La Paracha de la semaine en format PDF

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paracha de la semaine

Va'ethanane

5 Août 2017

י"ג אב תשע"ז

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 21h06* 22h19 23h24
Lyon 20h47* 21h55 22h53
Marseille 20h38* 21h14 22h53
Ra'anana 19h15 20h15 20h56
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Les 613 mitsvot : un bloc

Rabbi David Hanania Pinto

 « J’implorai l’Éternel à cette époque, en disant (…) » (Dévarim 3:23)

Notre maître Moché multiplia ses prières et ses supplications à l’Éternel pour qu’Il lui permette d’entrer en Terre Sainte, au point que D.ieu dut finalement lui ordonner de cesser : « Assez ! Ne Me parle pas davantage à ce sujet. » (Dévarim 3:26) La Guémara (Sota 14a) commente : « Rabbi Chmalaï demande : pourquoi Moché désirait-il tant entrer en terre d’Israël ? Aurait-ce été pour manger de ses fruits ou pour jouir de ses autres délices ? C’est que de nombreuses mitsvot ne pouvant être accomplies qu’en Terre Sainte ont été données au peuple juif. Aussi, Moché s’est-il dit : je vais y entrer afin d’être en mesure de les observer toutes. »

Par conséquent, Moché, conscient que les 613 mitsvot forment un seul bloc indissociable, ne visait qu’un but : pouvoir les accomplir dans leur totalité. Le corps humain, composé de 248 membres et de 365 tendons, n’est considéré comme sain que lorsque tous ceux-ci fonctionnent normalement. Si, à l’inverse, l’un d’eux présentait une déficience, l’homme ne serait pas parfait, mais entaché d’un défaut. Or, il en est de même concernant les 613 mitsvot. Bien qu’elles présentent une très grande diversité et touchent à de nombreux domaines de la vie juive, il existe un lien entre elles. Aussi, c’est uniquement lorsque l’homme les observe dans leur totalité qu’il peut accéder à la perfection spirituelle. Si, au contraire, il lui manque une partie d’entre elles, il ne pourra apporter une pleine réparation à son âme et sera un être déficient.

Or, Moché aspirait à la perfection. Il désirait observer toutes les mitsvot sans exception aucune, aussi voulait-il entrer en Israël afin de pouvoir accomplir celles lui étant propres.

Le Baal Hatourim fait remarquer que le terme vaet’hanan a la même valeur numérique que le terme chira, signifiant « cantique ». Quel est donc le lien entre les supplications de Moché concernant son droit d’entrée en Terre Sainte et la notion de cantique ?

Avec l’aide de D.ieu, j’ai pensé que la chira fait référence à la Torah, comme il est dit : « Et Moché écrivit le cantique suivant, ce jour même » (Dévarim 31:22). Ainsi, Moché formula 515 prières, valeur numérique du mot vaet’hanam comme du mot chira, afin de souligner qu’il ne désirait entrer en Israël que dans le but de pouvoir accomplir l’ensemble des 613 mitsvot, d’atteindre cette plénitude.

Plus encore, Moché signifiait ainsi que s’il lui manquait les mitsvot propres à la Terre Sainte, il n’était pas parfait, la « chira » demeurant incomplète en son sein. C’est d’ailleurs pourquoi le sujet du don de la Torah au mont Sinaï se trouve mentionné dans cette paracha, puisque telle était bien l’unique aspiration de Moché : entrer en Israël afin d’apporter une réparation complète à son âme par l’accomplissement intégral des mitsvot. Car, lorsqu’il manque une mitsva, semblerait-elle de moindre importance, cela crée un manquement dans la Torah, celle-ci étant tel un seul bloc de mitsvot.

