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Yom Ha-’Atsmaout

Constatant que de nombreuses personnes sont quelque peu troublées sur la juste considération qu’il faut avoir envers l’État d’Israël, au regard de la Torah, et puisque l’opinion de notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita est capitale sur ce sujet, nous avons jugé utile de diffuser de nouveau sa position sur le Yom Ha-’Atsmaout comme nous l’avons fait l’année dernière, avec un petit complément.

La date du 5 Iyar est le jour où fut déclarée l’indépendance de l’État d’Israël.

Les Sages d’Israël de ces dernières générations ont débattu au sujet de la récitation du Halel ce jour-là (comme nous récitons le Halel avec Bérah’a à H’anouka ou autre…).

Certains sont d’avis qu’il n’est pas justifié de dire le Halel et de se réjouir le jour de la création de l’État d’Israël.

Certains pensent que chacun a le droit de dire le Halel ce jour-là, afin de remercier et de glorifier Hachem pour les Miracles qu’Il a réalisés lors de la création de l’État d’Israël.

D’autres pensent qu’il est même un devoir de dire le Halel ce jour-là, et selon eux, il faut même le dire avec Bérah’a, exactement comme pour les jours de H’anouka.

Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita fut consulté sur cette question, et conclut que même dans l’hypothèse où il est justifié de dire le Halel ce jour-là, cependant, il ne faut pas le dire avec Bérah’a, car nos Maîtres n’ont instauré de dire le Halel avec Bérah’a que lorsque le Miracle s’est produit véritablement pour l’ensemble du peuple d’Israël. Lorsque tout le peuple d’Israël est menacé d’extermination, et qu’Hachem intervient pour les sauver.

Mais les Miracles qui se sont produits lors de la guerre d’Indépendance (1948) - lorsqu’ Hachem nous a sauvés de la main de nos ennemis et de nos oppresseurs qui projetaient de nous détruire – ces miracles n’ont pas été réalisés en faveur de la totalité du peuple d’Israël (tous les juifs ne se trouvaient pas à ce moment-là sur la terre d’Israël).

Par conséquent, il est certain qu’il ne faut pas réciter la Bérah’a sur le Halel, le jour de Yom Ha-’Atsmaout.

Notre maître le Rav Chlita ajoute un argument qui démontre que l’on ne doit pas réciter la Bérah’a sur le Halel le jour de Yom Ha-’Atsmaout.

En effet, même si – par l’aide d’Hachem – nous avons eu le mérite de vaincre nos ennemis, cependant, concernant le Miracle de H’anouka – que nos maîtres ont fixé comme étant des jours de fête, de louanges et de reconnaissance envers Hachem – il est rapporté dans la Guémara que cette institution n’est que pour le Miracle de la fiole d’huile dans lequel il y avait la quantité suffisante pour allumer un seul jour, et que par miracle, ils purent allumer huit jours. Or, le MAHARATS H’ayout demande :

Pourquoi ne pas dire que l’instauration de la fête et du Halel de H’anouka vient commémorer le Miracle de la victoire militaire de la minorité sur la majorité ?

Il répond que ce type de Miracle (même s’il n’en reste pas moins un Miracle d’Hachem) ne déroge pas aux règles de la nature (comme l’écrit le RAN sur H’oulinn 95a, qu’effectivement, deux ou trois braves peuvent mettre en fuite de nombreux peureux), et on ne dit pas le Halel pour les Miracles cachés qu’Hachem réalise pour nous à chaque instant.

Ce qui n’est pas le cas du miracle du flacon d’huile de H’anouka, qui sort totalement du cadre des règles de la nature, et c’est pourquoi nos Maîtres ont instauré la lecture du Halel pendant H’anouka.

Il en est de même pour notre sujet d’aujourd’hui.

Même si nous avons eu le mérite - par les bontés d’Hachem - de vaincre nos ennemis si forts et si nombreux, cependant, cela reste un phénomène dans le cadre de la nature, en particulier, lorsqu’on constate que lors de la guerre d’Indépendance, Israël a perdu de nombreuses et précieuses âmes parmi nos valeureux soldats. Et même si en définitive, Israël a obtenu la victoire, cela reste un phénomène qui ne déroge pas des règles de la nature.

Par conséquent, il n’y a pas à fixer la lecture du Halel avec Bérah’a, ce jour-là.

Notre maître le Rav Chlita ajoute encore que même si effectivement, de nombreux et très éminents Rabbanim – Grands de la Génération – (à l’époque de la création de l’État d’Israël) ont vue - à travers la création de l’État – le Début de la Guéoula (la délivrance), malgré tout, la route est encore très longue pour arriver au repos et à l’indépendance, aussi bien du point de vue politique et militaire, aussi bien du point de vue moral et spirituel.

