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Parachat 'Houkat-Balak

4 Juillet 2020

י"ב תמוז התש"ף

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 21h38* 23h01 00h34
Lyon 21h15* 22h31 23h44
Marseille 21h04* 22h16 23h19
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La réalisation inéluctable du plan divin

Rabbi David Hanania Pinto

« Il envoya des messagers à Bilam, fils de Beor, à Pethor qui est sur le Fleuve, dans le pays de ses concitoyens, pour le mander en ces termes : “Un peuple est sorti d’Egypte ; déjà il couvre la face du pays et il est campé vis-à-vis de moi.” » (Bamidbar 22, 5)

A la lecture de ce verset, on se heurte d’emblée à une question : pourquoi donc Bilam trouva-t-il nécessaire de préciser que le peuple juif « est sorti d’Egypte », alors qu’il s’agissait là d’un fait connu de tous ? En effet, cette libération miraculeuse avait été précédée des dix plaies, par le biais desquelles le Nom divin avait été glorifié dans le monde entier (cf. Chémot 9, 16). Puis, lorsque l’Eternel avait fendu la mer des Joncs en deux pour le bénéfice de Ses enfants, ce fut une fois de plus, pour tous les peuples, la manifestation claire de Sa toute-puissance, de Sa Providence et de Son intervention sur terre, manifestation qui leur inspira Sa crainte (cf. ibid. 15, 14). Aussi pourquoi Bilam mentionna-t-il dans ses propos un événement déjà connu ?

D’après nos Sages (Tan’houma, Balak, 11), Balak était un plus grand sorcier que Bilam ; il maîtrisait davantage que ce dernier les forces de l’impureté. S’il en est ainsi, pour quelle raison a-t-il jugé nécessaire de louer ses services pour maudire les enfants d’Israël ? Ceci est d’autant plus surprenant qu’afin de le convaincre d’accepter cette mission, il dut lui promettre de très grandes sommes d’argent. A priori, il aurait pu économiser tout ceci, outre le déshonneur que représentait cette démarche.

Cette question prend toute son acuité si l’on considère que Balak pouvait aisément s’imaginer que le Saint béni soit-Il empêcherait sans doute Bilam, prophète des nations, de maudire Son peuple de prédilection. Comment expliquer qu’il s’obstina malgré tout à le charger de cette tâche ?

L’ouvrage Chéma Israël rapporte les propos de Rabbi Moché de Duner, qui explique le sens latent des paroles de Balak. Il dit : « Un peuple est sorti d’Egypte » (Bamidbar 22, 5), autrement dit, de la source de l’impureté, du pays le plus immoral de l’époque – surnommé la « nudité de la terre », tant il était corrompu. Or, en dépit de son long séjour en ce lieu, « déjà il couvre la face du pays », c’est-à-dire qu’il s’est couvert les yeux pour les préserver des visions interdites et échapper à l’emprise des forces impures.

Or, Balak savait que la Présence divine se retire d’un endroit immoral, ce qui, subséquemment, laisse le champ libre au Destructeur pour réaliser ses mauvais desseins. Aussi tenta-t-il, dans un premier temps, de faire fauter les enfants d’Israël par des visions interdites. Cependant, il n’y parvint pas, tant ces derniers avaient pris l’habitude, tout au long de leur esclavage en Egypte, de préserver leurs yeux de tels spectacles. D’ailleurs, c’est le mérite de cette maîtrise de soi qui leur valut la délivrance, laquelle, sur le plan spirituel, se traduisit par le détachement des quarante-neuf degrés d’impureté et une acquisition des degrés équivalents de pureté.

Rabbi Chlomo de Radomsk écrit (Tiférèt Chlomo, Balak) à cet égard que la sainteté d’un homme dépend essentiellement de son souci de préserver ses yeux des visions indécentes ; plus il veille à ceci, plus il est à même de se sanctifier et de s’élever dans les degrés de la Torah et de la crainte de D.ieu. Tel est le sens de l’avertissement de la Torah « Vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, qui vous entraînent à l’infidélité » (Bamidbar 15, 39). Autrement dit, les yeux et le cœur sont les médiateurs du péché (Bamidbar Rabba 10, 2), en cela qu’ils introduisent en l’homme des mauvaises pensées aussi graves que l’adultère.

