La Paracha de la semaine en format PDF

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Chabbat Soukot

30 Septembre 2023

טו תשרי התשפ"ד

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
Paris 19h16 20h20 21h06
Lyon 19h07 20h08 20h52
Marseille 19h05 20h05 20h47
Tel Aviv 18h06 19h04 19h42
Jérusalem 17h52 19h02 19h39

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Toujours dans la joie

Rabbi David ’Hanania Pinto

Dans les moments de joie, l’homme se rattache au Saint béni soit-Il, comme il est dit, au sujet de la fête de Souccot : « Tu t’abandonneras à la joie » (Dévarim 16, 15), véhayita akh saméa’h. Notons que le terme akh (uniquement) équivaut numériquement au Nom divin Aleph--Youd-. En d’autres termes, la joie de l’homme est entièrement consacrée à D.ieu. Malgré toutes les fêtes qu’il a déjà célébrées, l’homme ne se lasse pas de servir l’Eternel, mais, au contraire, sa joie s’amplifie encore davantage le dernier jour. Il oublie alors toutes ses difficultés, car il a le sentiment de se tenir devant le Saint béni soit-Il, devant Lequel il danse, dans un esprit d’abnégation totale.

De la sorte, il a le mérite que le Saint béni soit-Il le relie à l’âme de Moché Rabbénou, conformément à l’enseignement selon lequel « dans sa génération, il existe une expansion de l’âme de Moché » (Zohar, Raaya Méhémana III 273). De même que Moché étudia assidûment la Torah et bénéficia d’un renouveau permanent, tout homme qui se rattache à lui par le biais de la Torah pourra puiser de sa sainteté et deviendra une nouvelle créature, au point qu’il justifiera à lui seul la création du monde, dans l’esprit de l’affirmation de nos Sages : « Le monde a été créé pour moi. » (Sanhédrin 37a)

Le roi David s’est exclamé : « Combien j’aime Ta Loi ! Tout le temps, elle est l’objet de mes méditations. » (Téhilim 119, 97) Dans le même chapitre des Psaumes, il dit également : « J’ai médité sur mes voies et ramené mes pas vers Tes statuts. » (Ibid. 119, 59) A travers ces mots, il signifie au peuple juif qu’après avoir analysé toutes les voies autres que la Torah et s’être interrogé si elles apportaient une jouissance ou ne menaient qu’au péché, il a constaté que toutes les nations se trompaient, à défaut de posséder la Torah. Il est arrivé à la conclusion que la seule voie souhaitable pour l’homme est celle des lois divines, de la sainte Torah qu’il chérissait tant.

Le roi David est, pour les enfants d’Israël, le symbole de l’amour de la Torah. Il est rapporté qu’il dansa avec une grande effervescence devant l’arche sainte et ne prêta pas attention aux moqueries de sa femme Mikhal, comme il est dit : « Comme l’arche du Seigneur entrait dans la cité de David, Mikhal, fille de Chaoul, regarda par la fenêtre, vit le roi David sautant et dansant devant le Seigneur, et elle en conçut du dédain pour lui. » (Chmouel II 6, 16) Par ailleurs, il honorait les érudits et étudiait la Torah avec une grande humilité (Moèd Katan 16b). A cet égard, bien qu’A’hitofel ne lui enseignât que deux choses, il l’appelait « Mon Maître et mon enseignant » (cf. Téhilim 55, 14). L’unique ambition du roi David était d’étudier la Torah et c’est ce qui lui valut que la fête de Hochana Rabba soit désignée d’après son nom. Enfin, dans les temps futurs, c’est lui qui, en tant que symbole de la Torah et de la joie, aura le privilège de réciter la bénédiction sur la coupe de vin lors du repas donné en l’honneur des patriarches.

Aussi, lorsque l’homme étudie la Torah ou récite des chapitres de Psaumes composés par le roi David, il purifie son être de ses péchés, comme l’enseignent nos Sages (Bérakhot 5a) : « Quiconque s’implique dans l’étude de la Torah ou dans la charité, se voit absous, comme il est dit : “La bonté et la bienveillance effacent la faute.ˮ (Michlé 16, 6) » Le Créateur l’aide alors à devenir comme une nouvelle créature, en vertu du principe : « Celui qui vient se purifier, D.ieu l’assiste. »

L’homme qui se réjouit durant la fête a également le mérite de se tenir près de l’Eternel dans un état de grande joie. En cette heure de grâce, le Saint béni soit-Il déverse sur lui une partie du pouvoir du roi David et de celui de Moché [avec le décès duquel la Torah se clôt], si bien qu’il devient un nouvel être, pour lequel l’univers entier valait la peine d’être créé. Il gagne alors toutes ces influences positives que l’Eternel lui a accordées.

