La Paracha de la semaine en format PDF

la Paracha en PDF

Vayétsé

28 Novembre 2020

י"ב כסלו התשפ"א

Horaires de Chabbat
Localité Allumage Fin de Chabbat Rabbenou tam
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Pourquoi la prière d’arvit est facultative

Rabbi David Hanania Pinto

« Yaakov sortit de Beer-Chéva et se dirigea vers ‘Haran. » (Béréchit 28, 10)

Yaakov servait l’Eternel d’une autre manière qu’Its’hak. Ce dernier le faisait essentiellement de son intériorité, puisque même son corps avait cette dimension. L’épreuve de la akéda lui octroya le statut d’holocauste parfait et, à l’image de ce sacrifice totalement consumé pour l’Eternel, Its’hak se vouait pleinement à Son service. La vaillance caractérisant son essence profonde, il se pliait à la volonté divine en s’appuyant sur cette vertu, niveau ultime dépassant l’entendement humain. Nos Maîtres vont jusqu’à affirmer que son corps devint spirituel, à l’instar des anges qui n’ont aucun lien avec le matériel. Certains ouvrages soulignent que, contrairement aux autres hommes, il n’éprouvait aucun plaisir physique, comme le manger et le boire, tant son corps s’était purifié de tout lien avec la matière. Il était un véritable ange.

Par contre, Yaakov servait D.ieu sur deux plans, de manière intérieure et extérieure. Par exemple, avec courage, il lutta contre l’influence impure de Lavan. Il puisa principalement ses forces de la sainte Torah, dans l’étude de laquelle il se plongeait sans interruption. C’est la raison pour laquelle il quitta le foyer parental pour s’exiler dans un lieu de Torah, en rejoignant la Yéchiva de Chem et Ever. Il y étudia quatorze années consécutives avec abnégation, y investissant toutes ses forces et sans s’accorder le moindre sommeil.

Bien qu’Its’hak et Yaakov eussent une approche différente dans le service divin, « tout chemin mène à Rome ». En d’autres termes, malgré leur conception distincte, ils avaient le même but, sanctifier le Nom divin dans le monde et satisfaire Sa volonté d’un cœur entier. De même, tous deux puisèrent leur sainteté de leur père et grand-père, Avraham.

Quand Yaakov arriva à ‘Haran, le soleil se coucha. Il est écrit : « Il atteignit (vayifga) l’endroit et il y passa la nuit. » (Béréchit 28, 11) Nos Sages expliquent (Brakhot 26b) qu’il institua la prière d’arvit, le terme vayifga se référant toujours à la prière.

Je me suis demandé pourquoi ils affirment un peu plus loin (Brakhot 27b) que cette prière est facultative, avis selon lequel la halakha est tranchée (Ora’h ‘Haïm 237). A priori, de même que les prières de cha’harit et de min’ha, respectivement établies par Avraham et Its’hak, sont obligatoires, celle d’arvit devrait également l’être. Pourquoi seule celle-ci a-t-elle le statut inférieur de facultative ?

J’expliquerai que Yaakov est le pilier de la Torah, sur lequel le monde se maintient. Comme l’atteste le texte, il était un « homme intègre (tam) assis sous les tentes » (Béréchit 25, 27), où le mot tam est composé des mêmes lettres que le mot mèt (mort) : il se tuait à la tâche dans la tente de la Torah. Il se vouait à l’étude de jour comme de nuit, à l’état d’éveil ou en rêve – comme il est dit : « Yaakov se réveilla de son sommeil (michnato) » (Ibid. 28, 16), c’est-à-dire de son étude (mimichnato), commente Rabbi Yo’hanan.

Même sur son lit de mort, Yaakov continua à étudier la Torah, sans s’en détourner un instant. A travers le verset « Yaakov demeura » (Ibid. 37, 1), nous pouvons lire en filigrane qu’il demeura à la Yéchiva toute sa vie durant. La Torah était son essence même et représentait son unique aspiration. C’est pourquoi nos Sages interprètent les mots « Yaakov arriva sauf » (ibid. 33, 18) en référence à la Torah. Bien que durant les longues années où il fit paître le bétail de Lavan, il fût confronté à de nombreuses épreuves, il n’oublia pas un point de son étude, à laquelle il avait adhéré du plus profond de son être.

