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Parachat Béchala'h

4 Février 2023

יג שבט התשפ"ג

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Donner une dimension concrète à notre foi

Rabbi David Hanania Pinto

« Et ils eurent foi en Hachem et en Son serviteur Moché » (Chemot 14, 31)

Cela m’est incompréhensible : Que veut nous signifier la Torah en précisant que les bnei Israël ont eu foi en D. et en Son serviteur Moché ? N’est-ce pas naturel après avoir assisté à tous ces miracles en Egypte et dans le désert ?

De plus nous avons déjà vu que lorsque les nations ont entendu parler de l’ouverture de la Mer Rouge et de la guerre d’Amalek, même Yitro le prêtre de Midian est venu se convertir. Que veut nous ajouter la Torah en précisant que les bnei Israël ont fini par croire pleinement dans le Créateur et Ses fidèles serviteurs ?

Nous allons tenter de l’expliquer : on sait que Hachem commence par réaliser des miracles et des prodiges afin de nous éveiller spirituellement, pour nous inciter à croire en Lui et à rompre avec la superficialité qui perturbe notre service divin. Il incombe à chacun de nous de réussir ce test et de se dégager de l’écorce du yetser hara. C’est cet éveil qui nous permettra de nous libérer de la poussière du matériel et de sa grossièreté.

Cependant, nous devons être conscients qu’Il ne produira pas de miracles pour nous indéfiniment. A un stade de notre vie, nous devrons continuer par nous-mêmes avec l’élan de ce que nous avons vu et ressenti au départ. En effet, seul celui qui vient se purifier reçoit l’aide du Ciel. Même si jusqu’à présent Hachem S’occupait de nous nourrir, nous devons désormais nous nourrir nous-mêmes, car les cadeaux du Ciel ont une limite.

A quoi cela ressemble-t-il ? A un petit enfant que l’on a entretenu jusqu’à ce qu’il devienne grand. Mais une fois adulte, on lui demande d’aller s’occuper de sa subsistance. Il se voit alors contraint de se prendre en main rapidement et avec sagesse, en veillant à ne pas se nourrir d’aliments dangereux empoisonnés, et à ne pas compter que sur ses qualités. Telle était la situation des bnei Israël lors de la sortie d’Egypte. Ils étaient comparables à de jeunes enfants que D. prenait en charge jusqu’à qu’ils Le reconnaissent. Mais quand ils ont atteint l’étape de la Mer Rouge, ils étaient déjà à l’état d’adultes devant croire en Hachem de manière autonome, et non à cause d’événements extérieurs. Jusqu’à présent ils assistaient à des miracles et apprenaient à ancrer la foi en eux, alors qu’à partir de ce moment-là ils ont dû affronter les épreuves sans que leur foi soit ébranlée et sans que d’autres prodiges soient nécessaires pour croire en Lui. En effet, ils étaient déjà des croyants fils de croyants et n’avaient plus besoin de « leçons » de confiance en D. Tout ce qu’ils avaient vu jusqu’à présent était uniquement un cadeau pour qu’ils puissent apprendre.

En y réfléchissant un peu, on s’aperçoit que la situation des bnei Israël à ce moment-là était assez proche de la nôtre aujourd’hui. En effet, certains individus croient en D. tant qu’Il leur procure du bien. De même, ils sont liés à un tsaddik et lui accordent toute leur confiance tant que sa prière leur est bénéfique. Mais dès que leur prière est refusée ou que celle du tsaddik ne leur est plus d’aucun secours, ils changent immédiatement de maître à penser.

C’est exactement dans cette situation que les bnei Israël se trouvaient avant l’ouverture de la Mer Rouge. Jusqu’à ce moment-là, ils avaient vécu des miracles flagrants, mais maintenant ils étaient dans une impasse ! L’heure du test avait sonné et ils se trouvaient face à une immense épreuve : continueraient-ils maintenant à avoir la foi, à se mesurer à l’épreuve par leurs propres forces en restant sous l’influence de ce qu’ils avaient vu et ressenti dans le passé, à se ressourcer avec les forces qui leur avaient été envoyées du Ciel, ou pas ?