C’est la raison pour laquelle le récit du décès de Moché est lu le jour de Sim’hat Torah, afin de nous enseigner et de nous rappeler que « la Torah ne peut être acquise que par celui qui se tue à la tâche pour elle » (Bérakhot 63b). Moché qui, toute sa vie durant, s’attela assidûment à la tâche de l’étude, mérita que la Torah soit appelée à son nom. Or, il n’existe pas de joie plus intense que celle d’un homme qui se voue pleinement et avec joie à l’étude de la Torah. Aussi, à Sim’hat Torah, tout Juif s’efforcera d’accepter la « Torah de Moché » et, à l’instar de celui-ci, de se consacrer avec joie à son étude.

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Perles de l’étude de notre Maître le Gaon et Tsadik Rabbi David ’Hanania Pinto chelita

Le moment approprié pour se réjouir avec la Torah

J’ai pensé à une belle raison expliquant pourquoi nos Sages ont institué, précisément à Chemini Atsérèt, à la fin de toute la série de jours fériés, la conclusion de la lecture de la Torah.

Comme nous le savons, le chiffre sept symbolise la nature, tandis que le huit symbolise ce qui la dépasse. D.ieu créa le monde en sept jours et tout, dans celui-ci, renvoie à ce chiffre : les sept planètes du système solaire, les sept traits de caractère, les sept jours de la semaine…

Le chiffre huit se référant à ce qui dépasse la nature, la fête de Chemini Atsérèt fait allusion à ce qui a précédé la Création, à ces temps immémoriaux où le Saint béni soit-Il se trouvait seul avec la Torah, si bien que cette fête est le moment le plus adéquat pour se réjouir avec celle-ci.

Ajoutons l’idée suivante, sur le mode allusif. D’après Rachi et l’interprétation du Midrach qu’il rapporte, tous les jours de la fête, les enfants d’Israёl apportent soixante-dix taureaux, en parallèle à ce nombre de nations. Puis, au terme de ces jours de fête et de ces offrandes, alors qu’ils s’apprêtent à retourner chez eux, l’Eternel leur demande de s’attarder à Ses côtés un jour supplémentaire. Cette demande témoigne l’émotion qu’Il nous porte, tel un père venant de perdre ses chers enfants et déplorant leur départ.

De même, tout Juif doit languir les jours de fête qui sont derrière lui et ressentir la difficulté de se séparer de leur sainteté et du service divin accompli durant cette période. Ces désirs ardents de sainteté lui permettront de prolonger la sainteté propre à la fête et de maintenir sa proximité avec l’Eternel tout le reste de l’année. Telle est bien la finalité de la fête de Chemini Atsérèt, à savoir que l’homme éprouve lui aussi des difficultés à se séparer de D.ieu et des jours de fête et cherche à perpétuer leur sainteté et son lien intime avec le Créateur à l’ensemble de l’année.

Or, seule l’étude de la Torah lui permettra de prolonger cet élan car, lorsque l’homme s’y attelle, il en vient à languir le service divin et la proximité de l’Eternel.

Dès lors, nous comprenons pourquoi nos Sages ont institué la conclusion de la lecture de la Torah le dernier jour des fêtes, ainsi qu’une joyeuse célébration autour de la Torah, afin de renforcer notre lien et notre amour pour elle, lien dont la solidité assurera la pérennité. De la sorte, la sainteté des fêtes nous accompagnera tout au long du calendrier.

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

Étincelles de émouna et de bita’hon consignées par le Gaon et Tsadik Rabbi David ’Hanania Pinto chelita

La vue retrouvée par le mérite des tefillin

Il y a plus de dix ans, lorsque je me suis rendu pour la première fois à New-York, je ne pensais pas pouvoir arriver à influencer les gens à se rapprocher du Créateur, bien que j’aie beaucoup d’expérience dans ce domaine. Je m’imaginais que les Américains ne m’écouteraient pas et n’étais pas certain que j’oserais même leur demander s’ils mettaient les tefillin ou respectaient le Chabbat. Et si je m’aventurais à leur poser de telles questions et qu’ils me répondaient par la négative, parviendrais-je ensuite à les inciter à le faire ?

