La Paracha de la semaine en format PDF

la Paracha en PDF

paracha de la semaine

Parachat Yitro

18 Février 2017

כ"ב שבט תשע"ז

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 17:56 19:05 19:51
Lyon 17:52 18:57 19:41
Marseille 17:54 18:57 19:39
Ra'anana 17:08 18:06 18:43

Acceuil ARCHIVES

La prescience de l’homme sage

Rabbi David Hanania Pinto

 « Et tout le peuple vit les voix, les feux, le bruit du cor et la montagne fumante ; et le peuple vit, et ils tremblèrent et se placèrent à distance. » (Chémot 20:15)

Il est difficile de comprendre l’expression « et tout le peuple vit les voix ». Pourquoi donc la Torah a-t-elle associé le sens de la vue à une perception auditive ? On pourrait expliquer que le verbe roïm ne signifie pas « vit », mais « craignit », comme s’il était écrit vayirou min hakolot, « ils craignirent les voix », celles des sons retentissants du chofar, qui allaient crescendo, et qui, comme nous le savons, symbolisent la guerre ou le jour du jugement.

D’après le moussar, le verbe « voir » de notre verset peut être interprété d’après le proverbe : « Qui est sage ? Celui qui [pré]voit l’avenir » ; autrement dit, les enfants d’Israël avaient atteint ce niveau de prescience. Mais cette lecture n’est pas non plus satisfaisante, car si l’homme peut tenter d’imaginer ce qui lui adviendra dans le futur, il demeure incapable de le voir réellement. Par conséquent, l’explication la plus plausible de ce proverbe est que la sagesse de l’homme se mesure à sa capacité de prévoir à l’avance les conséquences de ses mitsvot, de juger s’il les a accomplies de manière totalement désintéressée, ou si, à D.ieu ne plaise, des mobiles impurs s’y sont mêlés. Le cas échéant, cela équivaut à une mitsva pour l’exécution de laquelle on a commis une transgression et qu’il aurait mieux valu s’abstenir d’accomplir.

Plus l’homme s’investit dans la réflexion afin d’envisager ce que lui réserve l’avenir, plus il sera capable d’anticiper et de voir réellement, devant ses yeux, les conséquences de ses mitsvot. Par ailleurs, celui qui accomplit une mitsva, poussé par la seule motivation de satisfaire la volonté de l’Eternel et de glorifier Son saint Nom, bénéficiera d’une Providence particulière, de manière à ce qu’aucune conséquence fâcheuse ne s’ensuive.

Il est écrit : « Un esprit sage choisira les mitsvot » (Michlé 10:8), et nos Maîtres de commenter que ce verset s’applique à Moché qui, pendant que les enfants d’Israël étaient occupés à s’emparer du butin d’Egypte, alla chercher les ossements de Joseph. Je me suis demandé pourquoi ce verset n’a été attribué qu’à Moché, alors que les enfants d’Israël étaient, à ce moment-là, eux aussi en train d’accomplir une mitsva, puisque la prise de ce butin consistait en un ordre de l’Eternel. En outre, D.ieu avait promis à Abraham : « et suite à cela, ils la quitteront avec de grandes richesses » (Béréchit 15:14). Par conséquent, s’ils s’étaient abstenus de s’emparer de ce butin, on aurait considéré qu’ils avaient manqué à l’accomplissement de l’ordre de l’Eternel permettant la réalisation de Sa promesse. Dès lors, pourquoi Moché, et non le peuple juif, a-t-il été considéré comme observant une mitsva, au point que le verset des Proverbes lui a été attribué de manière exclusive ?

Proposons l’explication suivante. Le fait de prendre possession du butin d’Egypte constituait effectivement un ordre divin. Cependant, au moment où les enfants d’Israël étaient en train d’accomplir cette mitsva, ils n’ont pas pensé à l’exécuter en tant que telle, mais étaient poussés par leur attirance pour les biens matériels. Aussi cet acte ne leur a-t-il pas été considéré comme une mitsva à proprement parler, c’est-à-dire comme une action résultant d’une préparation mentale pour se plier à l’ordre divin, et le verset « Un esprit sage choisira les mitsvot » ne pouvait leur être appliqué. Par contre, Moché se comporta comme un sage anticipant l’avenir, puisqu’il fut capable de prévoir les conséquences, même lointaines, de cette prise de butin, raison pour laquelle il préféra s’impliquer dans une autre mitsva, celle de rechercher les ossements de Joseph, en s’appuyant sur le principe selon lequel « quiconque est occupé à accomplir une mitsva, est exempt de l’accomplissement d’une autre mitsva ». Par ailleurs, il a probablement pris un objet quelconque appartenant aux Egyptiens, afin de s’acquitter également de cet ordre divin. En outre, Moché était, d’un certain point de vue, considéré comme le fils de Batia ; or, celle-ci avait accompagné le peuple juif dans le désert, et avait certainement emporté avec elle des objets de la maison paternelle. De ce fait, Moché lui-même pouvait être considéré comme étant sorti « avec une grande richesse ».