Les commentateurs affirment que la préservation de la pureté des yeux permit à nos ancêtres de rester fidèles à la tradition dans trois domaines essentiels : les noms, les habitudes vestimentaires et la langue. Leur attachement à ces trois points d’ancrage témoigne leur volonté de préserver leur pureté : ils donnaient à leurs enfants des noms provenant d’une source sainte, s’habillaient de manière pudique et ne souillaient pas leur bouche par des vulgarités.

Or, Balak était conscient que cette lutte contre l’impureté environnante leur avait donné droit à la libération d’Egypte et, de manière générale, leur tenait lieu de mérite et les prémunissait contre tout danger ou malheur. C’est pourquoi, face à la difficulté de s’attaquer à un peuple si fermement attaché à ses racines, source de sa force redoutable, il se tourna vers Bilam plutôt que de tenter de le faire par ses propres moyens. Néanmoins, il commença par le prévenir de ce pouvoir spirituel de son adversaire, afin de lui signifier qu’il faudrait avoir recours à de judicieux stratagèmes pour qu’il faute et que la Présence divine le quitte.

Le concours de circonstances qui aboutit à une conjoncture favorable pour les enfants d’Israël n’est autre que la réalisation du plan de l’Eternel, reflet de Son immense Miséricorde. Il introduisit en Balak un sentiment d’appréhension, de sorte qu’il ressente le besoin d’avoir recours à Bilam et que ses mauvais desseins soient révélés au grand jour, la brakha leur faisant ainsi défaut. Le cas échéant, le peuple juif n’est frappé que d’un moindre coup, ce qui lui permet de se relever et de retourner vers son Créateur, alors que dans le cas contraire, les dommages peuvent s’avérer fatals.

CHEMIRAT HALACHONE

Ne pas tendre l’oreille à la médisance

Il est interdit d’habiter dans un quartier de calomniateurs.

A fortiori, il est prohibé de prendre place à leurs côtés et d’écouter leurs propos, même si on n’a pas l’intention d’y prêter crédit, car le seul fait de tendre l’oreille à de la médisance est proscrit.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Les survivants de Yaakov seront (…). » (Mikha chap. 5 et 6)

Lien avec la paracha : la haftara relate la bonté du Saint béni soit-Il qui fit en sorte que Bilam loue le peuple juif au lieu de le maudire, sujet de notre paracha qui rapporte la volonté de Balak, roi de Moav, et de Bilam l’impie de maudire le peuple juif, finalement béni contre le gré de ce dernier.

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

Le clou… de la brakha

Je croisai un jour, dans la rue, un Juif de Bné-Brak que je connais bien ; celui-ci me demanda de le bénir par le mérite de mes ancêtres.

Je ne saurais dire pourquoi, mais en le voyant ainsi devant moi, j’eus soudain l’intuition qu’un lourd danger planait sur lui. Puis je baissai les yeux à terre et aperçus un clou sur le trottoir. Je me baissai pour le ramasser. « Si cet homme est en danger, m’écriai-je, que ce clou soit une kapara pour lui ! »

J’enfouis ensuite ce clou dans le sol et l’en ressortis, manège que je réitérai plusieurs fois, tout en priant pour qu’il échappe à ce danger imminent. Je remis finalement le clou à cette personne, sans savoir pourquoi, du Ciel, on m’avait poussé à ficher ce clou dans le sol puis à le remettre à cette personne en guise de « souvenir ».

Quelques jours plus tard, de retour en France, je reçus un appel de cet homme, visiblement très ému. « Rav, je ne sais pas quelle est l’importance de ce clou que vous m’avez remis, me confia-t-il, mais je viens d’échapper miraculeusement à un effroyable accident de voiture, à Jérusalem. De façon incroyable, j’en suis sorti indemne ! »

J’ignorais également quel était le pouvoir de ce clou ; peut-être en fait n’était-il là que pour me pousser à prier pour cet homme, afin qu’il échappe au danger le menaçant.

