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paracha de la semaine

Parachat Yitro

18 Février 2017

כ"ב שבט תשע"ז

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
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Marseille 17:54 18:57 19:39
Ra'anana 17:08 18:06 18:43

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Le serviteur de l’Eternel se réjouira du cadeau qu’il a reçu

Rabbi David Hanania Pinto

« Et voici les lois que tu placeras devant eux. Si tu achètes un esclave hébreu, il restera six années esclave, et la septième, il sera remis en liberté sans rançon. »  (Chémot 21:1-2)

La première loi appartenant au ’Hochen Michpat, rapportée par la Torah, est celle relative à l’esclave hébreu. Nous pouvons nous demander, tout d’abord, pourquoi la Torah a choisi de commencer à énumérer ces lois alors qu’elles relèvent plutôt du domaine des juges, et ensuite, pour quelle raison c’est celle relative à l’esclave hébreu qui, parmi ces lois, a été choisie pour être évoquée en premier.

Dans la Haphtara de la section de Michpatim (Yirmia, 34), il est rapporté qu’à l’époque du roi ‘Hizkiyahou, le prophète Yirmia avait averti les enfants d’Israël que Névoukhadnétsar (Nabuchodonosor), roi de Babylone, était sur le point de se lancer à la conquête de Jérusalem. Entendant cela, les enfants d’Israël se repentirent immédiatement et chacun d’eux libéra son esclave. Puis on leur annonça que Névoukhadnétsar et ses troupes armées avaient battu en retraite. Ils ne s’étaient pourtant pas engagés à se renforcer dans le respect d’autres mitsvot, comme par exemple le Chabbat, chacun ayant uniquement libéré son esclave hébreu. Aussi, quelle est donc la particularité de cette mitsva, dont le mérite s’est avéré suffisant pour les sauver de l’attaque de l’ennemi ? 

Il nous est ensuite rapporté qu’une fois cette menace disparue, chacun reprit son ancien esclave. De même, il arrive souvent qu’un homme se repente au moment où un malheur survient, mais qu’une fois sorti de cette détresse, il reprenne aussitôt ses mauvaises habitudes. C’est ce qui arriva aux enfants d’Israël : ils décidèrent d’affranchir leurs esclaves, puis, une fois le danger disparu, ils les reprirent à leur service. Cette fois, Névoukhadnétsar renouvela son attaque et conquit Jérusalem.

Un homme qui a travaillé en tant que serviteur pendant un certain nombre d’années, a fait de sa personne un esclave. En effet, il craint naturellement son maître, à l’ombre duquel il vit, attitude qui persiste même après son affranchissement. L’esclave n’a pas de personnalité propre, au point que tout ce qui lui appartient, appartient en réalité à son maître. C’est pourquoi la Torah ordonne que tout maître offre des cadeaux à son esclave au moment où il le libère, comme le souligne le verset : « Donne-lui des présents, de ton menu bétail, de ta grange et de ton pressoir ; ce dont l’Eternel, ton Dieu, t’aura favorisé, fais-lui-en part. » (Dévarim 15:14) Ces dons avaient pour but de donner à l’esclave le sentiment qu’il redevenait, à cet instant, maître de lui-même, et pouvait reprendre le mode de vie habituel d’un homme libre.

Le Ibn Ezra demande (cf. Chémot 2:3 et 14:13) pourquoi la Torah rappelle, à maintes reprises, que nous étions esclaves en Egypte, alors qu’il s’agit là d’un fait historique passé, puisque nous sommes à présent des hommes libres. Il explique que la condition d’esclave est une réalité qui reste longtemps ancrée dans l’âme de l’homme, et dont il éprouve des difficultés à se détacher. C’est la raison pour laquelle la Torah a jugé nécessaire de répéter, de nombreuses fois, que nous étions autrefois esclaves en Egypte mais que nous en avons ensuite été libérés, afin que nous prenions bien conscience que nous sommes maintenant réellement libres.

