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L’interdiction de manger avant de nourrir son animal

Il est enseigné dans la Guémara Bérah’ott (40a) :

Rav Yéhouda dit au nom de Rav : Il est interdit de manger avant d’avoir nourri son animal, comme il est dit : « Je procurerais l’herbe de ton champ pour ta bête, tu mangeras et tu te rassasieras. » (Dévarim 11)

Nous constatons dans ce verset que la Torah a donné priorité à l’alimentation de l’animal sur celle de l’homme (au contraire de ce que l’on pourrait croire), c'est pourquoi il est interdit de manger avant de donner à manger à son animal.

Cette Halah’a est tranchée par le Rambam et tous les Poskim (les décisionnaires).

Il est évident qu’il n’y a aucune différence sur ce point entre une bête de bétail et un volatile, dans tous les cas, il faut d’abord donner à manger à son animal, et ensuite, on est autorisé à manger.

Le Touré Zahav (ou Taz)  écrit (sur Choulh’an ‘Arouh’ Orah’ H’aïm chap.167, note 7) qu’il n’est pas interdit de goûter un aliment, mais uniquement de faire une vraie consommation, avant d’avoir donné à manger à son animal. Il fait remarquer cette nuance à travers les termes précis employés dans la Guémara Bérah’ott citée plus haut :« Il est interdit de manger… », goûter est donc permis.

Cependant, notre maître le H’YDA, dans son livre Birké Yossef, s’étonne de cette opinion du Taz, car – selon le H’YDA – la version du RIF et du ROCH de cette Guémara Bérah’ott (40a) est « Il est interdit de goûter… ». Cette version est aussi celle de nombreux autres Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale)

En réalité, c’est également la version rapportée dans une autre Guémara, la Guémara Guittinn (62a), où il est écrit qu’il est interdit de « goûter » avant de donner à manger à son animal.

Par conséquent, il est interdit même de goûter un aliment avant d’avoir donné à manger à son animal.

C’est ainsi que tranche notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita, dans son livre Halih’ott ‘Olam (page 352).

Le Sefer Hah’assidim écrit que pour ce qui est de boire, l’être humain est prioritaire sur l’animal, et il est donc permis de boire avant de donner à manger à son animal. Nous apprenons cela de divers versets de la Torah :

§ Lorsque Moché Rabbénou doit fournir de l’eau aux Béné Israël dans le désert. « Tu abreuveras l’assemblée et leurs troupeaux » (Bamidbar 20)

§ Lorsque Rivka donne à boire à Eli’ézer et à ses chameaux. « Bois, et je donnerais également à boire à tes chameaux » (Béréchitt 24)

Ce qui n’est pas le cas pour la nourriture, pour laquelle il est écrit au sujet de Eli’ézer :

« Il donna de la paille et du foin à ses chameaux » et ensuite il est écrit : « On plaça à manger devant lui » (Béréchitt 24).

C'est pourquoi il est interdit de goûter quoi que ce soit avant d’avoir donné à manger aux animaux qui sont sous notre responsabilité. Mais pour ce qui est de boire, il est permis de boire avant de leur donner à manger.

Mais ceci à une condition :

Que les animaux ne souffrent pas du fait que l’on boit avant de leur donner à manger.

En effet, si des animaux souffrent du fait qu’on ne leur donne pas à manger, on transgresse un interdit très grave de la Torah (Tsa’ar Ba’alé H’aïm).

C’est l’occasion de rappeler aux personnes qui possèdent des animaux sous leurs responsabilités, qu’ils doivent veiller à ne pas leur causer la moindre souffrance, que ce soit par privation de nourriture ou de boisson, ou bien du fait des conditions dans lesquels ces animaux sont entretenus.

La faute de Tsa’ar Ba’alé H’aïm (faire souffrir des animaux) est très grave, et Hachem est plein de pitié envers ses créatures. Il est aussi à l’écoute des plaintes des animaux, et peut infliger un dur châtiment à l’homme pour avoir fait souffrir des animaux.

 

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