C’est pourquoi, il ne faut pas lire le Halel avec Bérah’a, puisque les chefs des armées arabes menacent toujours de sortir en guerre contre Israël. De plus, combien de pays « clairvoyants », considérés comme les « amis » d’Israël, lui ont tourné le dos lors des précédentes guerres.

Sans parler du point de vue spirituel où nous sommes descendus si bas !

Nous sommes les témoins d’une décadence morale affolante.

La permissivité augmente de plus en plus, la marginalité se déploie ouvertement. Le manque de pudeur, les vêtements de débauche, les livres pornographiques, les films scandaleux, la profanation du Chabbat en public, l’ouverture de commerces où l’on distribue de la viande non Cacher dans des proportions stupéfiantes, et combien d’autres exemples de honte du même type.

Mais le comble, c’est de constater que des milliers d’enfants juifs sont scolarisés dans des établissements non religieux où l’on apprend à ignorer toute la Sainteté d’Israël, et où l’on encourage les juifs à vivre comme des non-juifs, et à abandonner la Source d’Eau Vive pour aller creuser des puits fendus qui n’ont même pas la capacité de contenir l’eau.

Est-ce cela que nous avons tant attendu et tant espéré durant les milliers d’années de notre exil ?!

Alors que le RAMBAM écrit : « le peuple d’Israël a prophétisé l’époque messianique seulement dans le but qu’il soit débarrassé des peuples qui ne le laissent pas s’adonner à la Torah et aux Mitsvot comme il se doit. »

Lors de l’époque messianique, la Emouna (la foi), la connaissance, la sagesse et la vérité augmenteront, comme il est dit : « La terre se remplira de la connaissance d’Hachem, comme les eaux recouvrent la mer, car tout le monde me connaîtra, du plus petit au plus grand d’entre eux ».

Pour toutes ces raisons, de nombreux dirigeants spirituels – voyant que la Chéh’ina (la Présence Divine) est encore en exil – ont pour usage de ne pas dire du tout le Halel le jour de Yom Ha-’Atsmaout. Leur raison est fondée sur la peine et la souffrance qu’ils ressentent en constatant l’état spirituel dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.                                

Et même si en réalité - malgré tous les nuages qui obscurcissent le Miracle de la création de l’État d’Israël – il y a des faits marquants desquels nous ne pouvons nous dérober, par exemple, le fait que l’État d’Israël représente aujourd’hui le véritable centre de la Torah dans le monde entier, et que des milliers de nos enfants y étudient la Torah, jour et nuit dans les Yéchivott consacrées exclusivement aux études religieuses. Comme aussi le fait que nous trouvons - même parmi les gens les plus simples – une oreille attentive à la Torah et à la connaissance, émanant de la bouche des Grands d’Israël.

Mais malgré tout, cela ne suffit pas pour justifier une obligation à dire le Halel avec Bérah’a, ce jour-là.

C’est ainsi qu’ont tranché les Guéonim suivants :

Rabbi Ben Tsion Meïr ‘Haï ‘OUZIEL, Rabbi Itsh’ak HERTZOG, Rabbi Tsvi Pessa’h FRANCK, Rabbi Réouven KATS, Rabbi Ovadia HADAYA et Rabbi Ya’akov ADESS, présidents du Grand Rabbinat d’Israël.

Toute personne qui s’autorise à réciter la Bérah’a sur le Halel le jour de Yom Ha-’Atsmaout doit savoir qu’elle s’introduit dans un risque de récitation d’une Bérah’a en vain, car de façon unanime, le fait de réciter la Bérah’a sur le Halel ce jour-là ou pas, fait l’objet d’une divergence d’opinions Halah’ique parmi les décisionnaires. Or, nous avons une règle capitale selon laquelle lors d’un doute (divergence) on ne récite pas la Bérah’a (Safek Bérah’ot Léhakel).

Cependant, le Gaon auteur du H’azon Ich, ainsi que le Gaon, le Rav de BRISK - qui ont vécus en Israël à l’époque de la création de l’État d’Israël – n’étaient pas favorable à cette idée, et se sont fortement opposés à cela.

Toutefois, n’oublions pas que dans la réalité de cette époque, les choses n’étaient pas aussi claires qu’à notre époque (aussi bien du point de vue des opposants au Sionisme, que du point de vue de ses partisans), car l’activisme antireligieux des autorités gouvernementales - discriminatoire et dénué de toute responsabilité sociale et spirituel – était très agressif.

En assimilant les immigrants du Yémen et du Maroc, de façon méthodique et cruelle, ainsi que d’autres actes aussi aberrants.

