Rayon enveloppant et lumière enveloppante

Dans le sillage, je souhaiterais expliciter brièvement les notions de rayon et de lumière enveloppants. Que ce soit dans le Daat Outevouna, dans les écrits du Ari zal ou dans le Ets ‘Haïm, on retrouve l’idée suivante, clef de voûte de la Kabbale : après que le Très-Haut Se fut « tassé » dans le lieu de Lui seul connu, afin de créer dans cet espace resté vide et parfaitement circulaire, Il y introduisit la lumière infinie, faisceau de lumière rectiligne de haut en bas. A partir de ce faisceau furent constitués les cercles qui constituent les dix sphères.

En se préparant dûment à Roch Hachana et Yom Kippour, il est possible d’atteindre de très hauts niveaux de sainteté à Souccot. L’homme peut alors développer un lien étroit avec le Créateur et ne former qu’un avec le faisceau de lumière infinie, duquel proviennent tous les mondes.

Plus avant, lorsque l’homme pénètre de tout son corps dans la soucca, il détient le pouvoir de réunir tous les mondes (Emanation, Création, Transformation et Action) et d’atteindre sa quintessence, étroitement liée à la symbiose de ces dimensions. De la sorte, il répare et connecte tous les mondes ainsi que la racine de chaque sphère. A travers son saint Service et son activité spirituelle, lui seul peut assurer cette sublime connexion de l’ensemble des dix sphères émanant du faisceau de lumière infinie (cf. les explications du ‘Hessed Leavraham concernant la création de l’homme, « à notre image, à notre ressemblance », dont le but ultime était de lier tous les mondes et les sphères à leur racine supérieure).

A la lumière de ces commentaires, on peut comprendre pourquoi, aux Temps futurs, le Saint béni soit-Il fera pour les tsaddikim une soucca en peau de Léviathan (cf. Baba Batra 75a). Pourquoi précisément avec le cuir de cette bête ? Le but est de leur signifier que, par leurs actes, l’univers entier, dans toutes ses dimensions, aura atteint la perfection absolue et sa réparation, et c’est pourquoi il deviendra possible d’utiliser la peau de cet animal, symbole d’une union parfaite, pour construire la soucca.

Résumé

 •Pourquoi la soucca est-elle qualifiée d’« ombre de la foi » ? Pourquoi le verset indiquant la mitsva de soucca est-il redondant ? En outre, pourquoi le terme soucca est-il écrit deux fois sous sa forme pleine, deux fois sous sa forme défective ? Que représente la notion d’habitation dans celle-ci ?

 •Cette mitsva fait suite à Roch Hachana et Yom Kippour, à un moment où l’homme est purifié de ses fautes. Il peut alors se placer sous le couvert de la Présence divine. C’est là qu’intervient la notion de foi, en cela qu’elle permet de se rapprocher de D. L’insistance du verset portant sur la fête de Souccot est significative, puisque le terme ezra’h (« citoyen ») peut être rapproché de zeri’ha, « l’aurore », moment où le soleil point, en allusion à la lumière enveloppante et au faisceau de cette lumière – en forme de vav – dont nous bénéficions à Souccot, d’où les variations orthographiques du terme soucca.

 

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