Par ailleurs, la Torah n’est considérée comme complète que lorsqu’elle conduit à l’acte, comme l’enseignent nos Sages : « Grande est l’étude, en cela qu’elle mène à l’acte. » (Baba Kama 17a) C’est la raison pour laquelle nous demandons, dans la prière : « Donne, dans notre cœur, l’intelligence nécessaire pour discerner, comprendre, écouter, apprendre, enseigner, accomplir, faire et observer. » L’étude de la Torah agit sur l’âme du Juif, puisqu’elle lui permet de corriger ses mauvais traits de caractère et de se débarrasser, par exemple, de la jalousie et de la haine. En outre, après s’être purifié ainsi, il acquiert des vertus. Telle est la force de la Torah, capable de métamorphoser l’homme, de transformer une créature sauvage en un homme droit, respectueux et respectable, au point que quiconque le voit dit de lui : « Heureux celui qui l’a engendré ! Heureux celui qui l’a élevé ! Heureux son maître qui lui a enseigné la Torah ! »

Nous comprenons, à présent, pourquoi pèse une accusation sur celui qui étudierait la Torah sans s’efforcer de travailler son caractère et de déraciner de son cœur ses défauts. Car cela prouverait la superficialité de son étude, celle-ci n’ayant pas suscité un raffinement de sa personnalité. En effet, l’étude de la Torah doit forcément entraîner dans son sillage une profonde amélioration de notre être ; il s’agit donc de prouver que nous l’avons réellement exploitée pour notre progression spirituelle.

Dès lors, la volonté de Moché d’entrer en Terre Sainte s’éclaircit : il cherchait à parvenir à la perfection de son âme, au niveau de celui qui applique ce qu’il prêche. Car c’est lui qui enseigna la Torah au peuple juif, qui leur transmit l’enseignement qu’il avait lui-même reçu dans le ciel. En outre, les anges désiraient la garder dans les cieux, du fait qu’elle est tissée à partir des Noms de D.ieu, et Moché mit sa vie en danger pour s’opposer à eux. Enfin, la Torah lui octroya le mérite de ressembler aux saints patriarches pour ce qui est de la perfection de l’âme. L’Éternel donna ainsi à son visage l’apparence de celui d’Avraham, car il avait adopté les traits de caractère bons et droits de celui-ci.

De même, chacun d’entre nous a besoin de la Torah, pour pouvoir lui aussi emprunter cette voie pure et sainte.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Consolez, consolez Mon peuple » (Yéchaya 40)

Cette haftara est la première des sept haftarot, surnommées « les sept de consolation », tirées du livre de Yéchaya, qui sont lues à partir du Chabbat suivant le neuf Av.

CHEMIRAT HALACHONE

Susciter la haine

Concernant l’interdit de colportage, il n’y a pas de différence si l’on raconte directement à quelqu’un ce qu’un autre lui a fait ou a dit de lui, ou si on l’écrit. De même, il n’y a pas de différence si on lui raconte qu’untel l’a critiqué ou qu’il a critiqué sa marchandise, car dans ce cas également, on suscite dans le cœur de son auditeur de la haine pour celui qui a parlé.  

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

À l’une des occasions où je reçus le public à New York, un certain M. Cohen, homme de grande valeur, m’annonça qu’il était atteint de la maladie sous une de ses formes les plus graves. Le mal s’était répandu dans tout son corps et les médecins ne lui donnaient aucune chance de guérison. D’après leurs pronostics, il ne lui restait que quelques semaines à vivre. Or, sa fille, m’annonça-t-il, devait se marier trois mois plus tard et il ne voulait pas gâcher la fête, c’est pourquoi il me demandait de prier pour lui afin que D.ieu lui allonge sa durée de vie de trois mois supplémentaires, jusqu’après le mariage.

Je le bénis en ce sens, afin que le mérite de mes ancêtres fasse pencher la balance en sa faveur et qu’il puisse vivre trois mois supplémentaires.

À l’issue de cette période, lors de l’un de mes nouveaux passages dans la mégalopole, j’eus la surprise de le recevoir de nouveau. Il avait bien meilleure mine et m’annonça que, grâce à D.ieu, ma prière avait été entendue et que, par le mérite de mes ancêtres, il avait pu participer au mariage de sa fille, ce pour quoi Il remerciait le Ciel chaque jour. Cependant, ajouta-t-il, il aurait voulu que je prie pour que le Saint béni soit-Il lui permette, par le mérite de mes saints ancêtres, de vivre une année supplémentaire, afin qu’il puisse connaître le bonheur d’être grand-père.