Etant donné que les enfants d’Israël ne se sont pas efforcés d’anticiper les conséquences de la prise de ce butin, des motivations impures, comme l’attirance pour la matérialité, se sont mêlées à leur acte, pour finalement le faire aboutir au péché du veau d’or – puisque ce sont ces biens qu’ils apportèrent à Aaron dans le but d’ériger cette idole.

Or, lorsque le Saint béni soit-Il bénit un homme d’une grande richesse, ce n’est évidemment pas dans le but qu’il l’utilise pour de vaines causes, mais plutôt afin de l’éduquer à faire l’aumône et à soutenir les personnes faibles ou déprimées. Cependant, il arrive que l’homme tombe dans le piège et considère l’argent qu’il détient comme un but en soi, et non comme un moyen. Dès lors, même s’il accomplit une mitsva, elle sera assimilable à une mitsva pour l’accomplissement de laquelle une transgression a aussi été commise, et ceci à cause de son incapacité à anticiper l’avenir.

Toutefois, les enfants d’Israël se sont, par la suite, purifiés durant une période de cinquante jours, jusqu’au don de la Torah, où ils ont été capables d’affirmer : « Nous ferons et nous comprendrons », ayant alors atteint le niveau des anges. En s’exclamant « nous ferons » avant « nous comprendrons », ils ont prouvé leur capacité à anticiper l’avenir, à voir les heureuses conséquences de leur acceptation de la Torah. Tel est justement le sens du verset : « Tout le peuple vit les voix ».

CHEMIRAT HALACHONE

Un bon conseil si on a fauté en écoutant de la médisance

Si quelqu’un a trébuché en écoutant des propos médisants, il s’empressera de déployer toutes ses forces pour les contrebalancer en disant du bien de la personne concernée devant celui qui l’a blâmée. Il s’efforcera aussi d’effacer de son cœur toute impression négative qu’auraient laissée ces calomnies. De cette manière, il réparera, a posteriori, l’interdit d’écouter de la médisance.

Cependant, s’il estime que l’individu ayant médit est de nature à répandre encore davantage de médisance si on lui dit du bien de l’individu en question, il va sans dire qu’il vaut mieux se taire. On attendra alors qu’il parte pour montrer aux autres personnes ayant écouté ses propos la face cachée des choses, de sorte à ce qu’ils remettent en cause ces calomnies.

LA VOIE TRACEE

Au cours de l’une de mes visites à Toronto, au Canada, j’eus l’idée soudaine de prendre un avion pour passer le Chabbat à Deal, dans le New Jersey. Il aurait pourtant été plus logique que je reste à Toronto pour assister au mariage d’un important donateur – présence qui aurait été d’une grande utilité pour nos institutions et pour l’ensemble du monde de la Torah. Mais D.ieu en avait décidé autrement, et je me rendis donc aux Etats-Unis.

A mon arrivée dans la localité américaine, je donnai un cours devant les membres de la communauté. Tandis que je discourais, je remarquai qu’étonnamment, la somptueuse synagogue était dépourvue d’une arche sainte digne de ce nom pour contenir les sifré Torah. Lorsque j’interrogeai les responsables sur cette incongruité, ils m’expliquèrent qu’ils avaient prévu la construction d’une telle armoire, mais qu’ils n’étaient pas encore parvenus à réunir l’intégralité de la somme pour financer l’achat.

La pensée que j’étais venu passer Chabbat dans le New Jersey pour cette raison précise me traversa aussitôt l’esprit et, de fil en aiguille, j’en vins à évoquer ce problème devant les membres de la communauté. Je soulignai l’importance d’honorer la Torah, et le fait que c’était une grande mitsva de souscrire à ce projet.

Les nombreux fidèles furent très impressionnés que je demande des contributions pour leur propre communauté, et non pour mes propres institutions, et plus encore par le fait que, pour les encourager, je ne me privai pas de participer également à la collecte.