Dans la prière de Chabbat matin, nous disons : « Moché se réjouira de la part qu’il a reçue, car Tu l’as appelé serviteur fidèle. » Autrement dit, toute la grandeur de Moché découlait du fait que le Saint béni soit-Il pouvait le désigner comme serviteur fidèle. Toutes proportions gardées, un esclave est considéré comme fidèle par le roi, si son comportement dans le palais témoigne qu’il fait tout son possible en faveur de Sa Majesté. Il y a de nombreuses années – en l’an 5734 – il y eut un complot contre le roi du Maroc : des terroristes envoyèrent un missile en direction de l’avion dans lequel se trouvait le roi, alors qu’il était en train de survoler la ville d’Ouezzane et se dirigeait vers Kenitra. [A Ouezzane, se trouve enterré le Gaon, Rabbi Amram Diwan, que son mérite nous protège, émissaire d’Israël décédé lors d’un passage au Maroc ; le roi du Maroc attribua le miracle de sa survie au mérite de ce juste.] Le missile atteignit son but, et l’avion menaçait de piquer du nez. Le pilote eut l’idée de prendre immédiatement contact avec les rebelles pour leur déclarer qu’ils avaient réussi à tuer le roi, et que seuls lui et son équipe étaient restés vivants. Il les priait de cesser leurs tirs et de leur laisser la vie sauve. Cette ruse permit au pilote de mener à bien son atterrissage. Quant au roi, il reprit ses fonctions et fit condamner à mort tous les rebelles, tandis qu’il couvrit d’honneurs ce pilote, qui avait fait preuve d’une fidélité exemplaire à son égard en lui sauvant la vie. Cette anecdote constitue l’illustration de ce qu’on appelle un serviteur fidèle, titre qui, toutes proportions gardées, fut donné à Moché en raison de son dévouement pour l’Eternel. 

Chacun d’entre nous est le serviteur du Saint béni soit-Il. Cependant, seul l’Eternel est en mesure de déterminer qui est réellement Son serviteur fidèle, ce qu’Il a témoigné au sujet de Moché en disant : « Moché se réjouira de la part qu’il a reçue (…) ». A quoi fait référence cette part ? Elle désigne l’étincelle divine supérieure qui se trouve en tout homme et représente le plus précieux des cadeaux. Celui qui ressent que c’est l’Eternel qui la lui a insufflée, c’est-à-dire que toute son essence provient de Lui, pourra devenir Son serviteur fidèle, car il est certain qu’il Le servira comme il se doit.

LA VOIE TRACEE

Nétilat Yadaïm contre la maladie

Un homme me confia qu’on lui avait découvert la redoutable maladie dont on préfère taire le nom, et c’est pourquoi, au vu de son état, les médecins recommandaient un lourd traitement de six mois.

Je lui demandai s’il avait l’habitude, le matin, de se laver les mains selon la Halakha, ce à quoi il me répondit par la négative. Je l’engageai donc à suivre scrupuleusement les prescriptions de notre Torah dans ce domaine, du fait que l’esprit d’impureté qui se trouve sur les mains tant qu’elles n’ont pas été rituellement lavées, est nuisible. Il s’y engagea.

Après un certain temps, il revint m’annoncer avec joie que, grâce à D.ieu, la maladie avait disparu d’elle-même et qu’il n’avait donc plus besoin du long traitement que les médecins lui avaient au départ prescrit.

Nous avons parfois tendance à penser que les mitsvot accomplies au quotidien, de façon routinière, sont simples et dénuées de valeur, tandis que celles qui sont plus rares mériteraient une grande récompense. Cette vision des choses est erronée. Au contraire, l’enthousiasme et la minutie dans la réalisation des premières peuvent permettre de véritables prodiges, car elles apportent un mérite incommensurable.