Qu’en a-t-il été ? Les bnei Israël ont surmonté l’épreuve de la confiance en D., ils ont crié et imploré Hachem sans se plaindre, comme il est dit (Chemot 14, 10) : « Remplis d’effroi, les bnei Israël jetèrent des cris vers Hachem. » Plus encore, les tribus de Yéhouda et de Binyamin ont même sauté dans la mer avec une immense foi. Ce sont eux les premiers qui ont donné le courage et la force aux bnei Israël d’en faire autant. Alors, par le mérite de cette confiance, la mer a été fendue pour eux, comme Hachem le dit (Chemot Rabba 21, 8) : « La foi qu’ils ont eu en Moi leur a été bénéfique, puisque Je leur ai fendu la mer. » Cela a été le début de la foi « autonome » : grâce à ce comportement, ils ont mérité d’atteindre des niveaux élevés, puisque le midrach explique qu’une servante a vu sur la mer ce que même le prophète Ye’hezkel ben Bouzi n’a jamais pu voir.

Pour appuyer mes propos, j’aimerais raconter une anecdote qui m’est arrivée. Un jour, j’ai fait part à quelqu’un d’un grand miracle qui s’était produit, mais il n’en a pas du tout été émerveillé. Il m’a simplement écouté en silence, puis m’a souhaité « Bonne journée » avant de s’en aller. Quant à moi, j’avais été tellement impressionné par les bontés de Hachem en voyant ce miracle que cela m’avait empli d’une pensée sainte et pure, et j’avais été heureux pendant toute la journée ! Alors, j’avais du mal à comprendre : comment l’homme à qui j’avais rapporté ce fait incroyable n’était-il pas du tout ému ?

Je pense que la réponse se trouve dans ce que j’ai expliqué précédemment : nous croyons aux miracles réalisés par le Créateur lorsque nous les voyons nous-mêmes. De ce fait, nous ne sommes pas touchés par les prodiges dont nous entendons parler, ou qui sont écrits dans la Torah ou rapportés par nos Sages… car nous n’y avons pas assisté.

Mais ceci n’est pas juste pour quiconque s’éveille chaque jour et regarde d’un œil nouveau tout ce qu’il voit et entend. Une telle personne sera toujours influencée positivement. Ainsi, quiconque est à l’affût de chaque intervention de D. pour consolider sa foi verra toujours le fruit de ses efforts, et sera impressionné de constater la grandeur des actes de Hachem à chaque moment. Heureux est-il et heureux est son sort.

LES PAROLES DES SAGES

Entrée interdite !

Le jour de Tou Bichevat, la « nouvelle année des arbres », constitue un repère important du monde végétal d’un point de vue juif, et dans de nombreux foyers on a l’habitude de suivre un ordre d’étude particulier accompagné de bénédictions et de consommation des fruits que le Créateur du monde nous a octroyés dans Son immense bonté.

Nous ne sommes pas venus contester cette agréable coutume, mais parler d’un sujet qui pénètre de plus en plus dans la conscience collective sur les insectes qu’on trouve dans la nourriture.

Dès le début du mois de Chevat, les marchés sont inondés d’une grande variété de fruits secs, dont une partie répond à la définition de « nourriture infestée d’insectes », que les consommateurs pieux veillent à vérifier avec minutie avant de les manger, ainsi qu’à conserver de telle façon que divers insectes ne viennent pas s’y nicher.

Il faut attribuer cette vigilance du grand public aux « comités de casherout » qui dispensent un enseignement spécialisé et aux journées d’étude spécifiques pour les machgui’him dans les usines de produits alimentaires, ainsi qu’aux rabbanim qui parcourent les villes du pays en organisant des soirées d’explication, dans le but de renforcer auprès du grand public la conscience qu’il faut tout faire pour s’éloigner de la consommation d’insectes divers, tout en expliquant comment se protéger de la présence d’insectes dans toutes les sortes de produits alimentaires.

