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Parachat  Vayakhel - Chabbat Chékalim

2 Mars 2019

כ"ה אדר א' תשע"ט

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 18h15 19h22 20h09
Lyon 18h08 19h13 19h57
Marseille 18h09 19h11

19h53

Ra'anana 17h17 18h16

18h52

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Tombés de haut

Rabbi David Hanania Pinto Chlita

« Prenez de vos biens une offrande pour l’Eternel ; que tout homme de bonne volonté l’apporte, ce tribut du Seigneur. » (Chémot 35, 5)

Depuis longtemps, je me suis demandé pourquoi il est écrit « prenez » plutôt que « donnez », alors qu’il est question d’une offrande donnée pour la construction du tabernacle.

Comme nous le savons, le tabernacle avait pour but d’apporter l’expiation au péché du veau d’or. Celui-ci fut d’une gravité telle que toutes les punitions endurées par le peuple juif au cours des générations sont, en partie, à lui imputer. Jusqu’à aujourd’hui, nous subissons les répercussions de cette faute. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui encore, nous n’avons pas bien compris comment elle a pu arriver.

De fait, c’est une véritable énigme. Comment nos ancêtres, appartenant à la « génération de la connaissance » qui fut témoin des miracles divins effectués en Egypte et sur le rivage de la mer, purent-ils construire un veau d’or ? Comment donc un peuple qui assista à la révélation de l’Eternel sur le mont Sinaï et L’entendit déclarer « Je suis l’Eternel ton D.ieu » se rabaissa-t-il par l’édification de cette idole ? Comment la génération qui consomma la manne, nourriture spirituelle céleste ramassée quotidiennement dans le désert, se résolut-elle à agir ainsi ?

Effectivement, c’est le changement radical de Ses enfants, leur déchéance subite, alors qu’ils se tenaient au plus haut niveau, qui éveilla la colère de D.ieu à leur encontre et Sa volonté de les exterminer. Alors qu’ils venaient juste d’affirmer « nous ferons et nous écouterons », attestant une dévotion sans borne, les voilà tombés à l’autre extrême dans la plus grande impiété, décevant au plus haut point le Saint béni soit-Il qui ne voit pas d’autre réparation pour eux que la mort.

La Guémara tente d’expliquer cet épisode. Nous pouvons y lire (Chabbat 88a) : « Rabbi Elazar dit : au moment où les enfants d’Israël ont fait précéder “nous ferons” à “nous écouterons”, une voix céleste demanda : “Qui a révélé à Mes enfants ce secret, utilisé par Mes anges de service ?” » Car cette formule correspond aux créatures célestes qui, ne possédant pas de mauvais penchant, peuvent s’engager à faire quelque chose avant même de savoir de quoi il s’agit. Par contre, l’homme, animé d’un mauvais penchant, est limité et ne peut s’engager avant de savoir ce qu’on demande de lui. Même si on se présente à un juste pour lui demander de faire quelque chose, il voudra en savoir plus, ce qui est son droit. Il n’y a rien de mal à cela, c’est l’ordre naturel des choses.

Par conséquent, lorsque les enfants d’Israël dirent « nous ferons » avant « nous écouterons », ils s’élevèrent à un niveau surhumain. Puis, au moment où ils construisirent le veau d’or, ils déchurent à une vitesse vertigineuse, ce qui excita le courroux divin. S’ils s’étaient élevés de manière plus progressive, palier après palier, ils auraient été moins vulnérables. A l’heure du don de la Torah, ils étaient parvenus au summum de la perfection, au niveau d’Adam avant le péché. Au sujet de la création du premier homme, il est dit : « D.ieu créa l’homme à Son image ; c’est à l’image de D.ieu qu’Il le créa » (Béréchit 1, 27), puis « Il fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie. » (Ibid. 2, 7) Nos Maîtres expliquent que, de même que celui qui souffle dans quelque chose y introduit son propre souffle, en insufflant dans l’homme, le Créateur introduisit en lui Ses Noms saints.

