bagdad, vivaient deux hommes associés dans le commerce de vêtements de seconde main. Un jour, ils entendirent parler d’une famille non-juive qui en vendait. Ils décidèrent alors d’aller la rejoindre pour lui acheter sa marchandise.

En chemin, ils passèrent près d’une synagogue, où on cherchait le dixième homme qui compléterait le minyan, afin de pouvoir réciter le Kaddich. Un des commerçants affirma ne pas pouvoir se permettre de s’attarder, tandis que l’autre accepta de se joindre aux fidèles, conscient qu’« on ne repousse pas une mitsva qui se présente à soi ». Il entra dans la synagogue, répondit Amen au Kaddich, et reprit sa route. Arrivé sur place, il constata que son ami avait déjà acheté la plupart de la marchandise, à l’exception de quelques étoffes usées. Néanmoins, afin de ne pas revenir les mains vides, il les acheta et regagna son foyer.

De retour chez lui, une surprise l’attendait : entre ces étoffes, il y avait un coussin usé, et lorsqu’il le décousit afin d’en utiliser les plumes, il y découvrit une pierre précieuse. Sans perdre une minute, il se rendit chez un expert, qui en estima la valeur à cinquante pièces d’or et proposa immédiatement de l’acheter en argent liquide. Le commerçant consentit à la transaction. Mais lorsque sa femme en eut vent, elle lui dit qu’on l’avait certainement trompé et qu’il avait tout intérêt à l’annuler.

Le commerçant décida alors de prendre conseil auprès du Ben Ich ‘Haï, de mémoire bénie. Après avoir écouté son histoire, le Sage lui répondit : « D’après nos Maîtres (cf. ‘Houlin, 87a), il apparaît que la récompense de chaque Amen s’élève à dix pièces d’or. Par conséquent, si tu as écouté un demi Kaddich et y as répondu cinq Amen, tu as droit à cinquante pièces d’or dans ce monde, tandis que le capital t’est réservé dans le monde à venir. Alors, ne conteste pas cette transaction ! »

Négliger de répondre Amen : un manque de foi

Après avoir souligné l’importance de répondre Amen, penchons-nous sur les paroles de l’auteur du Moré Mikdach qui, citant le Maharam Chif, met en exergue la gravité que représente le fait de négliger de répondre Amen :

« Tout Juif doit être conscient de la gravité de prononcer des propos profanes dans la synagogue. Le Zohar explique que celui qui discute à la synagogue provoque une séparation, détachant son âme de Dieu. En outre, il porte atteinte à sa foi, car, plongé dans la discussion, il ne prête pas attention à la fin des bénédictions et manque d’y répondre Amen, et même s’il y prête attention et y répond, il ne sait pas à quelle bénédiction il a répondu Amen (ceci est particulièrement grave concernant la répétition de la Amida par le ministre officiant, pour laquelle en l’absence de dix personnes répondant Amen, les bénédictions prononcées sont considérées comme vaines). Si celui qui répond Amen est appelé “gardien de la loyauté (émounim)”, celui qui ne veille pas à cette obligation porte atteinte à sa foi. »

DANS LA SALLE DU TRESOR

Rabbi David Hanania Pinto

Le message de Yaakov à Essav

« Yaakov envoya des messagers en avant, vers Essav son frère » (Béréchit 32:4)

Yaakov envoya des messagers pour informer Essav de son retour en Terre Sainte. Pourtant, nul doute que ce dernier savait où il se trouvait durant toutes les années passées. Il savait parfaitement qu’il était à ‘Haran, chez Lavan, où il aurait pu se rendre pour lui faire du mal. Aussi, pourquoi Yaakov jugea-t-il nécessaire de lui souligner qu’après avoir séjourné à ‘Haran, il allait revenir en terre d’Israël ? Le reste de son message n’est pas moins surprenant : « j’ai séjourné (garti) chez Lavan », paroles ainsi interprétées par nos Maîtres : « j’ai observé les 613 (valeur numérique de garti) mitsvot et n’ai pas imité ses mauvaises actions ». Etaient-ce là des propos susceptibles d’intéresser Essav ?