En entendant ces paroles, je lui répondis que, du fait qu’il était reconnaissant envers le Créateur et pleinement conscient de ce cadeau que le Ciel lui avait octroyé en contradiction flagrante avec les prédictions des médecins –, il était certain qu’Il aurait pitié de lui et le gratifierait de la joie d’être grand-père.

Et qui revis-je, un an plus tard ? M. Cohen. Il n’avait de cesse de louer le Créateur pour Ses bontés infinies et m’annonça qu’il avait eu un petit-fils. À présent, il me priait de demander en sa faveur un sursis de trois mois supplémentaires, parce que sa deuxième fille devait se marier trois mois plus tard.

Je le bénis immédiatement, par le mérite de mes ancêtres, non sans ajouter que la foi pure dont il faisait preuve et cette gratitude qu’il ressentait pour « les bontés de l’Éternel (…) [qui] se renouvellent chaque matin » (Ekha 3), lui permettraient certainement d’avoir le mérite, une fois de plus, d’être présent au mariage de sa fille.

Grâce à D.ieu, ce Juif put danser et se réjouir au mariage de sa seconde fille, et bien que cela fasse déjà plusieurs années qu’il est atteint de la maladie, sous sa forme la plus redoutable, il est encore en vie.

Même les médecins, qui constatent son étonnante survie contredisant les examens qu’il subit régulièrement, avouent franchement qu’elle défie toute logique. Mais en tant que croyants fils de croyants, nous savons que seuls la foi et l’espoir dont il est porteur de façon aussi puissante peuvent expliquer qu’il tienne encore le coup, quand, d’après les lois de la nature, il aurait dû terminer ses jours depuis longtemps déjà.

PAROLES DE TSADDIKIM

Des notions de reconnaissance…

« Honore ton père et ta mère » (Dévarim 5:16)

Durant les années où j’ai eu le mérite de passer mes soirées de jeudi au domicile de Rav Mikhel Yéhouda Lefkovitz zatsal, j’ai plusieurs fois eu l’occasion d’observer la scène d’un père entrant avec son fils, bientôt bar-mitsva, pour inviter le Rav à la cérémonie. Le Rav disait toujours au jeune garçon de s’engager à deux choses.

Premièrement, de s’éloigner d’un mauvais ami. Car celui-ci est le plus haut degré d’impureté. Et comment l’identifier ? Il s’agit de quiconque n’a pas un langage châtié et incite les autres à accomplir de mauvaises actions. Un bon ami, à l’inverse, encourage ceux qui le fréquentent à faire de bonnes actions, et le rôle qu’il joue est inestimable.

Deuxièmement, il recommandait au futur bar-mitsva de se renforcer particulièrement dans la mitsva du respect des parents. Il expliquait avec douceur que cette mitsva se base sur notre devoir de reconnaissance, comme l’écrit le Séfer Ha’hinoukh : « Lorsqu’il ancrera cette vertu dans son âme, il en résultera qu’il sera reconnaissant envers l’Éternel, béni soit-Il, qui est à l’origine de son existence et de celle de tous ses ancêtres jusqu’à Adam, qui lui a donné le jour, qui pourvoit à ses besoins toute sa vie durant, qui lui a donné un corps composé de membres sains et qui lui a donné une âme capable de connaître et de comprendre. Il réalisera ainsi dans son esprit à quel point il se doit de veiller à bien Le servir. »

Un Juif m’a raconté qu’au mois d’Av de l’année 5768 (2008), Rav Mikhel Yéhouda se rendit avec sa famille dans le village de Bar Yo’haï pour s’y reposer. Durant cette période, la Rabbanite eut besoin de consulter un médecin, et celui qu’ils contactèrent accepta avec joie de se déplacer. Suite à cet épisode, le Rav lui écrivit de sa propre main une longue et belle lettre de remerciement. En outre, il demanda qu’on la fasse graver de manière très élégante, de sorte à honorer le docteur.

Il y a un an, poursuivit-il, ce dernier maria sa fille. Avant le mariage, il se rendit, accompagné de son futur gendre, auprès de Rav Mikhel Yéhouda, pour l’y inviter. Avant qu’ils ne s’approchent du Roch Yechiva, son petit-fils les prévint qu’il y avait très peu de chances qu’il y participe, puisque cela faisait plus de cinq ans qu’il avait cessé de se déplacer pour des mariages – à l’exception de ceux de ses petits-enfants. Cela étant, le Rav les accueillit d’un visage avenant et discuta chaleureusement avec eux.