L’ouvrage ‘Hessed LéAvraham du kabbaliste Rabbi Avraham Azoulay – que son mérite nous protège – met en exergue l’importance suprême de l’homme. Il explique que celui-ci contient en lui l’ensemble des mondes (Emanation, Création, Formation et Action) et tous les canaux d’abondance. Mais, dès qu’il faute, il n’est plus en mesure de jouer ce rôle et il est impossible de décrire l’ampleur du désastre causé au monde entier.

Lorsque les enfants d’Israël fautèrent en construisant le veau d’or, ils perdirent les cadeaux reçus des anges, les deux couronnes placées sur leur tête. En outre, ils ne furent plus en mesure de voir les voix comme ils en étaient capables au moment de la révélation du Sinaï (cf. Chémot 20, 15) et perdirent les Noms divins inscrits en eux. Afin de réparer leur péché, D.ieu leur dit : « Prenez de vos biens une offrande pour l’Eternel (…) de l’or, de l’argent et du cuivre (…) Puis, que les plus industrieux d’entre vous se présentent pour exécuter ce qu’a ordonné l’Eternel : le tabernacle avec son pavillon et sa couverture (…) étoffes d’azur, de pourpre (…). » En d’autres termes, ils devaient apporter à Bétsalel tout le nécessaire pour la construction du tabernacle, de ses ustensiles et des vêtements des Cohanim.

La Guémara souligne (Brakhot 55a) que Bétsalel savait associer les Noms divins par lesquels D.ieu créa le monde, aussi les introduisit-il dans le tabernacle, ses ustensiles et les vêtements saints. De cette manière, lorsque le tabernacle fut construit et que le Saint béni soit-Il y déploya Sa Présence, les enfants d’Israël reçurent l’influence divine par le biais du tabernacle, de ses ustensiles et des vêtements du Cohen gadol, ce qui restitua en eux les Noms divins.

Pour conclure, j’ai pensé que l’Eternel leur dit : « Prenez de vous » (traduction littérale) afin de leur signifier « prenez de votre personne », l’homme considérant son argent comme son propre corps. Ainsi, lorsqu’il fait un don à l’Eternel, c’est comme s’il lui faisait don de sa personne.

Puissions-nous tous servir l’Eternel avec zèle, entrain et vénération ! Amen.

PAROLES DE TSADDIKIM

Lorsque le cœur lutte contre lui-même

« Prenez de vos biens une offrande pour l’Eternel. » (Chémot 35, 5)

Le Gaon Rabbi ‘Haïm Soloveichik zatsal se rendit une fois à Minsk afin de ramasser des fonds pour la Yéchiva de Volozhin, plongée dans de lourdes dettes. A Minsk, habitaient deux trésoriers de la Yéchiva, tous deux généreux, animés d’une profonde crainte de D.ieu et versés dans l’étude de la Torah.

A son arrivée à Minsk, Rabbi ‘Haïm se dirigea vers la maison de l’un des trésoriers, lui expliquant le motif de sa venue. Bien que la somme dont il avait besoin fût considérable, il lui promit qu’il s’efforcerait de la rassembler. En attendant, Rabbi ‘Haïm se mit à étudier chez lui.

Au bout d’un certain temps, il demanda à son hôte comment avançait sa collecte. Il lui répondit qu’il avait déjà la moitié de la somme requise. Heureux de la bonne nouvelle, Rabbi ‘Haïm se replongea dans son étude.

Un mois plus tard, Rabbi ‘Haïm revint aux nouvelles. Son hôte lui répondit alors qu’il avait désormais la totalité de la somme. Rabbi ‘Haïm s’en réjouit beaucoup et retourna à Volozhin pour payer les dettes de la Yéchiva.

Peu après, les deux trésoriers vinrent à Volozhin afin que Rabbi ‘Haïm tranche leur litige. L’accusé était celui qui avait rassemblé toute la somme nécessaire pour la Yéchiva.

L’autre trésorier l’accusait de l’avoir totalement payée de sa propre poche, alors qu’en tant qu’associés, ils avaient toujours eu l’habitude de se partager ce type de mitsvot. Le plaignant lui reprochait donc de ne pas lui avoir laissé l’opportunité de payer lui aussi sa part, dans cette mitsva si importante.