Tout d’abord, il convient de citer ce que dit le « Pri ‘Hadach » dans les lois sur les insectes : « Je ne peux pas m’empêcher de rappeler au peuple de D. la gravité de l’interdiction de consommer des insectes, parce que c’est devenu quelque chose de peu d’importance aux yeux du public. Or nous savons que lorsqu’on a commis une transgression et qu’on l’a répétée, on a l’impression que c’est devenu permis, et alors même les sages et les gens pieux n’y font pas aussi attention qu’il le faudrait. Celui qui mange un ver ou une fourmi transgresse à chaque fois une interdiction passible de cinq fois les coups prévus par la Torah, et s’il y avait des mouches ou des moustiques, il est passible de six fois ces coups. Or cette interdiction se rencontre fréquemment dans les fruits, les légumes, les légumineuses et toutes sortes de nourritures, et il est impossible de veiller à ne pas y tomber à moins d’y porter une attention extrême. C’est pourquoi l’Ecriture a multiplié les interdictions, pour encourager l’homme à ne pas tomber dans cet écueil.

Voici ce qui est dit dans « Tanna DeBei Yichmaël » :

« Le Saint, béni soit-Il a dit : si Je n’avais fait monter les bnei Israël d’Egypte que pour qu’ils ne se rendent pas impurs par des insectes, cela aurait suffi. » Et Rabbeinou ‘Haïm ben Attar, que son mérite nous protège, dans son livre « Or Ha’Haïm », écrit que « quand quelqu’un mange des insectes, son âme elle-même devient répugnante »…

On ne peut pas les identifier

Les découvertes dramatiques publiées par les media à cette époque sur le pourcentage élevé d’insectes qu’on trouve dans les fruits secs (et qui, dans nos pays, n’a pas besoin de fruits secs à cette époque ?) tombent parfois dans des oreilles sourdes. Allez donc faire des reproches à celui qui ne « voit » pas de ses deux yeux que l’abricot sec ou la figue sèche sont infestés de toutes sortes de choses !

Les fruits sauvages, par opposition aux fruits cultivés, constituent une serre pour les mouches et les parasites, qui trouvent là une maison chaude et agréable pour construire leur « foyer ». La goyave, par exemple, est par nature très sensible à la mouche des fruits, et il est presque impossible de distinguer les œufs de mouche pondus à l’intérieur du fruit. Voici comment cela fonctionne : la mouche enfonce son appareil reproducteur à la profondeur d’un millimètre, et pond ses œufs à l’intérieur du fruit. Les larves qui éclosent de ces œufs sont des vers minuscules d’une couleur extraordinairement semblable à celle de la chair de la goyave, et il est presque impossible de les distinguer.

Indiquons ici rapidement une liste de noms de fruits et de légumes qui n’ont pas besoin d’être vérifiés (d’après la brochure « Bedikat Mazon MeTolaïm » du Rav Moché Vayé chelita).

Les fruits : avocat, poire, noix de pécan, pastèque, ananas, banane, pâte d’abricot, melon, mangue, noix de coco, kiwi, grenade (de production commerciale), pêches en conserve, abricots en conserve, dates fraîches (congelées), pommes.

Légumes : Patate douce, carotte, pépins de courge, grains de maïs (conserves et surgelés), céleri-rave, tomate, galettes de riz, chou-rave, flocons d’avoine (dans une boite métallique), cannelle, courgette, conserves de petits pois, oignon secs et pommes de terre. Comme tous les ans, on trouve parfois des agrumes (surtout des clémentines) habitées par des vers blancs (des larves de la mouche des fruits). En les épluchant, il faut vérifier le côté interne (blanc) de l’écorce du fruit. S’il s’y trouve une tache sombre de couleur brune, ou un endroit mou, il faut bien vérifier s’il y a des vers blancs dans cette région. Quand on presse un agrume, il faut regarder si des vers flottent sur le jus. Il faut porter une attention particulière aux fruits qui ont poussé dans des jardins individuels.