Le médecin se risqua alors à dire qu’il serait très heureux si le Roch Yechiva leur faisait l’honneur de participer à la cérémonie. Aussitôt, Rav Mikhel Yéhouda répondit : « C’est d’accord, je viendrai. »

Son petit-fils, qui était présent, ne manqua de marquer sa stupéfaction : « Mais Saba, il parle d’un mariage… »

Et le Rav de répondre : « Oui, j’ai bien compris et je viendrai. » Il participa effectivement à ce mariage, récita la dernière des bénédictions sous la ‘houpa, et alla même jusqu’à danser sous celle-ci en l’honneur des jeunes mariés !

De celui que le docteur surnomma « le Rav de la reconnaissance », combien pouvons-nous apprendre les niveaux élevés qu’il est possible d’atteindre dans ce domaine !

(Oumatok Haor)

À MÉDITER

L’histoire qui suit est un témoignage entendu par le Gaon Rabbi Zoucha Horowitz chelita, Rav des communautés de ‘hassidim d’Elad, lors d’un rassemblement des responsables du mouvement Bné Émounim, qui eut lieu en Av 5774 dans les enceintes des Yéchivot.

Dans la période précédant la Shoah, qui décima le judaïsme européen, le poison du judaïsme libéral se répandit dans tous les pays d’Europe, faisant de nombreuses victimes parmi les Juifs fidèles à la tradition. La situation déplorable du village autour duquel tourne ce récit n’était pas très différente de celle de nombreux autres. Il arrivait souvent que des parents âgés, animés d’une foi pure, partagent même le toit avec leurs enfants et petits-enfants, qui s’étaient, quant à eux, éloignés du droit chemin.

Lorsque le monstre nazi se mit à répandre du sang dans le continent européen, cette distinction n’était plus significative : tout Juif devint une proie facile pour toutes les exactions, voire le meurtre. Des milliers de Juifs désertèrent leur foyer pour une destination inconnue, et la majorité d’entre eux fut sauvagement massacrée par les monstres sanguinaires. Durant ces jours difficiles, de nombreux Juifs qui s’étaient éloignés de la religion se renforcèrent dans la foi en D.ieu, si bien que lorsqu’ils rendirent leur âme au Créateur, elle avait été épurée par les souffrances physiques et morales endurées.

Cinq ans après le début de la guerre, les centres du judaïsme mondial étaient devenus méconnaissables. Sur une centaine de communautés, seul un très petit nombre n’avait pas été décimé. Les rescapés tentèrent de surmonter leur désespoir et de reconstruire leur vie sur la terre de leurs ancêtres. Mais ils réalisèrent rapidement que cette terre où leurs frères avaient cruellement trouvé la mort suite à des pogroms, cette terre imbibée du sang de ces derniers, ne voulait pas non plus d’eux !

Or, il existait une famille qui s’en sortit de façon exceptionnelle. Les trente-six membres qu’elle comptait se sacrifièrent pour arriver en Terre Sainte et s’y installer, objectif auquel ils parvinrent tous ! Nombreux furent ceux qui s’interrogèrent sur une telle énigme, mais nul ne parvint à la résoudre.

L’une des rescapés de cette famille, qui était fillette pendant la guerre, grandit après celle-ci dans un kibboutz non religieux. Néanmoins, lorsqu’elle se maria, elle voulut qu’un Rav religieux soit présent lors de la cérémonie. C’est alors qu’elle révéla aux personnes présentes le secret de la survie de sa famille :

« Pendant mon enfance, commença-t-elle, j’allais rendre visite à ma grand-mère, qui était pratiquante. Une fois, je remarquai, sur une étagère de la bibliothèque, un petit papier, vieux et abîmé. Dans mon espièglerie d’enfant, je le pris en main et le lus. Il se résumait à deux phrases : “A mes chers enfants et petits-enfants, sachez que si vous voulez échapper à tout malheur, vous devez vous efforcer de dire tous les jours les bénédictions du matin et de veiller à ce que quelqu’un y réponde Amen.”