Lorsque Rabbi ‘Haïm apprit que le trésorier avait payé la totalité de la somme de sa propre poche, il lui demanda : « S’il en est ainsi, pourquoi m’as-tu gardé un mois entier dans ta maison plutôt que de me remettre tout l’argent dès le début ? »

Le généreux donateur lui expliqua : « Pensez-vous qu’il est tellement facile de sortir une si grosse somme de sa poche ? J’ai dû beaucoup me travailler pour maîtriser le sentiment naturel de cupidité et parvenir à vous donner la moitié de cette somme. Puis, j’ai continué à lutter en moi pour me convaincre de vous remettre également la seconde moitié. »

Cette anecdote nous permet de mieux comprendre les mots de notre verset : « Prenez de vous » (traduction littérale). Chacun avait l’obligation de se travailler pour arriver à donner une généreuse contribution pour le tabernacle. Ceci était d’autant plus nécessaire que l’Eternel était pointilleux sur le fait qu’elle soit donnée de bon cœur, comme il est dit « tout homme de bonne volonté ». C’est pourquoi les donateurs devaient prendre cet argent d’eux-mêmes, c’est-à-dire effectuer ce travail sur eux, avant de le remettre.

CHEMIRAT HALACHONE

Être quitte envers le Ciel

Si quelqu’un vient nous voir dans l’intention de nous parler d’autrui et qu’on comprend qu’il s’agit de blâme, on lui demandera, avant qu’il ne commence, si cela nous concerne pour l’avenir ou si on pourra aider son prochain à réparer sa conduite, par exemple en le réprimandant.

S’il nous répond que cela nous concerne ou qu’on sera à même d’aider cet individu à se corriger, il nous sera permis de l’écouter, mais pas de croire à ses paroles avant de les avoir vérifiées. Mais, s’il nous fait comprendre que l’écouter ne conduira à aucune utilité ou si l’on devine que sa médisance est mue par de mauvaises intentions, nées de la haine pour son prochain, il nous sera même interdit de tendre l’oreille.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Yéhoyada conclut un pacte (…) » (Mélakhim II chap. 11 et 12)

Lien avec la paracha : dans la haftara, est mentionné le sujet des chékalim apportés par les enfants d’Israël pour les travaux de restauration du Temple, sujet de notre Chabbat Chékalim où l’on évoque les chékalim donnés par le peuple pour le Temple.

Les Achkénazes lisent la haftara : « Yoach avait sept ans (…) » (Ibid. chap. 12)

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

Le Chabbat, source de la bénédiction pour la semaine

« Pendant six jours on travaillera, mais au septième, vous aurez une solennité sainte. » (Chémot 35, 2)

Durant une certaine période, je fis une tournée dans des pays européens afin de participer à de nombreux congrès visant à renforcer des institutions de Torah non liées aux miennes. Je n’en retirai aucun bénéfice financier, mais le fis par conscience de mon devoir. En effet, l’homme a l’obligation de se soucier des autres et, si celui qui leur consacre de son temps est digne d’éloges, combien plus l’est celui qui en consacre pour le Saint béni soit-Il en vouant toute la journée du Chabbat à la prière et à l’étude de la Torah ! En outre, le Chabbat représentant la source de la bénédiction, celle-ci se déversera sur lui durant les six jours de la semaine, si bien que son travail s’accomplira de lui-même.

En Diaspora, j’ai fait la connaissance d’un homme dont les affaires étaient particulièrement florissantes. Je remarquai qu’il me demandait, à chaque fois qu’il venait me voir, une brakha pour réussir dans celles-ci, alors qu’il ne semblait pas pour le moins être préoccupé par sa situation spirituelle pour laquelle il ne présentait pas de requête.

La dernière fois qu’il se présenta à moi, je lui dis : « Sache que toute ta réussite ne provient pas de mes bénédictions, appuyées sur le mérite de Rabbi ‘Haïm Pinto, mais du Satan qui t’assiste dans tes affaires. D’ailleurs, après cent vingt ans, c’est lui et toute son armée qui viendront t’accueillir. »

Mon interlocuteur, sidéré, prit peur.