Mais d’un autre côté, le Miracle du sauvetage de la main des Anglais était distinct et très ressenti.

La recréation en Israël, des Yéchivott qui avaient disparu en Europe lors de la Choah, réjoui le cœur de tous ceux qui aiment la Torah.

C’est pour toutes ces raisons qu’il était très difficile de percevoir les choses à cette époque, de la même façon que nous les percevons nous aujourd’hui, car dans l’absolue, la création de l’État d’Israël représente un sauvetage et une grande délivrance pour notre peuple, même si – comme nous l’avons dit – nous nous opposons très fortement à un grand nombre d’agissements de plusieurs dirigeants de l’état, depuis sa création, et jusqu’à ce jour.

Nous ne devons pas non plus oublier que grâce l’état d’Israël et au retour des juifs sur la terre d’Israël, nous avons eu le mérite qu’une grande partie de notre peuple soit épargnée du danger de l’assimilation qui existait à l’étranger, en particulier au sein des personnes qui n’observent pas la Torah, pour lesquels il ne fait pas de doute que c’est leur manque de connaissances qui les mènent vers les mariages mixtes et vers l’attachement à d’autres religions comme la montre la réalité aux États unis et en France ou autre…

Par conséquent, même s’il est plus facile pour une personne fidèle à la Torah de repousser toute opinion favorable à l’État d’Israël, malgré tout en réalité la création de l’État d’Israël est une grande faveur pour notre peuple et une grande bonté d’Hachem qui a eu pitié de Son peuple et qui l’a ramené sur sa terre de façon incroyable.

Le Gaon Rabbi Yossef H’AÏM zatsal de Bagdad (qui a vécu il y a environ 150 ans) écrit dans son livre Bénayahou Ben Yéhoyad’a sur la Guémara Roch Ha-Chana (8b) :

« C’est ainsi que s’est réalisée la délivrance d’Israël lors de la sortie d’Égypte. Dès le mois de Tichri, nos ancêtres ont cessé le travail, et au mois de Nissan ils sont sortis d’Égypte. Ce qui signifie que de Tichri jusqu’au 15 Nissan ils n’ont pas été totalement affranchis d’Égypte, mais tout en étant encore en Égypte, ils ne subissaient plus l’esclavage. C’est aussi ce qui se produira dans les temps futurs lors de la rédemption finale, quelques années avant la délivrance, Israël bénéficiera d’une liberté, et se montrera très fort dans certains domaines, au point d’avoir un niveau et un rang  comme s’ils étaient des princes, mais ils ne seront pas totalement délivrés. Jusqu’à l’arrivée du Machiah’ où la liberté sera réelle et les Béné Israël considérés comme des rois. » Fin de citation.       

C’est pour cela que – dans la pratique – la personne qui désir dire le Halel sans Bérah’a, le jour de Yom Ha-’Atsmaout, est autorisée à le faire.

Mais cependant, il est bon de repousser la récitation du Halel, jusqu’à la fin de toute la prière, puisque selon le sens Mystique de la Torah, il ne faut pas s’interrompre entre la ‘Amida et le reste de la prière, en disant le Halel (excepté les jours où la récitation du Halel est instaurée par nos maîtres du Talmud).

Toutefois, on ne doit pas empêcher les communautés qui désirent dire le Halel immédiatement après la répétition de la ‘Amida, car ce point est soumis à une interdiction uniquement selon la Mystique, et qu’il n’y a là aucun interdit réel selon le Din.

Mais on ne peut en aucun cas réciter la Bérah’a sur le Halel.

Même concernant la Bérah’a de Chéhéh’éyanou le jour de Yom Ha-’Atsmaout, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF Chlita écrit qu’il ne faut pas réciter cette Bérah’a sur le jour de Yom Ha-’Atsmaout en lui-même, et il y a là une grave transgression de Bérah’a Lévatala (récitation d’une bénédiction en vain). C’est ainsi que tranchent également tous ceux qui ont présidé le Grand Rabbinat d’Israël, et qui ont été cités plus haut.

On ne dit pas le Vidouï (supplications) dans la prière, le jour de Yom Ha-’Atsmaout.

(Le Gaon de Poniowitz,  Rabbi Chmouel Cahanman fut un jour consulté, lors des premières années de l’État d’Israël, et on lui demanda s’il disait le Halel le jour de Yom Ha-’Atsmaout.

Il répondit sur le ton de la plaisanterie :

« J’agis comme Ben Gourion. Comme Ben Gourion ne dit pas le Vidouï ce jour-là, moi non plus je ne le dis pas. Comme Ben Gourion ne dit pas le Halel ce jour-là, moi non plus je ne le dis pas ! »)

 

 

 

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