En réalité, ce papier constituait le secret de notre famille. Tous les membres de ma famille qui ont survécu faisaient partie de ceux qui avaient pris sur eux de se conformer aux recommandations de ma grand-mère. Ils n’étaient pas du tout pratiquants, mais le mérite de ces brakhot, suivies d’un Amen, leur permit d’échapper au pire, comme notre sainte grand-mère nous l’avait promis. La preuve, conclut-elle, c’est que nous sommes 36 à avoir survécu, ce qui correspond exactement aux 18 bénédictions du matin et aux 18 Aménim qui les suivent... »

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Rabbi David Hanania Pinto

La voie menant à la connaissance de l’Éternel

« Reconnais donc que l’Éternel, ton D.ieu, Lui seul est D.ieu, un D.ieu véridique » (Dévarim 7:9)

Ce verset oblige chacun d’entre nous à se demander si, en son for intérieur, il sait clairement que l’Éternel est D.ieu.

De fait, tel est l’essentiel de la mission de l’homme : connaître l’Éternel de manière claire, à tout moment et en toute circonstance. Il n’y a rien d’intelligent à Le connaître et à L’aimer uniquement quand tout va bien et que le sort nous sourit. En effet, ce devoir nous incombe également lorsque nous sommes plongés dans une situation difficile, où Sa face semble nous être cachée. Même dans ces moments, nous devons nous rappeler que tout vient du Créateur, renforcer notre foi dans le fait que tout dépend de Lui et qu’il peut agencer les événements à Sa guise, et donc certainement aussi nous tirer d’embarras.

Cependant, cela non plus n’est pas suffisant. Même si un homme est parvenu à accepter et à réaliser clairement que D.ieu est à la source de tout ce qui arrive, il lui appartient encore de s’interroger sur le point suivant : croit-il qu’Il est un « D.ieu véridique », qui agit conformément à la vérité et à la droiture absolues, donnant à chacun exactement ce qu’il mérite ? Conformément à l’injonction de notre verset introductif, il est de notre devoir de nous travailler pour intégrer pleinement cette vérité.

Cela étant, comment parvenir à un tel niveau ?

La réponse nous est donnée dans un verset figurant un peu plus haut, « Et ce sera œuvre méritoire (tsédaka) pour nous de pratiquer soigneusement toute cette loi » (Dévarim 6:25), qui, me semble-t-il, se réfère à notre mitsva principale, en l’occurrence l’étude de la Torah. Car notre sainte Torah constitue la racine de toutes les autres mitsvot. Dès lors, le verset peut se lire ainsi : celui qui étudie la Torah doit réaliser qu’il reçoit, en quelque sorte, la charité du Tout-Puissant, puisqu’Il lui a donné l’insigne mérite de s’y plonger, ce qui représente la plus grande bonté.

Ceci peut être comparé à un pauvre qui n’a pas les moyens de subvenir à sa subsistance, et auquel un riche donne la tsédaka. Quelle immense reconnaissance doit-il éprouver pour son bienfaiteur ! Or, c’est un tel sentiment de reconnaissance que nous devons concevoir vis-à-vis de D.ieu, qui nous a donné la Torah, « notre vie et le prolongement de nos jours ». Si nous parvenons à réaliser cela, nous comprendrons que, plutôt que d’attendre une récompense pour notre étude, nous devons remercier et louer l’Éternel pour la bonté qu’Il nous a témoignée en nous donnant la Torah, qui nous maintient en vie dans ce monde comme dans le prochain.

C’est seulement lorsque l’on prend conscience que la possibilité d’étudier la Torah n’est autre qu’une manifestation de la bonté du Créateur et qu’on l’étudie donc de manière tout à fait désintéressée, que l’on méritera de parvenir au niveau d’une connaissance claire du Très-Haut.

EN PERSPECTIVE

Que ne ferait-on pour ses parents ?

Le Rav Bentsion Aba Chaoul zatsal veillait particulièrement au respect de ses parents. Il s’efforçait au maximum de les satisfaire et de les honorer.