PAROLES DE TSADIKIM

L’ordre miraculeux de la jungle

« Soudain, le Seigneur dessilla les yeux de Bilam. » (Bamidbar 22, 31)

Tout au long de son existence, l’homme observe des événements dans ce monde et en ignore le sens, jusqu’à ce que le Saint béni soit-Il lui dessille les yeux. Dès lors, tout devient clair.

Le Maguid Mécharim, Rabbi Elimélekh Biderman chelita, raconte l’histoire suivante, rapportée dans l’ouvrage Missod Sia’h Tsadikim. Lors d’un de ses discours aux membres de sa communauté, Rabbénou ‘Haïm Benattar – que son mérite nous protège –, auteur du Or Ha’haïm, leur suggéra de se conformer à l’injonction de Rabbi Meïr « Réduis tes activités commerciales et étudie la Torah » (Avot 4, 10), en ne s’occupant de leurs affaires que les trois premiers jours de la semaine, pour consacrer le reste de leur temps à l’étude de la Torah. Il leur promit que le gagne-pain qu’ils avaient l’habitude d’obtenir ne s’en trouverait pas diminué et qu’ils ne manqueraient de rien.

Tous les habitants de la ville se conformèrent à ses conseils et modifièrent leur mode de vie, qui devint plus spirituel. En l’espace de quelques semaines, les personnes avec lesquelles ils avaient des relations commerciales s’habituèrent au fait qu’elles ne pouvaient les contacter du mardi soir au dimanche matin. Cette démarche fut couronnée de succès et, en dépit de la réduction du temps voué à leur travail, ils récoltèrent les mêmes bénéfices qu’auparavant.

Ils se conformèrent à cet emploi du temps durant plusieurs années… jusqu’au départ de la prestigieuse figure du Maroc, le Or Ha’haïm décidant de rejoindre la Terre Sainte. Ses fidèles éprouvèrent alors plus de difficultés à surmonter les assauts du mauvais penchant qui, progressivement, parvint à introduire des doutes dans leur cœur concernant la promesse de leur Sage relative à la stabilité de leur gagne-pain. Finalement, ils abandonnèrent leur engagement et se remirent à travailler tous les jours de la semaine. Tandis qu’ils pensèrent ainsi gagner double, ils constatèrent rapidement qu’ils ne récoltèrent pas un centime de plus et que tous leurs efforts supplémentaires avaient été vains. Ils réalisèrent, à leurs dépens, la justesse des paroles de leur Maître : les acquis de l’homme sont déterminés dans le ciel et ne dépendent pas de son investissement dans ce domaine.

L’ouvrage poursuit en rapportant l’interprétation du Radak du verset « L’Eternel est juste en toutes Ses voies » (Téhilim 145, 17). Pourtant, souligne-t-il, nous voyons de nos propres yeux comment les animaux se dévorent les uns les autres. Où réside donc la justice divine quand, par exemple, une souris devient la proie d’un chat ?

Sachant que la première a atteint le terme de sa vie, le Saint béni soit-Il fait en sorte qu’elle se dirige près d’un chat pour lui servir de pâture. Par conséquent, celui-ci n’est pas responsable de sa mort, uniquement due au fait que ses jours avaient touché à leur fin. Le Très-Haut, conscient de cela, agence les événements de manière à ce que, avant de mourir, ce petit animal profite à la subsistance d’un autre.

Citons les mots du Radak : « Avec équité et droiture, Il pourvoit à la subsistance de tout être. Bien que les animaux soient les proies les uns des autres, comme la souris l’est du chat, les petites bêtes le sont du lion, de l’ours et du tigre et certains oiseaux sont la pâture d’oiseaux prédateurs, tout se conforme à la justice divine. Car Il doit aussi nourrir les animaux prédateurs, aussi, quand arrive le moment de mourir pour d’autres animaux, Il les offre parfois auparavant en pâture à ceux-ci pour qu’ils en profitent. »

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Rabbi David Hanania Pinto

L’honneur divin, l’unique souci de Moché

La mission de l’homme, dans ce monde, consiste essentiellement à amplifier la gloire de l’Eternel et à sanctifier Son Nom en public. Or, dans notre paracha, nous trouvons que Moché et Aharon fautèrent involontairement sur ce point en frappant le rocher, diminuant ainsi l’honneur divin, comme il est dit : « Puisque vous n’avez pas assez cru en Moi pour Me sanctifier aux yeux des enfants d’Israël. » (Bamidbar 20, 12) D.ieu les punit sévèrement en les privant du droit de conduire le peuple juif en Terre promise.