Nous ne buvions pas cette infusion-là

Le Rav Amram Edhery chelita, dans son merveilleux livre « Hacacherout kahalakha », cite la lettre de Rabbi Yossef Messas zatsal, à qui l’on avait posé une question sur la coutume des juifs du Maroc de boire une infusion de feuilles de menthe ou de verveine, lesquelles sont souvent infestéess. Voici ce qu’il a répondu :

« Chez nous, les femmes vérifiaient la menthe feuille par feuille, ensuite elles les lavaient à l’eau et les mettaient à infuser, et c’est ainsi qu’il faut les utiliser. Certains, qui ont du mal à vérifier, mettent la menthe dans un récipient après l’avoir lavée à l’eau, versent dessus de l’eau bouillante et au bout de quelques minutes, lorsque le goût et l’odeur sont passés dans l’eau, la filtrent à travers un linge fin, et versent cette eau dans le thé. Cela aussi est conforme à la halakha, on filtre et ensuite on boit, et si quelqu’un ne vérifiait pas et ne filtrait pas, nous ne buvions pas de ce thé, et nous lui reprochions sa conduite. »

GARDE TA LANGUE

Subrepticement

Il est interdit de médire subrepticement, c’est-à-dire que si quelqu’un sait que Reouven a fait du mal à Chimon ou a suscité le mépris envers lui, ce qui a entraîné une dispute entre eux, et que ce quelqu’un est maintenant intéressé à réveiller cette vieille hostilité entre eux, mais si possible sans qu’on s’aperçoive que c’est là son intention, il évoque cette histoire de ce qui s’était passé devant Chimon comme innocemment, comme s’il ignorait complètement qui avait fait cela, et ainsi Chimon lui-même se souvient de ce que lui avait fait Réouven. De cette façon ou de toute autre façon semblable, c’est totalement interdit.

A LA LUMIERE DE LA PARACHAH

Rabbi David Hanania Pinto

Comment les bnei Israël se sont-ils affaiblis (rifion yadaïm) dans la Torah ?

« Amalek survint et attaqua Israël à Refidim » (Chemot 17, 8)

L’explication de nos Sages (Sanhédrin 106a ; Bekhorot 5b ; Yalkout Chim’oni 263) à ce sujet est bien connue : « Que signifie l’emploi du terme ‘‘Refidim’’ ? Rabbi Yéhochoua répond : Ils se sont affaiblis (rifion) dans les paroles de Torah. » Comment les bnei Israël sont-ils arrivés au découragement dans la Torah ? En arrivant devant la Mer, ils avaient atteint un niveau très élevé de prophétie, comme le dit Rachi au sujet du verset « Voilà mon D., je Lui rends hommage » (Chemot 15, 2) : « C’est Lui-même en personne qui leur est apparu et ils L’ont montré du doigt. Ce qu’une simple servante a vu sur la mer, les prophètes ne l’ont pas vu. » Or la nature humaine est ainsi faite : lorsqu’un individu accède à un haut niveau, il pense avoir déjà atteint son but et ne plus avoir besoin de continuer à progresser. Alors il cesse d’œuvrer pour avancer dans son service divin. Mais comme il est écrit dans les livres, l’être humain est « dynamique » : il doit constamment changer d’échelon. Par conséquent s’il ne progresse pas, il régressera, que D. préserve ! En effet, il ne peut pas rester statique. C’est pourquoi même si nous avons atteint un niveau élevé, nous devrons nous efforcer de continuer à évoluer afin de ne pas chuter.