Comme nous le savons, quiconque se consacre pleinement à l’étude de la Torah est exempt de la prière. C’est sans doute pourquoi Yaakov n’institua pas la prière du soir tant qu’il se trouvait à la Yéchiva de Chem et Ever. S’adonnant totalement à l’étude, elle était plus importante à ses yeux que toute autre chose, si bien qu’il ne s’interrompit jamais, fût-ce pour prier.

Cependant, lorsqu’il quitta la Yéchiva et constata, en route, que le soleil s’était couché, il fut pris d’une grande fatigue et voulut se reposer un peu, après quatorze ans où il n’avait pas réellement dormi. Il se dit alors que, s’il interrompait son étude pour se reposer, il se devait tout d’abord de prier. En outre, du fait qu’il partait à la recherche de son âme sœur sur l’ordre de son père, c’était le moment opportun pour cela. Il profita donc du coucher du soleil pour instaurer la prière d’arvit.

Dès lors, nous comprenons pourquoi cette prière est facultative. Car Yaakov, qui en est à l’origine, s’appliquait principalement à l’étude de la Torah, et non à la prière. Or, comme nous l’avons souligné, celui dont l’étude est l’occupation principale est exempt de la prière. Uniquement au moment où il s’accorda une pause dans son étude, il jugea nécessaire de prier le Créateur. Mais, le plus clair de son temps, il était plongé dans la sainte Torah.

DE LA HAFTARA

Haftara de la semaine : « Oui, Mon peuple se complaît dans sa rébellion contre Moi (…) » (Hochéa chap. 11)

Les achkénazes lisent la haftara : « Yaakov s’était réfugié sur le territoire d’Aram (…) » (Hochéa chap. 12)

Lien avec la paracha : la haftara dit de Yaakov que, « dès le sein maternel, il supplanta son frère » et la paracha raconte que le patriarche fuit devant Essav.

GUIDÉS PAR LA ÉMOUNA

Peu mais beaucoup

À l’époque où l’on découvrit que Yo’hanan, fils de David, était atteint de leucémie et que ses jours étaient en danger, on organisa une grande soirée de collecte pour les nécessiteux à l’approche de Pessa’h.

Quelque quatre cents personnes avaient été invitées à prendre part à la soirée, mais, du fait d’un match de football programmé le même soir – sport qui fascine bon nombre de nos coreligionnaires –, seule une quarantaine de personnes arrivèrent à la grande salle.

Au départ, nous avons été désemparés et plutôt découragés, mais nous avons renforcé notre émouna, certains que le Saint béni soit-Il nous juge en fonction de nos efforts et que rien ne Lui est impossible.

À ce moment, M. David fit son entrée, accompagné d’une vingtaine d’hommes supplémentaires. Ainsi, ce fut près de soixante participants qui eurent le mérite d’entendre au cours de cette soirée des paroles de Torah liées à la période. De temps à autre, en apercevant le pauvre père du malade, une vague de pitié nous envahissait en pensant à son fils qui, au même moment, se trouvait à l’hôpital dans un état critique.

Soudain, je me levai de ma place et déclarai : « Nous devons à présent aider les nécessiteux en faveur desquels nous nous sommes rassemblés ici ce soir. Que chacun fasse de son mieux et, avec l’aide de D.ieu, le mérite de cette mitsva fera pencher la balance en faveur du jeune Yo’hanan, pour qu’il guérisse complètement. La mitsva que nous pratiquons à présent suscite certainement un grand bouleversement dans le Ciel, puisqu’à soixante personnes, nous allons faire notre maximum, comme si nous étions quatre cents. Le Saint béni soit-Il fera certainement des miracles et, si D.ieu veut, Yo’hanan sera parmi nous l’année prochaine en parfaite santé ! »

Ces paroles eurent beaucoup d’impact sur les participants, et nous sommes parvenus, au cours de cette soirée, à rassembler, à partir de cet effectif réduit, une somme double à celle que nous escomptions récolter avec quatre cents participants !

Un an plus tard, une autre soirée fut organisée, à laquelle je n’eus pas le mérite d’assister du fait d’un heureux évènement : la naissance de mon fils Mikhaël Yossef Alexander. J’appris cependant par la suite que Yo’hanan, alors en parfaite santé, avait compté parmi les participants.

