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La répétition de la ‘Amida

Question : Y a-t-il une obligation de se lever durant toute la répétition de la ‘Amida par l’officiant, ou bien est-il permis de s’assoir pendant la répétition ?

Réponse :

Notre maître le RAMBAM écrit (chap.9 des règles relatives à la prière) :

Après que l’officiant recule de 3 pas en arrière, il reste à cette place, puis il entame la répétition de la prière à haute voix depuis le début des bénédictions, afin d’acquitter celui qui ne sait pas prier. A ce moment-là, tout le monde se lève et écoute en répondant Amen après chaque bénédiction, aussi bien ceux qui ne se sont pas encore acquittés, aussi bien ceux qui sont déjà acquittés. Fin de citation.

Il semble selon le RAMBAM qu’il faut se lever durant toute la répétition de la prière, puisqu’il écrit explicitement « tout le monde se lève et écoute… ». Apparemment, toute l’assemblée doit se lever pendant la répétition.

C’est aussi l’opinion du RAMA dans ses notes sur le Choulh’an ‘Arouh’, au nom du Sefer Ha-Minhaguim, qui atteste que l’on doit se lever durant toute la répétition de la prière.

Cependant, le Gaon Rabbi Ya’akov H’AGUIZZ écrit dans son livre Chou’t Halah’ot Kétanott que selon la Guémara, nous pouvons plutôt prouver qu’il est permis de s’assoir pendant la répétition, mais en réalité il semble plus juste de se lever lors de la répétition. Il termine en disant : « Quoi qu’il en soit, j’ai vu que dans la synagogue Achkénaze de Vérone (Italie), toute l’assemblée reste assise pendant la répétition de l’officiant, mais dans la synagogue Séfarade, tout le monde se lève lors de la répétition, et c’est ainsi qu’il semble plus juste d’agir. »

Tel est également l’avis de notre maître le H’YDA ainsi que d’autres de nos maîtres les Ah’aronim (décisionnaires récents et contemporains).

En parallèle, l’auteur du Torat H’aïm rapporte que dans son pays, la plupart des gens restent assis pendant la répétition de la prière. C’est aussi ce qu’écrit le Gaon Rabbi Avraham Ha-Cohen de Salonique, qu’il est permis selon le strict Din de s’assoir pendant la répétition de l’officiant, puisque toute l’assemblée s’est déjà acquittée de l’obligation de la prière en priant à voix basse. C’est également l’opinion du Gaon de MINSK, auteur du OR Gadol, qui cite des preuves à ses propos.

C’est ainsi que tranche le Gaon Rabbi Ovadia HADAYA dans son livre Chou’t Yaskil ‘Avdi où il interprète les propos du RAMA seulement dans un esprit de tradition, et non selon le strict Din. De ce fait, s’il est nécessaire de s’assoir pendant la répétition, il est permis de le faire. Les propos du RAMBAM qui écrit que « tout le monde se lève et écoute » ne signifient pas se lever véritablement, mais seulement « se tenir en silence », puisqu’il est interdit de parler pendant la répétition de la prière. Il cite diverses preuves à cela.

Nous pouvons même déduire que le RAMA lui-même admet que ceci n’est qu’une tradition et non un Din puisqu’il cite cet usage au nom du Sefer Ha-Minhaguim et non à partir du RAMBAM, ce qui signifie qu’il ne faut pas interpréter le RAMBAM dans le sens « se lever » véritablement.

Par conséquent, il est permis de s’assoir pendant la répétition de la prière, mais la personne qui s’impose de rester debout durant toute la répétition, mérite la bénédiction. C’est d’ailleurs l’usage de nombreux endroits où il y a des gens de Torah qui restent debout durant toute la répétition de la prière. Ceci n’est pas une obligation selon le Din, mais seulement une rigueur. Si pour obtenir de l’ordre, il est nécessaire que chacun s’assoie durant la répétition de la ‘Amida - car le fait de rester assis en silence empêche d’aller et venir et discuter pendant la répétition – il faut instaurer de s’assoir pendant la répétition, car le bavardage est quant à lui une véritable interdiction.

 

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