C’est ce qui est arrivé aux bnei Israël après l’ouverture de la mer : puisqu’ils avaient atteint un haut niveau de prophétie, ils ont eu la paresse de continuer à évoluer, car ils ont pensé avoir déjà atteint leur but et ne plus devoir s’améliorer. Alors ils ont chuté et se sont affaiblis dans leur accomplissement de la Torah. On peut expliquer de cette manière le principe énoncé par nos Sages : « Plus quelqu’un est grand, plus son mauvais penchant est puissant. » En effet, quand une personne atteint un certain niveau, elle peut être tentée de se satisfaire de son état et de ne plus s’investir pour progresser. Seulement en agissant ainsi, elle risque de chuter de manière imperceptible, mais régulière. C’est pourquoi Hachem intensifie son mauvais penchant et le rend encore plus puissant. Ainsi, elle devra fournir de plus grands efforts dans son service divin, ce qui lui permettra de ne pas se laisser aller et d’être toujours dans une dynamique d’évolution.

A LA SOURCE

« Moché emporta en même temps les ossements (‘atsmot) de Yossef » (13, 19)

Le « Mégalé ‘Amoukot » précise que Moché a emporté la force (‘otsem yado) de Yossef : son authenticité (‘atsmiouto) et sa puissance. Or quelle était sa force ?

C’est qu’il ne s’est pas montré vindicatif et rancunier envers ses frères, qui l’avaient pourtant vendu comme esclave. Il les a nourris, parce qu’il continuait à les aimer.

De même, Moché ne s’est pas fâché des désobéissances et des plaintes que les bnei Israël lui ont adressées. Il a supporté avec amour toute leur charge et leur fardeau, et a couru devant eux tel un cheval pendant les quarante années passées dans le désert.

« Comme vous avez vu les Egyptiens aujourd’hui, vous ne les reverrez plus jamais. » (14, 13)

Les bnei Israël ont reçu la promesse de ne plus revoir les Egyptiens. La signification de cette promesse est expliquée plus profondément dans l’ouvrage « Na’halat David » : l’essentiel de leur sortie d’Egypte a été opéré par Moché, or toute action réalisée par Moché était destinée à être conservée et maintenue à jamais, comme la Torah, qui a été donnée par son intermédiaire et existera à tout jamais, et comme Erets Israël et le Temple, dont il est dit que s’il l’avait construit, les bnei Israël n’auraient pas été exilés et le Temple n’aurait pas été détruit. C’est pourquoi comme c’est Moché qui les a fait sortir d’Egypte, ils ont la promesse de ne plus jamais revoir les Egyptiens.

« Elle était amère (mar), c’est pourquoi on nomma ce lieu Mara. » (15, 23)

Rien n’aurait été plus beau que de nommer cet endroit « Doux » au nom du miracle qui a transformé les eaux amères en eaux douces ! Mais Rabbi Chelomo de Tchorkatov explique « qu’on nomma ce lieu Mara » afin d’immortaliser la grandeur de ce miracle : l’eau amère n’a pas été remplacée par une autres eau qui aurait été douce, mais c’est la même eau qui s’est adoucie.

Le but était donc de transmettre aux générations de ne désespérer dans aucune situation, puisque même une chose amère peut devenir douce.

« Je vais faire pleuvoir pour vous (lakhem) une nourriture (lé’hem) » (16, 4)

Le livre « Midrach Avkhir » rapporte une magnifique remarque à ce sujet : « cette nourriture (lé’hem) » est uniquement « pour vous (lakhem) », et pour aucun autre peuple. En effet, si les autres nations voulaient se procurer de la manne et en profiter, elles ne pouvaient pas.

Dans le même esprit, il est dit au sujet du puits de Myriam « Ce puits, des princes l’ont creusé (Moché et Aharon pour Israël seulement) » : les nations du monde ne pouvaient pas venir remplir un seau d’eau à ce puits.

« A la dernière veille » (14, 24)

Pourquoi D. a-t-Il procédé à ce jugement considérable le matin et non pendant la nuit, qui est pourtant le moment où la rigueur prédomine ? Nos Sages ont dit (Yalkout Chim’oni 235) que l’ange Gabriel a posé cette question à Hachem, Qui lui a répondu « Patiente jusqu’au moment où leur père a agi pour Moi », comme il est dit (Béréchit 22, 3) « Avraham s’est levé de bonne heure. »

Voici le sens de la réponse de Hachem : « Bien que ce ne soit pas le temps de la punition, J’inverse les choses pour les descendants d’Avraham. Tout comme lui est allé contre sa nature miséricordieuse en acceptant de Me sacrifier son fils unique, Je vais également inverser les moments comme bon Me semble. Et ce, au profit des bnei Israël, qui profiteront du mérite de ce moment. Hachem réalisera également Sa parole personnellement, comme Avraham qui avait attelé son âne lui-même pour servir D.