CHEMIRAT HALACHONE

Ne pas se laisser prendre dans les rets du péché

Il existe un autre cas dans lequel c’est une mitsva d’écouter de la médisance : si quelqu’un vient nous raconter le tort que son prochain lui a causé, et que nous savons qu’en prêtant l’oreille à ses propos, nous parviendrons à le calmer de sorte qu’il n’ira pas les rapporter à d’autres personnes – nous œuvrons ainsi en faveur de la paix.

Toutefois, il faudra faire très attention de ne pas croire entièrement à ces calomnies, mais uniquement soupçonner qu’elles contiennent peut-être du vrai. De cette manière, on ne tombera pas dans le travers du péché de donner crédit à la médisance.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Yéhoyada conclut un pacte (…) » (Mélakhim II, 11)

Lien avec la paracha : ce Chabbat, appelé « Chabbat Chékalim », nous lisons le passage relatif au demi-chékel apporté par les enfants d’Israël, d’où le lien avec la haftara, qui mentionne également les chékalim apportés par ces derniers en contribution aux travaux de restauration du Temple.

PAROLES DE TSADDIKIM

Eviter à tout prix de peiner la veuve

« N’humiliez jamais la veuve ni l’orphelin » (Chémot 22:22)

Dans son ouvrage Chaaré Téchouva (3:24), Rabbénou Yona zatsal condamne très sévèrement celui qui cause de la peine à une veuve ou à un orphelin :

« Celui qui afflige une veuve ou un orphelin, que ce soit en les volant, en les opprimant, en leur faisant honte ou en leur causant toute autre peine, est passible de mort par le tribunal céleste. De même, les juges qui ont le pouvoir de restituer l’objet volé à la victime de ce délit et s’abstiennent de juger le cas de l’orphelin, sont passibles de mort, comme il est dit : “N’humiliez jamais la veuve ni l’orphelin. Si tu l’humiliais, sache que, quand sa plainte s’élèvera vers Moi, assurément, J’entendrai cette plainte ; et Mon courroux s’enflammera, et Je vous ferai périr par le glaive ; et alors vos femmes aussi deviendront veuves et vos enfants orphelins.” »

Rabbi Chemouel Aharon Youdlewits zatsal était un orateur éloquent, et ses paroles, venant du cœur, incitèrent beaucoup de personnes à revenir sur le droit chemin. Depuis très loin, on lui demandait de prendre parole, et bien que ces déplacements fussent éprouvants et ne lui permissent pas d’étudier la Torah à sa guise, la mitsva de donner du mérite au plus grand nombre était toujours prioritaire à ses yeux.

Lorsque le Rav du quartier « Baté Hordna » décéda, les responsables et les fidèles de la communauté demandèrent à Rabbi Youdlewits d’intervenir avant Kol Nidré. Voilà une occasion unique de toucher les membres de celle-ci, la veille de ce saint jour, où les oreilles de tous sont plus réceptives que jamais ! Un seul sentiment de contrition à ce moment clé peut garantir à l’homme sa place dans le monde à venir, l’assurance d’être scellé pour la vie et d’être acquitté. Quel mérite personnel retirerait-il pour son propre jugement s’il éveillait une communauté entière à la téchouva !

Or, contrairement à toute attente, Rabbi Chemouel Aharon déclina l’offre et ne donna aucune explication à son refus.

A la synagogue, bien évidemment, il ne fit que prier et parler de Torah. Mais, après la téfila, alors qu’il se dirigeait vers son foyer, on lui demanda pourquoi il avait refusé d’intervenir, alors qu’il aurait ainsi pu toucher le public jusqu’aux larmes.