En un temps record, la somme totale nécessaire à l’érection d’une arche sainte – 150.000 dollars – fut regroupée, et c’est ainsi que les membres de la communauté eurent le mérite de prendre part à ce projet fondamental.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « L’année de la mort du roi Ouzia (…) » (Yéchaya 6)

Lien avec la paracha : dans la haftara, est décrit le dévoilement de la Présence divine dans le Temple de Jérusalem, et la paracha évoque le même sujet – la révélation de l’Eternel aux enfants d’Israël lors du don de la Torah au mont Sinaï.

PAROLES DE TSADDIKIM

Rendre visite au malade et à la Présence divine

« Instruis-les de la voie qu’ils ont à suivre » (Chémot 18:20)

Nos Maîtres expliquent (Baba Kama 100a) : « “la voie”, c’est la bienfaisance ; “à suivre”, c’est le fait de rendre visite aux malades ». On trouve une interprétation similaire dans une autre Guémara (Sota 14a), selon laquelle l’ordre « vous suivrez l’Eternel votre D.ieu » consiste à imiter Ses attributs : de même qu’Il habille les personnes nues, il nous incombe de le faire, de même qu’Il visite les malades, nous le devons.

Nos Sages nous enseignent : « Celui qui rend visite à un malade le Chabbat dira : “Le Chabbat, point de cris, et la guérison est prompte à venir.” » (Chabbat 12a) Un verset de notre paracha y fait allusion : « Moché parlait et la voix (kol) divine lui répondait ». Les lettres de « Moché » sont les initiales de Chabbat hi milizok (le Chabbat, point de cris), et le mot kol est composé de celles de ouréfoua kérova lavo (et la guérison est prompte à venir). Autrement dit, si celui qui rend visite au malade dit Chabbat hi milizok, l’Eternel répondra de Sa voix, et la guérison sera prompte.

Rabbi ‘Haïm ‘Hizkiyahou Médini zatsal (auteur du Sdé ‘Hémed) partageait les joies comme les peines d’autrui et se distinguait par son habitude de se rendre lui-même auprès des endeuillés et des malades. Il faisait même cet honneur aux plus pauvres.

Un jour, des fidèles le virent en train de marcher sous un soleil de plomb. Ils lui demandèrent où il allait ainsi. Et de répondre : « Accomplir la mitsva de rendre visite aux malades. » Ils s’enquirent alors de l’identité du malade, et le Rav leur dit son nom. Choqués, ils s’écrièrent : « Mais c’est un grand pécheur ! »

Le maître rétorqua : « Tout d’abord, il est dit que même le plus grand pécheur de notre peuple est plein de mitsvot comme la grenade. Et ensuite, on ne rend pas seulement visite au malade, mais aussi à la Présence divine qui plane au-dessus de son lit. »

Les hommes décidèrent alors de l’accompagner. A la vue de toute cette délégation, le malade s’emplit de joie et d’émotion. Il reprit des forces et s’assit sur le lit, par respect. A peine quelques jours plus tard, il recouvra sa santé et put de nouveau parcourir les rues de la ville. Depuis lors, il opéra un repentir complet et ne commit plus aucune faute. (Orot Mimizra’h)

DANS LA SALLE DU TRESOR

Rabbi David Hanania Pinto

Servir D.ieu en toute confiance, un bouclier contre Amalec

« Yitro, prêtre de Midian, beau-père de Moché, entendit tout ce que Dieu avait fait à Moché et à Israël son peuple, car l’Eternel avait fait sortir Israël d’Egypte. » (Chémot 18:1)

La section de Yitro s’ouvre par les mots : « Yitro entendit », et Rachi de commenter : « Quelle nouvelle a-t-il entendue pour qu’il soit venu ? La séparation de la mer Rouge et la guerre d’Amalec. » Mais pourquoi Rachi n’a-t-il pas interprété la venue de Yitro comme une conséquence des échos qui lui sont parvenus des miracles de la guerre contre l’Egypte ? Pour quelle raison sont-ce précisément ceux de la guerre d’Amalec qui l’ont incité à se joindre au peuple juif ?

J’ai pensé que l’attaque d’Amalec contre les enfants d’Israël consistait, par essence, à refroidir leur crainte de Dieu et à éteindre leur foi dans leur Créateur, en semant le doute dans leurs esprits. Les Egyptiens, quant à eux, ont plutôt cherché à exterminer physiquement le peuple juif, en l’asservissant dans le but qu’il cesse de se multiplier, pour finalement disparaître. Amalec ne visait pas à réduire quantitativement le peuple juif, mais à le détacher du Saint béni soit-Il, causant ainsi sa mort spirituelle.