Il va sans dire qu’ils ne péchèrent que selon les stricts critères appliqués par le Créateur envers les justes. Mais, tout au long de leur existence, ils veillèrent au contraire à sanctifier le Nom divin et furent même prêts à se sacrifier pour cette tâche.

Un autre épisode de notre section illustre ce souci permanent qui était le leur. Lorsque les enfants d’Israël fautèrent en médisant de l’Eternel et de Moché, le Saint béni soit-Il envoya des serpents brûlants (sérafim) qui, par leur morsure, tuèrent un grand nombre d’entre eux. Moché supplia alors le Tout-Puissant de faire cesser ce fléau et Il lui répondit : « Fais toi-même une vipère (saraf) et place-la au haut d’une perche. » (Bamidbar 21, 8) Or, au lieu de cela, il fit un serpent, comme il est dit : « Et Moché fit un serpent d’airain, le fixa sur une perche. » (Ibid. 21, 9) Pourquoi donc modifia-t-il l’ordre divin ?

Les commentateurs expliquent que les serpents étaient venus frapper nos ancêtres parce qu’ils avaient médit de D.ieu, le serpent symbolisant ce péché, depuis la faute du serpent originel. En outre, ils étaient brûlants, telles des vipères (sérafim), afin de les punir pour leur médisance prononcée contre Moché, surnommé « ange », comme il est écrit : « Il a envoyé un ange qui nous a fait sortir de l’Egypte » (ibid. 20, 16) – un ange étant aussi appelé saraf, comme il est dit : « Des séraphins se tenaient debout près de lui. » (Yéchaya 6, 2) Car, celui qui porte atteinte à l’honneur d’un érudit est puni par la morsure d’une vipère, comme le souligne le Tana : « Leur sifflement telle la stridulation d’une vipère. » (Avot 2,10)

Lorsque Moché implora D.ieu de faire cesser le fléau, Il lui dit de faire une vipère, le symbolisant, c’est-à-dire de défendre son honneur bafoué, tandis qu’Il était prêt à fermer les yeux sur le Sien. Cependant, Moché, dans sa grande modestie, était davantage préoccupé par l’honneur de l’Eternel, aussi fit-il un serpent représentant l’affront dont Il avait été l’objet. Prêt à renoncer à son propre honneur, il chercha à défendre celui du Créateur.

Nous en déduisons à quel point Moché veilla à rétablir la gloire divine, son unique aspiration ayant toujours été de l’amplifier au maximum aux yeux du peuple. Dans l’épisode du rocher, il se trompa certes à ce sujet, mais, comme nous l’avons dit, il s’agissait d’un écart très léger, sanctionné au regard de son niveau élevé.

PERLES SUR LA PARACHA 

Il y a regret et regret

« Bilam répondit à l’ange du Seigneur : “J’ai péché parce que je ne savais pas que tu fusses posté devant moi sur le chemin.” » (Bamidbar 22, 34)

La réaction de Bilam suite au discours de l’ânesse et après qu’il vit l’ange à ses côtés, son épée dégainée, ne manque de nous surprendre : « J’ai péché parce que je ne savais pas que tu fusses posté devant moi sur le chemin. »

Le Maguid Rabbi Réouven Karlchentein zatsal raconte l’histoire d’un voleur qui, à trois heures du matin, monta sur les canalisations d’un immeuble pour pénétrer dans un appartement. Mais une camionnette de police passa près de là et le surprit en flagrant délit. On lui intenta un procès, lors duquel le juge le réprimanda pour ses mauvaises intentions. A la fin de son discours, il lui demanda : « Regrettes-tu ton acte ? »

« Evidemment, répondit-il. Si j’avais su que des policiers passeraient par-là, je n’aurais jamais fait cela. »

La réplique de Bilam à l’ange était exactement du même type.