Je pensais qu’à New-York, personne n’avait de temps « à perdre » pour prier, étudier, mettre les tefillin ou respecter le Chabbat, ses habitants étant totalement plongés dans le monde des affaires. Pourtant, je ne me décourageai point et tentai ma chance dans la mégalopole.

Un homme qui avait perdu la vue vint me demander une bénédiction pour la recouvrer. Je le questionnai : « Mettez-vous les tefillin ? » Il me répondit qu’il n’en avait pas l’habitude. Je lui suggérai de le faire dorénavant, l’assurant que cela le guérirait de sa cécité. Il me demanda alors quel était le lien entre cette pratique religieuse et les yeux.

Je lui répondis : « Quand tu vas chez le docteur et qu’il te prescrit un médicament, l’interroges-tu sur le lien existant entre celui-ci et ta maladie ? Non, tu lui fais confiance. De même, tu dois croire que toutes les mitsvot de la Torah guérissent l’homme de la maladie, comme il est dit : “Ce sera la santé pour ton corps, une sève généreuse pour tes membres.” (Michlé 3, 8) » Convaincu, il prit congé de moi, une paire de tefillin en main.

Quelque temps plus tard, lorsqu’il retrouva le sens de la vue, il revint me voir pour me confier avec émotion : « Rabbi ! A l’instant où j’ai mis les tefillin, j’ai ressenti quelque chose que je n’avais encore jamais éprouvé : j’ai pensé que j’étais en train de procurer de la satisfaction à mon Créateur et je l’ai fait dans le seul but d’accomplir la mitsva, et non pas afin que celle-ci m’apporte la guérison. »

Je lui répondis : « Par le mérite de ta foi pure, l’Eternel t’a rendu la vue. Le verset y fait allusion : “Tu les attacheras, comme symbole, sur ton bras, et les porteras en fronteau entre tes yeux.” (Dévarim 6, 8) »

Je suis convaincu que la ferme foi en D.ieu acquise par cet homme est à créditer à une force que le Très-Haut avait ancrée en lui dès le moment où Il l’a créé, avant même qu’il ne naisse, force qui s’est ensuite traduite en acte, lui permettant de se repentir.

PAROLES DE TSADIKIM

Perles de Torah sur la paracha entendues à la table de nos Maîtres

Ne pas manquer les hakafot !

Dans son ouvrage Sia’h Its’hak, Rabbi Eliahou Mani zatsal, Rav de ‘Hevron, raconte l’histoire d’un ‘hassid qui, le jour de Sim’hat Torah, avait l’habitude d’embrasser le séfer Torah tout en pleurant et implorant D.ieu. Lorsqu’on l’interrogea sur cette curieuse habitude, il expliqua : « Le jour de la joie de la Torah, je supplie l’Eternel pour que celle-ci me pardonne mon manque d’assiduité et la honte que je lui ai ainsi suscitée et m’engage dorénavant à respecter toutes ses paroles. »

Celui qui, lorsque le séfer Torah passe et est ouvert devant lui, ne pense pas à se repentir, à regretter ses manquements dans l’étude et l’accomplissement des mitsvot et à supplier le Créateur de lui pardonner ses péchés, campant au contraire sur ses positions, mérite une grande punition, comme il est dit : « L’effronté mérite la géhenne. »

Ceci est comparable à un roi humain qui s’est mis en colère contre ses serviteurs parce qu’ils ont bafoué son honneur. Un jour, il passe près d’eux et ils ne se lèvent pas devant lui : ils ne font qu’augmenter encore la punition qu’ils méritaient déjà. De même, celui qui n’éprouve pas de sentiments de contrition lorsqu’un séfer Torah est devant lui, accroît évidemment sa punition, à D.ieu ne plaise.

Le Tsadik Rabbi Meïr de Primichlan zatsal avait l’habitude de dire que, pendant les hakafot, nous avons la possibilité de déchirer notre sentence. Ceci corrobore ce qui est écrit dans la prière, composée par le ‘Hida, lue au début de ces danses : elles ont le pouvoir de faire tomber tous les écrans de fer nous séparant de notre Père céleste.