Il est intéressant de remarquer que lorsque les Egyptiens poursuivirent les enfants d’Israël dans le désert, ces derniers se mirent immédiatement à supplier l’Eternel de les secourir. Par contre, quand Amalec vint les combattre, nous ne trouvons pas qu’ils se soient tournés vers Dieu pour implorer Son aide. Car, lorsqu’ils réalisèrent que les Egyptiens, l’épée dégainée, étaient en train de s’approcher d’eux, ils comprirent aussitôt que leur vie était en danger, raison pour laquelle ils implorèrent l’assistance divine. Cependant, Amalec ne combattit pas les enfants d’Israël par les armes : il s’agissait d’une guerre silencieuse mais destructive, qui visait à refroidir leur foi et à semer le doute dans leurs esprits. Aussi, du fait qu’ils ne surent pas identifier la nature réelle de ce combat spirituel, ils n’adressèrent pas de prières au Tout-Puissant pour qu’Il leur vienne en aide.

En réalité, ceci est l’illustration parfaite de l’existence du peuple juif et de sa survie dans ce monde. Il est écrit : « Sois entier avec l’Eternel ton Dieu », ce qui signifie que nous devons servir l’Eternel avec simplicité et confiance, c’est-à-dire sans poser de questions, mais en agissant dans le but de se plier à Sa volonté. Or, Amalec, qui était conscient que les enfants d’Israël ne pouvaient croire en Dieu que s’ils plaçaient en Lui une confiance absolue, chercha par quel moyen il pourrait refroidir cette foi, et c’est pourquoi il commença à semer dans leurs esprits des doutes à ce propos. Ainsi, par le biais de cette attaque déguisée, Amalec parvint à leur inspirer des doutes, qui allaient les mener à la construction du veau d’or, événement qui s’inscrivit dans notre Histoire comme un opprobre éternel.

A MEDITER

On demanda à un médecin repenti américain installé en Israël de raconter ce qui le mena à prendre ce tournant décisif dans sa vie. Voici son histoire :

« Un jour, un malade dont tous les systèmes du corps étaient atteints vint me consulter. Sa situation était désespérée et ses jours comptés. L’équipe médicale, composée des plus grands spécialistes, avait estimé qu’en lui faisant subir une opération très complexe, il serait possible de prolonger sa vie d’une demi-année. L’opération était très coûteuse, et le malade devrait encore endurer de grandes souffrances.

On en fit part à la famille, attendant qu’elle se prononce à ce sujet.

Le malade, qui était un élève de Rav Moché Feinstein zatsal, voulut lui soumettre la question.

Informé du souhait de mon patient, je décidai de me rendre moi-même auprès de son maître, afin d’entendre directement son verdict. Arrivé chez lui, je lui exposai le problème. Aussitôt, il se mit à pleurer durant vingt bonnes minutes. Durant des années, il n’avait pas entendu parler de cet élève, et voilà qu’on lui apprenait qu’il était gravement malade… Il ne pouvait retenir ses larmes.

Finalement, Rav Moché demanda qu’on lui laisse un jour pour réfléchir, suite à quoi il donnerait sa réponse. Le lendemain, il dit : “Opérez ! Nous prierons pour sa guérison et demanderons en sa faveur de nombreuses années de vie.”

Le grand maître expliqua qu’il avait émouna dans le fait que son élève vivrait encore longtemps, en se basant sur le calcul suivant : durant une demi-année, il aurait le mérite de répondre Amen à d’innombrables bénédictions ; chaque Amen prononcé créerait un malakh, qui se joindrait au cortège céleste, et tous les anges de ce cortège prendraient sa défense et intercéderaient en sa faveur.

Ce calcul me plut aussi bien qu’aux proches du malade. Ses paroles me bouleversèrent et me poussèrent à me remettre en question, jusqu’à ce que je prenne la décision de revenir sincèrement vers mon Père céleste. »

EN PERSPECTIVE

Le prix d’un verre d’eau

Une chaleur accablante enveloppait les rues de Jérusalem. Un Juif en train de les parcourir fut soudain pris d’une grande soif.

En quête d’une boisson froide qui le désaltérerait, il tomba sur le restaurant de Rav Zalman. Il s’y assit et commanda un verre d’eau froide pétillante. Il prononça la bénédiction et but à longs traits.