C’est que Yaakov a toujours cherché à montrer à Essav qu’il était plongé dans l’étude de la Torah et l’observance des mitsvot, grâce auxquelles il n’avait aucunement peur de ses offensives. De même qu’il avait quitté la maison paternelle en toute sérénité, en restant encore en Israël quatorze ans, durant lesquels il fit étape dans la Yechiva de Chem et Ever avant de rejoindre la demeure de Lavan, à son retour de celle-ci également, il n’était animé d’aucune crainte. Au contraire, il était plein d’assurance, au point qu’il avait envoyé à son frère des messagers pour lui faire part de son arrivée, tant il comptait sur le pouvoir de la Torah qu’il détenait aussi intensément que par le passé.

Yaakov désirait donc signifier à Essav : « N’est-ce pas que tu avais connaissance du lieu où je me trouvais durant tout ce temps ? Tu avais donc la possibilité de m’y rejoindre pour me faire du mal. Qu’est ce qui a donc entravé tes projets ? Certainement le pouvoir des 613 mitsvot que j’ai observées et de la Torah que j’ai étudiée chez Lavan. Ce sont elles qui t’ont empêché de me maltraiter, car lorsque la voix de Yaakov fait retentir des paroles de Torah, aucun ennemi n’est en mesure de s’attaquer à lui et les mains d’Essav demeurent impuissantes. C’est pourquoi, je viens aujourd’hui vers toi sans crainte, car je détiens la Torah, qui me sauve et me protège. »

Il lui signifiait également que, contrairement à ce qu’on a tendance à penser, les personnes qui ne s’attellent qu’à la tâche de l’étude ne manquent de rien. Pour preuve, il s’y était pleinement voué, et avait pourtant en sa possession de nombreuses bêtes et beaucoup de serviteurs. Il s’agit là d’un principe important dont tout ben Torah doit être conscient.

De nos jours, le souci de la subsistance pèse malheureusement sur nombre d’entre nous. Certains pensent à tort pouvoir le résoudre en diminuant leur assiduité dans l’étude, au profit d’un investissement dans une quelconque affaire qui leur permettrait d’améliorer leur situation pécuniaire et d’avoir une vie plus large, voire de devenir riches. Le patriarche Yaakov vient alors les détromper : bien au contraire, plus quelqu’un se plonge dans l’étude de la Torah, plus il méritera la richesse. Le concernant, c’est justement son respect des 613 mitsvot qui lui a octroyé une telle opulence. Tel est, en substance, le message que Yaakov désirait transmettre à Essav l’impie, symbole du mauvais penchant : une étude assidue de la Torah apporte une subsistance très honorable et une immense bénédiction.

DE LA TORAH D’ÉLIAHOU HANAVI

Le roi David, que la paix soit sur lui, a dit encore :

« Quand je suis gai, je conserve néanmoins en moi la crainte de D.ieu, de même que, lorsque la crainte de D.ieu me remplit, je ne dépouille pas ma gaîté. Mais au dessus de la crainte divine et de la sainte joie, je place l’amour pour la Divinité. »

« C’est pour cette raison que l’Eternel a conclu avec moi une alliance me promettant que j’excellerai dans la connaissance de la Loi écrite et de la Loi orale, de la jurisprudence, dans la prédication, etc., comme l’atteste ce verset (Chemouël II, 23:5) : “Ma maison n’est-elle pas ainsi avec D.ieu ? Aussi m’a-t-Il assuré une alliance perpétuelle, alliance bien ordonnée et bien gardée ; ne fait-Il pas germer mon salut et l’objet de tous mes désirs ?” »

Dans cette phrase-là le mot « alliance » désigne la Torah, comme généralement, et nous déduisons cela de ce verset (Malachie 2:5) : « Mon alliance avec lui était a été un gage de vie et de paix », « ordonnée » signifie des connaissances dans toutes les branches de la Loi écrite et de la Loi orale, dans les questions de droit, dans la prédication, et « bien gardée », c’est-à-dire que mes études sacrées de la Torah se conserveront bien en moi et à perpétuité, car « ne fait-Il pas germer mon salut et l’objet de tous mes désirs ? » On a conclu de ce verset que toute personne qui étudie la Torah assidûment et n’en retire pas de grandes ressources pécuniaires, réussira car cela prouve que le Saint béni soit-Il prend plaisir en ses études et ne veut pas l’enrichir ; l’abondance de biens, en effet, le détournerait de la Torah.