Et le Tsaddik de répondre : « Je le savais bien, et c’est justement pourquoi je n’ai pas accepté. J’aurais pu faire couler des larmes, mais il y en avait que je voulais à tout prix éviter ! Comprenez bien, votre Rav avait l’habitude de parler chaque année à ce moment-là et de vous éveiller au repentir. Cette année, il n’est plus parmi vous. Néanmoins, la Rabbanite, sa veuve, prie dans la ezrat nachim. Si elle avait entendu quelqu’un d’autre prendre la parole à la place de son défunt mari, elle se serait sans nul doute souvenue de ses interventions, ce qui lui aurait rappelé son absence et l’aurait fait pleurer… »

A MEDITER

Rabbi David Hanania Pinto

Un homme très opulent perdit toute sa fortune au point qu’il eut des difficultés à nourrir sa famille. En l’absence d’autre choix, il prit un bâton et un sac à dos et se mit à errer d’un village à l’autre, de porte en porte, afin de rassembler quelques malheureuses pièces. Lorsque le sommeil l’emportait, il s’assoupissait sur les bancs d’une synagogue.

Un jour, il passa près d’une montagne, au pied de laquelle il remarqua la présence de jolies pierres étincelantes. Pensant avec nostalgie à ses chers enfants malheureux qu’il avait quittés, et qui n’avaient pas pu le voir pendant si longtemps, il se dit que, n’ayant pas de quoi leur acheter des cadeaux, ce serait une bonne idée de leur ramener quelques-uns de ces cailloux, avec lesquels ils pourraient jouer. Il descendit alors la montagne pour en ramasser.

Mais, sur le chemin du retour, ses jambes ne supportèrent plus le poids de ces pierres, aussi se trouva-t-il contraint d’en enlever une partie de son sac afin de l’alléger. Peu de temps après, il dut en déposer encore d’autres sur le côté de la route. Il en garda toutefois une en souvenir de ses pérégrinations.

Alors qu’il traversait un village, il fut reçu dans la hutte d’un pauvre mélamed, qui l’accueillit avec chaleur, se réjouissant de pouvoir lui offrir l’hospitalité. Mais il se trouvait dans un dénuement tel qu’il n’avait rien à lui donner à manger. Il ne pouvait que lui proposer un lit où il se reposerait des fatigues du voyage.

Lorsque le ventre de notre invité commença à crier famine, il fouilla dans son sac, à la recherche d’une petite pièce avec laquelle il pourrait calmer sa faim. Alors qu’il était encore en train de fouiller, l’attention de son hôte fut soudain attirée par quelque chose qui brillait à travers sa poche – la pierre gardée en souvenir… Cet objet l’impressionnait de plus en plus, et il demanda à son visiteur de bien vouloir l’accompagner chez son voisin, qui était commerçant de pierres précieuses, afin d’avoir son avis sur la valeur de celle-ci.

Cependant, l’invité était si épuisé qu’il ne prêta pas attention aux insistances de son hôte, pensant qu’il se moquait de lui. Un peu plus tard, ce dernier réussit pourtant à le convaincre, et il le suivit auprès de son voisin. Le commerçant examina la pierre sous toutes ses coutures, fut séduit par sa beauté et tendit aussitôt au pauvre une honorable somme d’argent. Mais celui-ci parut encore plus contrarié et commença à en vouloir à son hôte qui l’avait amené chez un homme qui le narguait.

Face à son visage furieux, le commerçant pensa qu’il était insatisfait de la somme qu’il lui avait proposée en échange de la pierre, et l’augmenta aussitôt. Sous le choc, le pauvre s’évanouit. Le mélamed et le commerçant s’empressèrent de le ranimer.

Une fois qu’il eut retrouvé ses esprits, il leur raconta en pleurant tout ce qui lui était arrivé en chemin – les nombreuses pierres qu’il avait trouvées au pied de la montagne et qu’il avait stupidement déposées sur le bord de la route pour alléger son sac, n’en gardant qu’une en souvenir. « Malheur à moi !, s’écria-t-il douloureusement. Si seulement je m’étais rendu compte de la valeur de ces pierres, j’aurais fait l’effort de continuer à les porter encore longtemps... »

Quel est le sens de cette parabole ? Lorsque l’homme se présente au tribunal céleste et y constate l’immense récompense rétribuant des mitsvot qu’il a négligées de son vivant, alors qu’il aurait pu les accomplir facilement, « il s’en va en pleurant » (Tehillim 126:6) sa stupidité d’avoir négligé une telle aubaine.