J’ajoutai : « Penses-tu réellement qu’un homme qui profane le Chabbat et y laisse ses magasins ouverts peut jouir du mérite de Rabbi ‘Haïm Pinto ? Il est évident que, même si tu connais la réussite, elle n’est due qu’au pouvoir de l’impureté du Satan. Engage-toi à respecter les mitsvot, à observer le Chabbat et tu seras béni de la source des bénédictions, du pouvoir de la pureté. Car, si tu sacrifies une partie de ton temps pour le Créateur, Il sera lui aussi prêt à faire un geste en ta faveur et contribuera à ta réussite.

Je me souviens, à cet égard, que mon père et Maître, Rabbi Moché Aharon – que son mérite nous protège – avait l’habitude de dire que celui qui désire se consolider dans son service divin doit se renforcer dans le respect du Chabbat et sa sainteté, car c’est là la base de tout.

Il ajoutait que toutes les requêtes qu’il présentait au Créateur s’appuyaient sur le mérite du Chabbat qui est inestimable si on l’observe comme il se doit.

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Rabbi David Hanania Pinto Chlita

De l’appréhension à la confiance

« Toute la communauté des enfants d’Israël sortit de devant Moché. » (Chémot 35, 20)

L’emploi du verbe « sortir » est, a priori, déroutant, étant donné que Moché avait rassemblé les enfants d’Israël dans un endroit ouvert. D’où sortirent-ils donc ?

Dans l’ouvrage Or Pné Moché, est soulevée une autre question : pourquoi est-il dit que le peuple prit congé de Moché et non pas du Saint béni soit-Il ? En réponse, il est spécifié que, du fait que le Créateur emplit le monde, il est impossible de sortir de devant Lui.

Pourtant, l’emploi du verbe « sortir » reste à éclaircir.

Celui qui se rend auprès d’un juste pour solliciter ses conseils ou recevoir sa bénédiction est habité d’une appréhension, lisible sur son visage. Puis, lorsqu’il quitte la demeure pure du Tsaddik duquel il a reçu des mots d’encouragement, de consolation et une brakha, il a l’air d’un autre homme. Il est clair que d’autres sentiments l’animent alors.

Tel était aussi le cas de nos ancêtres. Suite au péché du veau d’or, ils attendaient anxieusement que Moché descende du mont Sinaï, afin de savoir ce que l’Eternel lui avait répondu. Après que leur chef les eut rejoints, le lendemain de Kippour, qui tomba alors un mardi, il les rassembla le mercredi et leur transmit l’ordre divin de construire un tabernacle et d’apporter des ustensiles en or et en argent afin d’y trouver l’expiation de leur péché. Cette nouvelle constitua, pour eux, un grand encouragement : D.ieu était prêt à pardonner leur terrible méfait et à déployer Sa Présence parmi eux. Tous connurent alors un éveil spirituel et s’empressèrent d’apporter des dons pour la construction du tabernacle, le jeudi et le vendredi. Arrivé Chabbat, ils eurent la consigne de ne pas en apporter, les travaux du tabernacle n’ayant pas la préséance sur le jour saint. Ainsi, le verset précise que les enfants d’Israël sortirent de devant Moché afin de souligner qu’ils le quittèrent animés de sentiments très différents de ceux qu’ils avaient avant ce rassemblement.

Nous en retirons une leçon de morale : quand un homme prie avec ferveur ou se plonge dans l’étude de la Torah, il n’est pas possible qu’il reste dans le même état d’esprit qu’avant. Il est au contraire évident qu’il rayonnera de joie, car « les préceptes de l’Eternel sont droits : ils réjouissent le cœur » (Téhilim 19, 9).

PERLES SUR LA PARACHA

Que fait-on le reste de la semaine ?

« Pendant six jours on travaillera, mais au septième, vous aurez une solennité sainte. » (Chémot 35, 2)

Le « Sandlar », Rabbi Moché Yaakov, explique ce verset par la comparaison suivante.

Lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il est Roch Yéchiva, on veut dire qu’il est à la tête (roch) de tous les Rabbanim de la Yéchiva. Lorsqu’on qualifie un homme de Av beit din (président du tribunal rabbinique), cela signifie qu’il est le plus grand de tous les juges. Toutes proportions gardées, si l’on désigne un individu par l’appellation de chef (roch) des voleurs, cela veut dire qu’il est plus dévergondé que tous les autres voleurs.