Lorsqu’il alla au comptoir pour payer, il reçut une note plutôt salée. Offusqué, il demanda : « Qu’ai-je commandé ? Un simple verre d’eau froide. Est-il justifié de me réclamer pour cela un prix si élevé ? »

Mais le propriétaire du restaurant lui rétorqua : « Ici, ce n’est pas une simple buvette ; c’est un restaurant où l’on s’assoit, commande et est servi jusqu’à sa table, comme un prince. Le prix de la boisson comprend tout cela. »

« Je ne comprends toujours pas, répondit le client. Au total, je n’ai commandé qu’un verre d’eau froide parce que j’avais soif. Je n’avais pas prévu que cela me coûterait si cher… »

Nos deux hommes, en désaccord, se rendirent auprès du Rav de Jérusalem, Rav Chemouel Salant zatsal, afin de lui soumettre leur différend. Il donna raison à Rav Zalman, suite à quoi il ajouta : « Je comprends maintenant pourquoi nos Sages ont instauré la bénédiction « chéhakol nihya bidvaro » sur une boisson, plutôt que sur tout autre aliment.

Ils désiraient ainsi nous signifier que lorsqu’on tient en main un verre d’eau et qu’on est tenté de croire que c’est une chose anodine et quelconque, il convient de souligner « que tout a lieu par Sa parole ». En effet, lorsque nous récitons la bénédiction sur l’eau, nous la récitons également, de manière bien plus large, sur le fait que nous sommes en vie, que nous sommes en mesure de boire, que notre main est capable de saisir le verre, que ce liquide est convenablement absorbé par les systèmes sophistiqués de notre corps créé par D.ieu. En bref, notre bénédiction porte sur le fait que TOUT (chéhakol) se passe grâce à la parole de l’Eternel, qui est à la source des multiples phénomènes nous permettant de boire !

DES HOMMES DE FOI

Le grand Tsaddik Rabbi David ‘Hazan, l’ami proche de Rabbi ‘Haïm Pinto, n’eut pas le mérite d’avoir d’enfant durant de nombreuses années. A chaque occasion qui lui était donnée, il priait D.ieu de lui donner un fils qui Le servirait et Le craindrait.

Sa prière fut enfin entendue et, pour son plus grand bonheur, il eut un fils. Mais sa joie fut de courte durée : celui-ci mourut alors qu’il était tout jeune dans les circonstances rapportées ci-après.

Rabbi David ‘Hazan consacrait beaucoup de temps à l’étude de la Kabbale. Un jour, alors qu’il étudiait, son fils, alors âgé de sept ans, entra et se mit à approfondir avec lui les merveilleux mystères de la Torah cachée.

Le jeune garçon intégra parfaitement ce qu’il avait entendu et appris de son père. Par la suite, il dévoila même aux disciples de celui-ci de nombreux secrets (Chenot‘Haïm et Mékor’Haïm).

Dès lors, tous les gens de la ville le surnommèrent “le prophète”, car tout ce qu’il devinait à leur sujet était vrai. Ceci effraya beaucoup son père, qui pria pour que D.ieu reprenne l’âme de son fils. Il ne voulait pas qu’il affolât les autres en leur dévoilant les secrets de leur cœur.

Ainsi en fut-il. Il décéda dans la fleur de l’âge, avec une âme pure. Il fut enterré au cimetière de Mogador, près de l’endroit où fut enseveli par la suite Rabbi ‘Haïm Pinto Hagadol. Il y repose jusqu’à ce jour (Chéva’h‘Haïm).

Il y a plusieurs années, à mon arrivée au cimetière de Mogador, près de la tombe du saint Rabbi Yaakov Bibas zatsal, je remarquai un enfant qui se tenait près de la sépulture du jeune garçon surnommé “le prophète”.

J’avertis le gardien non-juif de cette présence insolite. Il regarda de tous côtés et me dit qu’il ne voyait personne.

Je lui montrai du doigt l’endroit précis où je l’avais aperçu, mais en vain. Il semblait que les mots du verset : « Ils ont des yeux mais ne voient pas », s’accomplissaient. Je suppose qu’il s’agissait de l’image réincarnée de celui que l’on avait nommé “le prophète”, qui se tenait près de son tombeau. Il était naturel que le gardien non-juif ne puisse pas voir l’image d’un enfant tsaddik.

 

Hevrat Pinto • 32, rue du Plateau 75019 Paris - FRANCE • Tél. : +331 42 08 25 40 • Fax : +331 42 06 00 33 • © 2015 • Webmaster : Hanania Soussan