Grâce à D.ieu, il est à présent marié et père de plusieurs enfants. Nous lui souhaitons de pouvoir continuer à avancer dans la voie de la Torah et des mitsvot.

CHEMIRAT HALACHONE

Omettre les appréciations personnelles

On a tendance à penser qu’on peut librement exprimer son appréciation personnelle sur le style de quelqu’un, sans qu’il n’y ait rien de blâmable, de même que, par exemple, le fait d’affirmer ne pas aimer le vin sec ne constitue pas une critique sur ce type de vin.

Ainsi, on croit pouvoir dire ne pas aimer le style d’un certain orateur ou conférencier, alors que de tels propos sont généralement interdits, car ils sous-entendent qu’il ne parle pas très bien.

PAROLES DE TSADIKIM

Comment rentrer dans une « Coccinelle » ?

Suite au mariage de Léa avec Yaakov, élite des patriarches, il est écrit : « Or, au matin, voici que c’était Léa. » (Béréchit 29, 25) Rachi commente : « Mais la nuit ce n’était pas Léa. Yaakov était convenu avec Ra’hel de signes déterminés. Mais, quand Ra’hel vit qu’on donnait Léa à Yaakov, elle se dit : “Ma sœur va être humiliée.” Aussi, lui dévoila-t-elle ces signes. »

Les commentateurs ont fait couler beaucoup d’encre sur cet exceptionnel renoncement de Ra’hel, puisque, loin de se limiter à un moment isolé, il allait s’étendre sur une longue période. Durant toute sa vie de couple avec Yaakov, Ra’hel se conduisait avec bienveillance envers Léa, en lui donnant le sentiment de lui avoir rendu service en épousant Yaakov avant elle. Même lorsque Léa la rabaissa, elle se tut et ne rétorqua pas.

D’après Rabbi Chalom Chwadron zatsal, c’est la raison pour laquelle seule l’évocation du mérite de Ra’hel a le pouvoir d’intercéder en faveur de ses descendants, plongés dans l’exil, pour que l’Eternel les en délivre enfin – pouvoir qui ne fut accordé à aucun patriarche, malgré les nombreux mérites à leur actif résultant des diverses épreuves surmontées.

Car, les épreuves de ces derniers étaient ponctuelles, alors que celle de Ra’hel se prolongea sur toute son existence. En dépit de cela, elle parvint toujours à se maîtriser et à garder le silence. Il s’agit là d’une extraordinaire vaillance, qui lui donna droit, de manière posthume, à voir ses supplications exaucées lorsqu’elle implore le Très-Haut de prendre pitié de Ses enfants.

L’Admour de Belz, Rabbi Aharon zatsal, devait une fois voyager pour se rendre à une circoncision. Un chauffeur en « Coccinelle » vint le chercher. En voyant le véhicule, il s’étonna et demanda : « Comment rentre-t-on à l’intérieur ? »

On lui répondit : « Il faut un peu se pencher. » Ce que l’Admour fit de son mieux, pour ensuite se faufiler dans l’automobile, qui se mit en route.

L’Admour fit remarquer : « J’ai appris une grande leçon : si on veut avancer dans la vie, il faut être prêt à courber l’échine. »

Ceci corrobore les propos du roi Chlomo : « Un doux parler brise la plus dure résistance. » (Michlé 25, 15) La douceur et le renoncement nous permettent d’atteindre les meilleurs résultats.

PERLES SUR LA PARACHA

Une prophétie en rêve

« Il atteignit l’endroit et il y passa la nuit, parce que le soleil s’était couché. » (Béréchit 28, 11)

Le Midrach explique que l’expression « parce que le soleil s’était couché » indique que le Saint béni soit-Il coucha le soleil avant son heure, afin de pouvoir s’adresser à Yaakov dans la discrétion.

Il donne l’allégorie d’un ami du roi qui vient lui rendre visite de temps à autre. Lors de ces visites, l’empereur ordonne qu’on éteigne tous les feux et les lumières, pour pouvoir lui parler en privé. De même, l’Eternel précipita la tombée de la nuit pour s’entretenir discrètement avec le patriarche.