Dans la téfila du Chabbat matin, nous disons « Tu l’as appelé le délice des jours ». Le Chabbat est le meilleur de tous les jours de la semaine. Toutefois, afin de savoir si c’est un titre d’honneur ou non, il faut vérifier la manière dont l’homme se comporte durant la semaine. S’il vit à l’aune de la Torah et du respect des mitsvot, l’appellation « délice des jours » donnée au Chabbat est honorifique. Par contre, si, durant la semaine, il gaspille son temps dans l’accomplissement de mauvais actes et s’enfonce dans ses vices, cette appellation est dépréciatrice.

Cette idée peut se lire en filigrane dans les versets « Voici les choses que l’Eternel a ordonné d’observer. Pendant six jours on travaillera, mais au septième, vous aurez une solennité sainte. » Si, durant tous les jours de la semaine, on se comporte convenablement, on sera à même de s’élever encore davantage grâce à la sainteté du Chabbat.

Qu’est-ce qui intéresse le cordonnier ?

« Lui a appris à combiner des tissus, à mettre en œuvre l’or, l’argent et le cuivre. » (Chémot 35, 32)

La sagesse des personnes qui construisaient le tabernacle et ses ustensiles était une sagesse du cœur consistant à savoir combiner des matériaux.

Ceci soulève une question : seuls les sages savent-ils combiner des matériaux ?

Le Saba de Kelm zatsal répond en s’appuyant sur la Michna : « Qui est intelligent ? Celui qui apprend de tout homme. » Lorsqu’un cordonnier marche dans la rue, la première chose qu’il remarque est les chaussures des passants. Quant au couturier, il remarque les vêtements du fait que c’est sa profession vers laquelle est donc porté son intérêt. Peut-être pourra-t-il apprendre de ces observations.

Si nous voyons quelqu’un regarder attentivement les chaussures de son prochain, nous pouvons déduire qu’il travaille dans ce domaine pour lequel il a développé une sensibilité.

De même en est-il de l’intelligence : lorsque nous voyons un homme apprendre de tous les autres, c’est le signe qu’il est apte à tirer une leçon de tout homme, la preuve qu’il aime la sagesse – « j’ai appris de tous mes précepteurs ».

Tel est le sens de la Michna précitée : le fait qu’il apprend de tout homme est le signe que cet individu est intelligent.

Quand paie-t-on le menuisier ?

« Moché examina tout le travail ; or, ils l’avaient exécuté conformément aux prescriptions du Seigneur. Et Moché les bénit. » (Chémot 39, 43)

Il aurait a priori semblé plus logique que Moché attende que le tabernacle soit monté pour les bénir, après avoir constaté que tous les éléments ont été construits exactement comme il fallait. Pourquoi donc a-t-il déjà béni chacun des artisans une fois qu’il avait fini son propre travail ?

Rabbi Gavriel Zéev Margaliot explique qu’on a l’habitude de ne payer celui qui nous remplace une fenêtre ou une porte, par exemple, qu’après qu’il les a mises en place, au cas où quelques ajustements resteraient encore à faire. Son travail n’est donc pleinement achevé qu’à ce moment-là.

Par contre, concernant les travaux du tabernacle, du fait que le Saint béni soit-Il assistait de près les artisans – comme il est dit : « Il les a doués du talent d’exécuter toute œuvre » – il était clair qu’ils n’auraient nul besoin d’effectuer des modifications au moment de l’édification du tabernacle, puisque chaque élément serait d’une exactitude parfaite.

C’est la raison pour laquelle Moché ne repoussa pas sa bénédiction au terme de la construction du tabernacle, mais « examina tout le travail ; or, ils l’avaient exécuté conformément aux prescriptions du Seigneur ». Aussi « Moché les bénit » sans délai.

EN PERSPECTIVE

Tout au long de notre histoire, se levèrent dans le peuple juif des femmes douées de sagesse du cœur.

« Toutes les femmes industrieuses filèrent elles-mêmes. » (Chémot 35, 25)

A Worms, le jour d’Isrou ‘Hag de Souccot et parfois le lendemain ou le surlendemain, entre Min’ha et Arvit, les femmes, parées de leurs plus beaux vêtements, se réunissent dans la cour de la synagogue, devant l’entrée de la ezrat nachim.