Où courraient tous les ressuscités ?

« Voici la loi (la Torah), lorsqu’il se trouve un mort dans une tente. » (Bamidbar 19, 14)

Nos Maîtres déduisent de ce verset : « La Torah ne se maintient qu’en celui qui se tue à la tâche pour elle. »

Lors d’un de ses cours, Rav ‘Haïm de Brisk zatsal prononça les mots suivants : « Imaginez-vous qu’un jour, D.ieu décide de permettre à tous les morts de se relever et de quitter leur tombe pour une heure, de laquelle ils peuvent profiter à leur gré. Les vivants se précipiteraient alors aux cimetières pour y rencontrer leurs proches décédés et prendre de leurs nouvelles. Cependant, dès l’instant où les sépultures seraient ouvertes, les défunts ne regarderaient même pas leurs visiteurs, mais courraient tous, à grande allure, en direction des lieux d’étude pour étudier assidûment la Torah.

« Tel est le sens de l’enseignement de nos Maîtres selon lequel “la Torah ne se maintient qu’en celui qui se tue à la tâche pour elle”. En d’autres termes, elle ne perdure que chez l’homme considérant le temps qui lui est alloué dans ce monde comme l’opportunité, pour un mort, de quitter sa tombe l’espace d’une heure. »

L’erreur est humaine

« Voyez ! Ce peuple se lève comme un léopard, il se dresse comme un lion ; il ne se reposera qu’assouvi de carnage. » (Bamidbar 23, 24)

Comment Amalec put-il se tromper en pensant vaincre le peuple juif ? Quelle fut son erreur ? D’où eut-il l’audace de combattre les enfants d’Israël après tous les miracles que l’Eternel accomplit en leur faveur ?

Le ‘Hatam Sofer note que le nom Amalec correspond aux initiales des noms Amram, Moché, Lévi et Kéhat. Amalec, constatant que son nom recelait une allusion à ces quatre grandes figures de la tribu de Lévi, en déduisit qu’il détenait le pouvoir de lutter contre le peuple juif.

Cependant, il ne tint pas compte du fait que les lettres finales de ces noms forment le mot mita, allusion au fait que quiconque leur livre bataille est destiné à la mort.

Cette idée peut se lire en filigrane à travers l’oracle de Bilam concernant Amalec : « Amalec était le premier des peuples (réchit goyim) ; Mais son avenir (véa’harito) est voué à l’échec. » (Bamidbar 24, 20) Les mots réchit goyim peuvent se référer aux quatre personnalités (réchit) du peuple juif (goyim) évoquées ci-dessus, tandis que le terme véa’harito peut être interprété comme signifiant les lettres finales [des noms de ceux-ci] qui, comme nous l’avons dit, forment le mot mita.

LA PARACHA SOUS UN NOUVEL ANGLE

Nos Maîtres affirment (Sanhédrin 105b) que toutes les bénédictions de Bilam se transformèrent en malédictions, à l’exclusion de celle relative aux synagogues et maisons d’étude : « Qu’elles sont belles, tes tentes, ô Yaakov ! »

Bilam l’impie chercha à déraciner complètement du monde les lieux de prière et d’étude du peuple juif, mais le Saint béni soit-Il l’en empêcha. Il lui dit : « Je t’ai laissé rejoindre les princes de Moav et parler. Cependant, les enfants d’Israël survivront à jamais, grâce à leurs baté midrachot qui seront toujours fondés, une génération après l’autre. »

Aussi, la bénédiction « Qu’elles sont belles, tes tentes, ô Yaakov ! » perdurera tout au long de l’histoire, tandis que les ennemis du peuple juif ne parviendront pas à déraciner la Torah de lui. Jusqu’à notre époque, cette réalité se constate de manière palpable, avec la grande profusion des Yéchivot et lieux d’étude.

Une Yéchiva perpétuant son souvenir

« Depuis ma jeunesse, raconte Rabbi Réouven Elbaz chelita, Roch Yéchiva de Or Ha’haïm, j’étais attaché de toutes mes fibres aux enseignements de Torah du grand Maître du peuple juif, phare de l’Orient, le saint Or Ha’haïm. L’étude de ses écrits me procurait une immense satisfaction.