Dans son ouvrage Min’hat Chmouel, Rabbi Chmouel Florentin de Salonique pose la question suivante : en marge du verset « Le Seigneur visita Avimélekh dans un songe nocturne », le Midrach explique que D.ieu se révèle aux nations du monde la nuit, comme on le trouve au sujet de Bilam ou de Lavan, alors qu’Il apparaît aux prophètes juifs de jour, comme il est écrit, par exemple, au sujet d’Avraham : « L’Eternel se révéla à lui dans les plaines de Mamré, tandis qu’il était assis à l’entrée de la tente, pendant la chaleur du jour. » S’il en est ainsi, comment le Midrach explique-t-il ici que le Créateur a couché le soleil plus tôt afin de pouvoir parler à Yaakov dans l’obscurité?

Il explique en s’appuyant sur les écrits de Rav Yaffé selon lesquels l’Eternel ne se révèle de jour qu’à un prophète auquel Il a l’habitude de s’adresser, alors que, dans le cas contraire, Il le fait de nuit. Cette nuance se trouve dans la précision de l’allégorie du Midrach « de temps à autre ».

Fixer le salaire pour éviter la rapine

« Alors Lavan dit à Yaakov : “Est-ce parce que tu es mon frère que tu me serviras gratuitement ?” » (Béréchit 29, 15)

Dans le traité de ‘Houlin (127a), nous pouvons lire ces conseils pratiques, donnés par Rav Guidal au nom de Rav : « Si un habitant de Narch t’embrasse, compte tes dents pour vérifier qu’il ne t’en a pas volé. Si un résident de Nahar Pékod te raccompagne, c’est parce qu’il convoite tes vêtements et cherche à te les dérober. Si un homme de Pompédita te raccompagne, change d’auberge, car il risque de faire intrusion chez toi. »

Le ‘Hatam Sofer explique dans cet esprit le verset « Yaakov raconta à Lavan tous ces événements » : il lui dit qu’il avait détourné les bénédictions destinées à Essav, suite à quoi son fils, Eliphaz, le déroba de tous ses biens. Constatant que Yaakov savait lui aussi voler, il lui répondit : « Tu es mon frère. »

Puis, pensant que le patriarche risquait de le truander dès que l’occasion se présenterait, il ajouta : « Tu me serviras gratuitement ? Déclare-moi quel doit être ton salaire. » En d’autres termes, il préféra qu’ils se mettent d’accord sur son salaire dès le départ, afin d’éviter qu’il en vienne à lui voler ses biens.

Les idoles de Lavan, de la sorcellerie

« Elle dit à son père : “Ne sois pas offensé, mon seigneur, si je ne puis me lever devant toi à cause de l’incommodité habituelle des femmes.” » (Béréchit 31, 35)

L’auteur de l’ouvrage Léma’har Aatir rapporte cette remarquable interprétation, entendue de son grand-père, Rav Brasloyer zatsal :

Rav Yéchaya Pik zatsal, auteur du Messorat Hachass, explique au nom de son épouse, la Rabbanite, que lorsque Ra’hel dit dérekh nachim li, elle voulait dire que les idoles, qui étaient de la sorcellerie, se trouvaient en sa possession. En effet, au sujet du verset « La sorcière tu ne laisseras point vivre » (Chémot 22, 17), Rachi explique : « Aussi bien les hommes que les femmes. Mais le texte parle de ce qui est plus fréquent, car, le plus souvent, les femmes pratiquent la sorcellerie. » Cette pratique est donc désignée par l’expression « dérekh nachim ».

Aussi, en affirmant dérekh nachim li, Ra’hel n’a pas menti, mais a dit une phrase pouvant être comprise de deux manières.

DANS LA SALLE DU TRÉSOR

Rabbi David Hanania Pinto

Pourquoi Essav a accepté de laisser son fils étudier chez Yaakov

Yaakov avait atteint un niveau spirituel si élevé qu’il mérita d’incarner l’un des piliers sur lesquels le monde se maintient, celui de la Torah, et que son image fut gravée sur le trône céleste.

A l’antipode, nous avons le personnage d’Essav l’impie, représentant l’impureté, détesté des hommes et de l’Eternel, comme le souligne le verset : « J’ai aimé Yaakov, mais Essav, Je l’ai haï. » (Malakhie 1, 3) Pécheur invétéré, il n’existait pas un interdit qu’il n’avait pas transgressé. Il fautait dans les relations interdites, commettait la rapine et reniait D.ieu ainsi que la résurrection des morts.