La plupart d’entre elles, en particulier les jeunes filles, se donnent la main pour faire une ronde et chantent « Yigdal » ainsi que les chants qu’on a l’habitude d’entonner en l’honneur des mariés, tout ceci en l’honneur de la Torah.

Puis elles se dirigent vers la galerie réservée aux femmes à la synagogue. Un jeune homme déclare alors toutes les mitsvot qui sont à vendre pour l’ensemble de l’année à venir : le nettoyage et le rangement de la synagogue, le pliage des nappes et des foulards ornant le séfer Torah, la préparation des mèches et leur allumage, puiser de l’eau pour l’ablution des mains dans la cour de la synagogue.

L’argent de ces mitsvot n’est pas remis dans les mains de trésoriers, mais ce sont les femmes qui désignent, parmi elles, deux Tsaddékèt comme trésorières, chargées d’acheter la cire et d’allumer les bougies de la ezrat nachim durant toute l’année.

DES HOMMES DE FOI

Dans la maison du Tsaddik Rabbi ‘Haïm, brûle en permanence une mèche trempée dans de l’huile d’olive, dans la pièce où il étudiait avec Eliahou Hanavi. Nombreux viennent y prier ou y étudier. Ceux qui le désirent peuvent ajouter de l’huile, certains considèrent cela comme une ségoula.

C’est ce que fit Rav David Loyb. Il entra dans la pièce, ajouta de l’huile dans la veilleuse et pria. Au même moment, un des petits-fils du Tsaddik, qui habitait dans cette maison, entra dans la pièce. Un léger différend éclata entre les deux hommes et, sous le coup de la colère, le petit-fils saisit le récipient plein d’huile et le renversa sur la tête de Rav David…

Rav Loyb portait ce jour-là un costume gris et une chemise blanche. Il était trempé et l’huile avait sali ses vêtements, de la tête aux pieds.

Il sortit immédiatement de la maison et se dirigea tout droit vers le commissariat de police dans l’intention de déposer une plainte contre le petit-fils. Quand il arriva, les policiers mangeaient. Il s’approcha de l’un d’entre eux qui le détailla de haut en bas avec étonnement : « M. Loyb, comment donc vous êtes-vous mis dans cet état ? »  

Après avoir entendu les détails de sa mésaventure, le policier lui dit : « Ecoutez, nous sommes en plein milieu de notre pause. Revenez dans une heure et j’enregistrerai votre plainte. »

Quand il rentra chez lui, son épouse n’en crut pas ses yeux. Il lui raconta tout ce qui s’était passé et lui fit part de son désir de déposer une plainte. Elle lui conseilla : « Abandonne cette idée pour l’instant et va plutôt te doucher. »

Rav Loyb retira son costume et sa chemise, les posa sur une chaise dans la salle à manger et entra dans la salle de bains. Quand il eut terminé, il récita la prière du soir et, avant de se coucher, il prévint son épouse : « Demain matin, j’irai déposer ma plainte au commissariat. »

Mais voilà que, dans son rêve, lui apparut le Tsaddik Rabbi ‘Haïm. Il lui dit : « Mon fils, ne va pas demain matin déposer de plainte au commissariat. »

Rav Loyb se réveilla, bouleversé. Mais la fatigue eut le dessus et il se rendormit. De nouveau, le Tsaddik lui apparut et lui dit pour la seconde fois : « Mon fils, ne va pas demain matin déposer de plainte au commissariat. »

Au matin, Rav Loyb se prépara à partir à la synagogue. Quelle surprise quand il entra dans la salle à manger ! Il n’en crut pas ses yeux, il pensa qu’il rêvait encore… Il cria à sa femme de venir immédiatement. Celle-ci accourut, effrayée. « David, que se passe-t-il ? » demanda-t-elle.

Rav Loyb lui désigna la chaise. Elle aussi eut du mal à y croire : le costume y était posé, comme neuf, sans une tache, nettoyé et repassé, comme s’il avait été acheté le jour même. Sur la table, se trouvait la chemise, fraîchement repassée et pliée avec soin.

Rav Loyb comprit qu’il s’agissait d’un miracle dû au Tsaddik.

 

 

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