Tel est le sens du Midrach, explique l’auteur du Ohev Israël : « “Ce sera si vous écoutez”, comme il est écrit : “il s’en va en pleurant”. Rachi explique que si nous accomplissons les mitsvot qu’on a tendance à fouler du pied, l’Eternel accomplira Sa promesse en notre faveur. Si l’homme observe avec méticulosité l’ordre “écoutez”, c’est-à-dire écoute attentivement le Kaddich, la répétition de la Amida et les bénédictions et y répond Amen, mitsvot qui se présentent tous les jours à lui, à la synagogue, dans son foyer et à tout endroit, mais qu’il néglige souvent, il méritera, le jour de sa convocation, de “[revenir] avec des transports de joie” et que s’applique en sa faveur la promesse “l’Eternel sera fidèle aussi au pacte de bienveillance qu’Il a juré à vos pères”. »

DANS LA SALLE DU TRESOR

Qui s’élèvera sur la montagne du Seigneur ?

« Et, sur les nobles, parmi les enfants d’Israël, Il ne porta pas Sa main. Ils contemplèrent D.ieu, ils mangèrent et burent. » (Chémot 24:11)

Le jour du don de la Torah, Nadav, Avihou et les soixante-dix anciens d’Israël s’élevèrent à un très haut niveau, puisqu’ils furent en mesure de contempler l’Eternel. La Torah précise qu’au moment où ils perçurent la Présence divine, ils continuèrent à manger et à boire et ne furent pas saisis de peur devant la sainteté de cette révélation. Et Rachi de commenter, à l’appui du Midrach Tan’houma : « Ils Le regardaient avec une audace qui leur venait d’avoir trop bu et trop mangé. » Cette interprétation ne manque pas de nous surprendre. Comment concevoir, en effet, que Nadav, Avihou et les soixante-dix anciens, qui se distinguaient par leur sainteté, aient pu continuer à boire et à manger à l’instant où l’Eternel se révélait à eux, alors que, même en présence d’un roi humain, il ne viendrait pas à l’esprit d’une personne sensée de porter quoi que ce soit en bouche ? Comment donc des hommes d’un niveau si élevé ont-ils pu manger et boire, sans se laisser impressionner par une telle vision, comme si celle-ci était pour eux banale ?

En réalité, il ne s’agissait pas là d’une consommation ordinaire, mais plutôt d’une consommation assimilable à l’apport d’un sacrifice, dans le sens du verset : « Voici la table qui est devant l’Eternel » (Yé’hezkel 41:22). En effet, lorsque les cohanim mangeaient au Temple, la nourriture qu’ils consommaient leur était considérée comme un sacrifice, apporté à l’Eternel, tandis que leur corps devenait similaire à l’autel sur lequel ce sacrifice était offert (Messilat Yecharim, 26). Cette consommation revêtait une sainteté telle que la table, sur laquelle ils mangeaient, était qualifiée de « table qui est devant l’Eternel ».

Par conséquent, plutôt que la consommation elle-même, c’est le fait d’avoir regardé directement l’Eternel qui fut reproché à Nadav, Avihou et aux soixante-dix anciens. Car, s’il est vrai que Moché, de par son niveau exceptionnellement élevé, a eu le mérite de parler face-à-face au Saint béni soit-Il, il ne s’est pourtant jamais permis de Le regarder droit en face, veillant toujours à baisser les yeux, conscient de la gravité d’une telle audace, comme il est dit : « Nul homme ne peut Me voir et vivre » (Chémot 33:20). De même, les livres des Prophètes nous rapportent qu’immédiatement après avoir eu une vision prophétique, les prophètes avaient l’habitude de se laisser tomber de toute leur hauteur, afin d’éviter de regarder en face la Présence divine. Même lorsque Moché a eu le mérite de percevoir le Saint béni soit-Il, il n’a aperçu de Lui que l’« arrière », enveloppé d’un talith, à cause de la redoutable sainteté inhérente à cette vision. 