Nous pourrions nous leurrer en pensant qu’il n’était pas conscient de la prépondérance de la Torah. Or, il n’en est rien. Il connaissait parfaitement sa valeur, mais il lui était difficile de s’y consacrer au prix de renoncer à tous les désirs de ce monde. Il n’eut simplement pas le courage de se détacher de l’immoralité.

Rachi explique (Béréchit 29, 10) qu’Eliphaz, fils d’Essav, reçut l’ordre de son père de poursuivre Yaakov pour le tuer. Mais, ayant grandi dans le foyer d’Its’hak et appris la Torah auprès de Yaakov, Eliphaz ne voulut pas mettre fin à ses jours. Yaakov lui conseilla alors de s’emparer de toutes ses possessions, car, un pauvre étant considéré comme un mort, il accomplirait ainsi l’injonction de son père.

A priori, il est étonnant qu’Essav ait accepté que son fils étudie la Torah, alors que lui-même la détestait, tout comme ses étudiants. Ceci prouve qu’il savait combien elle était importante et désirait donc qu’Eliphaz absorbe sa sainteté aux côtés de Yaakov et devienne lui aussi un érudit. Quant à lui, il n’adhéra pas à la Torah, car il préférait continuer à se plonger dans les vanités terrestres. Optant pour la licence des mœurs, il refusa de se repentir, bien qu’il eût connaissance de la vérité. Il campa sur ses positions et ne fit que s’enfoncer davantage dans le mal.

LA PARACHA SOUS UN NOUVEL ANGLE

Lors de la rencontre historique entre Lavan l’Araméen et notre patriarche Yaakov, celui-ci lui déclara : « D.ieu a vu mon humiliation et le labeur de mes mains et Il a jugé hier. » Rabbénou Bé’hayé commente : « Il t’a montré hier que tu ne pourrais pas me tuer. Par conséquent, le labeur de ses mains lui a valu d’échapper au meurtre, tandis que le mérite de sa crainte du Ciel a protégé son argent. »

Dans son ouvrage Dérekh ‘Haïm, le Maharal interprète comme suit la Michna de Avot (1, 18) : « L’Eternel octroie à tout homme les acquisitions lui revenant et nul ne peut s’emparer de ce qui a été réservé à son prochain, mais uniquement de ce que l’Eternel a prévu de lui donner. S’il n’y avait pas de justice, l’homme serait dépouillé de la part lui étant destinée et un autre en prendrait possession. »

La confiance en D.ieu

Un Juif repenti a raconté son histoire à Rabbi Gamliel Hacohen Rabinovitz chelita. Après son retour aux sources, il a épousé une américaine convertie, dont le père est l’une des plus grosses fortunes des Etats-Unis. Sa richesse légendaire est estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Il passe sa vie à jouir de la multitude de plaisirs et distractions de ce monde, tandis que le plus modeste achat de son épouse n’est jamais inférieur à mille dollars.

Leur fille, dont l’âme provient sans doute d’une source supérieure, abhorre les vaines occupations terrestres. Consciente de l’incapacité des jouissances bestiales d’apporter de la satisfaction et un sens à la vie, recherchant un but à son existence, elle finit par découvrir le judaïsme auquel elle se convertit conformément à la halakha. Elle se détacha complètement du foyer parental, renonçant totalement à la richesse et à la facilité, et adhéra pleinement à la voie de l’Eternel. Ses parents, vexés par sa démarche, décidèrent de couper tout lien avec elle et refusèrent tout contact.

Désormais, elle pouvait se consacrer pleinement à l’élévation de son âme par une implication dans la Torah, la prière et le respect des mitsvot, répondant ainsi à son désir le plus cher.

Lorsqu’elle se maria avec Danan, elle ne reçut pas le moindre sou de ses parents. Ils commencèrent donc leur vie commune à zéro et fondèrent leur foyer grâce à la générosité de philanthropes juifs. Ils s’installèrent dans un petit appartement très simple, heureux d’avoir acquis une part spirituelle en s’engageant dans le respect des mitsvot.

