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Question : Est-il vrai qu’il faut veiller à ne jamais consommer un aliment qui a séjourné sous un lit, et en est-il de même vis-à-vis d’aliments enveloppés d’un emballage ?

Réponse :

Il est enseigné dans la Guémara Péssah’im (112a) :

Des aliments ou des boissons qui ont séjourné sous un lit, même s’ils sont recouverts de métal, l’esprit d’impureté réside sur eux.

Ce qui signifie que des aliments ou des boissons qui ont séjourné sous un lit, même s’ils étaient déposés dans un objet en métal, l’esprit d’impureté réside sur eux, et il est interdit de les consommer.

Il est vrai que notre maître le RAMBAM écrit que cet interdit n’est pas lié à l’esprit d’impureté, mais à une autre raison, et il écrit également que de notre temps, l’esprit d’impureté n’existe plus, malgré tout, selon l’opinion de la majorité des décisionnaires, cet interdit est lié à l’esprit d’impureté.

Telle est la conclusion sur le plan pratique.

La raison à cet interdit relève du danger pouvant subvenir en conséquence à la consommation d’aliments sur lesquels réside un esprit d’impureté. (Et même si nous ne voyons pas réellement des gens subir des dommages en conséquence à cela, il se peut que le dommage subvienne plus tard, ou bien qu’il s’agisse d’un dommage spirituel).

La Guémara ne précise pas si cet interdit existe seulement lorsque les aliments ont séjourné sous un lit sur lequel quelqu’un dormait, ou bien s’il existe aussi lorsque les aliments ont séjourné sous un lit où personne ne dormait.

En effet, le Gaon auteur du Torat H’aïm écrit que l’interdit n’existe que lorsque les aliments ont séjourné sous un lit sur lequel une personne dormait, car le sommeil représente 1/60ème de la mort, et lorsque l’homme dort, l’esprit d’impureté réside sur son corps. Si des aliments se trouvaient sous son lit, l’esprit d’impureté a donc résidé également sur eux.

Selon cela, il semble qu’il n’y a lieu d’interdire que lorsqu’une personne dormait sur le lit lorsque les aliments ont séjourné sous le lit.

En réalité, même s’il y a lieu de s’imposer la rigueur Leh’atéh’ila (à priori) et de ne pas placer de nourritures sous un lit, malgré tout, Bédi’avad (a posteriori), lorsque des aliments ont séjourné sous un lit sur lequel personne ne dormait, notre grand maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit que l’on peut autoriser l’utilisation de telles nourritures. En particulier, s’il s’agit de nourritures crues, car dans ce cas, il y a davantage matière à autoriser. Il est juste malgré tout de rincer 3 fois les aliments dans de l’eau, car selon certains, ce lavage est utile à les purifier de l’esprit d’impureté qui réside sur eux.

Mais s’il s’agit de nourritures qui ont séjourné sous un lit sur lequel quelqu’un dormait, notre maître le Rav Chlita conclut qu’il faut s’imposer la rigueur même Bédi’avad (a posteriori), car c’est ainsi que tranchent les grands de ce monde, et parmi eux, le Gaon notre maître le H’YDA ainsi que le Gaon de Vilna. Excepté s’il s’agit d’une situation qui engendre une importante perte d’argent, dans ce cas, il y a matière à autoriser à ne pas jeter cette nourriture, en associant l’opinion de ceux qui pensent que la rigueur ne doit être adoptée sur ce point que Léh’atéh’ila (à priori).

Notre maître le Rav Chlita écrit qu’il a constaté de lui-même que le Gaon Rabbi Chimchon Aharon POLANSKY enseignait la permission sur ce point en cas de situation de perte importante.

Concernant des aliments qui ont séjourné sous un berceau, il est très fréquent que les mamans posent de la nourriture sous les poussettes des enfants, et il est certain qu’il y a lieu de s’imposer la rigueur de ne pas agir ainsi Léh’atéh’ila (à priori). Mais Bédi’avad (a posteriori), si des aliments ont séjourné sous le lit d’un enfant, du point de vue de la Halah’a, il y a lieu d’autoriser les aliments à la consommation, car l’esprit d’impureté ne réside pas réellement sur les enfants, et par conséquent, même si l’enfant dormait sur le lit lorsque les aliments séjournaient dessous, on peut autoriser leur consommation. S’il s’agit d’aliments crus, comme des fruits ou des légumes, il est juste de les rincer 3 fois dans l’eau, comme expliqué plus haut.

En conclusion :

Il ne faut absolument pas placer des aliments ou des boissons sous un lit. Si personne ne dormait sur le lit lorsque les aliments ont séjourné dessous, on peut les autoriser à la consommation Bédi’avad (a posteriori). Mais si quelqu’un dormait sur le lit, il faut interdire les aliments à la consommation même Bédi’avad, car cela représente un danger.

Cependant, s’il s’agit d’une situation de perte importante, on peut autoriser les aliments même dans le cas où des personnes dormaient sur lit. S’il s’agit d’aliments crus, comme des fruits ou des légumes qu’il est possible de rincer à l’eau, il est juste de les rincer 3 fois dans l’eau afin de les purifier de l’esprit d’impureté qui réside sur eux. Si les aliments ont séjourné sous le lit d’un enfant en bas âge, bien qu’il est interdit de placer Léh’atéh’ila (à priori) des aliments à cet endroit, malgré tout, on peut les autoriser à la consommation Bédi’avad (a posteriori).

 

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