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« Celui qui aspire à la piété doit observer particulièrement les règles des bénédictions »

Dans une précédente Halah’a, nous avons expliqué le principe de goûter un aliment, et nous avons précisé que même lorsqu’on avale ce que l’on goûte, malgré tout, puisque l’on a pas l’intention d’en tirer profit, mais seulement d’en vérifier l’assaisonnement, on ne récite pas de bénédiction sur l’aliment que l’on veut goûter. Comme nous l’avons expliqué, cette règle est valable même lorsqu’on avale ce que l’on goûte, comme le tranche le RAMBAM. Cependant, nous avons également précisé qu’étant donné que selon l’opinion de Rabbenou H’anan’el, cette règle n’a été dite que pour celui qui recrache ce qu’il va goûter, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il est préférable de s’imposer la H’oumra (rigueur) lorsqu’on goûte un aliment pour en vérifier l’assaisonnement et que l’on désire avaler, d’avoir la pensée explicite de tirer pleinement profit de ce que l’on goûte, et sous cette condition, on est autorisé à réciter la bénédiction selon tous les avis.

Il est enseigné dans la Guémara Bava Kama (30a) :

« Celui qui aspire à la piété doit observer particulièrement les règles des bénédictions ».

Ce qui signifie que lorsqu’on désir atteindre le niveau de H’assid (pieux) et accomplir des gestes de piété, on doit être très méticuleux dans le domaine des bénédictions.

C’est pour cela que notre maître le Rav Chlita écrit qu’à tous les endroits où l’on trouve une divergence d’opinions parmi les décisionnaires au sujet de bénédictions, même si selon l’essentiel de la Halah’a nous tranchons selon un seul des avis en discussion, il est malgré tout souhaitable de ne pas s’attirer dans une situation qui fait l’objet d’une discussion dans le domaine des bénédictions. Nos allons citer plus loin quelques exemples de telles situations.

Nous avons déjà expliqué que la quantité à partir de laquelle on est soumis à l’obligation de réciter une bénédiction finale est de Kazaït (pour un aliment solide) qui représente environ 27 g.

C’est pourquoi lorsqu’on consomme un fruit en quantité de Kazaït, on est tenu de réciter la bénédiction finale qui est « Boré Nefachote », et dans le cas où il s’agit d’un fruit qui fait parie de la catégorie des « 7 espèces », on récitera la bénédiction finale de « ‘Al Ha-‘Ets ».

Cependant, les décisionnaires (Tossafot sur Berah’ot 39a) s’interrogent au sujet d’une personne qui consomme un grain de raisin ou un grain de grenade, ou bien une tranche d’orange, doit-elle réciter la bénédiction finale même si cette personne n’a pas consommé une quantité de Kazaït de ce fruit, étant donné qu’un grain de raisin ou de grenade peut être considéré comme une « créature » indépendante. C'est-à-dire : une créature intégrale qui existe dans le monde, et du fait de son importance, même si l’on en consomme moins que Kazaït, on est peut-être tenu de réciter la bénédiction finale sur une telle « créature ».

C’est pour cela qu’il est préférable et souhaitable d’éviter de s’attirer dans une situation qui fait l’objet d’une divergence parmi les décisionnaires sur ce point, et par mesure de piété, chacun doit éviter de consommer un seul grain de raisin ou autre. On doit en consommer en quantité minimale de Kazaït, car si l’on ne mange pas la quantité de Kazaït de ce fruit, on ne peut pas réciter la bénédiction finale, même si selon certains on devrait la réciter dans ce cas.

Mais si l’on en consomme une quantité de Kazaït, on doit réciter la bénédiction finale selon tous les avis.

Par conséquent, par mesure de piété, il faut éviter d’arriver à une telle situation soumise à un doute dans le domaine des bénédictions, et consommer une quantité de Kazaît de raisins, ou bien ne pas en consommer du tout, ou alors moins qu’un grain entier.

Dans la prochaine Halah’a, nous apporterons d’autres détails sur ce point.

 

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