LES CEDRES DU LIBAN

Le gaon Rabbi Ya’akov Yéhochoua Falk zatsal

« Si Hachem est avec moi, qu’Il me fait sortir en paix de cet endroit et qu’Il me construit un foyer fidèle qui me permette d’avoir de nombreux élèves, alors je ne cesserai de fréquenter le beit hamidrach et d’y étudier des souguiot du Talmud et des décisionnaires, et je compilerai mes nouvelles explications dans un livre afin d’éclairer ceux qui étudient et d’augmenter la Torah en Israël. »

C’est là un résumé de la prière du gaon auteur du « Pnei Yéhochoua », alors qu’il était pris au piège dans les décombres du bâtiment de la yéchiva dans laquelle il étudiait, qui s’était effondré suite à un incendie. Trente-six personnes, dont l’épouse de Rabbi Yéhochoua et sa fille unique, ont trouvé la mort dans l’effondrement de ce bâtiment.

Le Rav n’avait pas terminé sa prière qu’un rayon de lumière est apparu à travers les décombres. Il a bien regardé et a découvert un chemin praticable entre les ruines ! Il a emprunté ce chemin qui l’a mené, sain et sauf, vers une grande route ! Rabbi Ya’akov Yéhochoua a remercié Hachem pour Son immense bonté, puis il a accompli le vœu qu’il avait fait alors qu’il était en danger : il s’est efforcé autant que possible d’étudier et d’enseigner, et il a écrit ses ‘hidouchim en halakha dans l’ouvrage intitulé « Pnei Yéhochoua ». Son livre a bouleversé le monde des érudits, car sa réflexion y est exposée avec une clarté exceptionnelle. Depuis, ce livre a été imprimé de nombreuses fois, et aujourd’hui encore, les érudits en Torah se délectent de ses explications et de ses merveilleux écrits talmudiques.

Rabbi Ya’akov Yéhochoua Falk est né un 28 Kislev à Cracovie. Il était le petit-fils de Rabbi Yéhochoua ‘Harif, auteur de « Maguinei Chelomo » sur Rachi. Il a écrit les Responsa « Pnei Yéhochoua ». Suite à la destruction de sa maison, il est parti s’installer à Lwov où il a été nommé Rav. Puis il a travaillé à la Rabbanout dans les villes de Tarli et Lisko avant de retourner à Lwov, où il a été nommé Rav à la place du « ‘Hakham Tsvi ». De nombreux élèves affluaient vers sa yéchiva, dont la réputation dépassait les frontières de son pays. A cause d’un désaccord au sujet du sabbatianisme, il a quitté Lwov pour aller officier comme Rav à Berlin, puis plus tard à Francfort. Enfin, il s’est installé à Worms où il a vécu du commerce de sa seconde épouse, qui était à la fois travailleuse, sage et qui comprenait les ‘hidouchim de son mari.

Le ‘Hida, qui avait logé chez le « Pnei Yéhochoua », a écrit : « Moi, le jeune, j’ai mérité de ressentir la présence divine pendant quelques jours. Il ressemblait à un ange de D. et m’a offert le livre ‘‘Pnei Yéhochoua’’… » Finalement, Rabbi Yéhochoua est allé habiter à Offenbach, où il est décédé un 14 Chevat, alors qu’il était âgé de soixante-seize ans. Un deuil pesant s’est abattu sur le peuple juif. Il a été enterré dans la ville de Francfort, dont il avait été Rav dans le passé. Il avait demandé à ce qu’on ne fasse pas d’éloge funèbre, mais le « Noda’ Biyhouda » a parlé de lui avec émotion, et le tsaddik Rabbi Yitz’hak Ayzik de Komarna a écrit à son sujet : « De Yéhochoua bin Noun jusqu’à Yéhochoua (Falk), il n’y a eu personne comme Yéhochoua. »