Les Grands Rabbanim ‘hassidim ont affirmé que, ce à quoi nous pouvons parvenir à Roch Hachana, par le biais de pleurs émanant d’un coeur brisé, nous pouvons aussi l’atteindre par les danses joyeuses de Sim’hat Torah. Ils ajoutent que les moments de cette fête sont si précieux que chacun d’entre eux nous donne accès à de véritables trésors. Aussi, nous incombe-t-il de chérir particulièrement ces instants de Chemini Atsérèt et de Sim’hat Torah, riches en trésors spirituels comme matériels, et ce, en dansant joyeusement en l’honneur de la Torah.

DES HOMMES DE FOI

Un vendredi, Mme ‘Hanna Lancry revenait du marché, portant de lourds paniers remplis de mets délicieux achetés en l’honneur de Chabbat. Elle marchait doucement, à pas mesurés. Du fait de son état – elle attendait un enfant –, sa charge lui pesait beaucoup.

Au même moment, Rabbi ‘Haïm Pinto sortit de chez lui. Quand il vit Mme Lancry peiner ainsi, il se précipita à sa rencontre et lui dit : « Avec votre permission, je vais porter les paniers jusqu’à chez vous. »

Le Tsadik en prit un et donna le second à la personne qui l’accompagnait.

Touchée par la délicatesse de Rabbi ‘Haïm, Mme Lancry éclata en sanglots. « Pardonnezmoi, lui dit-elle, mais je ne suis que poussière sous vos pieds, je ne peux permettre à votre honneur de prendre mes paniers comme un simple porteur. »

« Madame, lui dit le Tsadik joyeusement, celle qui nous fait un bienfait, c’est vous. Vous nous donnez un immense mérite en nous permettant d’accomplir la mitsva décrite dans la Torah (Chémot 23, 5) “Aider, tu l’aideras”, dont la récompense va nous être conservée pour le monde futur. C’est à nous de vous remercier de nous avoir donné ce privilège. »

Quand il arriva chez Mme Lancry, Rabbi ‘Haïm sortit de sa poche une coquette somme d’argent et la lui remit pour les achats destinés à la future naissance.

SUJET DU JOUR

En marge du verset des Téhilim « De David. Le Seigneur est ma lumière (ori) et mon salut (yichi) », nos Sages commentent que le mot ori se réfère à Roch Hachana, tandis que le mot yichi se réfère à Kippour. Nos Grands Rabbanim ont souligné la particularité du Chabbat ‘hol hamoed dont la sainteté est renforcée par le fait qu’il tombe en pleine fête. Le Rav Ségal affirme à cet égard (Maharil, Séder téfilot chel Pessa’h, 10) : « Je ne jouis d’aucun Chabbat de l’année comme de celui de ‘hol hamoed parce qu’il est précédé et suivi de jours de fête, tandis qu’il fait lui-même partie des mi-fêtes. »

En réalité, le service divin propre aux jours redoutables ne prend pas fin à Kippour, mais se prolonge avec Souccot, comme il est dit : « Car, au jour du malheur, Il m’abriterait sous Son pavillon, Il me cacherait dans la retraite de Sa tente. » Souccot est la prolongation naturelle des jours redoutables, puisqu’une atmosphère de sainteté, encore grandissante, continue alors à nous accompagner et à nous envelopper.

Plus encore, Rav Shakh zatsal souligne que Souccot n’est pas uniquement une prolongation des jours redoutables, mais un nouveau sommet de proximité avec le Créateur, le summum étant atteint à Sim’hat Torah où nous ouvrons l’Arche sainte et sortons tous les sifré Torah. Les tenant en main, nous disons : « Sauve-nous, attachés et serrés à Toi, sauve-nous ! » Maître du monde, nous sommes liés à Toi d’un lien indéfectible.

GARDE TA LANGUE

Même à son père ou à son Rav

Il n’y a pas de différence si on colporte de son propre gré ou si on le fait suite aux insistances de son prochain qui avait déjà compris de lui-même une partie de ce qu’untel avait dit de lui. Même si c’est son père ou son Rav qui insiste pour qu’on leur raconte ce qu’untel a dit d’eux, et même s’il ne s’agit que de « poussière » de colportage, cela reste interdit.

 

 

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