Il témoigna qu’il n’arriva jamais que sa mère lui demande de faire quelque chose pour elle, car dès qu’il remarquait une telle opportunité, il sautait dessus !

Un autre témoignage qu’il fit confirme également son dévouement dans ce domaine : il affirma que si son père et sa mère lui demandaient de se tenir à leurs côtés toute la nuit car cela leur ferait plaisir, il se ferait une joie de s’exécuter.

Durant la guerre de l’année 5708 (1948), il habitait dans le quartier de Katamon à Jérusalem. Or, en dépit du danger menaçant, il marchait tous les vendredis soir jusqu’à la maison de ses parents, située dans la rue Chemouel Hanavi, afin de leur baiser les mains, conformément à la parole du Ari Zal selon laquelle il s’agit là d’une mitsva. Ensuite, il rejoignait son domicile éloigné à pied, dans l’opacité de la nuit.

DES HOMMES DE FOI

Sarah, la fille de Rabbi ‘Haïm, était connue pour sa piété et se comportait avec discrétion comme Sarah Iménou. Quand elle fut en âge, elle se maria et eut de nombreux enfants. Mais malheureusement, son mari décéda subitement et elle resta seule avec la charge de toute sa progéniture, sans aucune ressource.

Sarah souffrait du souci de cet entretien quotidien ; elle ne se sentait pas capable de vivre dans de telles conditions. Un jour, elle eut l’idée de prier D.ieu qu’Il la délivre de ce fardeau par le mérite de son père, le Tsaddik. Elle alluma une bougie pour l’élévation de son âme et le supplia du fond du cœur, avec des larmes abondantes, d’éveiller la miséricorde divine en sa faveur.

Elle formula également une requête spéciale :

Elle demanda à D.ieu qu’Il lui envoie un mari aisé, qui pourrait s’occuper avec largesse de ses enfants et d’elle-même, et avec lequel elle irait, après leur mariage, s’installer dans la ville sainte de Jérusalem. Elle pria également pour avoir de lui d’autres enfants.

En l’entendant, les membres de sa famille secouèrent la tête, semblant vouloir lui dire que sa prière était vaine, et se moquèrent même d’elle. « Personne ne voudra d’une épouse de ton âge et tu ne pourras certainement pas de nouveau enfanter », lui dirent-ils.

Malgré tout, elle ne désespéra pas.

Plusieurs mois passèrent et sa délivrance arriva. Un homme influent du Portugal, âgé, qui n’avait pas eu d’enfants, décida de vendre tous ses biens et de monter à Jérusalem, afin d’y passer le reste de sa vie.

Et voici ce qui arriva :

Une nuit, ce Juif vit apparaître en rêve Rabbi ‘Haïm Pinto, qui lui dit : « Je t’ordonne d’aller à Mogador et d’y épouser ma fille Sarah. Ensuite, partez ensemble pour Jérusalem et, là-bas, vous mériterez d’avoir des enfants. »

Cet homme, qui avait une grande foi dans les Sages, obéit aux paroles du Tsaddik. Il vendit tous ses biens et ses terrains, et entreprit le voyage pour Mogador. Il y chercha la maison de Rabbi ‘Haïm. Quand il la trouva, il annonça à ses fils qu’il était venu sur la demande de leur père qui lui avait ordonné, en rêve, d’épouser sa fille Sarah, la veuve, et de l’emmener en Erets Israël.

Les membres de la famille virent clairement l’intervention de l’Éternel, qui avait envoyé la délivrance à leur sœur. Ils s’assirent tous ensemble et se réjouirent avec les nouveaux ‘hatanim.

Après le mariage, le couple partit s’installer à Jérusalem, et d’après la rumeur, ils auraient eu des enfants.

Cette histoire se répandit dans toute la ville. Tous y reconnurent la piété de Sarah, qui mérita de trouver le bonheur, et l’étendue du pouvoir de Rabbi ‘Haïm Pinto.

Notre Maître chelita ajouta à ce sujet :

« J’ai connu autrefois un grand érudit qui m’a dit être le petit-fils de Rabbi ‘Haïm Pinto, du côté de sa fille Sarah à laquelle naquirent des fils à Jérusalem. »

 

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