Cela est établi par le roi d’Israël Chelomo qui dit à D.ieu : « Je te demande deux choses ; ne me les refuse pas avant que je meure ! Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère ; ne me donne ni pauvreté ni richesse ; accorde-moi la part de nourriture qui m’est indispensable ; car, vivant dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : “Qui est l’Eternel ?” ou bien, poussé par la misère, je pourrais voler et offenser le nom de mon D.ieu. » (Michlé 30:7-9)

Béni soit l’Etre suprême qui a fait l’objet de sa prédilection la Torah – la Loi orale et la Loi écrite, les docteurs, leurs disciples, les disciples de leurs disciples, leurs enfants et leurs petits-enfants jusqu’aux derniers descendants. D.ieu agit envers eux de la même façon qu’ils se comportent envers Lui, et comme ils fréquentent sans relâche les synagogues, les écoles religieuses et les endroits isolés afin de mieux se livrer à la méditation de la Torah, et pour l’amour de D.ieu, comme ils font tous leurs efforts pour maintenir la crainte de D.ieu dans leur cœur, comme ils répètent incessamment les paroles de la Torah, pour les conserver perpétuellement dans leur bouche, dans la bouche de leurs enfants et dans celle de leurs petits-enfants jusqu’à la dernière génération, de même D.ieu, le Saint béni soit-Il, ne placera Sa préférence qu’en eux, qu’en leurs enfants, qu’en leurs petits-enfants et jusqu’en la dernière génération.

DES HOMMES DE FOI

La fille du Tsaddik Rabbi ‘Haïm Pinto, Biba’h, épousa Rabbi ‘Haïm Ifergan, qui fut le dayan de sa ville. Ils eurent deux enfants, un garçon du nom de Méir et une fille du nom de Tani.

La fille de la Rabbanite Tani, Mme Mira Moyal, raconte sur sa mère que lorsqu’elle sortait de chez elle, la rue se vidait devant sa grande sainteté. Aussi bien les femmes que les hommes avaient peur de regarder son visage, qui brillait d’une lumière précieuse comme celle du firmament.

Mme Moyal raconte également que, dans sa jeunesse, elle tomba gravement malade jusqu’à se trouver entre la vie et la mort. Les médecins annoncèrent qu’elle allait mourir, que D.ieu en préserve, le jour même.

Sa mère, la Rabbanite Tani, se hâta de réunir un groupe de personnes pour aller prier sur la tombe du Tsaddik et demander que, par son mérite, D.ieu guérisse sa fille.

En arrivant près de la sépulture, lui apparurent tous ses saints ancêtres qui avaient quitté ce monde. Parmi eux, elle vit soudain son grand-père, Rabbi ‘Haïm, qui lui annonça : « Aujourd’hui, la sentence a été émise que ta fille va mourir.

- Ce n’est pas possible », lui répondit la Rabbanite.

Rabbi ‘Haïm répéta : « La sentence a déjà été prononcée, il n’y a plus rien à faire. »

Elle lui demanda, avec espoir : « Grand-père, n’y a-t-il vraiment plus rien à faire ? »

Rabbi ‘Haïm lui répondit par une question : « Peut-être toi, as-tu une idée ? »

« Oui, j’en ai une, répondit-elle. Ma fille possède de l’or et de l’argent que nous avons mis de côté pour son mariage. Je demande que tout disparaisse mais qu’elle reste en vie. »

Rabbi ‘Haïm accepta la proposition.

Et ainsi en fut-il. Le jour même, tout disparut et Mme Moyal guérit.

Le soir, quand le médecin revint, il pensa constater le décès. Sidéré, il la vit debout, vivante et en bonne santé.

Quand elle fut plus âgée, elle épousa un homme de valeur, craignant D.ieu, Rav Avraham Moyal.  

 

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