Après quelques années de mariage et la naissance de plusieurs enfants, ils rencontrèrent de grosses difficultés financières. Ils tentèrent leur chance de plusieurs côtés, mais essuyèrent chaque fois d’amères déceptions et de cuisants échecs.

Cependant, notre homme ne se laissa pas décourager et se raffermit au contraire dans l’étude de la Torah et la pratique de mitsvot avec joie. Un de ses amis lui recommanda l’étude du ‘Hovot Halévavot, ouvrage auquel il s’attacha de toutes les fibres de son être. Vu ses difficultés financières, cet ami lui conseilla de se pencher plus particulièrement sur le chapitre traitant de la confiance en D.ieu, qui s’étend sur ce devoir imposé à l’homme et sur celui de fournir parallèlement certains efforts pour son gagne-pain. Durant toute la période où leur situation pécuniaire était précaire, il étudia ce livre et encouragea sa femme à ne pas perdre espoir et à garder son entière confiance dans le Créateur, qui apporte la subsistance à chacune de Ses créatures, « depuis les cornes des oryx jusqu’aux œufs de poux ».

Ils vécurent une longue période dans un grand dénuement, discrètement et avec simplicité, mais dans le bonheur et la sérénité, tout en renforçant perpétuellement leur confiance dans la bonté divine. Le fait qu’ils se contentèrent de leur sort et se rapprochèrent du Très-Haut ne fut pas sans effet dans les cieux. Une fois qu’ils eurent surmonté l’épreuve de la pauvreté sans jamais se plaindre ni exprimer de griefs contre l’Eternel, il fut décidé de les tirer de cette détresse.

Un soir, Danan eut l’idée suivante : « J’ai un peu d’expérience dans l’immobilier. Pourquoi ne pas essayer de me lancer dans cette branche ? » Aussitôt dit, aussitôt fait. Il prit contact avec quelques amis, hommes d’affaires, pour leur demander s’ils avaient une proposition à lui faire. L’un d’eux lui parla effectivement d’une certaine affaire, coincée depuis plusieurs années, faute d’acheteur.  Il s’agissait d’un immense bâtiment luxueux, localisé dans un des plus beaux quartiers de Manhattan et dont la valeur s’élevait à quelque quarante millions de dollars. « Montre-nous donc ton expertise dans ce domaine en trouvant un acheteur honnête, digne de cette affaire. Tu en retireras une coquette recette ! »

N’ayant eu aucune autre proposition, plus simple, il décida d’accepter celle-ci, malgré les difficultés qu’elle semblait présenter. Il commença par publier une petite annonce dans l’un des journaux locaux, où il précisa quelques données sur le bâtiment en question, son emplacement et son prix, ajoutant que les clés seraient remises à l’acheteur aussitôt après son règlement.

La Providence fait bien les choses

L’une des distractions les plus appréciées par les riches commerçants américains de Manhattan est le ski. Après avoir terminé son long parcours, l’un de ces habituels skieurs, un non-juif américain, s’affala sur la chaise longue d’une terrasse. Tout en sirotant une boisson, il remarqua une feuille d’un quotidien qui s’était envolée et était en train de tomber à terre. Curieux, il la ramassa et, par ennui, se mit à la lire. Soudain, il aperçut une petite annonce au sujet d’un immeuble luxueux en vente. Quelle proposition alléchante ! Il pourrait sans doute en retirer de grands intérêts. Sans hésiter une minute, il composa le numéro figurant sur l’annonce.

Le nouvel agent immobilier fut surpris du rapide intérêt qu’avait trouvé sa modeste annonce. Après avoir donné plus de détails à son client, il constata qu’il était tout à fait sérieux et même disposé à lui remettre sans délai la totalité de la somme.

L’espace de quelques jours, l’affaire était déjà conclue. Danan en retira une grande fortune : il reçut 1.5 % de chacune des parties, soit, en tout, un million deux cent mille dollars.

Or, cette recette ne fut que la première de sa brillante carrière dans l’immobilier. Depuis ce jour, il progressa de plus en plus dans ce secteur et finit par devenir l’un des plus talentueux agents de New York. En à peine quelques mois, lui et sa femme s’enrichirent de manière exceptionnelle, comblés de la bénédiction de l’Eternel, en vertu de leur confiance en Lui, dans l’esprit du verset : « Heureux l’homme qui met sa force en Toi ! »    

 

 

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