Aussi, l’Eternel n’a-t-Il pas reproché à Nadav, Avihou et aux anciens d’avoir continué à manger en Sa Présence, mais plutôt d’avoir osé Le regarder en face. Car, s’ils étaient certes parvenus au niveau élevé d’être en mesure de contempler Dieu, ils auraient cependant dû considérer ce privilège avec plus d’égards et L’honorer en s’abstenant d’en profiter.

EN PERSPECTIVE

Tiré de l’ouvrage ‘Hafets ‘Haïm :

La vie est comparable à une carte postale. Quand quelqu’un commence à écrire une carte postale à son ami, son écriture est large, soignée et s’étale sur plusieurs lignes. Puis, arrivé vers la fin, il ressent soudain le besoin d’écrire encore beaucoup de choses, alors que la place est limitée ; il écrit alors tout petit, pour pouvoir gagner de la place et ajouter une phrase ou une ligne…

La vie de l’homme sur terre est construite sur le même schéma : les années de sa jeunesse passent tranquillement et dans la sérénité ; un temps précieux est vainement gaspillé sans qu’il s’en rende compte, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour revenir en arrière.

Rabbi Israël Mimouan zatsal, l’un des Sages de Fès, était une personnalité éminente du monde de la Torah.

Une année, il entreprit la construction d’une maison dans sa cour. Mais, après seulement quelques semaines, il interrompit ce projet. Les membres de sa famille, étonnés, lui demandèrent des explications, et après de nombreuses insistances, il ouvrit un ‘houmach et cita le verset : « Depuis l’âge de soixante ans et au-delà (…) le taux sera de quinze sicles ». Puis, il commenta : « Quand un homme atteint l’âge de soixante ans, sa valeur diminue. J’ai moi-même atteint cet âge, aussi à quoi bon m’investir dans les affaires de ce monde ? Il vaut mieux que je continue à étudier la Torah, ce qui augmentera ma valeur dans le monde futur… »

DES HOMMES DE FOI

Rabbi ‘Haïm Pinto présidait le Beth Din de Mogador, avec Rabbi David ‘Hazan à ses côtés. Le troisième pilier du tribunal était le Gaon Rabbi Avraham Coriat, l’un des jeunes élèves de Rabbi ‘Haïm.

Mais comment Rabbi Avraham eut-il le mérite de siéger auprès de telles sommités ? Dans sa jeunesse, il était un musicien de talent, l’un des meilleurs, et un grand païtan.

Un jour, Rabbi ‘Haïm et son ami, Rabbi David ‘Hazan, marchaient dans une des rues de Mogador, quand ils entendirent une voix au timbre merveilleux s’élever d’une des maisons. Ils en cherchèrent la provenance et découvrirent ainsi Rabbi Avraham Coriat, chez lui, jouant du violon et chantant de sa voix mélodieuse.

Ils lui demandèrent qui il était et d’où il venait. Il leur répondit qu’il venait de la ville de Tétouan et était le petit-fils du Tsaddik Rabbi Baroukh de Tétouan. Il habitait ici, seul, sans famille ni soutien financier. Après avoir entendu son histoire, Rabbi ‘Haïm et Rabbi David lui dirent : « Une telle voix doit être utilisée pour étudier la Torah. Viens et étudie avec nous. Nous prendrons en charge tous tes besoins. »

Rabbi Avraham accepta et se joignit à leur étude quotidienne. Comme prévu, Rabbi ’Haïm se soucia de son entretien et fut pour lui comme un père dévoué et bienveillant.

Avec le temps, Rabbi Avraham acquit des connaissances solides en Torah, et composa l’ouvrage Brit Avot. Il eut l’insigne mérite de rejoindre le Beth Din de Rabbi ‘Haïm et de Rabbi David, et depuis lors, tous les trois furent désignés par le nom "E’had" – initiales de leurs prénoms.

 

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