« Au cours des années, de nombreuses Yéchivot ouvrirent leurs portes en Israël, mais aucune ne fut encore érigée au nom de cet éminent Maître, Rabbénou ‘Haïm Benattar zatsal, qui avait l’habitude de rassembler les Juifs s’étant éloignés de l’Eternel pour leur enseigner la Torah. Je décidai alors, avec l’aide de D.ieu, de fonder un lieu de Torah à la mémoire de ce saint, avec l’ambition de rapprocher moi aussi mes frères juifs, de communiquer mon amour à chacun d’entre eux, aussi éloigné qu’il fût, en me concentrant sur son âme, elle aussi provenant du trône céleste.

« C’est ainsi qu’aussitôt après la guerre des Six jours, nous fondâmes cette Yéchiva. L’Eternel me donna la bravoure de pénétrer dans divers lieux étranges et douteux afin d’attirer vers le beit hamidrach des jeunes habitués à se retrouver dans la rue le Chabbat avec une cigarette.

« Un certain ‘hassid, Roch Yéchiva et père d’une famille nombreuse, habite près de notre Yéchiva. Malgré le grand joug financier reposant sur ses épaules, il tient à me remettre chaque mois une somme honorable en faveur de la Yéchiva. Lors d’une de nos rencontres, je lui demandai : “Vous avez pourtant beaucoup d’enfants à entretenir : pourquoi faites-vous tant d’efforts pour soutenir notre Yéchiva ?”

« Il me répondit, avec émotion : “Sachez que je le fais en guise de paiement pour le profit que j’en retire.” Je lui exprimai alors mon étonnement et il m’expliqua : “Avant l’ouverture de votre Yéchiva, mes enfants n’osaient pas aller dans la rue après sept heures du soir. Dès la tombée de la nuit, on avait peur de sortir, car de jeunes voyous avaient élu domicile dans notre quartier. Or, avec le temps, grâce à votre Yéchiva, tous sont devenus des érudits craignant D.ieu !”

« Nous sommes très heureux que le Saint béni soit-Il nous ait donné le mérite de perpétuer l’œuvre et les enseignements du Or Ha’haïm et de fonder une Yéchiva à son nom.

« Après la guerre des Six jours, la vieille ville fut ouverte aux Juifs et j’en profitai pour me rendre sur la sépulture du Or Ha’haïm. Je constatai alors que les Jordaniens avaient saccagé de nombreuses tombes du cimetière, mais que celle de ce Sage était restée intacte.

« Un employé arabe de la compagnie Blovend avait l’habitude d’apporter au directeur du Talmud-Torah Hamessora de la margarine confectionnée dans l’usine. Lors d’une de leurs rencontres, l’Arabe lui raconta avoir vu de ses propres yeux deux Jordaniens tentant de démolir la sépulture du Or Ha’haïm quand, soudain, un rocher tomba sur eux et ils moururent sur-le-champ. “J’étais moi aussi supposé les aider à briser cette pierre, raconta-t-il, mais je leur ai dit que je ne m’en sentais pas capable et me suis enfui, ce qui m’a sauvé la vie !”

« Rabbi Guershon de Kitov zatsal, gendre du Baal Chem Tov, qui s’installa en Terre Sainte, demanda au Or Ha’haïm pourquoi il parlait à des gens ne craignant pas D.ieu. Le Sage lui répondit : “Que puis-je faire ? C’est ma manière de rapprocher les gens éloignés.”

« Telle était l’œuvre du Or Ha’haïm, rapprocher les Juifs éloignés de leur Créateur, et tel est aussi l’objectif de la Yéchiva qui porte son nom.

« Pour conclure, rapportons ce que le Or Ha’haïm écrivit explicitement dans ses lettres : il prierait, de son vivant comme après sa mort, en faveur de tous ceux qui poursuivraient son œuvre. Et effectivement, quiconque soutient les institutions portant son nom a bénéficié de miracles. »

 

 

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