Grâce aux lunettes

C’est l’histoire d’un homme qui habitait dans la ville de Lwov. Il était aveugle de naissance, mais avait une excellente mémoire : il connaissait par cœur les prières, ainsi que des halakhot et des explications du midrach. Il portait un amour particulier aux livres. A la synagogue, il s’installait près de la bibliothèque, prenait les livres, y faisait glisser sa main et lissait les pages.

Un jour, il est passé près d’une synagogue avec le jeune homme qui l’accompagnait et lui a demandé : « Fais-moi entrer ici. » Le jeune homme l’a rapproché de la bibliothèque, et l’homme en a extrait un livre épais avec une reliure en bois. Comme à son habitude, il s’est mis à palper et à aplanir les pages et a soudain senti un relief. Il a compris qu’il s’agissait d’un petit paquet enveloppé de papier. Il l’a ouvert pour en toucher le contenu et y a découvert une paire de lunettes !

L’aveugle s’est emparé des lunettes et les a posées sur son nez : alors il a ressenti une puissante lumière comme il n’en avait jamais vu !

Bouleversé, il les a immédiatement enlevées et s’est joint à la prière de l’assemblée. Puis le jeune homme qui l’accompagnait lui a annoncé qu’il était temps de rentrer. Il était si ému qu’il n’a pas réussi à manger et n’a pas fermé l’œil de la nuit. Le matin à son réveil, immédiatement après s’être lavé les mains, il a mis les lunettes. Et de nouveau : il a pu voir ! « Cela ne peut être qu’un rêve ! » a-t-il pensé, et il n’en a pas touché mot aux membres de sa famille. Mais ceux-ci ont remarqué que leur père se débrouillait très bien sans tâter autour de lui, et ils ont compris petit à petit qu’il voyait comme tout le monde. Quel miracle !

Dès lors, il s’est mis à apprendre à lire et à écrire, il a progressé avec le temps, puis s’est lancé dans un commerce avec succès. Bien entendu, il n’abandonnait jamais ses lunettes miraculeuses.

Un jour, on lui a demandé où il s’était procuré de telles lunettes, et il a répondu qu’il les avait trouvées dans une synagogue de Lwov. Après une petite recherche, ses proches ont découvert que le « Pnei Yéhochoua » priait dans cette synagogue. Après la prière, il s’installait généralement pour étudier et laissait ses lunettes dans le livre à la reliure de bois. Suite à une controverse dans la ville, il s’était empressé de partir, et ses lunettes étaient restées dans le livre. Au moment venu, elles ont permis la délivrance à cet homme si attaché aux livres saints.

HOMMES DE FOI

Histoires des justes de la famille Pinto

Cette histoire, qui nous a été racontée par Madame Amoyal, nous enseigne combien il faut faire attention à la sainteté des tsaddikim.

Dans sa jeunesse, elle a eu l’occasion de passer avec ses amies près du tsaddik Rabbi ‘Haïm. Une de ses camarades, qui réussissait très bien à l’école et était la première de la classe, a exprimé un peu de mépris à l’égard de la bénédiction du tsaddik.

En entendant cela, Rabbi ‘Haïm a dit : « A cause de ton mépris, tu n’auras pas de bénédiction dans tes études. » En effet, quand la période d’examens est arrivée, elle oubliait ce qu’elle apprenait et n’a donc obtenu aucun bon résultat.

Cette anecdote est une bonne illustration de la phrase « Il accomplit la volonté de ceux qui Le craignent » : Les paroles dures qui ont été prononcées par la bouche du tsaddik se sont réalisées.

En effet, il est interdit de mépriser les tsaddikim, comme il est dit « Leur morsure est celle d’un renard, leur piqûre est celle d’un scorpion, leur sifflement est celui d’un seraph. »

 

 

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